‹ Histoire général de la Champagne et de la BrieChapitre 315 sur 327 · AG · texte numérisé non relu

AG

Chers et bien amez, Les advis que nous avons eus de divers endroits des factions et monopoles qui se faisaient en ceste ville, de diverses entreprises et desseings que l’on projetoit sur notre propre personne et celle de la Royne nostre très honorée dame et mère, nous ont contrainct à nostre grand regret de nous résouldre d’en faire arrester les aucteurs. Mais comme eulx mesmes se sont sentis coulpables, ïlz se sont évadez, et parce que l’on nous avoit advertis qu’ils vouloient persuader nostre cousin le prince de Condé de se joindre avec eulx en ces mauvaises intentions, nous avons esté conseillez de nous asseurer de sa personne comme nous avons faict, l’ayant faict loger en une chambre de ce château du Louvre, sans que pour ce nous voullions lui fere aucun mauvais traictement. De quoy nous vous avons voulu advertir et mander que chacun se tienne en devoir en notre ville de Chaalons, comme l’on est par deça, et que l’on ne s’esmeuve de ce qui s’est passé, ainsy que vous seaurez particulièrement du sieur de L.... Nous n’adjousterons donc rien d’advantage à ceste lettre, sinon que vous ayez à faire bonne garde en nostre ville, en sorte qu’il n’y puisse arriver aulcun inconvénient préjudiciable à nostre authorité et service, et à ce ne faictes faulte, car tel est nostre plaisir.

Donné à Paris, Le 1°" jour de septembre 1616.

Signé : LOUIS. Contresigné : POTIER.

Chers et bien amez, Ayant eu advis qu’il y a quelque entreprise sur nostre ville de Chaalons et voulans vous advertir non seulement de veiller à vostre conservation mais aussy d’adviser à fout ce qui y peut ssaire, nous mandons au comte de Tresmes votre gouverneur

estre né de vous faire entendre nostre volonté sur ce suject, et vous escrivons

ceste lettre pour vous ordonner de croire ce qu’il vous dira de nostre part et vous assurer que nous avons tout contentement de la fidélité et affection que vous faictes paroistre à notre service et qu'en persévérant en ce devoir nous en conserverons tellement la souvenance que vous en recevrez des effects et de notre bienveillance en toutes les occasions qui s’en présenteront. Redoublez doncques vostre diligence comme vous voiez que nous faisons nostre soing à. vostre propre conservation, et ny obmet-

tez aucune chose qui y soit requise et dépende de vous ainsy que ledit comte de Tresmes vous déclarera plus particulièrement.

Donné à Paris, le 5° jour d'octobre 1616.

Signé : LOUIS. Contresigné : POTIER.

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