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VIT

Georges de la Trémoille, seigneur de Craon, fut-il gouverneur de Champagne ?

C'est à tort que les Archives d’un serviteur de Louis XT publiées d’après les originaux par M. Louis de la Trémoille à Nantes, 1888, présentent dans l’Introduction, Georges de la Trémoille, seigneur de Craon, comme ayant été lieutenant général et gouverneur de la Champagne. La pièce XVIIL (p. 54) nous apprend bien que Louis XI nomma, le 21 septembre 1473, le sire de Craon son Zieutenant général de l'armée de Champagne; la pièce XIX (p.57), qu’il l’établit, le 30 octobre 1473, son lieutenant en tout le comté de Champagne, dans les villes «et cités de Reims, Langres,

« Laon, Sens, Chélons et autres villes, pais et lieux enclavés, contigus et

1 Cest ce que fait du reste le P. Anselme (t. VI, p. 226), en se bornant à indiquer sa qualité de connétable à la date précitée du 5 octobre 1465. — Cf. Ph. de Comines, !. Ier, ch, 14 ct Preuves,

« prochains adjacents dudit conté » ; la pièce XXIX (p. 73), qu’il l’institua, le 26 février 1474 (n-s. 1475), son lieutenant général en Champagne et Brie ct dans le duché de Bar; mais nous ne trouvons nulle part qu'il ait eu le titre de gouverneur de la province. Et cela n’est pas possible, puisque nous voyons Charles d’Amboise, nommé gouverneur et lieutenant générat de Champagne au mois de février 1473, agir comme tel le 7 novembre suivant (V. le présent Appendice, XV), et le 30 juin 4476 (V. notre t. ler, p.552). Le sire de Craon fut appelé, en qualité de lieutenant ou lieutenant général, à commander en Champagne les armées du roi, mais il ne fut jamais gouverneur de cette province.

Le gouvernément dont fut investi le seigneur de Craon, après celui de Normandie, qu’il reçut vers la fin de 1466 !, est le gouvernement de Bourgogne. Louis XI le lui conféra par lettre du 3 février 1477 (pièce XL, p. 103), et le seigneur de Craon le conserva jusqu’à l'échec qu'il essuya, le 4€ octobre suivant, sous les murs de Dôle, qu’il assiégeait. Il fut alors remplacé par Charles d'Amboise (Mémoires de Comines, 1. VI, c.1v), qui joignit ainsi jusqu’à sa mort la Bourgogne à la Champagne, ainsi que l'indique nettement la Chronique scandaleuse (Michaud et Poujoulat, t. IV, p. 340), quand elle nous représente Louis XI envoyant au mois de mai 1479, des troupes en la duché et franche-conté de Bourgogne « par « devers le gouverneur de Champagne, qui estoït gouverneur et lieutenant « général du roi audit pays de Bourgongne, pour recouvrer ledit pays ».

Il y a lieu de penser que Charles d'Amboïise fut à sa mort (1481) remplacé dans les deux provinces par Baudricourt, qui garda celle de Champagne jusqu’à la nomination du duc d'Orléans en 1483. Car, tandis que Baudricourt est plus particulièrement désigné comme gouverneur de la Bourgogne, parce qu'il en eut plus longtemps le commandement, nous lisons (p. 114), dans un recueil de lettres missives de Louis XI publié en 1661 sous ce titre : Le cabinet du roi Louis XI, qu’ « après le décès de « Charles d’Amboise, le roi donna le gouvernement de Champagne à Bau- « dricourt, et le gouvernement d'Arras qu'avait auparavant ledit Baudri- « court à Messire Olivier Cohesmin, gouverneur d'Auxerre, lequel

1 La ville de Troyes possède de ce seigneur une lettre datée du 15 mai 1470, qui commence ainsi : « Loys de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connestable de France, lieutenant « et gouverneur général pour le Roy en ses pays et duché de Normandie ». Elle est relative au logement de gens de guerre en Champagne (Arch. mun., AA, 48e carton, liasse 4), et c’est en qualité d2 connétable qu’il l'adresse aux Troyens. Ce qui le prouve bien; c'est une lettre de Loys de Laval, lieutenant général du rot et gouverneur de Champagne, disant aux Troyens le 5 juin 1472 que «le Roy veult, s’'yl y à guerre, qui (les francs- « archiers) l’aident où M. le conestable ordonnera. .. » (Arch. mun., de'Troyes, 48e carton, liasse 4),

« commandait cent lances ». Et il faut bien qu'il en ait été ainsi, sans quoi nous aurions dans le gouvernement de la Champagne une lacune de près de trois années que ne comportaient point les difficultés des temps.

Règlement du collège de Châlons arrêté par le Conseil de ville, 29 SEPTEMBRE 1560 (Extrait).

Le principal aura superintendance et activité sur les régens du collège en tant que touche la discipline, institucion de lettres et meurs des escolliers, et seront tenus les régens Iuy porter honneur et obéissance comme à leur principal pour le fait du collège ; disons qu’il n’ayt aultre ne plus grande auctorité sur eulx, soit pour les pugnir, nommer et fere mutation et destituer... Et au regard des pensions, que ceulx de la petite pension seront six au plat et auront à chacun repas pour 2 s. 6 d. de chair, beuf ou mouton ; et les dimenche, mardy et jeudy, à soupper, un membre de mouton roty ; les jours maigres, à chacun repas, douzè œufz et deux harens et ung pot de vin, à chacun des deux repas de chacun jour, ettrois

pains par jour à chacun des pensionnaires, pesans les trois ensemble aultant que le pain ordinaire de ceste ville, à savoir ung à desjeuner, et les I F ; 8 | ;

deux autres conséquemment à disner et soupper. Et sera ladite petite pension de trente-deux livres par an et six livres pour la chambre à chacun des pensionnaires.

Et ceux de l’autre plus grande pension seront quatre au plat, avant

8 » AY leur plat fourny de pain, vin et chair comme dessus, et aux jours maigres auront huit œufz et deux harentz, et au temps du Karesme du poisson à l’équipollent. Et sera payé par chacun de ladite grande pension quarante D Oo

deux livres par an et six livres pour la chambre.

Commission du roi Louis XIII au sieur de Praslin. 31 DÉCEMBRE 1616.

(PAGE 504, n. 1).

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre à notre cher et bien amé le sr de Praslin, chevalier de nos ordres, lieutenant d’une

compagnie de deux cens hommes d'armes de nos ordonnances sous le titre de la Royne, notre {rès honorée dame et mère, et l’un de nos lieutenans généraux en notre province de Champaigne, salut.

Combien que la charge que vous avez en notre dite province et le commandement que nous Vous avons donné sur les troupes qui sont maintenant en icelle pour notre service vous baïlle assez de pouvoir d’exécuter tout ce que vous jugerez estre utile au bien denoz affaires sans qu'il soit besoing de rien particullariser dadventage, Nous avons néantmoins voulu vous donner comme nous vous donnons par ces présentes signées de notre propremain authorité, commission et mandement spécial pour entreprendre sur les villes de Rethel et Domchery et le chasteaw de la Cassine par touttes sortes de voies et d’essays de vous en rendre maistre soif par surprinse, intelligence, force ouverte ou aultrement ainsi que vous jugerez en pouvoir mieux venir à bout : promettans en foy et parole de Roy avoir agréable, sûr, ferme et stable tout ce que par vous aura esté fait, géré, négocié et exploité pour ce regard, sans aller ni venir jamais directement ou indirectement au contraire ny qui vous en puisse estre imputé ores ny à l’advenir aucune chose.

Mandons et commandons à tous qu’il appartiendra qu’à vous en ce faisant ils obéissent et entendent dilligemment. Car tel est notre plaisir.

Donné à Paris le dernier jour de décembre lan de grâce mil six cent seize et de notre règne le septième.

Louis.

Par le Roy, DE RICHELIEU.

De la durée de l’administration du gouverneur de Champagne Bretel de Grémonville.

M. de Grémonville fut intendant de la justice, police et finances en la province et armées de Champagne au commencement de 1640. IL était logé à Châlons chez le s' Claude Havetel, conseiller du Roi, receveur général du taillon. C’est ce qui ressort d’une déclaration du fondé de pouvoirs de Coulommes, venu inutilement à Châlons, le 14 janvier 1648, pour voir cet intendant, qui se trouvait alors à Reims.

M. de Grémonville était encore, le 26 novembre de la même année, intendant de la justice en la province ainsi que le témoigne une instruc-

tion du roi sur les troupes qui étaient en Champagne, et où il invite le Mis de Prasain à tenir « bonne correspondance en toutes occasions avec « led. s' de Grémonville » !.

Je le trouve en outre mentionné 1° à la date du 16 janvier 1641 dans une lettre du roi au mŸ de Praslin, où, après lui avoir fait part des plaintes qu’il a reçus des désordres commis à la Ferté-sur-Aube par les officiers et soldats du régiment de Montmège, il lui donne avis qu’il « mande au s' de Grémonville qu'il ayt à pourvoir au payement dud. « régiment, et qu’il informe desd. désordres et en fasse punir les cou- « pables »?; 2 le 20 janvier de la même année, dans les actes du conseil de ville de Châlons où il est dit que M. de Grémonville, intendant, a informé le conseil de l’arrivée de Jean de Weerdt en cette ville ce jour-là même.

Nous voyons d'autre part par la commission de Nicolas Jeannin de Castille, datée du 1°* août 1642, que le même de Grémonville fut à cette date, remplacé par Jeannin pour aller en la province de Languedoc exercer les mêmes fonctions qu’en Champagne, où il était « intendant de la justice, « police et finance ».

De Grémonville a donc occupé cette charge en la province de Champagne de janvier 1640 au plus tard au 1% août 1642. Mais alors que deviennent les s' de Choche et Gobelin mentionnés en 1640, et les s' Pussort et Geoffroy Luillier d'Orgeval qui semblent se partager l’année 1641 ? Evidemment ils ne peuvent être considérés que comme intendants intérimaires. Cest ce qu’à la rigueur on pourrait particulièrement induire des termes dont se sert le Roï, quand de Péronne, le 3 juillet, il adresse aux habitants de Châlons l’ordre de recevoir le s° d'Orgeval qu’il envoie en cette ville pour y exercer la charge d’intendant de la justice et police. « Nous vous « escrivons celle cy, leur dit-il, pour vous ordonner, comme nous faisons, « très expressément que vous ayez à le recognoïistre en cette qualité, luy « obéir aux choses qu’il vous ordonnera pour le bien de nostre service, « et à le loger convenablement à sa personne ». (Registre des conclusions, 8 juillet). Rien n’indique que d’Orgeval doive succéder à l’intendant Grémonville, et l’ordre exprès de lui obéir ét de lui assurer un logement convenable semble bien faire entendre que son pouvoir n’est que temporaire5, Les événements étaient devenus assez sérieux, comme on l’a vu dans le cours de notre récit, pour engager le roi à user de toutes les ressources que lui offrait la Champagne, et comme il avait fait appel aux

1 Arch. de la Marne, Recveil spécial de lettres adressées par le roi à M. de Praslin,

2 Ibid.

3 Il présenta sa commission au conseil le 2 septembre 1641 ; elle était datée d’Abbeville, le 21 juin (Reg. des Concl.)

services de Châtillon et de Praslin, il eut sans doute recours à ceux de Grémonville, qu’il remplaça momentanément par d’Orgeval, après lui avoir donné pour suppléants de Choche, Gobelin et Pussort.

XIT.

Lettres de Henri IV, tirées des Archives de la ville de Châlons déposées à la bibliothèque de la ville.

DE PAR LE ROY

Chers et bien amez, votre fidélité et vos seruices vous rendent sy recommandables en notre ‘endroit que vous vous pouuez asseurer qu'il ne se présentera jamais subiect de vous gratifier que nous ne le facions très-volontiers. Et pour ce nous vous auons faict despescher nos lettres de confirmation des baïlliages, siège présidial et préuosté de Vitry, auec le Tablier de la monnoye de Troye, que le feu Roy, notre très-honoré seigneur et frère, auoit transféré en notre ville de Chaalons, ensemble du restablissement de l’élection de ladite ville de Chaalons en son entier, lesquelles nous vous enuoyons présentement, et pouuez voire que en toute autre occasion qui s’offrira concernant votre bien et soulaigement de notre dite ville de Chaalons, nous vous ferons tousjours paroistre par effects la bonne volonté que nous vous portons en recognoissance de votre fidélité et affection que nous nous assurons vous nous continuerez tousjours.

Donné au Camp de Villepreux, le 29° jour d'octobre 1589.

Signé : HENRY. Contresigné : POTIER.

If.

DE PAR LE ROY

Chers et bien amez, l'affection que nous portons au bien et repos de tous nos subiects nous faict désirer de pouuoir estre en tous les lieux où notre présence est requise pour l’estahlissement de nos affaires et conseruation de nosdits subiects, afin de les faire jouir du repos et contantement qu'ils attendent de notre présence en même temps qu’ils en ont

besoing ; mais d’aultant qu’en pouruoyant au général des affaires de notre royaume, les particulières prouinces en ressentent uniuersellement le fruict, nous auons aduisé qu'entre toutes les occasions qui se présentent pour le bien de notredit seruice, ce qui est à faire pour notre ville de Paris importe le plus, qui nous a faict résouldre d'approcher d’icelle auec toute notre armée. Espérant aussytost que nous aurons faict en cest occasion ce qui est nécessaire pour le bien de nos affaires nous acheminer en nos autres prouinces auec notredite armée pour les remettre en notre obéissance et les nettoyer entièrement. Et désirant la conseruation et repos de nos bons subiects de Champaigne, principallement de notre ville de Chaalons, aultant comme ils le méritent pour la singulière affection qu'ils ont à notreseruice, ce seront les premiers qui sentiront les effects de notre bonne volonté dont vous pouuez vous asseurer. Cependant trauaillez à ce qui est de notre seruice et de votre conseruation et repos comme vous auez bien faict jusques à présent, empeschant que nos ennemys n’entreprennent rien au préjudice de notre seruice. Nous auons mandé l’un des trésoriers et receveur général de notre bureau de Chaallons pour voir l’estat de recepte et de despense des deniers de leur charge, et après aduiser à faire fonds pour le payement de la garnison de notredite ville, a quoy nous pouruoirons au retour du S’ d’Inteuille et de nos officiers. Et d’aultant que par le mémoire que nous vous enuoyons vous enftendrez l'estat de nos affaires et les succès qu'il plaist à Dieu nous donner, Nous ne vous en dirons aultre chose.

Donné au Camp de Chelles, le 8 jour de may 1590. Signé : HENRY. Contresigné : POTIER.

{ll (PAGE 337).

DE PAR LE ROY

Chers et bien amez, nous auons receu aulfant de desplaisir de la nouvelle que vous nous auez donnée par votre seconde lettre touchant la reprise de la citadelle de Vitry que la première qui nous auoit annoncé la prise nous auoit apporté de contentement. Toutefois nous espérons que vous n’en serez guières incommodez ; car aussitost que nous aurons exécuté les desseings que nous auons de deçà nous auons délibéré de nous acheminer en notre prouince de Champaigne ou -y enuoyer de si bonnes forces qu’elles remectront non seulement ledit Vitry soubs notre obéissance, mais la pluspart de ce que tiennent nos ennemys en ladite prouince. Cependant nous nous assurons que le S' de Thomassin et vous aussy, en

ce qui deppendra de vous, vous esuertuerez de faire tout ce qui sera en

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votre pouuoir pour notre seruice et le bien du pays aux occasions qui s’offriront, ainsi que vous auez faict jusques yey, qui nous gardera de vous y exciter d’auantaige, et de vous faire ceste cy plus longue après vous auoir dict que nous incommodons tellement notre ville de Paris qu’en peu de jours nous espérons la réduire soubs notre obéissance,

Donné au Camp de Gonesse, le 28e jour de may 1590.

Signé : HENRY. Contresigné : POTIER.

P. S. — Suivant la charge que nous auons donné aux escheuins qui sont venus dernièrement nous trouver de votre part, laissez la garnison de notre ville de Chaalons telle qu’elle estoit par cy deuant, et si elle à esté retranchée, notre volonté est que les compaignies soient remplies pour faire jusques au nombre de six cens, attendant que nous allions pardelà, ou qu’il soit autrement par nous ordonné. Nous auons accordé la compaignie de deffunct Brodat à Jean Robert, sur l’assurance que nous auons

de sa fidélité et affection à notre seruice.

DE PAR LE ROY

Chers et bien amez, nous auons entendu le bon debuoir que vous auez é près notre ville de Chaalons,

faict ces jours passez que Sainct Pol est pas dont nous vous louons grandement. Nous nous asseurons que vous ferez tousiours paroisire le zelle et l'affection qu’auez à notre seruice, et que veillerez sy bien à votre conseruation et vous tiendrez si bien sur vos gardes que les desseings de nos ennemis, spéciallement ceulx que ledict Sainct Pol pourroit auoir sur notredicte ville demeureront sans effect. Vous aurez entendu comme nous avons faict aduancer en notre pais de Champagne notre cousin le duc de Neuers, et la résolution que nous auons prise de nous y acheminer dans peu de jours auec notre armée, ce que nous eussions désià faict s’il n’eust esté besoing que nous eussions retardé notre partement, attendant les pouldres que nous faisons venir de notre ville de Dieppe pour munyr nos villes et en amener en notre armée. Néantmoings ne laissez à trauailler de votre part à ce que nous trouuions bonne quantité de pouldres en notre ville de Chaallons, et autres choses nécessaires pour notre armée, aflin que nous ayons moyen de faire de plus beaulx effects en ladicte prouince, et vous déliurer tant plustost de l'oppression de nos ennemys comme nous en auons la vollunté.

Donné au Camp de Vernon, le 41€ jour de juing 1591. Signé : HENRY. Contresigné : POTIER.

DE PAR LE ROY

Chers et bien amez, vos députés nous ont représenté le contentement que vous et fous vos concitoyens ont receu de notre arrivée en notre pays de Champaigne, et l'espérance que vous auez d’estre secourus et fauorisés de nos forces pour vous ayder à faire vos vendanges et retirer vos vins, Sur quoy nous vous dirons que nous sommes venus en nofre prouince pour le désir que nous auons de dellivrer nos bons subiects de l'oppression de nos ennemys, et pour cest effect réduire en notre obéissance ce que nous pourrons des villes par eulx occupées, en quoy nous espérons voir dans peu de temps beaucoup d’aduancement, ayant assemblé de grandes forces pour cet effect oultre l’armée estrangère qu'auons faict venir pour notre seruice ; et pour votre particulier nous auons destiné un bon nombre de caualerye commandée par le Sr de Joinville laquelle se logera au lieu le plus commode près du vignoble pour faire la guerre à

nos ennemys et vous fauoriser en faisant vos dictes vendanges. Mais par ce qu'il nous est du tout impossible de supporter la despense et l’entretenement desdicts gens de guerre, mesme des forces d’Allemaigne, la despence desquelles monte plus de six vingts mil escus par mois, si nous ne sommes secourus et assistés par nos subiects, nous auons estimé qu'il se pourra prendre pour ceste année seullement quelque impost sur les vins qui entreront en nos villes de Champaigne : et à cest effect auons enuoyé aux gens de notre court de parlement tenant la chambre de justice à Chaallons, et à nos trésoriers de France audict Chaallons nos lettres de déclaration pour leuer un escu sur chacun poinçon de vin entrant en nos dictes villes, dont nous vous auons destiné la moitié de ce qui prouiendra de notre ville de Chaallons, pour le remboursement de ce qui vous est deub à cause des aduances que vous auez faictes pour notre seruice depuis trois années, et l’autre sera prins pour ayder au payement de nosdits gens de guerre, comme font pour leur regard toutes les aultres villes de notre royaume, desquelles nous nous asseurons que ne vouldriez vous laisser surpasser en aulcuns effects qui puissent tesmoigner l'affection de bons subiects envers leur Roy, comme auez tousiours jusques icy ; notre arriuée a esté cause de la réduction des châteaux de Han, Sarnay, de ce lieu et quelques autres forts qui ont esté réduicts à notre obéissance. Nous espérons par le moyen de plus grands effects vous faire sentir dauantage le fruict de notre présence ; mais efforcez-vous de votre part de nous secourir de ce qui dépendra de vous et d'ayder à l'intention que nous auons de vous soullager en tout ce que nous pourrons, sellon ce que le

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