LE TRAITÉ DE VERVINS. RÉJOUISSANCES PUBLIQUES
engendra à son tour la peste, source de désolation en particulier pour la ville de Reims, où elle fit de nombreuses victimes.
Afin de remédier à tant de maux, le roi avait résolu de « convo. « quer une notable assemblée en la ville de Compiègne pour le « dernier août » 1596, et, le 25 juillet, il invitait le maire ou le premier échevin de Châlons à s’y rendre’. L'assemblée s'ouvrit à Rouen le # novembre suivant, et le chancelier y fit une éloquente peinture des malheurs qui désolaient la France; mais il insista particulièrement sur les besoins du trésor, à la veille d’une guerre qui semblait « devoir être très longue et très cruelle»?. Les ressources que réclamait le roi ne lui furent point refusées, mais elles furent promptement dissipées, et il fallut, pour subvenir aux frais de la guerre, recourir à divers expédients qui indisposèrent gravement le parlement et Paris.
Henri ne paraît pas, d'autre part, vouloir sauvegarder les intérêts moraux et religieux. Sa vie de concubinage, le procès et l'expulsion des Jésuites, acte d’injuste réaction ; la nomination du politique du Bec (juillet 1594) à l’archevèché de Reims, en remplacement de Nicolas Pellevé ; celle de François de l'Hôpital, fils du marquis de Vitry, gouverneur de Meaux (juillet 1597), à l'évêché de cette ville, dont il devait accepter les revenus sans en remplir les fonetions, car il ne se fit pas sacrer #; celles du capitaine du Thour à l’abbaye de Saint-Denis de Reims, et du capitaine Vignoles à l’abbaye d'Epernay, tout cela‘ inquiète sérieusèment les catholiques et inspire des regrets à quelques-uns.
Mais Henri relève sa fortune par la reprise d'Amiens (25 septembre 1597), à laquelle prirent part les forces de Champagne ; l'Espagne épuisée entame, le 7 février 1598, par l'entremise du pape, des négociations, qui, présidées par le légat de Clément VIT, Alexandre de Médicis, aboutissent, trois mois plus tard, au traité de Vervins
! La Réf. etlaLigue,t.I, p.389. Les Châlonnais nommèrent M. d’'Aoust, lieutenant de ville, et Ledue, syndic.
? Isambert, Recueil des anc. lois frane., t. XN, p. 4117 à 1149.
3 Il résigna, en 1602, l’épiscopat à Jean de Vieupont contre une pension annuelle, et prit le parti des armes.
4 V. aussi dans Lavallée (Hist. des Français, t. I, p. 4ÿ de l’éd. in-12) d’autres sujels de mécontentement,
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