‹ Histoire généalogique des TardieuChapitre 50 sur 87 · TARDIEU EN VIVARAIS · texte numérisé non relu

TARDIEU EN VIVARAIS

d'or, au chd'ron de sable; en pointe un croissant de gueules; au chef d'azur chargé de } étoiles d'argent.

lions, à ce nous mouvans, voulons eslever ledit sieur Tardieu en honneur par dessus le vulgaire, selon ses vertus et bonnes qualitez, nous avons de nostre grâce spéciale, certaine science, plene puissance et auctorité royale, iceluy sieur Tardieu, ses enfans masles et femelles, nais et à naistre en loyal mariage, annobly et annoblissons, décoré

et décorons du tiltre d'honneur et caractaire de noblesse par ces dites présentes et signées de nostre main, voulons et nous plaist qu'en tous actes et endroicts, tant en jugement que dehors ils soient sensez et reputez nobles portant la qualité d'escuyers, jouissant et uzant de tous les honneurs, prérogatives, prééminences, franchises et immunitez, libériez et exemptions dont jouissent les autres nobles de nostre dite province de Languedoc et pais de Vivarez, et que ledit sieur Tardieu, sa femme, enfans et postérité puissent en tout temps acquérir et avoir tous fiefs et possessions nobles en quelques lieux qu'ils soient scituez et d'iceux ensemble de ceux qu'ils ont cy devant acquis et qui leur sont déjà escheus et pourront eschoir à l'advenir par succession, donnation, acquest, mariage ou autrement et les tenir, posséder, jouir et user plainement, paisiblement et perpétuellement, tout ainsy que s'ils estoient nais de noble et ancienne lignée, sans qu'ils soient ni puissent estre contraincts d'en vuider leurs mains ny tenus de nous payer ny à nos successeurs roys aucunes taxes pour raison des francz fiefz et uouveaux acquestz auxquelles les roturiers possédans fiefs et héritages nobles en nostre royaume sont tenus, dont nous les avons afranchis, quittés et exemptés, afranchissons, quittons et exemptons par les dites présentes, ^'oulons aussy que ledit sieur Tardieu, ses enfants masles et femelles, nais et à naistre, postérité et lignée en loyal mariage, puissent et leur soit loisible pour signe et aprobation de leur noblesse d'avoir et porter en tous lieux où bon leur semblera leurs armoiries timbrées et blazonnées, telles qu'elles sont cy empreintes, que pour raison de nos présentes lettres d'anoblissement ils soient tenus de nous payer aucune finance ou indemnité dont à quelque prix et somme qu'elle se puisse monter, nous leur en avons, pour les considérations susdites, faict et faizons don et remise par les dites présentes. Cy donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers les gens tenans nostre cour des comptes aydes et finances de Montpelier, présidens et trésoriers de France en la qualité dudit lieu, baillifs, séneschaux leurs lieutenans et tous autres nos officiers qu'il appartiendra que les présentes nos lettres de déclaration de noblesse et annoblissement ils fassent enregistrer, et du contenu en icelles jouir et user ledit sieur Tardieu, ses dits enfants masles et femelles, postérité et lignée nais et à naître en loyal mariage, plainement, paisiblement et perpétuellement en la forme cy-dessus, cessant et faisant cesser tous troubles et empeschemens au contraire que la somme par nous remize au dit sieur Tardieu ne soit ici spécifiée et déclarée et nonobstant quelconques édictz , ordonnances, restrictions, arrests et lettres à ce contraires auxquels et aux desrogatoires des desrogatoires y contenues nous avons desrogé et desrogeons par les dites présentes en faveur dudit sieur Tardieu, et sans tirer à conséquence — car tel est nostre plaisir — et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes sauf en autre chose nostre droict et l'autruy en toutes. Donné à

Paris, au mois de février, l'an de grâce, mil six cent cinquante-cinq et de nostre régne le douziesme '. »

Pierre Tardieu reçut, le 4 juin 1629, à Villeneuve de Berg en Vivarais, le roi Louis XIII, qui venait du siège de Privas. Il résigna sa charge de juge royal à Jacques, son fils, en 1655 ; épousa : i" Blanche Lagarde, fille de Toussaint et d'Isabeau Ganhat, de Villeneuve de Berg; 2° Louise Fabre, dite sa femme en 1643, veuve en 1666. Etant juge royal, il fit une reconnaissance, le 28 septembre 1654, envers Melchior de Vogué; donna quittance (1648) à Isabeau de Bournet de Mayac, veuve de Jacques Fabre, conseiller du roi (Raoux, notaire); il eut : 1° Jacques, qui suit; 2° Jean, seigneur de Mas Hugon, marié à Anne de B., dont : A. Catherine, qui fit des legs par testament à Anne et Antoinette, ses sœurs, et à Susanne de Molier de Grandval, demoiselle de Servisas, sa cousine, en faisant héritier noble Noé de Tardieu, son cousin (Ronchon, notaire) ; B. Anne ; C. Antoinette ; 3° Marguerite, femme d'Olivier de Roure de Gras, elle testa le 28 décembre 1647 (Guillon, notaire); 4° Anne, née du premier lit, religieuse à Largentiére, par acte d'ingrés du 5 décembre 1640, avec une dot de 2.000 livres (Raimbaud, notaire); 5° Anne, qui épousa, le 7 décembre 16. ., Charles de Charbonel. — V. Jacques de Tardieu, seigneur de Servisas, conseiller du roi, juge royal du bas Vivarais, par résignation de son père en 1655, puis lieutenant au bailliage, en 1670, donna une procuration le 16 octobre 1692 (Dupré, notaire); il épousa : 1° noble Jeanne d'Audibert de Lussan de Massilban ; 2° Magdeleine de Vincens, de Villeneuve de Berg, du premier lit, il eut : 1° noble Simon-Hercule, qui testa le 7 janvier 1704, en faveur de Marie-Anne, sa sœur (Jeune, notaire); 2° Pierre, décédé ab intestat; 3° Marie-Anne, femme de Louis Dupuy, conseiller du roi; 4° Marie, mariée, le 18 juin 1702, à Charles-Joachim de Liere, fils de Guillaume, docteur en droit, et de Marguerite Raoulx; elle eut 3.000 livres de dot du côté de sa mère; 5° Jeanne, femme de Jean du Roure, fils d'Olivier et de Marguerite de Tardieu, habitant à Chapiers; du second lit; 6° Isabeau, restant à Joyeuse, qui épousa, le 15 mars 1718, Pierre Charriére (registres de Joyeuse).

RAMEAU DE VINEZAC. — IV. On pense que « noble » Etienne de Tardieu, auteur de ce rameau, était le frère de Pierre, juge royal; il était alors le fils de Florimon et de Catherine Vidilhe (v. p. 118). En 1612, il était sous la tutelle de Claude Gévaudan (son oncle par alliance). Il testa le 27 novembre 1627, habitant à Vinezac, constituant héritier Noé, son fils, lorsqu'il aurait 15 ans (Raoulx, notaire); épousa : 1° Françoise Blachère,

1. Ces lettres de noblesse, enregistrées à la Cour des comptes de Montpellier, le 14 juillet 1655, existent aux Arclnves déparlemcntales de l'Hérault, B 360, folio C IIII verso et fol. CV recto et verso.

fille de Paul ; 2° Marguerite de Cellières. Du premier lit, Louise (1627) ; du second lit, Noé, qui suit. — \'. Noé I de Tardieu , seigneur de Servisas, habitant Vinezac (1666); épousa, vers 1655, Susanne Molier, fille d'Etienne, seigneur de Grand val, et de Claudine de Charbonel de Chauzon, il ne vivait plus en 1695; il eut : 1° Noé, qui suit, 2" Etienne, décédé ab intestat avant 1695; 3° Thérèse; 4° Jeanne qui épousa, le 5 mars 1702, Thomas Jossoin de Bonnery, fils de Jean et de Jeanne Coudière; elle mourut le 3 mars 1743, à 84 ans. • — VI. Noé II Tardku ou de Tardieu, seigneur de Servisas, épousa Marie Gâche; il fit une %-ente le 15 avril 1705 (Rouchon, notaire). On ignore s'il eut postérité. C'est de lui dont il s'agit dans la requête suivante :

K Supplie humblement noble iVoi'7 Tardieu, sieur de Servissas, disant qu'il a été assigné devant vous pour représenter les titres en vertu desquels il a pris la qualité de noble, il a produit un jugement de M. de Bezons, rendu en faveur de son père en l'année 1669, mais le sieur de la cour de Beauval l'ayant impugné de faux, le suppliant a déclaré par acte qu'il s'en départait, et comme il a pris ladite qualité sur le fondement du dit jugement qu'il a trouvé parmi les papiers de feu son père qu'il a laissé en fort bas âge, s'estant du depuis occupé au service du Roi, où il a mangé tout son bien, il n'a pu avoir le temps ni de quoi pouvoir faire la recherche de ses titres, de sorte qu'il désirerait obtenir la décharge de ladite assignation, attendu qu'il a pris ladite qualité sur la foi de ce jugement et dans le temps de sa minorité. A ces causes, il vous plaira. Monseigneur, décharger ledit suppliant de ladite assignation avec deffence au dit sieur de Beauval de faire aucune poursuite et vous ferez justice. » « Le procureur du sieur de Beauval dit que le suppliant doit estre débouté de sa requête et condamné à 2.000 livres parce qu'il n'a pas justifié la qualité de noble (10 mai 1698), de Rouvroy et Masson qui a signé. — Nous avons déchargé ledit suppliant de l'assignation à lui donnée, faisons deiîance de faire aucunes poursuites contre lui pour raison de ce. Fait à Montpellier, le 10 mai 1698. Signé de La Moignon et, par Monseigneur, Le Tellier. Le 12'= jour du mois de mai 1698. Signifie à M. Massane, procureur de partie, parlant à lui ". »

RAMEAU EXISTANT. Des Tardieu du Mvarais, il existe M. Régis Tardieu, employé au chemin de fer du P.-L.-M., à Valence. Il a un frère, Camille, négociant à Marseille. Leur père s'appelait Régis, propriétaire à Porchère (Ardéche), et celui-ci était fils de Pierre Tardieu, négociant.

1. Voir Cahiiu'l i!i-s titres, à la Bihliothcquc nalionale , à Paris, manuscrit 731, NoUliaire du Vivarais, folio 350 (diocèse de Viviers, article 41).

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