LA PROVINCE ACCUEILLE MAL LE FORMULAIRE ROYAL
liberté du commerce, particulièrement de celui du sel — et pour l'unité des poids et mesures. D'accord avec le clergé, il demande pour toutes les provinces la permission de tenir des états provinciaux!.
C’est de l'examen de ces vœux que sortira, en mai 1579, la fameuse ordonnance de Blois en 363 articles. Il ne lui a manqué, pour donner satisfaction au pays, ni la science législative, ni la connaissance des besoins de la société ; mais les événements et les passions en paralysèrent la sagesse ?.
Henri HE n'avait pas été plus heureux dans les provinces, qu'avec les états généraux : son formulaire d'association y avait reçu un froid accueil. Il y avait envoyé « des commissaires chargés de ras- « sembler les trois états » en chaque bailliage, et de les exhorter à prendre la ligue. « Pour la province et gouvernement de Champagne « et Brie » avait été désigné « un jeune gentilhomme de la maison « du due d'Anjou, M. de Rosne, gendre de M. d’Estoge, soy disant « gouverneur de Brie en l'absence de M. de Guise», lequel, après avoir passé par Meaux et Sézanne, vint à Provins au mois de février,
1 Deux cents ans s’écouleront avant que ce vœu soit exaucé,.
? Ainsi en arriva-t-il apparemment du mandement adressé, le 20 mars 1577, par le roi aux députés du bailliage de Troyes — comme aux autres à l'effet de leur donner pouvoir d’in-
députés de la France sans doute former personnellement sur les malversations et exactions des officiers de finances. Les députés, qui devaient exercer leur mandat dans le cours d'avril, ne manquèrent pas de donner à leur tour l’ordre aux baillis et aux prévôts d’instruire contre ces officiers. Que devinrent les poursuites ? demande Boutiot, t. IV, p. 90.
Le 17 juillet, le conseil de la ville de Troyes allouait aux deux députés du tiers état la somme de 800 livres, pour la part mise à la charge de la ville dans la dépense occasionnée par leur assistance aux états ; les deux députés du clergé recevaient 600 livres, somme reconnue insuffisante (Id., ibid.). La noblesse avait prétendu se faire payer par le tiers état ; celuici se souleva, et il fut convenu que chaque état paicrait ses députés. Quelle était la part contributive du gouvernement dans l'indemnité des députés ? Nous l’ignorons. Nous savons seulement que l'indemnité fut ainsi fixée pour le clergé : par jour, archevêque, 95 francs ; évêque, 2 ; abbé chef d'ordre ou‘béni, 45; abbé commandafaire, 12 ; doyen, archidiacre, 40; au-dessous, 9 ou 8 (ist. des Etuis généraux par le comte Thibaudeau, t. IT, p. 89).
en compagnie du bailly d'Epernay, « homme rassis et bien parlant ». A ce magistrat était réservé le soin d'exposer aux habitants l'objet de la mission du seigneur de Rosne (1 mars); ce dont s'étant acquitté, il laissa à chacun des trois ordres une copie des articles de la ligue pour qu'ils en pussent délibérer sans retard et faire le lendemain « réponse pertinente » au commissaire du roi. Le temps était court et l'embarras fort grand. On copia « à la haste » les articles sous la dictée de notre chroniqueur, Claude Hatton, et on les envoya au chapitre de Sens, afin d’avoir son avis, en même temps qu’on dépéchait à Meaux, pour savoir quel sort y avait eu la ligue. Cependant le 2 mars, les trois états se réunissent, les gens d'église au couvent des cordeliers, les gentilshommes au Grand-Mouton, et le tiers à l'hôtel de ville, mais fort en peine du parti qu'ils devaient prendre. « Les gentilshommes envoyaient vers les ecclésiastiques et « le tiers état, pour sçavoir de leur délibération ; les ecclésiastiques « renvoyaient aux nobles ettiers état, et le tiers état envoyait vers « les uns et les autres ». De Rosne, informé de leurs irrésolutions, les presse et ne néglige aucun moyen de persuasion. À Sézanne, il s'était autorisé mensongèrement de l'exemple de Meaux ; à Provins, il s'appuie non moins faussement de l'exemple de Sézanne, et parfois « se courrouce fort d'une grande audace plus qu’un roy ». Mais plus il s’agite, moins il gagne de terrain : « La ligue, lui disent les « délégués des états, nous semble chose nouvelle dont on n’a jamais « usé en France ni oui parler ex la forme qu'elle contient ; les « députés du bailliage étant encore à Blois, nous ne savons ce qu'ils « ont décidé. Du reste, dans notre pays, on ne pratique que la reli- « gion catholique, jamais nous n'avons refusé soumission ni argent « pour la défense du roi et du royaume : qu’est-il besoin de nous y « obliger aujourd'hui par signatures ? Encore serait-il bon, avant de « prendre un pareil engagement, de savoir ce qu'ont fait les autres « villes et bailliages de France, nommément la ville de Paris, la « capitale du royaume et la mère nourrice des roys, à laquelle « nous prétendons nous conformer ». Finalement ils refusent signature et serment.
1 CI. Hatton, p. 881 et sq. — De Rosne se vengea en faisant à la ville, un jour que, au retour d’une promenade, il était près de la Porte-Neuve, l’injure de passer par-dessus les murailles, en cet endroit fort basses, au
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