HENRI FAIT PROPOSER UNE CONFÉRENCE
ment il n’assignait à la réunion des états aucun but déterminé, mais il allait jusqu’à convier ses adversaires à venir à Paris, « pour « ensemblement choisir, sans passion et sans respect de l'intérêt de « qui que ce soit, le remède le plus utile pour la conservation de la « religion et de l'Etat ». Il laissait ainsi la porte ouverte à un accommodement avec les catholiques royalistes, dont il ne condamnait le dévouement à un prince hérétique que parce qu’ils subordonnaient les intérêts de la religion aux convenances déraisonnables de ce prince, lequel entendait queses adversaires déposassent les armes sur une simple promesse de conversion, comme si, dit-il, il ne s'était pas à son avénement engagé à se convertir six moës apres ; comme si « tant d'exemples présents à nos yeux..., qui nous « devraient bien faire sages, ne nous apprenaient pas que les sujets « suivent volontiers la vie, les mœurs et la religion mesme de leurs « monarques »; comme si, une fois assise sur le trône, l'hérésie ne devait pas s’y maintenir à la faveur de la faiblesse humaine, ct devenir pour la religion un danger sérieux. Ce langage de Mayenne était assurément fort habile : il témoignait d’un désir de conciliation qui ne l’engageait à rien et le préparait à tout. Mais il ne pouvait convenir à Clément de laisser les choses dans un vague si favorable à l'intrigue ; il fallait d’ailleurs, dit avec raison un historien moderne, que le roi de Navarre füt mis en demeure de se décider sans plus tarder, et rien n’était plus propre à l'y déterminer que de le mettre en face de l’élection imminente d’un roi de France par les états généraux. (est ce que fit Sega, le 15 janvier suivant, en déclarant que Sa Sainteté ne désirait rien tant que de voir la France recouvrer par ce moyen «son ancien lustre et sa majesté accou- « tumée ».
1 Déclaration de Mayenne dans le recueil des anciennes lois françaises d'Isambert, p. 44 à 5%. Il faut lire en son entier ce document pour en bien apprécier l'esprit. Mayenne y dit formellement que, si Henri délaissait son erreur et se réconciliait à l'Eglise, à notre Saint-Père et au Saint-Siège, par une vraie conversion et par action qui puissent donner témoignage de son zèle à notre religion, il serait le premier à lui apporter son obéissance et tout ce qui serait en son pouvoir pour aider à faire finir les misères du royaume (p. 48).— Deux jours après sa déclaration, le duc de Guise, quittant la Champagne pour Paris, arrivait dans la capitale avec larchevêque de Lyon et le cardinal de Pellevé (26 décembre).