EN ROUSSILLON
— ^ VEC le langage provençal, le nom latin de Tnnih'iis se dit toujours TcinUeu ; mais on trouve, dans les anciens registres paroissiaux, en langage catalan, bien souvent, Tardiu, notamment dans les registres d'Ax (Ariége) où les Tardieu sont appelés, au wii"^ siècle, diverses fois, Tariiiu, bien que le nom soit réellement Tardieu. En Roussillon, aux environs de Perpignan, non loin de la région d'Ax, il y a eu, dès le xv« siècle, des TanUu qui ont gardé ce nom. Leur tradition les fait sortir d'Esp.igne, d'un général, au xv^ siècle. Notre opinion est qu'ils peuvent bien compter un général, même espagnol, mais qu'ils sont des Tardieu, dont le nom a été écrit en catalan, puis est passé à cette branche. Ne serait-ce pas plutôt une tradition confuse'
puisque les Tardieu, dit une autre tradition, descendent des Sarrasins d'Espagne, et, alors, les chefs sarrasins, dont ils peuvent venir, seraient originaires de Séville? Au surplus, chose de nouveau bizarre, des Tardiii, du Roussillon, ont repris, au xviii'^ siècle, le nom de Tardieu. On voit bien combien étaient grandes la confusion et l'incertitude de ce nom, et qu'ils ont admise celle-ci au profit de notre hypothèse qui les fait venir des Tardieu. En s'établissant en Roussillon, près de Bages, le premier Tardieu, appelé Tardiu, y donna son nom à une belle métairie appelée jadis le mas d'Arnarch, et, depuis, le mas Tardiu. Les armoiries des Tardiu, de Thuir, sont assez originales et parlantes. Elles font allusion au nom et tous les objets qui y figurent font éprouver des retards dans la vie :
ARMOIRIES DES TARDIU
les récifs sur la mer ; les écrevisses (qui vont en arriére) ; les épines (qui arrêtent au passage). Elles sont donc : EcarleUc aux i et 2' d'azur, à } étoiles en cl)ef d'argent, et, en pointe, des récifs sur la mer de même ; au )', de gueules, à des branches d'épines d'argent accompagnées, à senestre, d'une étoile de même, et, en pointe, à de.xtre, d'une étoile aussi d'urgent ; au 4=, d'or, à un semé d'écrevisses de gueules ; en pointe de Vécu, une Champagne de gueules, à des branches d'épines d'argent. Couronne : de comte.
Grâce à l'obligeance de M. l'archiviste des Pyrénnées-Orientales (M. Uesplanque), nous pouvons donner la filiation des Tardiu, prise en partie dans le fonds de ces archives (11 E 736).
Filiation. I. Huguet Tardiu « mercaJer » (négociant) est rappelé, en 145 5> comme défunt, bourgeois de la ville de Perpignan « quondam burgensis Perpiniani ». Sa veuve,
Jordana, testa le 31 décembre 1456; il eut : 1° Etienne, qui suit; 2° Catherine, femme, en 1456, de Pierre Miso; 3° Claire (1456); 4° Marguerite (145e). — II. Elieniie Tardiu, vivant en 1456, eut : 1° Huguet, qui suit; 2° Père (Pierre), 1485. — III. Hiiguel Tardiu, vivant en 1485, est dit défunt « mercader » (négociant) et « mestre de la Segna » (monnaie) de Perpignan, en 1558. Il est encore rappelé, en 1544, et laissa : i" Barthélémy, qui suit; 2" une fille, épouse d'Antich Scncspledade Barulvue; 3° Jeanne, veuve de Michel Pares, « mercader » (négociant) à Arles, en 1544. — I\'. Baiihéleiiiy (Barthomeu) Tardiu « mercader » (négociant) de la ville de Perpignan, domicilié à Thuir, obtint, en 1533, de Pierre Horet) abbé de Saint-Germain-des-Fontaines, seigneur direct du mas Tardieu, l'autorisation d'avoir un garde pour son domaine du mas Tardiu ', ledit garde appelé « banier ». Il vivait encore en 1544, et laissa : 1° « l'honorable » Jacques (Jaunie), de la ville de Thuir, marié à Antonine Breto, fille d'Antoine et de Angéle Gumara. Elle testa le 8 septembre 1625; 2" François, qui suit; 3° Onulphe, père de Jacques; celui-ci testa en 1689 (27 juin), épousa Anne, dont : Marie; Maride ; Catherine; Françoise, femme de Fedrins. — V. François Tardiu, seigneur du mas Tardiu, testa au mas Tardiu, près Bages, le 6 juillet 1629; il épousa Stazia et laissa : 1° François, qui suit; 2° Joseph, domicilié à Fourques, en 1678, époux de Marguerite Stoër, dont il eut : A. Pierre (1678) ; B. François; c'est de ce François que descend le rameau de Fourques (existant); C. Marie, femme d'.\ntoine Boj'er « pages » ; D. Victoire, femme de Mitjamola « pages »; 3° Jeronime, épouse de François Spart. — VI. François Tardiu, épousa Marie Pons, veuve en 1677; il eut : 1° François, qui suit; 2° Félix, bourgeois de Perpignan, domicilié à Salces (canton de Rivesaltes), coseigneur du mas Tardieu; il épousa : 1° Marie Badia; 2° Marie Gari; il testa, à Perpignan, le 28 juillet 1682. Du premier lit : A. Marie -Thérèse; du second B. Joseph (1682); 3° Françoise, qui testa le 8 juin 1677, épouse de « l'honorable » Pierre-Martyz Casais, bourgeois de Perpignan. — VII. « le magnifique » François Tardiu, bourgeois, noble de Perpignan, épousa, le 27 janvier 1659, Marie d'Ortéga, enterrée dans l'église de Saint- Jean-Lasseille, fille d'Antoine, notaire à Perpignan, et d'Anne Pinyes. Elle était la tante de Charles d'Ortega, docteur en théologie, chanoine de l'église de Saint-Réal; de Raphaël d'Ortéga, conseiller au conseil souverain de Perpignan ; de Louis d'Ortéga, docteur en droit, bourgeois. De ce mariage : 1° François, qui testa à Perpignan, le 22 mai 1709 et mourut peu après; il avait pris possession du mas Tardieu, le 25 juin 1696; il épousa : 1° Cécile Mauran ; 2° Eulalie, remariée à Joseph Joftre, notaire à Perpignan. Du premier lit : A. Joseph (1709), duquel doit descendre François,
I. Le ni.\s Tardieu, vaste et beau domaine, prés de Bages (à 2 kilomètres). Il est resté d.nis la famille des Tardiu jusqu'au XIX'-" siècle.
auteur des Tardiu ik hi première branche ; B. Françoise (1709); C. Jean, docteur en drort à Perpignan (1693); il testa, le 5 février 1693, à Perpignan ; mourut jeune, ayant été avocat au Conseil souverain de Perpignan ; c'est sa veuve appelée Marie qui, en 1700, fit enregistrer ses armoiries personnelles (^Parli d'une croix et de sable) à l'Armoriai général de France; de cette union : a. a. Jean (1693); b. h. Françoise (1699), et probablement c. c. Honoré, docteur en droit à Perpignan, en 1712; D. Marie, épouse de Joseph Guitard; E. Catherine, femme Busquet ; z° Ursule, qui testa en 1693; 3" Thérèse, veuve, en 1709, de François Sagaleras.