XIII
commune de Barcelonne; Tardieu, lieu de ce département, indiqué déjà, en 1740, sur la carte de Cassini; les Tardieu, ferme, commune de Puvsiron.
BRANCHES PROTESTANTES. — Nous avons déjà vu que les Tardieu ont pour berceau les Hautes-Alpes, où des branches résidaient encore au xvi'^ siècle. En 1561, la Réforme trouve de nombreux adeptes parmi les habitants de Gap et des environs. Des prêtres, des chanoines et Gabriel de Clermont luimême, évêque de Gap, embrassent les idées nouvelles. Dupuv- Montbrun commande, bientôt, les Protestants du Gapençais; mais battus, les Protestants sont refoulés et gagnent les hautes vallées inexpugnables du Champsaur et des Triéves. Lesdiguiéres, ce fiimeux chef protestant qui devait s'illustrer dans tant de combats, entre en scène. La Réforme est alors adoptée par presque toute la noblesse des Alpes. Lesdiguiéres devient le véritable roi du Dauphiné. Ce ne fut que l'avènement d'Henri IV et l'édit de Nantes qui rendirent un peu de calme dans les Alpes. A travers ces temps calamiteux, divers rameaux des Tardieu avaient embrassé la Réforme, soit dans les Alpes, soit en Dauphiné. Nous citerons celui de la Lauze (éteint) et le rameau des Tardieu, de Dieulefit, qui compte encore des représentants dans cette localité. Toutefois, la plupart des branches Tardieu restèrent catholiques dans le reste de la France.
ALLIANCES. — Dans cette longue époque de huit siècles, les Tardieu ont contracté de grandes et nobles alliances avec une foule de puissantes familles de la France. Il n'entre pas dans
notre plan de les indiquer ici. Ce sera à la fin de cet ouvrage, dans un chapitre particulier intitulé : Alliances, que nous donnerons des notices et l'armoriai des principales maisons qui leur sont alUées.
ARMOIRIES. — On sait que la différence d'armoiries, portées par les diverses branches d'une même famille, ne prouve rien contre l'origine. En effet, en lisant les généalogies de nos illustres maisons, on voit qu'il n'est pas rare de rencontrer des armes complètement différentes de celles de la branche mère. Ceci s'explique par des substitutions, c'est-à-dire qu'il arrivait souvent qu'un personnage quittait les armoiries de sa race pour retenir, lui et les siens, celles de sa femme. D'autres fois, un cadet, pour se distinguer de son frère aîné, brisait ses armes en y introduisant un changement essentiel ou en en modifiant une pièce héraldique. Nous avons constaté ce tait, et nous pensons que le chevron, les croissants et les étoiles portés par les Tardieu de Maleyssye et les Tardieu, du Vivarais, comme aussi par les Tardieu de la Lauze, et, anciennement, par les Tardieu, des Pilles, constituent les armes primitives des Tardieu, probablement les plus anciennes. On remarque que les Tardieu de Maleyssye et ceux du Vivarais ont des armoiries à peu prés identiques, ce qui, sûrement, indique que ces deux branches ont une même origine à une époque qui, peut-être, remonte au xv^ siècle. Les Tardieu, des Pilles, portaient aussi le chevron et les étoiles; mais celles-ci disposées un peu différemment. Les Tardieu de la Lauze ont conservé le croissant et le chef d'étoiles, en brisant d'un poisson appelé alauze (armes parlantes). Les Tardieu, d'Angoulême, et
ceux de Saint-Etienne-les-Orgues ont quelques rapprochements d'armoiries; car les premiers portent d'or, à la bande ondée de sable et, les deuxièmes, sur le premier coupé de l'écu : d'or, à lafasce de sable. Enfin, un Tardivi, bourgeois de Toulon, fit enregistrer ses armoiries à l'Armoriai général de France, en 1700; or, elles présentent lin coupé avec une fasce et un écureuil, comme les Tardieu de Saint- Étienne-les-Orgues, ce qui prouve bien la souche identique, déjà établie par nous, des Tardieu et des Tardivi. Les Tardieu de Maleyssye, qui sont marquis, portent leurs armoiries timbrées, tout naturellement, d'une couronne de marquis. Mais d'autres branches ont leurs armes surmontées, au xv!!!*-' siècle et plus anciennement, de couronnes de prétention. Aux xvii*^ et xv!!!*^ siècles, il était d'usage de timbrer ses armes d'une couronne, même sans titre; les bourgeois eux-mêmes usaient de ce droit ou prenaient un casque au dessus de l'écu. C'est en vertu de cet usage que les Tardieu, de Saint-Étienne-les-Orgues, timbrent leurs armes d'un casque de profil. Ce casque, surmontant des armoiries bourgeoises remonte, du reste, loin. Si l'on ouvre l'Inventaire des sceaux des Archives nationales, par Douët d'Arq, on y remarque des argentiers, des changeurs, des bourgeois de Paris, portant, dans leur sceau, un écu heaume ayant même un cimier, comme le sceau de Geoffroy Marcel, en 1366; celui de Charles Poupart, en 1393. Il n'est pas jusqu'au cordonnier du roi qui, en 1398, ne timbrât son écu penché d'un heaume de chevalier (voir aux manuscrits de la Bibliothèque nationale. Fonds Gaigniéres, chartes diverses, t. I, p. 136).