FONDATIONS DE COLLÈGES
31 juillet 1567 au 3 mai 1687, elles finirent par se résigner à payer !.
La même année 1567, « les manans et habitans de Vitry-le- « François » présentaient au roi une requête tendant à « la con- « struction d’un collège et entretènement des régents » (2 mai). Sur l'avis de M. de Chälons qu'il suffirait qu’il y eût « escolles audit lieu « avec deux régents, l’un principal et l’autre subalterne, pour l’ins- « truction et érudition des pauvres enfans n’ayant moyen d’estre « entretenus », Charles IX donna commission au bailli de Vitry, (27 juillet 1568) de lever sur les abbayes et prieurés du voisinage la somme de 200 livres tournois « par chacun an, pour subvenir au « salaire des deux régents,.… qui seront élus et choisis suivant la « forme prescrite *». Ainsi prit naissance le collège de Vitry, dont une habile direction devait, dès le commencement du XVIIe siècle, affermir l’existence, en lui donnant une prospérité qui exigea la création d’un troisième régent (1607).
En 1570, la population de Provins avait à ses frais érigé un collège, qui, d’abord établi « en la maison de tout temps commune « aux grandes escolles », fut ensuite transféré dans un local plus commode, au milieu de la ville. Un moment, l’archevêque de Sens avait entravé cette création, comme pouvant être dommageable à l’Université de Paris ; mais on n’eut pas de peine à démontrer au digne prélat que, si la ville de Provins était assez proche de celle de Paris pour permettre à une partie de la jeunesse provinoise d'aller étudier en cette dernière, il était « plusieurs pauvres enfants de la « ville et villages des environs dudit Provins » qui n’avaient et n’auraient jamais cette puissance ; et Nicolas de Pellevé, s'inclinant à cette raison, pria lui-même le roi de concéder le collège, dont la direction fut confiée à un laïque marié *.
Par son testament du 16 octobre 1569, Pierre Grassin fondait à Paris, pour les enfants pauvres de la ville de Sens, un collège que son frère Thierry Grassin asseyait, deux ans plus tard, sur la mon-
1 Buirette, Hist. de Sainte-Menehould, p. 202.
2 Lettres du conseil de ville (Arch. munic., Le série, G art. 2, pièce À) — de Jérôme B., év. de Chaalons (Ibid., 3° pièce) — du roi (lbid., 4° pièce). V. Hérelle, Hist. du Collège de Vitry.
3 CI. Haton, t. IL, p. 617.
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tâägne Sainte-Geneviève dans trois maisons de la rue des Amandiers, où pendaient pour enseignes l’Autruche, le Moulin et le Sauvage. La fondation pourvoyait à l’entretien de 18 boursiers, dont douze petits et six grands. Les petits, confiés deux à deux à la garde d’un grand recevaient chacun des revenus du collège soixante livres par an, à raison de 25 s. t. par semaine ; les grands touchaient par an, indépendamment de 30 livres d’or et 20 sols, à raison de 35 s: par semaine, 15 1. t. pour chaque petit boursier qu'ils étaient tenus d’avoir dans leur chambre. On ne pouvait être admis à la jouissance de la grande bourse qu’on n’eût «obtenu un grade dans la sacrée faculté « de théologie ». La durée de la jouissance était de huit ans pour la petite bourse et de deux ans pour la grande. L'établissement s’appelait à l’origine le Collège des enfants pauvres de Sens ; la reconnaissance publique ne tarda pas à le désigner sous le nom de Collège des Grassins!.
Quelques années après (1578), Claude Poupin, maître des eaux ct forêts, relevait de ses ruines le collège d'Epernay, qui avait été incendié en 1544. Il le dota de 15,000 livres, en donna la régence à un prêtre séculier, et y établit un maître d'écriture, chargé de catéchiser les pauvres et les orphelins, et de leur apprendre à écrire.
Dans le cahier de vœux qu'ils présentèrent aux états généraux de Blois (1588), les Rethelois demandaient que, dans chaque ville, on entretint, sur les revenus des nombreux prieurés ou des abbayes les plus proches, un collège de deux ou trois régents. Comme ils pouvaient eux-mêmes se procurer cet avantage, ils en dotèrent la ville : le collège fut entretenu sur les deniers communaux, et ses trois régents furent nommés par le conseil à la pluralité des’
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