BERNARD " ET PIERRE TARDIEU
'et .MENT, assurément, de très notables personnages de la sénéchaussée de Carcassonne et qui avaient rendu de grands services à la couronne. Or, à la ^îi prière de la reine de France (la reine Jeanne), ils reçurent des lettres de noblesse, c'est-à-dire une nouvelle confirmation de noblesse. Il est probable que plusieurs de leurs ancêtres avaient dérogé par l'exercice du commerce et qu'ils avaient, d'autre part, rendu des ser\'ices au roi contre les Pastoureaux qui, précisément en 1320, avaient envahi la sénéchaussée de Carcassonne où leurs bandes furent détruites. Ces Pastoureaux, comme on sait, prêchaient la guerre contre la noblesse et le clergé. Voici les lettres de noblesse. Les documents de ce genre, à cette date, sont fort rares. En effet, le premier anoblissement, en France, fut celui de Raoul, orfèvre du roi, en 1270.
Nobilitacio concessa Bernardo Tardieu. — Philippus, Dei gratia Francie et Navarre Rex. Notum facimus universis presentibus et futuris, quod cum Regia nos admoneat auctoritas, ut illos qui vita laudabili virtutum premiis decenter ornantur, congruis honoribus prosequamur, nos, attendentes quod Benmrdus Tardieu, senescalie Carcassonensis, hujusmodi preconiis insignitur, eundem, licet ex nobili non fuerit génère procreatus, premissorum consideratione necnon et consideratione carissime consortis nostre Régine,
I. Bernard Tardieu (Tardivi), prêtre, figure dans le Gallia clnistiana, en 1301, au sujet d'une enquête contre l'évêque de Pamiers (Ariège). Il est qualifié son chambrier et chancelier. Il s'agit, peut-être, de Bernard Tardieu anobli en 1321 (ci-dessus).
que super hoc cum instancia nos rogavit ut ad premissa reddatur habilior, nostra nobilitamus auctoritate Rtgia et ex spécial! gratia, ipsumque et heredes suos in consortio nobiliuni aggregamus ; volentes eciam et eidem tenore presencium concedentes, quod quocienscumque sibi placuerit cingulo milicie valeat decorari, quodque ipse et ejustota posteritas, una cum omnibus et singulis bonis suis per eum acquisitis seu eciam imposterum acquirendis, absque financia vcl conquesta, ut nobilis tractctur plenaque nobilium gaudcat libertate. Quod ut firmum et stabile permaneat in futurum, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum apud Conflancium prope Quarterias, aitno Doiiiiiii millesiiiio trccenicsimo vkesimo primo, mense Julii. Per Dominum Regum. J. de Templo. — (Ces lettres se trouvent aux Archives nationales, à Paris, J J 60 n° 171 •)
Nchililaciû avicessa Petro Tardieu. — Philippus, Dei gratia Francie et Navarre Rex, Notum facimus universis presentibus et futuris quod cum nos admoncat regia auctoritas ut illos qui vita laudabili virtutum premiis decenter ornantur, congruis honoribus prosequamur. Nos, attendentes quod Pdrus Tardieu, senescalie Carcassoiieusis, hujusmodi preconiis insignitur, eundem, etc. (Le reste de la pièce exactement semblable à la précédente ; ces lettres sont aux Archives nationales, J J 60 n" 172.)
Descendaient assurément des deux anoblis qui précèdent, Jean Tardieu, bourgeois de Carcassonne, qui fut élu consul de cette ville en 142e; Raymond Tardieu, probablement son fils, élu aussi consul de Carcassonne en 1435, 1438 (voir Histoire de Carcassonne, par Bouges, t. I, p. 472, 473).
Bernard ou Pierre Tardieu doivent être les ancêtres des Tardieu du Roussillon et d'Ax et de ceux du Quercy et de l'Agenais, pays voisins de la sénéchaussée de Carcassonne ; comme aussi des Tardieu résidant à Alby au xvi= siècle '.
RAMEAU DE CASTELNAUDARY (EXISTANT). — I. Louis Tardieu, à Castelnaudary, eut: II. Guillaume Tardieu, lequel eut Paul, mort en Afrique à 30 ans, et III. Guillaume T. ; celui-ci mort à 65 ans, dont IV. Jean-Baptiste T., négociant, actuellement à Castelnaudary, qui a des filles.
Rameau à Carcassonne, sorti du précédent (existant à Carcassonne).
1. Le prénom de Bernard se retrouve, en 1450 et 1 550, parmi les Tardieu du Quercy et aussi, en 1595, parmi ceux d'Ax; ce qui peut indiquer encore une origine identique; car il est à remarquer que les branches d'une famille gardent facilement des prénoms spéciaux transmis, bien souvent, de l'aïeul au petit-fils.