I. Ce précieux cartulaire forme un recueil de 774 chartes
Tardieu {Bertrandiis Tardiviis) \ par le conseil de ses frères, donne, aux chartreux de Durbon, sa part d'un champ dit Champ Cornet, en compensation des dommages, violences et incendies qu'il avait fait souffrir à leur couvent. Voici le texte de la charte :
« Ego Berintndus Tardivus, coiisilio fralum mcoriim, per damno d injuria et inccudio quic Durhouensibus intuhram, parient ineani campi de Cornet ^ donc et hudo eisdem fralri- Inis in perpetuuni. Hoc factum fui! in prato rolundo. » C'est-à-dire ; Moi, Bertrand Tardieu, d'après le conseil de mes frères, à cause du dommage, de V injure et de F incendie que j'avais faits aux religieux de Durbon, je leur donne ma pari du champ Cornet ' à perl>étuité. Cet acte fut passé dans le pré rond. »
1177. Odon Tardieu ÇOdo Tardivus), témoin dans une charte du cartulaire de Durbon (n° 124).
1 177. André Tardieu (^Andréas Tardivus), d'Agnielles Çdc AgncUa).
Recours est en vue d'Agnielles et était l'habitation des Tardieu, et la femme d'André, Guillelme {Guilleltiia) donne sa part du champ Cornet (le même héritage que précédemment) au monastère de Durbon. André donne, de plus, ce qu'il a à Recours (Rocos).
Cet André Tardieu était probablement le frère de Bertrand Tardieu qui précède. (Cartulaire de Durbon, charte n° 124.)
1182. Odon Tardieu {Odo Tardivus) et son frère, Guillaume, et leurs épouses Poncia, Guillehna, et leurs entants Pierre, Guillaume, fticiiiti, Pierre Tardieu Çfardivi), Huitibert (JJmhertus) Tardieu, SauT^, pour le salut de leur âme et celles de leurs parents, donnent, à la chartreuse de Durbon, leur part du champ Cornet et tous leurs droits à Recours {Uocos). (Charte du cartulaire de Durbon,
I . Appelé par erreur Bertrand Tardif, dans la brochure : Monastères de Durlxin et de Berthaud (diocèse de Gap), par M. Charronet, archiviste du département des Hautes-Alpes (Grenoble, in-80, page 9). Voir aussi n" 102 des chartes dé Durbon. | 2. Le Cliamp Cornet existe encore, sous ce nom, à Recours, résidence des Tardieu d'alors, dans la paroisse d'Agnielles (Hautes-Alpes).
1183. Pierre Tiinlien (Peints Tardivus') et sa femme TotavaJ et leurs enfants Giiilhiuiiie (IVikhnus) et Odan, et leurs 'n\\(ts Pontia et Erniengarde donnent, à la chartreuse de Durbon, leur part du champ Cornet et tout ce qu'ils ont de droit dans le mandement de Recours (Rocos). (Charte de Durbon, n° 146.) Ce Pierre est, croyons-nous, le fils de Guillaume qui précède.
11 84. Bertrand Tardieu ÇBertrandus Tardivus^ et sa femme Pagaiia
M'k;^*^*'ir**''i^-i-±±^^±ii±±'k±±*Jtét±^^,±-S^.±±±*jk±±±±±± I «•
LA VALLÉE ET LE VILLAGE D AGNIELLES (HilUteS-Alpcs)
où liabitaient les Tardieu, de Recours, en 1182. Au fond, le pic Garnesier; à gauche, les bois
de la chartreuse de Durbon ; aux pieds du Garnesier, dans la vallée, l'antique terre
des Tardieu ; Recours. En avant, le vilLoge paroissial d'Agnielles.
et leurs fils GiiiUauine et Pouce et leur fille Ahrilia donnent, au monastère de Durbon, 2 faucheurs pour les prairies « 5///' peiiiuis de ÎEfauga » (sous les peines de l'enfer). (Chartes de Durbon, n° 176.)
1191. En cette année, un Tardieu {Tardivus) était frère convers dans l'abbaye de Lure, près de Saint-Étienne (Basses-Alpes), et
assista, comme témoin, à une charte de confirmation de la fondation de ce monastère (i 191) '.
1202. Pierre Tardieu (appelé dans la charte Petnis Tardius) et son fils Guillaume (JVikhmis) sont témoins d'une vente faite à la chartreuse de Durbon par Odon Benoît (Jienedki'î) et sa femme Audeiart et leurs enfants. (Chartes de Durbon, n° 253.)
1 199-1202. Bertrand Tardieu (J^crtrandus Tardius) et son fils sont témoins dans une charte du cartulaire de Durbon (n° 254).
1207. Exécuteur (jidejussor) d'un acte concernant la chartreuse de Durbon, Pierre Tardieu (Pelrus Tardius) {n° 299 des chartes de Durbon).
1240. G. Tardieu {Tardivi) était citoyen de la ville de Die' (Drôme), en 1240. (Cartulaire de l'église et de la ville de Die, par M. l'abbé Ulysse Chevalier, page 92.) Pierre Tardieu ÇTardivi) était aussi citoyen de Die, en 1240. (Cartul. de Die, pp. 92, 94).
1257. Guillaume Tardieu (^fVilehnus Tardivus) vend, à la chartreuse de Durbon, la terre qu'il possédait au champ Chalfrencs (al chams Chalfrencs), au terroir d'Aspres-lés-Veynes (de Asperis). (Charte de Durbon, n° 469).
I. YohHiiUvrcde h chapelle de Notre-Dame de Lure, p.irM. Isoard, curé de Saint-Étienne, Forcalquier, 1858, in-8o(page45). L'abbaye de Lure, fondée en 1 166, était située à 7 kilomètres de Saint- Etienne-lès-Orgues, dans un ravin de la haute montagne (500 mètres plus haut que Saint-Etienne et 624 mètres plus bas que le point culminant de la montagne. Saint-Etienne est à 700 mètres au dessus du niveau de la mer). Les religieux étaient des chanoines réguliers de Saint-Augustin, réformés par saint Hugues, évêque de Grenoble. Ils portaient l'habit blanc avec une large tonsure en forme de couronne. Ils étaient au nombre de vingt en 15 18. L'abbaye fut sécularisée en 1481. — La cime de la montagne de Lure a 1.824 mètres. Panorama immense. | 2. Sous ce régime purement féodal , on prisait fort le titre de citoyen ou bourgeois d'une ville ; à tel point qu'on pouvait être gentilhomme de race et bourgeois sans déroger. On trouve les plus grands noms parmi les bourgeois de nos villes, au xiri': siècle : Pons de Chaponay, bourgeois de Lyon, en 1219; David de Chateaubriand, bourgeois d'Angers, en 1226 ; Eudes Chabot, bourgeois de Sens, en 1227; Geoffroy de Rove, bourgeois de Péronne, en 1235 ; Pierre de Marie, du lignage des sires de Coucy, lionrgeois de la Fère, en 1247 ; Pierre de Hangest, chevalier, bailli de Rouen, bourgeois de Mondidier, en 1300; Hugues, baron d'Arpajon, bourgeois d'Aurillac, en 13 17, etc.
1270 et 1298. Guilkuiiie Tardieu (Guillelmus Tanlivf) figure comme témoin, à Die. (Cartulaire de Die, par M. l'abbé Ulysse Chevalier, pp. 115, 134.)
1270. Le chapitre provincial de Perpignan, tenu par les Frères prêcheurs, accepta de fonder, à Die (Drôme), un couvent de l'Ordre et désigna les frères Jacques d'Upain, Pierre Tardieu (ailleurs, par erreur, TardiJ} et Guillaume du Bourg, à l'effet de surveiller l'œuvre. Le couvent fut bientôt achevé et, en 1282, au chapitre de Carcassonne, il fut accepté. Pierre Tardieu y fut nommé lecteur en théologie (Histoire de Die, par M. l'abbé Jules Chevalier, t. Il, p. 58). Assurément, ce Pierre Tardieu appartient aux Tardieu (Tardivî), de Die, qui précèdent.
20 mars 1297, Pierre Tardieu (J^eirus Tardivus), d'Agnielles (de Agnella'), sûrement le parent des Tardieu mentionnés dans les chartes de Durbon qui précèdent, et probablement le fils de Guillaume dont nous venons de parler, en 1257, fait donation, à la chartreuse de Durbon, de 3 deniers annuels pour un anniversaire qui sera célébré dans l'église Saint-Gérand d'Aspres (Sancti Geraldi deAsperis), et, pour cette rente, il abandonne un pré situé à Aspres, aux Molettes. Acte passé en présence de Guigues de Montamat, frère convers de Durbon. L'original en parchemin se trouve aux archives départementales des Hautes-Alpes. Il a 30 lignes 2/3. (Voir n" 569, côté C 88, D 215, F 399.) (Voir Cartulaire de Durbon, n'^ 367, p. 567.)
xin*-" siècle. Joseph Tardieu (Jardins'), chansonnier du xiir' siècle, est mentionné, par Paulin Paris, dans l'Histoire littéraire de la France. (tome XXIII, p. 655, année 1856). On l'appelle aussi Joseph Tarduis (faute de mauvaise lecture). Il est cité dans les Sources historiques du moyen âge, publiées par M. l'abbé Ulysse Chevalier, en 1877 (tome I).
\^iG. Jacques Tardieu (Jacohus Tardivus) figure parmi les habitants de la localité fortiiiée de Trescléoux (canton d'Orpierre, arrondissement de Gap, Hautes-Alpes) qui reçurent une charte de libertés. (Voir Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes, année 1889, p. 1 3 ; la charte y a été publiée par M. l'abbé Guillaume, archiviste des Hautes-Alpes.)
13 19. Albert Tardieu (^Tardivus') est témoin dans une charte du monastère de Durbon (n° 64e).
1321. Anoblissement ou plutôt réanoblissement et confirmation de noblesse de Bernard et Pierre Tardieu, de la sénéchaussée de Carcassonne, à la prière de la reine. (Nous donnons, dans l'ouvrage, les lettres de noblesse, in-extenso.)
12 juillet 1327. G///7/c/;/ Tardieu (^Tardivi'), riche habitant de la ville de Sisteron (Basses-Alpes), habitait au quartier de Rieu. Alasie Tardieu {Tardiva) résidait aussi dans cette localité, sur les bords de la Durance, à Bourg-Raynaud. Tous deux étaient les plus fortunés de la population. (Voir £55^/ sur l'histoire municipale de Sisteron, par Laplane, Paris, Paulin, 1840, in-8", pp. 178 et 197.)
1343-1344, Guillaume Tardieu {GuiUelmus Tardivus) était châtelain de Briançon et gouverneur militaire de cette importante place forte dans les Alpes. Il administrait toute la contrée et avait un rôle prépondérant". Remarquez que le prénom de Guillaume est particulier au Tardieu, des Alpes, ce que nous avons vu, déjà, dans les chartes de Durbon. Il est donc très probable que les suivants descendaient de celui-ci.
13 5 3-1 361. Guillaume Tardieu {Tardivî), professeur de loix (Jegum egregius profcssor'), fut d'abord doyen de l'église d'Arras
I. Voir Tabbé Guillaume, Les premihcs fùrtifications de Briançon, Gap, 1879 (page 25), et Tableau historique des Hautes-Alpes, par J. Roman, 1887, in-40 (t. I, p. 5). Ces deux ouvrages appellent Guillaume Tardieu, Guillaume Tardin.
(^Atrebatensis) , puis de la cathédrale du Puy (^Aniciensis), de 1353 à 1361. Le pape Innocent I\' lui écrivit (1361). (Voir l'ouvrage GalJia Christ iana.)
1392. Tardivi (Pierre), S'-' abbé de la Celle, en Provence.
Giiillaiiiiie Tardieu (Tardivus), que l'on appelle à tort Tardif, érudit, fut lecteur ordinaire du roi Charles VIII. Il naquit au Puy, vers 1440 et mourut i\ la fin du xv'-' siècle. Les manuscrits de la bibliothèque de la ville de Chartres (Catalogue général des mss. des bibliothèques publiques de France, t. XI, 1889, Paris) portent, au n° 291, un volume qui est celui-ci : Sancii Johannis Chrysostomi libelliis, traduit par Guillaume Tardieu (Tardivus), du Puy (Aniciensis) et dédié à Milon d'Illers, évéque de Chartres. (Celui-ci tut évcque de 1459 à 1492.)
145 1. GiiillaiDiie Tardieu (GiiiUeJmus Tardivi), capitaine du chcâteau fort de Cassaignes, près de Rodez, paraît comme témoin dans une charte sur parchemin qui faisait encore partie des Archives du cullcge héraldique, à Paris, il y a peu d'années.
1460-1484. Nicolas Tardieu, notaire à Thoard (Basses-Alpes.)
1501. Sur le linteau de la porte de l'église de Ceillac (canton de Guillestre, Hautes- Alpes), existe une inscription (1301) ainsi conçue : anno d. m. v^ i sbz (Sébastien?) tardivi (Tardieu), que l'on croit l'architecte de l'église. (Voir Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes, 1884, p. 137). Il y a, comme on le verra, des Tardieu du prénom de Sébastien dans la branche de Mison.
1493-1324. Jean Tardieu, l'ami de Bayard'. Les histoires de l'illustre chevalier sans peur et sans reproche parlent toutes, longuement, d'un Jean Tardieu qui fut son camarade, son ami et son compagnon d'armes. Nous avons tait de longues recherches pour
I. Pierre du Terrail, seigneur de Bayard, naquit en Dauphiné, en 1475, et mourut héroïquement, sur le champ de bataille, le 30 avril 1524.
savoir le berceau de ce gentilhomme que de nombreuses branches de Tardieu réclament. Serait-il du Dauphiné, province où naquit Bavard, ou bien du Rouergue? Nous pensons que Jean Tardieu était né dans le Rouergue. La vie de Bayard, publiée de son temps, dit, positivement, qu'il appartenait à cette province; elle affirme qu'il était « miles rhiitiinensis » (chevalier du Rouergue). Cette vie fut écrite de son vivant, par son secrétaire, sous le nom du loyal serviteur et publiée peu après sa mort. Elle a été réimprimée depuis de nombreuses fois. Évidemment, le secrétaire de Bayard savait mieux que personne d'où était originaire Jean Tardieu. Aymard du Rival, qui vivait aussi de ce temps, a écrit un manuscrit qui se trouve à la Bibliothèque nationale, n° 6014, fol. 330, p. 43 de l'Histoire de Bayard, cité par A. Terrebasse, 1828, in-8°. (Voir Aymari Rivalii, de Abrogibus libri?) Il dit aussi que Jean Tardieu était un chevalier du Rouergue : « Tardius, Rhunentis, miles. » Nous croyons donc qu'il était du Rouergue, et très probablement fils de Guillaume Tardieu, capitaine du château de Cassagne en 145 1, qui précède. Nous le croyons, toutefois, parent très rapproché (peut-être le père) de Jean Tardieu, seigneur de Séjas (qui testa en 1549), auteur de la branche des Tardieu de Séjas et de la Barthe. Les Tardieu de Maleyssye le croient aussi de leur branche et le frère de Jacques, leur ancêtre.
Mais résumons ce que l'on retrouve sur Jean Tardieu, dans la vie de Bayard. D'abord, Tardieu, comme Bayard, servait dans la compagnie du capitaine comte de Ligny. La première fois qu'il en est question, c'est à l'arrivée de Bayard dans la ville d'Aire, en Picardie, que précédait son renom de grandeur d'âme et de vertus militaires. Là, « un de la compagnie, nommé Tardieu, homme de bonne humeur et aimant le plaisir », prit la parole gaîment, et lui faisant l'éloge des dames de la ville, lui conseilla de donner
PIERRE DU TERRAIL (l'iLI.USTRE BAYARd)
dit le Chevalier sans peur et sans reproche,
né en Dauphiné, au château de B.iyard , en 1475;
d'un coup d'arquebuse, sur le champ de bataille, en 1524,
et compagnon d'armes du capitaine Jean Tardieii
(d'après une gravure de l'an ii94)
un tournoi en leur honneur. Le tournoi fut décidé; il v eut 46 combattants partagés en 23. Bayard s'y montra admirable, Tardieu fut l'un des combattants les plus appréciés. Le tournoi recommença le lendemain, Tardieu entra en lice avec David de Fougas et se fît remarquer comme la veille. Ceci se passait en 1493; '^^r 1'^ vis ^^ Bayard porte que ce fait eut lieu deux ans avant le départ du roi Charles VIII pour aller porter les armes dans le royaume de Naples (1495). Voici une anecdote qui a été répétée souvent et qui eut lieu vers l'année 1508. Bayard sut, par ses espions, qu'il y avait à Naples un trésorier qui changeait de l'argent en or pour l'apporter au grand capitaine Gonzalve de Cordoue et qui ne pouvait manquer de passer à trois ou quatre milles de sa garnison. Il apprit qu'il était au gîte dans une petite place occupée par les Espagnols, à quinze milles de Monervine et que, le surlendemain, au point du jour, il devait en partir pour se rendre auprès de Gonzalve avec une escorte. Bayard résolut de mettre la main sur l'homme et son trésor. Il envoya Tardieu, l'un de ses hommes d'armes, avec 25 Albanois. Or, sur les sept heures du matin, les espions entendirent le bruit des chevaux. Bayard fondit sur eux, criant : France! France! tue! tue! Le trésorier et son caissier surpris furent conduits à Monervine, et Bayard prit leurs valises qui contenaient 15.000 ducats. Cette bonne prise émerveilla le chevalier qui ne croyait pas avoir fait un si bon coup de fîlet. En ce moment arriva Tardieu qui fut ébloui de tout cet or et lui dit : « Mon camarade, j'ai ma part là-dedans, comme ayant été de l'entreprise. » Mais Bayard lui répondit : « Vous avez été de l'entreprise, mais non pas de la prise. » Colère de Tardieu, qui porta ses plaintes devant le général français, mais celui-ci décida que Tardieu n'avait aucun droit, « dont il eut bien du dépit. » « Par le sang de saint Georges,
dit-il à Bayard, je suis bien malheureux, mais, mon camarade, vous me nourrirez toute la campagne. » Bayard se mit à rire et ils marchèrent jusqu'à la garnison. Arrivés, Bayard fit mettre les ducats sur une table en disant à Tardieu : « Camarade, voilà de belles dragées, qu'en dites-vous? » « Je dis, répondil, avec un grand soupir, qu'elles sont belles, mais que je n'en tâterai pas. Cependant la moitié me mettrait à mon aise pour toute ma vie. Ne tient-il qu'à cela, mon ami, répondit Bayard; ce que le hasard ne vous a pas adressé, je vous le donne de bon cœur; la moitié de cela est pour vous. » Tardieu croyait que Bayard voulait badiner; mais quand il vit compter l'argent et le partager en deux : « Hélas! mon cher maître, mon ami, s'écriat-il, en se jetant aux genoux du chevalier et versant des larmes de joie, jamais Alexandre ne fut si généreux. » Bayard lui dit : « Ne parlez plus de cela, c'est le moins que je voulusse faire pour vous. » Cependant, dit l'histoire de Bayard, le bienfait se trouva si considérable pour Tardieu qu'il en fut riche toute sa vie et qu'il épousa, dans le Rouergue, sa patrie, une héritière de 3.000 livres de rente, Françoise de Saint-Martin, fille d'un gentilhomme de ce pays, noble Geofïre, seigneur de Saint-Martin. Cette générosité de Bayard a passé à la postérité et se trouve consignée un peu partout, tant il est vrai qu'une action généreuse laisse un souvenir éternel dans la mémoire des hommes, et que l'avare périt, et, avec lui, son nom ' !
Revenons à Tardieu. Marié, donc, à une demoiselle Françoise de Saint-Martin, il quitta le service (1524) après la mort de son ami et bienfaiteur Bayard. L'abbé Lavaissière, prieur d'Escamps,
I. Pour tous détails, voir Histoire de Pierre Terrail, dit le chevalier Bayard, sans peur et sans reproche, par Guj-ard de Berville. La première édition est de 1760, in-12; il en a été publié d'autres jusqu'en 1827.
— M — au diocèse de Cahors, a publié à Villefranche, de Haute-Guyenne, vers 1750, un in-4°, devenu fort rare, intitulé : Essai généalogique sur le rameau de la maison de Go^on, établi au château d'Ays, en Quercy, et formé par Jean de Gozon, grand maître de la maison du roi de Hongrie et de Bohême, issu de la même flmiille que Dieudonné de Gozon, grand maître de l'ordre de Saint-Jean-de- Jérusalem (suivi de pièces justificatives) '. Là, il dit que Gilbert de Gozon, seigneur de Saux, fils de Jean et d'Isabeau Olhet, épousa, en premières noces, en 1524, noble Catherine de Gautié de Savihac, veuve de Mathurin de Balaguiés, seigneur d'Ays, en Quercy (ce qui fut cause qu'il s'établit dans la paroisse de Saux, au château d'Ays, en Quercy), et en secondes, le 17 août 1533, noble Catherine de Tardieu, fille de noble Jean de Tardieu et de noble Françoise de Saint-Martin, laquelle Catherine restait au château de Noals, près de Lauzerte en Quercy (Tarn-et-Garonne, arrondissement de Moissac). Ce mariage eut lieu en présence de noble Georges de Tardieu, frère de Catherine, et Gilbert en eut 6 enfonts. Gilbert de Gozon mourut en 1557. L'abbé Lavaissière parle, en note, de ladite de Tardieu, qu'il dit née au château de Noals et il ajoute qu'il est porté à croire que ce Jean de Tardieu est le même que Jean, l'ami de Bayard, bien qu'il fût du Rouergue, et que Noals soit situé en Quercy. Le château de Noals n'existe plus. On parle, à Lauzerte, de ce château et de la maison de Tardieu comme d'une légende. Un acte des archives de la Haute- Garonne, du II janvier 1559, nous dit que ce Jean de Tardieu, seigneur de « Nouais », de la paroisse de Gazes, tant pour lui que pour Magdeleine de Tardieu, sa sœur, vendit à Jean de Montégut, écuyer, seigneur de Vilan et de Granel, 6 deniers de rente sur le
I . Cet ouvrage se trouve à Paris, à la Bibliothèque nationale. Voir aussi de Barrau , Documents historiques sur le Roueigue, t. II, p. 679.
« capmas » de Lacassagne, en Saint-Denis del Fustin, juridiction de la Motte Navarrenque. Il se pourrait, comme nous l'avons déjà dit, que Jean Tardieu fût le père d'autre Jean, seigneur de Séjas qui testa, en 1549, à Marvejols. Le Rouergue et le Gévaudan se touchent; et, dans ces conditions, rien d'étonnant qu'un fils de l'ami de Bayard se soit fixé prés de Marvejols, en épousant une héritière; le prénom de Jean, porté par Jean Tardieu, seigneur de Séjas, viendrait appuyer cette hypothèse.
Il a existé à Nozac (Lot), près de Gourdon, des Tardieu, considérés et bien alliés, qui pourraient aussi descendre de ceux de Noals qui précèdent. A eux appartient Etienne Tardieu, notaire de Nozac, lequel, le 27 septembre 1539, transigea avec Jacquette de Vassal, fille de Jean, écuyer, seigneur du Couderc (paroisse de Nozac). Antoinette de Vassal, fille d'Antoine, archer de la garde du roi, et de Gabrielle de Barbasson, fut mariée à un Tardieu, parent au précédent. Elle en était veuve en léoi (voir de Courcelles, Hist. généalogique des pairs de France, t. V). Les de Vassal, famille noble et considérable, portent : d'azur, à la bande de gueules, chargée de j besants d'or et borda d'argent, accompagnée de 2 étoiles d'or.