DE TARDIEU DE MAI.EVSSYE
Charlotte Pinon. Il mourut sans enfants. On lit encore, actuellement, l'épitaphe suivante dans l'église de Saint-Aubin-Celloville, prés Rouen : « Ici est enferme le cœur
trouve une merveilleuse cheminée en pierre. Deux chimères assises sur leur queue soutiennent le linteau, sur lequel est placé, au milieu, une plaque de marbre avec ce logogriphe sur le nom de Tardieu, écrit en deux lignes : « Ma fin est mon bien; mon bien est Vamour de Dieu; n au dessus, deux cariatides : un homme et une femme tendent le bras pour présenter un cadre où se trouve un médaillon placé au milieu de la cheminée (ayant, jadis, le portrait dudit Aristarque).
« de defunct messlre Avistarque Tardieu vivant, seigneur cl patron txvioraire d'incarville « et de Saiiid-AiiIbin-la-Campagne, conseiller d'Estat ordinaire du Roy cl son ambassadeur « en Flandre. Il nionrut à Bruxelles en Bi-ahant, le 4" jour de septembre mil six cents dix- « neuf. Priei Dieu pour le repos de son âme. » (Il y avait les armoiries de Tardieu qui sont effacées). B. Marie, mariée, en 1608, à Pierre Byard, gentilhomme de la chambre du roi. — III. Richard de Tardieu, écuyer, seigneur du Moulin, de la Poterie, de Monchy, de Melleville, de Pollem}', de Marchaumont, né vers 15 10. Dans les preuves de Malte, il est dit que, dans un acte de partage, du 17 octobre 1543, devant Peyra, notaire du comté d'Eu : « Il nous est apparu que ledit Richard, avec son frère Jacques, sont qualifiés d'escuyers et quils ont partagé noblement les biens de leurs père et mère. » Il acheta, le 10 novembre 1570, le fief et seigneurie de Melleville, près d'Eu, et en rendit la foi-hommage au comte d'Eu, François de Bourbon, le 20 juin 1575. Ce fief avait droit de haute, moyenne et basse justice. Il mourut le 17 novembre 1579 et fut enterré dans l'église paroissiale d'Eu, où, dans une chapelle placée à main droite, on voyait sa tombe, en 1625, avec deux figures d'homme et de femme. Richard se maria trois fois : 1° N... ; 2° Marie de Louterel, d'une maison noble ; 5° Marguerite de Pons, par contrat du 7 mars 1547, fille de Jean, seigneur de Mortaigne, et de Louise de Louterel. Du i>='"lit : 1° Jean, vivant en 1583 et l'aîné; 2° Adrien, mentionné en 1551, mort avant 1575, marié à Jeanne Havart, dont : A. Marguerite, mariée, le 23 juillet 1584, à « honorable homme » Nicolas Rozée ; B. noble homme, Richard, mineur en 1575, seigneur de la Poterie, marié, le 8 février 1581, à Françoise Hérichon. Il fut maintenu noble par les élus d'Amiens ; et mourut à Paris, le 4 août 1618, assassiné par Jacques Lamy qui fut condamné à mort par le parlement de Paris; il eut : a. a. Charles, seigneur de la Poterie, résidant à Eu, maintenu dans sa noblesse par arrêt de la cour des aides de Normandie, le 26 janvier 1658, marié à Anne de Bezu, dont : a. a. a. Catherine, mariée, le 27 mai 1662, à François Lestendart, seigneur de Q.uenouville, fils de Charles et de Renée le Ferot (v. d'Hozier, Armoriai général, t. I, p. 357); /'. b. b. Anne, maintenue dans sa noblesse, en la généralité de Rouen, les 28 mai 1668 et 29 mai 1670; c. c. c. Marie qui partagea avec ses deux sœurs, le 12 juin 1662. Du second lit, Richard eut : 3° \'aléran, vivant en 1565, époux de Catherine Denis, fille de Jean et de Catherine de Pons, dont : A. Jeanne, mariée, en 1588, à Jean Bouchard, seigneur d'Anglesqueville ; elle était veuve en 1609. Richard eut du 3'^ lit : 4° François, qui suit; 5° Gilles; 6'^ David; 7° Thomas; 8° Charles; 9° Roch, écuyer, seigneur de Mouchy et de Marchaumont, bailli du comté d'Eu, mort en 16 14, marié à Marie Scorion, fille de Jacques, conseiller au présidial d'Amiens, et de Jeanne Pénache; elle se remaria, en 1625, à Philippe Doullé, écuyer, seigneur de Bareyt. Roch eut : A. Philippe, écuyer; B. Marie, mariée, le 19 février 1624, à Jean Le Blond, écuyer, seigneur de Prallemare ; C. Philippe-François, seigneur de Mouchv, marié, le 10 mai
1028, à Florence de Torcy, fille de Jean, écuver, seigneur de Caumont, et de Jacqueline de Civelle, dont Jacqueline, demeurant à Mouchy, élection d'Aques, maintenue dans sa noblesse, le 5 juillet 1670, par l'intendant de Rouen, M. de la Galissonnière ; 9° Richard, écuyer, seigneur du Mesnil et de Chatillon-lés-Bagneux ' (1578). Il acquit une charge de secrétaire du roi (1588), obtint des lettres d'honneur, le 5 juin 1624 {Archives nationales, t. V, 1229), et résigna en août 1624. Il mourut à Paris, le mardi 20 octobre 1626, dans sa maison sise rue des Maçons, paroisse Saint- Séverin ; fut enterré à Chàtillon ; épousa : i" Elisabeth Turquant; 2° N. de la Thomassiére (1607) ; 3" Marie Gillot, morte le 5 août 1631, enterrée à Chàtillon, fille d'un
CHATEAU d'iNCARVILLE (SEINK-INFÉRIEURE)
trésorier de France et de N. de la Thomassiére, sœur de Jacques, chanoine de la Sainte Chapelle, auteur de la satire Ménippée, nièce de Marguerite Gillot, mariée à Pierre Desprez, trésorier de France, à Moulins. Du premier lit : A. Jacques, né en 1593, seigneur de Châtillon-sur-Bagneux et Liancourt, reçu conseiller au Parlement de Paris, le 31 juillet 1620, lieutenant-criminel au Châtelet dés 1635. Il épousa, dans l'église de Saint-Sulpice, le 21 mai 1638, Marie Férrier, fille de Jérémie, célèbre ministre protestant à Nîmes (né vers 1560, mort à Paris, le 26 septembre 1626), qui
I. Richard de TarJieu avait le fief de Châtillon-lès-Bagneux, près Meudon, où un bois porte le nom de bois de Tardieii. Il fonda, à Bagneux, le couvent des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame qui se fixèrent à Paris, en 1634.
se fit catholique (Tallemant des Réaux en parle; voir Diiliounairc historique de In France, par Lalanne), et d'isabeau Le Grand. Jacques de Tardieu et sa femme, qui étaient d'une avarice historique, furent assassinés, dans leur maison, lui étant lieutenant-criminel, le jour de la saint Barthélémy (24 août 1665), ile du Palais, sur le quai qui regarde aux Augustins (quai des Orfèvres). Les assassins, qui ne purent sortir de la maison, étant enfermés à clef (ce qu'ils ignoraient), et qui étaient les domestiques de leurs victimes, s'appelaient René et François Touchet, natifs de Niaples, prés Craon, en Anjou; ils furent rompus devant le cheval de bronze (27 août 1665). Boileau, dans ses satires, parle de Jacques de Tardieu et de son avarice et de celle de sa femme; mais il dit aussi :
Dans la robe, on vantait son illustre maison. Il était plein de sens, d'esprit et de raison.
Signature de Jacques Tardieu, lieuten.ant-criminel, mort en 1665.
Ledit Jacques et sa femme furent enterrés à Chàtillon; le 29 décembre 1655, le roi Louis XI\' lui accorda 3.000 livres de pension ; et les lettres ajoutaient qu'il était alors conseiller d'Etat ; B. Philippe, seigneur du Mesnil et Arménonville, chevalier de Saint-Lazare, mort le 28 septembre 1642, enterré à Chàtillon; C. Pierre, seigneur de Gaillarbois, chanoine de la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, mort le 24 décembre 1654, au soir ; D. Christophe, seigneur de Mouchy ; E. Jacques, seigneur de Mouchv ; F. Antoine, baptisé à Paris, à Saint-Sulpice, le 31 décembre 1587; G. Marguerite, mariée, le 20 février 1607, à Jacques Séguier, seigneur de la Verrière, garde des rôles des offices de France, dont entre autres enfants, Jacques Séguier, évéque de Nîmes; 10° Cécile, mariée, par contrat reçu par Darré, notaire à Chambly, le 29 mai 1582, à Jean de Perthuis, écuver, seigneur de Champagne ; 1 1'' Pierre, écuyer, seigneur de Mortaigne, au comté d'Eu, présent, en 1607, au mariage de sa nièce, Marguerite de Tardieu; il épousa Anne de Bezu ; 12° Antoinette, femme de Michel Lesperon , seigneur de la Jonquière, qui testa en 1597. • — François de Tardieu, écuyer, seigneur de Melleville, fut reçu conseiller à la Cour des aides de Paris, le 28 octobre 1385, charge qu'il résigna, en 1611, à Antoine Coutel. 11 devint conseiller d'Etat ordinaire du roi, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, puis fut envo vé ambassadeur à Venise. Il mourut le 16 février 161 3. Nous ne pouvons mieux faire que de citer sur
ARISTARaUE DE TARDIEU Seigneur d'Incarville, conseiller d'Etat, ambassadeur en Flandre, mort en 1619.
lui le témoignage du duc de Rohan-Montbazon, comme celui du duc de Bellegarde et du duc d'Epernon qui, dans les preuves de Malte faites pour ses deux fils, disent, ainsi que les autres témoins, l'avoir beaucoup connu ; et que ses noms et qualités estaient : « Messire François Tardieu, seigneur de Melleville, conseiller d'état ordinaire « du roy en ses conseils d'État et privé et maître des requêtes ordinaires de son hôtel. « 11 a été employé en de grandes et importantes affaires pour le service du roy et de « l'Estat et même avant sa mort il avait été nommé par le Roy pour être son ambassa- « deur ordinaire à Venise. » Ainsi parle le duc d'Epernon. Le duc de Bellegarde ajoute : « Il estait de bon esprit et jugement et tel ayant été reconnu par le Roy, il a l'avait eslu pour être son ambassadeur à \'enise. » François de Tardieu avait épousé, le 25 novembre 1598 (par contrat devant M= Mathieu et son confrère, notaires au Châtelet de Paris), Anne de Martin de Maleyssye, fille de feu messire Mathieu de Martin de Maleyssye', vivant chevalier de l'ordre du Roi, gouverneur de la ville de la Capelle, en Picardie, et dame Magdelaine Allamani, dame d'honneur de la Reine, qui,
I. De Martin de Maleyssye. Noblesse féodale originaire du comté d'Armagnac. Filiation I. Mathieu de Martin de Maleyssye, écuyer, seigneur du Possan, prés Auvillars, au comté d'Armagnac, né vers 1420, mort avant 1 500, épousa Marguerite de Valabre, dont : II. Noble Arnould, seigneur de Possan, écuyer, marié, en mat 1507, par devant Gaspard Lemoync, notaire à Toulouse, à Jeanne de Guilhem. tille de Jacques, écuyer, seigneur des Muraist et de Jeanne de Marsolle. Il demeurait à Toulouse, rue Barlette, paroisse Saint-Symphorien, et laissa : 1° Jacques, qui suit; 2° Pierre, capitaine d' Auvillars, époux de Jeanne du Bousquet; il eut une fille mariée au seigneur de la Ponterie; 3° Mathieu, prêtre. III. Jacques de Martin de Maleyssye, chevalier, seigneur du Possan, gouverneur pour le roi de la ville d'Auvillars, gentilhomme ordinaire de sa chambre, épousa, le 5 avril 1556 (contrat reçu Robert Dayroul, notaire à Auvillars), Guilaine de Caumont, fille de François, écuyer, seigneur de la Mothe-Rouge, et de Jeanne de Rouillac, dont : 1° Mathieu, qui suit; 2° Pierre, seigneur du Possan, tué dans les guerres du Piémont; 3° Jehan, tué dans les guerres du pays de Piémont; 4° Marie, mariée à François Legrand, écuver, seigneur de la Simonne; elle eut entre autres enfants, Mathieu de la Simonne, gentilhomme de la chambre du roi Henri IV, auteur d'un livre intitulé V Alphabet du soldat, où il explique, dans la préface, qu'à l'âge de 1 1 ans il laissa son père en Gascogne pour venir trouver son oncle, M. de Maleyssye, alors maître d'hôtel du roi, gouverneur de la Capelle, ayant succédé au seigneur de Molinery, son frère, qui avait succédé au seigneur de la Mothe- Rouge, son oncle. Il épousa Marie de la Heuvrière, dont Isabeau, épouse de Michel de Gesne de Cotty, lequel servit sous les ordres de Henri de Maleyssye, à Pignerol. IV. Mathieu de Martin de Maleyssye, conseiller du roi, maître d'hôtel ordinaire, gentilhomme de sa chambre, chevalier de l'ordre du roi (15 février 1575), gouverneur de la Capelle (1585), capitaine d'une compagnie de cent homme d'armes et de six cent vingt cuirassiers, mort à Paris, en 1576, épousa, le i^^ mars 1579, devant Payen, notaire au Châtelet de Paris, Magdeleine Allamanni, fille de Nicolas, chevalier de l'ordre du roi, son conseiller et premier maître d'hôtel, et de Anne de Bricqueville ; elle fut dame d'honneur de la reine, gouvernante de ses filles, demoiselles, et gouvernante du dauphin. Mathieu partagea avec ses frères et sœur, à Toulouse, en 1568, les biens de ses père et mère. Il eut : i" Henri, marquis de Maleyssye, mort lieutenant-général, etc. (voir ci-dessus); 2° Michel, seigneur de Maleyssye; 3" Mathieu; 4° Anne qui, en 1598, épousa François de Tardieu, seigneur de Melleville, mort ambassadeur à Venise en 161 3.