LES TARDIEU, MARQUIS DE MALEYSSYE
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tout seigneur, tout honneur ! Nous commençons par les Tardieu qui sont la couronne de ceux du nom, en France. Au surplus, partis de la souche antique des Alpes, passés en Rouergue dès le xv^^ siècle, ils ont droit à cette place privilégiée.
Les Tardieu de Maleyssye ont toujours eu une situation très considérable. Leurs belles alliances, les services
rendus, les charges qu'ils ont occupées, leur ancienne
noblesse, tout a contribué à leur assurer cette situation. Je ne redirai pas que leur nom, leurs armes, la devise, feraient croire à un chef sarrazin ou albigeois venu tard à Dieu. Leur origine remonte, incontestablement, à Roland Tardieu, notable personnage des Alpes, en 1090, témoin, en 11 10, d'un acte concernant les chevaliers de Malte, de Gap, et l'ancêtre d'Odon Tardieu et de ses frères qui furent des premiers bienfaiteurs de là chartreuse de Durbon {près de Gap), en 1182. C'est de cet Odon Tardieu, dont les descendants (comme je l'ai établi dans mes recherches historiques sur le nom de Tardieu) se sont transportés dans le Gévaudan, dans le Rouergue, dans le Vivarais, que descendait Jacques de Tardieu, vivant en 1450, et dont nous allons parler.
Les preuves de Malte, faites en 1625, pour François-Ignace de Tardieu et dont l'original existe entre les mains de M"= de Maleyssye, à Château-Renard (Loiret), et celles de 1629, déposées dans l'étude de M>-' Mahot de la Querantonais, notaire à Paris, ne laissent aucun doute sur l'antiquité et la noblesse parfaite des ancêtres du reçu. On sait que l'Ordre de Malte n'exigeait que huit quartiers de noblesse, remontant, en général, du côté paternel au trisaïeul du présenté (ce qui déjà était fort respectable). Mais écoutons les dépositions des enquêteurs pour cette réception. Voici ce qu'ils disent : Revenus à Paris, siège du grand prieuré de France, où était reçu ledit François- Ignace. C'étaient : Frère Charles Picard, frère Courtin de Rosav, commandeur, assistés de M' Ogier, notaire à Paris, enquête faite également par frère Jean Leconte de Nouant et frère Gilbert de \'ilbourg, assistés du même Ogier, notaire : « Et estant de retour à « Paris (l'enquête primitive avait été faite en Normandie), nous nous sommes aussi « secrètement enquis et informés à plusieurs anciens gentilhommes officiers et autres « personnes dignes de foy de ladite ville qui bien connaissent ainsi qu'ils ont « dit les maisons du père et de la mère d'iceluy présenté, ayeul et ayeule, bisayeul et « bisayeule, lesquels ont toujours esté réputés pour gentilshommes entre ta noblesse de In « cour laquelle ils ont toujours ser\'i et fait service au roi en toutes les occasions et que « les armes présentées (celles ayant le chevron, les 2 croissants, la croix pattée, « l'étoile en chef) ont esté portées de tout temps et ancienneté. » Dans un autre endroit de l'enquête, on dit : « Nous nous sommes secrètement et fidèlement enquis « à plusieurs et diverses personnes anciennes, gentilhommes, officiers, bourgeois, « habitant de ladite ville d'Eu... ; il nous a été confié que lesdites maisons de Tardieu, « de Pons, de Sorre ont toujours été tenues et réputées pour gentilhommes de noms « et d'armes, etc. »
Armes. — Les armes primitives des Tardieu de Maleyssye sont : cCa-^ur, au chanou d'or, accompagne en chef de 2 croissants d'argent et, en pointe, d'une croix pattée de même ; au chef cousu de gueules, chargé d'une étoile d'or. Devise : Tard à Dieu; tout à Dieu. Le chevron indique, évidemment, des faits de guerre ; ce que l'on voit du reste dans d'autres généalogies. Le chef n'est pas, comme couleur, dans l'ordre voulu ; il est à encjuerre, c'est-à-dire cousu (en blason, on ne peut pas mettre couleur sur couleur); or, un chef cousu indique, toujours, un motif des plus honorables, une action considérable, fort souvent. Les Tardieu de Maleyssj-e, depuis le xvii= siècle, ont écartelé : aux I et 4 d'axur, à } pointes en chef, renversées d'or, appointées (qui est de Martin de Maleyssye^; aux 2, d'azur, à j léopards d'or, l'un sur l'autre, lanipassés armés de gueules (qui est de Caumont la Force"); au ), bandé d'argent et d'azur de 4 pièces (qui est d'Alamanni); au 4, paie d'or et de gueules de 6 pièces (qui est de Bricqueville). Sur le tout : d'a^tir, au chevron d'or accompagné en chef de 2 croissants d'argent et, en pointe, d'une
craix paltée de même; au chef cousu de gueules, chargé d'une étoile d'or. Depuis l'alliance de Jacques de Tardieu, marquis de Maleyssye, avec Anne de Barentin, en 1684, la couronne de marquis a pour cimier : une figure de la Pucelle velue en blanc, parlant, à sa main droite, une couronne d\v soutenue sur la pointe de son épce et, à la gauche, la bannière, comme de son vivant elle la portait, avec le cri : la Pucelle, les Lys 1 (Ceci est en vertu d'une ordonnance de 161 2, en faveur de Charles du Lys et de tous ses descen-