‹ Histoire généalogique des TardieuChapitre 16 sur 87 · FRANÇOIS DE TARDIEU · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE TARDIEU

Seigneur de Melleville, m.iitre des requêtes ordinaire de l'hôtel du roi, mort .imbassadeur, à Venise, le i6 février 1615.

« pour ses rares vertus cl mérites, » la choisit, en 1604, comme gouvernante de ses filles demoiselles (disent le duc d'Epernon et le duc de Bellegarde). Magdelaine Allamani était issue de la maison Alkmani qui est en grande réputation à Florence ; elle avait pour mère Anne de Bricqueville. Elle fut aussi gouvernante du Dauphin ; car, dans le journal du régne de Henri IV, par Lestoile (t. 111, p. 257), il raconte que : « Le Dimanche, M. le Dauphin passa par Paris pour aller à Fontainebleau où le roi « l'avait mandé ; il était dans une litière découverte où M""^ de Malissv, sa gouvernante, « le tenait ; et il y eut force vivats criés par le peuple à son arrivée. » Dans les preuves de Malte, le duc de Bellegarde dit : « avoir connu le dit deft'unt sieur de « Malleyssye ayeul dudit présenté qui en son nom s'appelait Messire Matthieu de « Martin de Malleyssye, chevalier gentilhomme de nom et d'armes, gouverneur pour « sa Majesté de la Capelle, en Picardie, conseiller et maistre d'hostel ordinaire de sa « Majesté et l'un des Gentilshommes ordinaires de sa chambre, bon capitaine, expéri- « mente aux armes, à mémoire que pendant les guerres de la Ligue et lors de la » retraite du duc de Parme qui estait poursuivi par le deffunt roy Henry quatre de nom « il vid le dit sieur de Malleyssye qui vint trouver sa majesté à Atichy avec sa compa- « gnie de cent hommes d'armes et six vingt carabiniers à qui il commandait, il a trouva à son arrivée audit Atichy le roy engagé avec soixante maistres parmi « treize cents lances espagnoles, où il a rendu un signalé service à sa majesté. » C'est au même Mathieu de Martin de Maleyssye que le roy Henry HI écrivait, en 1575 : « M. de Maleyssye, par vos vertus, vaillance et mérites, vous avez été choisi « par l'assemblée des chevaliers, frères et compagnons de l'ordre de Saint-Michel 0 pour être associé à ladite compagnie pour laquelle vous notifie et vous présente « de ma part le collier dudit ordre. » Le tout extrait des preuves de Malte et littéralement copié. Mathieu de Martin de Maleyssye avait eu deux frères tués dans les guerres du pays de Piémont, Pierre et Jehan. Ils étaient fils de noble Jacques de Martin, seigneur de Maleyssye et de l'Eglantier, gentilhomme ordinaire du roy, gouverneur de la ville et vicomte d'Auvillars, dans le comté d'Armagnac, et de Guilainc de Caumont, laquelle était fille de François, seigneur de la Mothe-rouge, et de Jeanne de Rouillac (le tout extrait des preuves de Malte). Mathieu de Martin de Maleyssye et Magdeleine AUamani avaient eu comme enfants : 1° Anne ; 2° Mathieu, mort en bas âge; 3° Henri, qui fut l'un des meilleurs hommes de guerre de son temps (nous donnons son portrait) et auquel Pinard, dans sa Chronologie mililaire (t. VI, p. 133), consacre les lignes suivantes, en donnant ses états de service : « D'abord lieutenant de la mestre de camp du régiment des Gardes, le 31 octobre 1617. Il commanda les enfants perdus à l'attaque des retranchements des ville et ponts de Ce, où il se distingua singulièrement par son intelligence et sa bravoure. Il servit, en 1621, aux sièges de Saint-Antonin et de Montpellier; en 1622, au siège de la Rochelle; en 1617, au

AXXE DE .MARTIN' DE MALEYSSYE Dame d'honneur de la reine Marie de Médicis, mariée, en 1 598, à François de Tardieu de Melleville , maître des requêtes, ambassadeur à Venise (mort en 161 3).

secours de la citadelle de Ré et à la défaite des Anglais où il fut blessé d'un coup de mousquet ; il obtint une compagnie le i'^'' novembre. Il continua de servir au siège de la Rochelle, en 1628, à l'attaque du Pas de Suze, aux sièges de Privas et d'Alais; en 1629, au siège de Pignerol, au secours de Cazal et au combat de Carignan ; à la conquête de la Savoye, en 1630. Il suivit le ro}- en Lorraine, en 1632 et 1633. Servit cette dernière année au siège de Nancy, et obtint le gouvernement de Pignerol vacant par la mort du sieur de Toulangeon par provision du 50 septembre, et, cette même année, il s'v rendit, sur le champ, pour v commander. Il se démit de sa compagnie aux gardes, au mois de décembre 1639, et leva par commission, du 9 février 1640, un régiment d'infanterie de son nom pour former la garnison de Pignerol. Il obtint l'érection de Pignerol et dépendances en gouvernement général et fut créé gouverneur et lieutenant-général, par provision du 5 novembre 1643. Il ^^ démit de ce gouvernement et du régiment qui y tenait garnison au mois de janvier 1651, et se retira chez lui où il est mort. » Le Pipre de la Neuville, dans VHhtoire âe h maison militaire au roi (t. m, p. 121), énumére ses états de service, à peu près dans les mêmes termes, mais en abrège, et ajoute que sa charge de mestre de camp lui valut une pension de 3 .000 livres. Le marquis de Malevssve eut la garde de Jean-Jacques de Barillon, président au parlement de Paris. Celui-ci écrivait à sa femme (Judith de Mesme) : « Je dine souvent chez le gouverneur, le marquis de Malej'ssye. Là, pas de nouvelles de Paris, et j'y fais fort bonne chère. » (Archives du château de Houville.) Le Pipre de la Neuville (v. pp. 21, 207, 230, 316, 318) le cite parmi les premiers lieutenants-généraux nommés lorsqu'il n'y en avait que quatre, à la création de ce grade, en 1625, pour commander en l'absence des maréchaux. Georges Dupré frappa en son honneur une médaille (qui se trouve à la Bibliothèque nationale et qui présente cette belle exergue autour de la porte de Pignerol : Fidà fortitudiue). Elle est reproduite dans le Trésor de numismatique, et par Mercey (M?/, des Beaux-Arts, t. III, p. 31), citée avec les plus belles médailles de Dupré, celles des maréchaux de Toyras, de Bassompierre, de Maleyssye, « une des plus belles pièces du temps. » Il existe, au ministère des affaires étrangères une série de lettres intimes entre Bouthillier-Chavignv et Henri de Martin de Maleyssye; dans une lettre, en date du 31 décembre 1640, il lui dit combien il regrette que le roy n'ait pas jugé à propos de le laisser venir à la cour, mais que M. de Turenne étant malade, à Lyon, il doit rester pour commander dans le pays de Piémont. Il l'engage à ne pas mettre 50.000 livres pour acheter une des grandes charges de la cour. Henri de Martin de Maleyssye mourut en 1666. Par son testament, il avait laissé tous ses biens à son neveu (le fils de sa sœur, Charles-Gabriel de Tardieu , marquis de Melleville et de Maleyssye), à la charge de prendre son nom de Martin de Maleyssye. Les armoiries des Martin de Maleyssye sont : d'a-^ur, à trois pointes apointées et renversées d'or. Anne de Martin de Maleyssye, après la mort de son

HEXRI DE MARTIN' DE MALEYSSYE

né en 1594. Lieutenant-général d'armée,

gouverneur de la ville et province de Pignerol, mort en 1666.

Sa sœur, Anne de Martin de Maleyssye, épousa, en 1 598,

François deTardieu, seigneur de Melleville,

qui devint maître de requêtes, ambassadeur à Venise.

(Portrait pris sur la médaille à son eflîgie.)

mari (François de Tardicu de Mcllcville, mort, ambassadeur, à Venise), fut choisie pour être dame d'honneur de la reine Marie de Médicis, comme l'était sa mère. Elle était l'amie de la reine, et Guizot, dans Un projet de mariage royal (pp. 257, 258, 268), raconte que, « lorsqu'on voulut, à la cour d'Angleterre, s'occuper du mariage du « prince de Galles avec la princesse Henriette-Marie, on envoya un moine anglais de « l'ordre des Cordeliers auprès de M""^ de Maleyssj-e qui avait la confiance de la reine- « mère. » Voir aussi Mémoires de Leiieneiir de Tillières, ambassadeur en Angleterre

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