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FONDATIONS DE COLLÈGES

qu'après leur avoir attiré les étudiants du collège des Bons-Enfants, il détermina, le 15 octobre 1609, la réunion de leur collège à l’Université. Ils avaient alors, parmi leurs régents, le célèbre P. Denis Pétau, esprit vaste et nourri de toutes les connaissances humaines, qui enseigna la rhétorique et la théologie avec un prodigieux éclat !.

Dès l’année 1560, une transaction intervenue, le 14 août, entre le chapitre et le conseil de Chdlons, avait transformé en collège l'hôpital Saint-Ladre (Saint-Lazare)*, non qu'il n'y eût à Châlons « de toute ancienneté pluralité d'écoles pour apprendre, instruire « et nourrir les jeunes gens aux bonnes lettres »; mais ces écoles laissaient beaucoup à désirer, et, « aucuns étaient contraints par « leurs parents d’aller dès leurs enfances ès universités lointaines, « où bien souvent étaient prévenus de mort à faute d’être bien « soulagés ». Le chapitre, en cédant les bâtiments de l’hôpital, en avait également abandonné les revenus, ne se réservant que l'institution et la destitution des professeurs, dont la nomination

1 Des Anglais, que la persécution avait contraints de quitter leur pays, après avoir, sous la conduite du savant Guillaume Allen, fondé une maison à Douai, étaient venus en France en 1578 et, grâce à la protection de Grégoire XUIL, ils avaient ouvert à Reims, un séminaire, qu’ils tranférèrent en 1584, dans la rue qui a pris, depuis, leur nom. Mais, douze ans après leur établissement dans cette cité, les troubles civils les forcèrent de regagner Douai.

2 (et hôpital avait été « fondé et institué dans la rue de la Charpentcrie, depuis appelée rue Saint-Ladre, aujourd’hui rue des Trésoriers, dès lan mil deux cens et onze (Arch. départ., D 10). La question de sa transformation fut introduite au conseil le 22 novembre 1559; le conseil désigna pour en conférer avec le chapitre, Pierre de Longeville, procureur du roi au siège de Châlons, Claude Cuissotte, élu et échevin, Charles François, procureur de la ville, Nicolas Beschefer et Jacques Lallemant, gouverneur. — Jean Collin fut nommé principal aux gages de 60 I. par an ef avec jouissance du logement au collège (13 août 1560) : il fera la première classe, si bon lui semble. La seconde est confiée à Benoit Sévère, régent à l'école Notre-Dame, avec 40 I. de gages: la troisième à Henri avec 30 I. (23 août). Le 29 septembre suivant, Guy Mairot, régent des grandes écoles, est nommé régent au collège, avec une chambre et 20 livres de gages par an ; puis un quatrième régent, Pierre Robillard, est réclamé par le principal (4 décembre). V. à l'Appendice le règlement du collège.

appartiendrait au conseil de ville ; puis, en 1579, l’évêque Jérôme Burgensis avait légué à la ville 600 livres tournois de rente, « tant «€ pour commencer un séminaire, suivant le concile de Trente [lequel « serait ajouté au collège], que pour faire apprendre aux pauvres « enfants de la ville de Châlons qui n’auront moyen ni biens suffi- « sants pour parvenir en l’estude, apprentissage ès arts libéraux et « mécaniques ».

Moins de dix-huit mois après son installation, le premier prineipal ‘ requérait du conseil qu’il élevât la pension des élèves, trop faible eu égard à la cherté des vivres ; que défense fût faite à toute personne de tenir petites écoles dans la ville, et que le régent de la dernière classe fût remplacé par un autre qui sût bien écrire, « affin « de y monstrer et baïiller exemple aux petits enffans ?». Et un an plus tard (8 mai 1563) le conseil, en réglant le traitement du principal, l'invitait à « faire son debvoir mieulx qu'il n’a faict, et à son- « gneusement instruire les jeunes escolliers et les accoustumer à « parler lattin #. Le 28 mai 1564, jour de la Trinité, on jouait au collège la comédie : le conseil en avait donné l'autorisation, « à « charge par le principal de mettre deux hommes ou plus à la porte « du collège, pour se donner de garde qu’il n’y entre personne qui « soit en danger de peste ou maladie ». La peste régnait alors à Châlons, et bientôt l'établissement devait être fermé aux martinets (externes) tant qu’elle durerait (5 septembre 1564).

Vers le même temps (1567), la ville de Sainte-Menehould, qui, depuis quelques années déjà, possédait des classes latines, obtenait du roi, sur le rapport de l’évêque de Châlons, un arrêt qui consolidait son établissement, en assignant au régent un revenu de 150 livres, payables en partie par la ville, en partie par les abbayes de Châtrices, de la Chalade et de Moiremont. Celles-ci ne manquèrent pas de protester; mais, condamnées à plusieurs reprises, du

1 Il était laïque, «et à luy permis de soy marier » (24 décembre 1563).

? Conclus. du conseil du 13 janvier 1562.

3 Le 30 septembre 1565, le conseil, insistant sur ce point, engageait vivement le principal à ne pas permettre aux élèves «de parler français ainsi qu’ils font ordinairemeut ». Le 22 novembre 1566, il protégeait le collège contre la concurrence, en interdisant aux particuliers de tenir écoles latines.

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