PRISE ET PILLAGE D'ARTHONAY
Longueville et la Noue tirèrent vers Châlons, où, grossis des troupes de MM. de Luxembourg et Dinteville, ils se dirigèrent sur Bar-sur-Seine, qu’ils voulurent emporter ; mais la place résista (27 juin), et le 28, franchissant la Seine, ils se rendirent aux Riceys, puis à Arthonay. Là, se trouvant arrêtés par le refus des habitants de leur ; ouvrir les portes de la ville, ils donnèrent à celle-ci l'assaut, et | layant emportée (1 juillet)!, ils la livrèrent au pillage et aux e flammes, après en avoir livré les femmes à la brutalité de la soldatesque. Ils gagnèrent ensuite Ravières, où les attendait Sancy, venu par Langres et Châtillon-sur-Seine ?. ÿ
Dès qu'ils eurent opéré leur jonction avec ses mercenaires, «ils 1
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« traversérent ensemble la Champagne, passèrent la Marne» et arrivèrent sans obstacle à Poissy, qu’ils emportèrent. Bientôt, après douze jours de tranchée, l’armée royale enlevait d'assaut (24 juillet) l'église fortiliée de Pontoise, que défendait de Hautefort#, et où le
1 Ce jour-là même, le duc d'Aumale arrivait à Reims, pour y rejoindre le duc de Mayenne et beaucoup de seigneurs. On redoute à Châlons une entreprise des ligueurs contre cette ville ; aussi se hâte-ton de faire rompre les ponts de La Chaussée, Pogny, Aulnay, Matougues et Tours-sur- | Marne, situés sur la rivière de Marne ; mais on en fut quitte pour la ! peur.
De son côté, Saint-Pol rangeait à son obéissance l’abbaye de Chaumont-
Porcien, Guignicourt, Yvernaumont, Dom-le-Mesnil, Omont et la Cassine, puis rentrait à Reims après avoir menacé Epernay.
? Mémoires de Jacques Carorguy, greffier de Bar-sur-Seine, p. 26, 27.
Dinteville écrivait, le 11 juillet, aux Châlonnais : « Nous sommes sur le | passage de la rivière d’Yonne pour advancer cette armée qui est très belle et forte et de Suisses et de cavalerye droict à Sa Majesté qui est à Longemeau. J'ay receu commandement de Sad. Majesté de favoriser le passage desdits Suisses. et de les espauler jusques à ce qu'ils soient auprès d’Elle » (Hérelle, Lettres, p. 207).
8 Palma Cayet.
# Ce capitaine y fut tué d’un coup de canon, dans une sortie qui précéda l'assaut (Mémoires de Jacques Carorguy, p. 28). — «L'armée, écrivait Dinteville aux Châlonnais le 18 juillet, est très bien disposée et tous les jours se faict plus forte... Je la vous diré composée de 20 ou 21,000 hommes {ant de cheval que de pied. Sa Majesté est devant Pontoise avec dix mille hommes de pied et trois mille cinq cenz chevaux, où Hautefort a été tué et beaucoup d'hommes blessez, comme aussi de nostre part. Le roi de
roi de Navarre s’entremettait pour obtenir à la ville une capitulation honorable (25 juillet). Fier des nombreux combattants qu'il comptait à cette heure, Henri LL s’avança sur Saint-Cloud et s’y établit (30 juillet) !. De là, voyant à ses pieds Paris, Paris qui l'avait, une année auparavant, ignominieusement chassé de ses murs, il se repaissait de la vengeance qu’il allait tirer de cet affront. Déjà l'heure de la destruction était marquée : c'était le 2 août que l'assaut devait être donné. Mais l'assaut n'eut pas lieu, l'heure de la vengeance ne devait sonner que pour le supplice du #yran : le mardi premier jour d’août, à huit heures du matin, Henri II tombait sous le poignard d’un fanatique?, et expirait le lendemain entre deux et trois heures du
Navarre est à Lisle Adan et a passé l'Oise sur un pont qu'il a faict faire, en sorte qu'il empesche tout le commerce des Parisiens avec ceulx dud. Pontoise ».
1 Neuf jours auparavant, 21, il avait pourvu à l’approvisionnement en poudre des places de Châlons, Montmirail, Château-Thierry, Reims, Sainte-Menehould, Mouzon, Mézières, Rethelois et pays voisins d'icelle frontière jusques à Rocroy et Maubert-Fontaine, en ordonnant qu'il fût passé marché avec les commissaires des salpêtres « commis à la composition des poudres à canon pour le magasin établi en la ville de Châlons. » Le marché se fit le 9 avril 4590. Langault et Galliot, lesdits commissaires, devaient fournir par chacun an et pendant 9 ans audit magasin 40 milliers de poudre, et s'engager à construire pour le 1% janvier 1593, en un lieu appelé place l'Abbaye, un bâtiment, magasin à poudre et ateliers, pour resserrer l'artillerie et tous autres ustensiles en dépendant; de plus, à entretenir le moulin à poudre sis sur la rivière près la porte Marne (Note inédite de M. L. Grignon).
2 De Dinteville arrivait dans ce moment même à Saint-Cloud, pour entretenir le roi de diverses affaires intéressant Châlons (V. sa lettre dans
La Réforme et la Ligue, p. 211). — Jacques Clément était de Serbonnes près de Sens. — « Ah ! le méchant moine, s’écria Henri, il m’a tué! qu'on
« le tue! » Pourquoi un de nos historiens a-t-il supprimé ce dernier cri ? A-til pensé rendre plus intéressante la victime du régicide en laissant supposer une pensée de clémence et de pardon à ce prince qui, dans sa marche sur Paris, avait puni de mort les résistances qu’il avait rencontrées ?
On avait donné pour complice à Jacques Clément un autre Jacobin, Michel Mergey, dé Langres, qui avait eu limprudence de dire qu'il connaissait les instigateurs du crime. Après trois années de procès et de tor
1589. ASSASSINAT DE HENRI T1. 322 | il matin, après avoir fait jurer à tous ceux qui l’entouraient de recon- | | naître pour roi son frère Henri de Navarre. La race des Valois était À ra éteinte.
tures, le malheureux fut pendu, son corps brûlé et les cendres jetées dans ; la Marne (septembre 1592).
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