VOEUX FORMULÉS PAR LES ÉTATS GÉNÉRAUX
biens de l'Eglise, l'établissement d'écoles dans les bourgs et villages, de séminaires et de collèges. — En ce qui touche la noblesse, s’il estime que ses privilèges doivent être respectés, il exprime le vœu que de son côté elle n’en abuse pas. Aussi voudrait-il qu’il fût permis aux officiers du roi d’assembler les communautés des villes et du plat pays pour courir sus aux gens de guerre qui par leurs incursions ruinent les pauvres habitants, les appréhender et leur faire leur procès; qu'il fût fait également justice des seigneurs qui exigent indûment de leurs sujets deniers, grains, corvées et autres choses. Le clergé se montre du reste en général le protecteur aussi généreux qu'éclairé des intérêts du peuple.
La noblesse semble n'avoir d'autre souci que d'arrêter les usurpations de titres nobiliaires. Elle demande qu'il soit tenu dans chaque bailliage un registre de tous les gentilshommes du ressort ayant au moins quatre quartiers, du blason de leurs armes, des honneurs ct antiquités de leurs ancêtres. Les roturiers et le peuple ne pourront porter mêmes habits que les nobles, ni les femmes porter des chaperons de velours ; il leur sera interdit d’avoir des armoiries, de mettre des panonceaux sur leurs maisons, deles clore et fortifier de tours, guérites, machicoulis, créneaux ; de posséder, sans permission des seigneurs, des colombiers, volières, garennes, et de chasser à quelque chasse que ce soit. La noblesse n’entend cependant pas tenir ses rangs absolument fermés à la roture ; mais elle ne veut pas qu'aucun office puisse conférer privilège de noblesse : celui-ci ne doit être le prix que de longs et remarquables services rendus à la guerre. — Elle demandera en outre qu’on renvoie promptement de la cour les dames et les demoiselles qui n’y sont que pour leur plaisir ; que celles qui sont au service des reines et des princesses ne reçoivent pas plus de mille écus pour leur mariage, et que les filles de nobles maisons qui méfont en leur honneur, soient privées de toute succession et confinées en prison perpétuelle.
Le tiers état, qui a souffert plus que les autres des maux horribles de la guerre et de l'excès des tailles, demande que les impôts soient réduits à ce qu'ils étaient sous le bon roi Louis XIE, et que les étrangers (les Italiens) qui accaparaient les offices, spécialement ceux de finances, les plus lucratifs, soient renvoyés dans leur pays. « La pauvre république, dit-il, est tant foullée qu’elle ne se peut