‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 309 sur 327 · PARC · texte numérisé non relu

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de moindre allusion au baptême dont parle Baugier. Ensuite, pour que Cosme Clausse allât tenir à Reims sur les fonts de baptême le fils posthume du duc de Guise, il eût fallu que cet enfant y fût né. Or la cité rémoise avant le meurtre du duc ne lui était pas assez attachée pour que la prin-

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cesse de Guise pût y demeurer sûrement en l’état où elle se trouvait, tandis que Paris lui était passionnément dévoué. La princesse y résidait donc en son hôtel, entourée de tous les égards, de toutes les attentions, et ce fut là qu’elle accoucha du fils dont il s’agit. Sur quoi Pierre de Lestoile raconte que, « le mercredi 7 février », le nouveau-né « fust porté baptizer « de l’hostel de Guise à St-Jean-en-Grève, où il fust tenu sur les fonts « par la ville de Paris, qui le nomma François ! du nom de son père-grand,

1 Il reçut en outre les prénoms d’A/exandre et de Paris, dont le second lui fut donné en mémoire de la part que la capitale prit à son baptême. « Il fut chevalier de Malte et «< gouverneur de Provence, Un éclat de canon qui creva au moment où ily mettait le feu,

e le tua au château de Baux, près Tarascon, le ler juin 1614 » (Note des éditeurs du Journal de Lestoile).

« et par la duchesse d’Omale ». (Ed. Michaud et Poujoulat, t. 13-14, p. 283-284).

On voit par le récit des fêtes données à cette occasion que Cosme Clausse ne prit aucune part au baptême du jeune François de Guise par la raison majeure que la cérémonie, comme la naissance, eut lieu à Paris, et non à Reims. On convient d’ailleurs unanimement que le prélat se trouvait alors à Châlons. Cosme Clausse n’avait dû rien avoir, en effet, de plus pressé, après le meurtre des Guise, que de quitter Blois pour regagner sa ville épiscopale, comme on peut croire qu’il y rapporta une douloureuse impression des sanglantes journées du vendredi 23 et samedi 2% décembre.

L’horreur dont l’avait rempli la fin tragique de ces deux hommes en qui se personnifiait le salut de la France catholique, se trahit-elle en quelque circonstance, ou Dinteville, qu’'Henri I avait pris soin d'envoyer incontinent en Champagne en qualité de lieutenant général, et d'investir en particulier de la garde de Châlons, crut-il avoir un motif suffisant de défiance à l'égard du prélat dans les sentiments qu'il était permis de lui supposer ? Ce qu’il y a de certain, c’est qu'après avoir fait confirmer par serment solennel du peuple châlonnais « l'Union ci-devant jurée par l’édit « de juillet, avec promesse de vivre et de mourir en la religion catho- « lique, apostolique et romaine, soubs l'autorité de Sa Majesté », Dinteville n'eut aucune peine à se laisser persuader par plusieurs notables de la ville que « la présence de l’Evesque y estoit incommode et préjudiciable au « service du Roy, et que pour le bien publiceq et le repos de la dite ville, « il estoit expédient qu’il sortist hors ».

Les plaintes de la ville semblaient d'autant mieux justifiées que les frères de Cosme Clausse, les sieurs de la Verrière et Dupont, s’avançaient vers Châlons avec quelques soldats ligueurs. Dinteville, qui avait peutêtre provoqué la manifestation des notables, se fit sans peine auprès de l’évêque l'interprète des inquiétudes publiques. Celui-ci, qui n’était point le ligueur déterminé qu’on a bien voulu dire, témoin la part qu’il prit en 1591 à la déclaration de l'assemblée de Chartres !, se rendit volontiers à la prière du lieutenant général, et sortit de Châlons pour aller trouver ses frères et tenter « de les divertir de vouloir y entrer. Ce qu'ayant exécuté », il reprit le chemin de la ville. Mais, quand il se présenta aux portes, il Les trouva fermées. En vain invoque-t-il la nécessité d’ « y faire sa charge et « s'acquitter de son debvoir selon que son estat le requiert et l’oblige » ; on se montre inexorable « sous le prétexte de quelques propos que l’on dit « ledit remontrant avoir tenus ». Cosme Clausse rédige alors une protes-

1 V. ci-dessus, p. 366, n. 5.

tation, où il demande à venir « se purger » devant le conseil de ville et « telles aultres personnes » qu’ils trouveront bon. Portée devant le conseil le 13 février, elle tenait l'assemblée indécise, quand Dinteville, qui était présent, déclara qu’il en répondait « devant la Majesté du Roy, et cepen- « dant défendit de par Sadite Majesté de souffrir que ledit seigneur de « Chaalons rentre en ladite ville jusques à ce que aultrement Sad. Majesté « en ayt ordonné ».

Dinteville était un royaliste résolu, une âme damnée, si l’on veut, de la royauté, mais pas du tout protestant, comme on l’insinue dans une monographie sur la Maison de Saint-Joseph de Chélons (p. 132, n. 1): sa correspondance que nous possédons, et qui a été en grande partie publiée dans la Revue de Champagne et Brie, le témoigne suffisamment.

Tel est le récit d’un incident qui a été, comme on le voit, singulièrement altéré. Il a suffi, pour l’établir, de consulter à la fois les Conclusions du conseil de ville et la requête présentée par Cosme Clausse à cette

assemblée.

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