VINCENT DE PAUL ET LES MISSIONS. D8D
il consacre à l’instruction du peuple, au soulagement des malheureux ses moments de loisir. Privées de pasteurs instruits et vigilants, les campagnes étaient plus exposées que les villes à céder aux suggestions de l'hérésie, à l'envahissement de l'ignorance et du désordre moral C'est de ce côté que se tourne tout d’abord l'âme apostolique de Vincent. Une clochette à la main, il parcourait les rues de Montmirail, et après avoir réuni la foule sur la place de l’Hôtel-de-Ville, il montait sur la large pierre du perron de l'hôtel, où le bailli rendait la justice, et là, il adressait à l’assistance la parole de Dieu. Parfois il appelait à son aide des prêtres et des religieux animés de son esprit, et il se répandait avec eux dans les paroisses voisines, où ils firent un bien immense.
Assisté, secondé par la pieuse madame de Gondi, Vincent ajoute à la prédication les aumônes et le soin des pauvres malades, préludant ainsi aux deux grandes entreprises qui devaient illustrer son nom, en sorte qu’on peut dire que Montmirail fut le berceau de la Congrégation des missions et del’Association des filles de la charité, encore bien que les plans de ces deux établissements se soient réalisés à Paris.
L'association des filles de la charité avait été précédée de la création de confréries de charité, et Montmirail en possédait une dont le règlement, approuvé le 4 octobre 1618 par l’évêque de Soissons, reçut son application le 11 novembre suivant. L'Hôtel-Dieu de la ville garde avec un soin pieux ce règlement, ainsi qu’un autre pour hommes et pour femmes que Vincent donna, en 1622, à un village voisin, et qui, entièrement écrit de sa main, a été signé par lui, par M de Gondi et tous les associés des deux sexes!. Quand M'e Le Gras ?, après le décès de M de Gondi, prit part aux œuvres de Vincent, le premier voyage qu’elle entreprit, en 1629, pour la visite des confréries, eut pour but Montmirail, d’où elle ne se retira qu'après avoir pourvu à toutes les nécessités des pauvres et des petits. C’est à cette dame que fut confiée, en 1633, la direction des premières filles à former au grand art de la charité, dans lequel elle était maitresse consommée.
1 L’approbation de l’évêque est du 13 mai, l'exécution du 19 juin. ? Mie Louise de Marillae, veuve de M. Le Gras, secrétaire des comman-
dements de Marie de Médicis.
nn Gt nd AR