EN PROVENCE
ous les Tiirdivi, ainsi que nous l'avons expliqué (v. p. vu), remontent, en Provence, à une souche commune avec les Tardieu, sous le nom latin de Tardivus. Cela est si vrai que bien souvent des Tardivi sont appelés Tardieu et réciproquement, aux xvi« et wii": siècles. Ils ont formé, anciennement, diverses branches. Au xvi« siècle, à l'époque où les noms se francisèrent, ils ont conservé leur appellation latine. Pierre Tardivi fut le premier abbé régulier de la Celle ', en Provence, en 1392. Théodore « Tardivy» gouverna aussi ce monastère comme abbé régulier de 161 5 à 1626.
RAMEAU A GRASSE. I. N. Tardivi fut père de : 1° Etienne, avocat, mort avant le 17 mars 1627; il épousa Honorade de Robert; 2° Antoine, prêtre, prieur et coseigneur de Callian, qui vivait en 1619-1627; 3° Honoré, qui suit. II. Honoré Tardivi, lieutenantparticulier du sénéchal et assesseur aux soumissions du siège de Grasse, en 161 6, mort avant 1635, épousa Pierrette de Lisle, dont : 1° Honoré, qui suit; 2° Pierrette, mariée, le 14 janvier 1627, a Pierre Baudoin, fille d'Antoine et de Marguerite Blanc; 2° Françoise, mariée, le 10 novembre 1650, à Jacques Vitalis, conseiller au siège de Draguignan, fils de Marc-Antoine, ancien juge royal à Longues, et de Madeleine de Chàteauncuf. III. Honoré Tardivi, conseiller du roi, avocat en la sénéchaussée de Grasse, en 1654, épousa, le 27 mars 1635, Isabeau de Brun de Castcllane, fille de Joseph, seigneur de
I. Le couvent fort célèbre de la Celle était situé prés de Brignoles (Var). Il est en ruines.
Caille, Rougon, et d'Honoradc d'Albert ; il eut : i° Jean ; i° Claire, morte avant 1700, mariée, le 2 novembre 1655, à Barthélémy Camelin, écuycr, receveur général des décimes au diocèse de Fréjus, fils de Jacques et de Claire Villesse. IV. ]mn Tardivi, avocat (1676), conseiller en la sénéchaussée de Grasse (1700), épousa, le 30 janvier 1676, Claire de Pallas, fille de Jean et de Gabrielle d'Ollivier; en 1700, il fit enregistrer ses armes à l'Armoriai général de Provence (telles que nous les donnons plus loin). Ce même Jean Tardivi fut compris dans l'héritage des biens de la succession de Brun de Castellane (1689), dont voici le curieux historique et procès, Affaire lUlcdnfaux Caille.
ARMOIRIES DES TARDIVI, de Grasse ;
D'azur, à une croix haussée d'or, dont le pied est fourché en ) pointes,
mouvant de la pointe, accostée de deux colombes d'argent
volantes, affrontées, becquées et membrées de gueules,
portant en leur bec : celle de dextre, une palme de sinople
et celle de senestre, un rameau d'olivier de même.
Scipion de Brun de Castellane, seigneur de Caille et de Rougon, fils de N. de Brun et de Marguerite Poussel, épousa, en 1655, Judith le Gouche, fille d'André Corneille le Gouche ou la Gouge, coseigneur de Saint-Etienne-les-Orgues ' et d'Anne de Bourdin ;
I. Il avait acquis de M. de Vintimille la moitié de ce fief, par acte du 9 décembre 1643, reçu Aubert, notaire à Marseille. Ses descendants la possédèrent pendant plusieurs générations. En 1774, la comtesse de Sade, née le Gouche, la vendit .lux Fulque.
l'un et l'autre étaient protestants. De ce mariage, naquit Isaac de Brun-Castellane de Caille. Après la révocation Je l'édit de Nantes (1685), Scipion et Isaac émigrèrent en Suisse. En 1689, Louis XI\' ordonna que les biens des religionnaires, réfugiés hors du royaume, seraient dévolus à leurs plus proches parents catholiques. En conséquence, le parlement d'Aix attribua les biens des Brun-Caille à Anne le Couche, sœur de Judith et femme de M. de Rolland, avocat général au parlement de Grenoble ; à Jean Tardivi, conseiller du roi en la sénéchaussée de Grasse, et à Jean Poussel, de Cadenet. Un sieur de Muges, qui se prétendait substitué à ces biens, fut évincé par l'arrêt de la cour. Quelques années plus tard, un inconnu se présentait à l'intendant de la marine de Toulon, se donnant pour Isaac de Caille, et racontant qu'il avait quitté la Suisse pour échapper aux obsessions de son père qui voulait le retenir de force dans la religion réformée. Il fit abjuration publique et actionna les Rolland, Tardivi et Poussa en restitution des biens qui leur avaient été adjugés. Le procès dura six ans. Des témoignages singulièrement contradictoires furent produits. D'une part, M. de Muges reconnaissait le prétendant pour son neveu, et son assertion était appu)-ée par le vicaire de la paroisse de Caille et par un ancien domestique de Scipion de Brun. D'autre part, une enquête, faite en Suisse, établissait que le véritable Isaac de Caille était mort à Vevey, en 1696, et de nombreux témoins avaient toujours connu le demandeur sous le nom de Pierre Még\ ou Mège, natif de Joucas et soldat de la marine. Après de longues hésitations, le parlement d'Aix, en juillet 1706, admit les prétentions du requérant et lui adjugea les biens des Caille. Peu de jours après, le triomphant inconnu épousait la fille d'un médecin de Toulon qui, disait-on, avait secrètement fourni les fonds du procès. A cette nouvelle, un témoin inattendu surgit et changea la f;ice des choses : c'était la propre femme de Pierre Mégv', nommée Honorade Venelle, qui dénonçait son mari comme bigame. Désormais l'affaire prit une nouvelle tournure. Les parents éliminés s'adressèrent au conseil du roi, firent casser l'arrêt d'Aix, et obtinrent le renvoi de la cause devant le parlement de Paris. Là on comprit que la déclaration de M. de Muges était un témoignage intéressé, et l'imposture de Mégy fut définitivement proclamée. \'oici le texte de l'arrêt de Paris, daté du 17 mars 17 12 : « La cour, faisant droit sur le tout, a mis respectivement à néant les interpellations interjetées par le soldat de marine, se prétendant Isaac Brun de Castellane, sieur de Caille et de Rougon... Ordonne que les informations faites à la requête desdits de Gouche et Tardivi contre ledit soldat de marine pourront valoir comme enquêtes... Déclare ledit soldat de marine ne pas être Isaac de Brun de Castellane, lui fait défense d'en prendre à l'avenir le nom et la qualité, et de troubler lesdits de Gouche et Tardivi dans la possession et la jouissance des biens délaissés par lesdits Scipion Brun et Judith le Gouche... Ordonne enfin que les enquêtes, fiiites à la requête desdits le Gouche et Tardivi. à Toulon et au parlement
d'Aix, contre ledit soldat du marine... seront tirées des productions des parties, pour servir à l'instruction du procès... » Le procès, dont il s'agit dans ces dernières lignes, était relatif au crime de bigamie. Il fut envoyé à la chambre Tournelle qui prononça, sans aucun doute, la peine capitale; mais Mégy avait pris la fuite. (\'. les Causes célèbres, de Gayot de Pitaval ; les Arrêts de Provence, de Debézieux, pp. 151-156, et l'Histoire de Maiwsqiie, de l'abbé Féraud, pp. 301-3 11). Jean Tardivi, qui précède, fut père de : 1° « noble » Jean-François Tardivi de Caille, capitaine au corps royal d'artillerie du régiment et bataillon de Grenoble, chevalier de Saint-Louis ', vivant encore à Aire et à Saint-\'enant, en 1784, marié à Victoire-Julie Ponnat (famille du Dauphiné), dont il eut « noble » Louis-Alexandre-Henri, baptisé le 5 août 1769, paroisse de Saint- Martin de Banaux, diocèse de Grenoble ; 2° Jean, seigneur de Thorenc, marié à Catherine de Funel du Villard, dont Jean-Baptiste, coseigneur de Thorenc, conseiller en la sénéchaussée de Grasse, en 1789, mort avant 181 1, marié, le 1 6 février 1 7 57 (Grosson, notaire à Marseille), à Rose-Marie-Henriette de Gaudemar, morte à Marseille, le 25 mars 181 1, fille de Pierre, procureur du roi en l'amirauté de Marseille, et de Marguerite Amoureux.
RAMEAU A BARGEMON (VAR). Ces Tardivi prennent quelquefois le nom de Tardieu (v. p. 82). Honoré Tardivi, docteur et avocat, à Bargemon (1591). Guillaume Tardivi, de Bargemon, mort avant 1621, épousa Marguerite Noël, de Bargemon, dont Pierre, praticien, marié, le 19 avril 1621 (Caille, notaire à Bargemon), à Yolande Tardivi, fille d'Antoine et de Charlotte Vacquier. Pierre Tardivi, notaire à Bargemon (v. p. 82), fils de Joseph, mourut le 16 mai 1684 et fut père de Barthélémy, bourgeois qui vendit l'étude de son père, le 13 décembre 1698 et fut marié, en 1678, à Thérèse de Lauris, fille de feu François, seigneur de Taillades et de Valbonnette =, dont Françoise, femme de Joseph Rébussel, négociant à Bargemon.
RAMEAU A DRAGUIGNAN. 1. Antoine Tardivi, docteur en droit, avocat à Draguignan, mort avant 1621, épousa Charlotte Wicquier, remariée à Raphaël Figuiére, avocat; il eut : 1° Jean, avocat du sénéchal de Draguignan, en 1635, marié, le 5 novembre 1653, (Malespin, notaire à Draguignan), à Honorade Allègre, fille d'Honoré, bourgeois, et de Jeanne Héraud ; il testa le 3 juin léSoî, laissant : A. Jacques, 1680 ; B. Jean, 1673 ; C. Christophe, i68o; D. Pierre-André, qui fit profession aux Augustins de Draguignan, le 19 octobre 1673; E. Charles, prêtre de la doctrine chrétienne (1680); F. Ezéar, 1680; G. Anne, mariée, le 28 février 165e, à Pierre Richelme, bourgeois à
i. Arch. département, de la Drôme. | 2. Arch. département, du Var. | j. Ce testament porte son sceau armorié. Celui-ci représente une fasce accompagnée en chef d'une palme accostée de 2 trèfles et, en pointe, d'un trèfle. Autour du sceau, en devise : Palma virescit pondère.
Draguignan, fils de Pierre et de Françoise Garcin; clic fut marraine, le février 1674, avec Jean de Thomas, chevalier de Malte, à Draguignan, vivait encore en 1694; H. Marguerite, mariée, le 4 juin 1682, à Joseph de Castellane, seigneur de la Valette, fils de Henri-François, seigneur de la \'alette et de Marguerite Raffelis de Broves; 2° Françoise, mariée, le 7 mai 1614, à Jean Cavallier, procureur au siège de Draguignan; 3° Yolande, mariée, le 19 avril 1621, à Pierre Tardivi, praticien à Bargemon, fils de Guillaume et de Marguerite Noël ; 4° Pierre, receveur particulier à Grasse, marié à Jeanne Richelme, dont : A. 'Jean, avocat à Draguignan en 1674; B. Henri, notaire à Grasse en 1674; 5° Françoise, baptisée à Draguignan, le 4 novembre 1598, parrain Durand de Villeneuve du Gault, marraine Françoise de Villeneuve, dame de Mons. Ce baptême fut fait en « très notable compagnie ». (Archives comm. de Draguignan, G G 13.)
RAMEAU A TOULON. En 1700, Antoine Tardivi, bourgeois de Toulon, fit enregistrer ses armes à V Armoriai général (Provence, t. II, p. 320, bureau d'Aix); elles sont les mêmes (moins les émaux) que celles des Tardieu, de Saint-Etienne-les-Orgues (ce qui indique, sûrement, une origine commune, savoir : d'argent, à une fasce de siiiople; coupé d'a;iir, à un écureuil d\w (y. pp. 58, 61).
RAMEAU A MARSEILLE. Il compte Pierre Tardivi, négociant drapier, en 1700 (v. p. 183), qui fit inscrire ses armes à V Armoriai général (Prowenct); Jeanne Tardixn, vivant à Marseille en 1703; elle mourut le 20 août 1716, à 71 ans, femme de Jérôme \'elin ; Anne Tardivi, épouse de Barthélémy Boulle, négociant à Marseille, eut une fille qui, en 1719, épousa à Marseille, François Corréard. Jean Tardivi, prêtre, à Marseille (1677-1680); Laurent Tardivi, négociant à Marseille, 1706.
RAMEAU A VALENSOLLE (BASSES-ALPES) (EXISTANT). Fili.\tion-. I. Jacques Tardivi, bourgeois, épousa, en 1624, Catherine Roux. Il habitait Valensolle et laissa : 1° Eloi, né en 1630, vicaire aux Accoules, paroisse de Marseille, en 1687; 2° Esprit, qui suit ; 3° Antoine, né en 1642, marié à Anne Leyton, dont : A. Paul, né en 1678; B. Joseph, né en 1684. — II. Esprit Tardivi, bourgeois, né à ^'alensolle, en 1637, épousa Cécile-Catherine Angelvin ; il eut : 1° André, qui suit; 2° Joseph, prêtre, vicaire de la paroisse des Accoules, de Marseille, en 1696, puis curé à Allauch, prés de Marseille; il fit enregistrer, en 1700, les armes de sa famille : d'or, à un cceur enflammé de gueules, chargé d'une étoile d'or (Armoriai général'). Dans le même armoriai figure aussi Pierre Tardivi, négociant en draperie à Marseille, qui fit enregistrer les mêmes