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SÉJOUR DE CHARLES A TROYES

Il allait bientôt (février) ! enlever au duc le gouvernement de la Champagne.

Le 28 janvier, Charles, étant à Melun, écrit de nouveau aux habitants de Troyes pour les confirmer dans leur fidélité *, et ceux-ci, réunis le 2 février en assemblée générale, après avoir renouvelé l'engagement de le servir jusqu’à la mort, chargent l’évêque Jacques Raguier 5 et deux notables, Guillaume Huyartet Jacques de la Roëre, de lui en porter l’expression.

L'année suivante (1486), le roi vient lui-même à Troyes, où il passera plus d’un mois. Il avait contraint le duc d'Orléans à la soumission, et ce prince, rentré à la cour au mois d'octobre précédent, l’accompagnait avec le sire de Beaujeu et un grand nombre de seigneurs. Charles fit, le 12 mai, son entrée dans la ville. Les rues qu’il devait parcourir avaient été jonchées de verdure et parées de tapisseries et de draps de soie, où étaient « affichées plusieurs histoires en l’honneur et à la louange du roi ». Différents « mystères « et personnages » sont représentés pendant la marche du cortège“. lei l’on voit le petit David terrassant d’un coup de fronde le géant Goliath, au milieu d’un beau verger où de jolies pucelettes font des bouquets en violettes, qu'elles offrent au roi en chantant de belles chansons en son honneur ; là se joue le mystère de la Trinité, sur un échafaud d’où descend un ange qui présente au roi une croix d'argent. Ailleurs ce sont des groupes d’enfants qui crient:

le 19 février 1487, cette invitation pour les lettres des rebelles, et, le 6 mars, il les remerciera de lui avoir envoyé celles qu’ils avaient reçues du duc.

1 Essai sur le gouvernement de la dame de Beaujeu, p. 97.

2 Ilexiste aux Archives municipales de Châlons un exemplaire de cette seconde lettre-circulaire, datée du 29 janvier.

3 Jacques Raguier avait succédé à son oncle, Louis Raguier, en 1483.

4 En ces circonstances le drame était presque toujours mimé. l’année précédente (1485), en juin, avait été représenté à Troyes par acteurs parlants «le mystère de la vie de mon seigneur saint Loup », dont le texte est du reste perdu. Le conseil de ville alloua aux acteurs la somme de 30 livres, « prélevée sur la vente de douze tasses d'argent livrées par les bouchers à la maladrerie des Deux-Eaux, dont l’administration appartenait aux habitants de Troyes » (Boutiot, Recherches sur le théâtre à Troyes, p. 41).

5 Allusion à la croix qu'un ange aurait remise à Constantin, en l’assu-

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Noël! Noël ! C’est une fleur de Lys « de laquelle sort un fort beau « roi vêtu de drap d’or », et auquel une jeune fille en damas blanc présente son cœur ; c’est l’arbre des rois, où est figuré saint Louis, en chape de drap d’or. Sur la place du Marché-au-Blé est « la fontaine « des Trois-Pucelles » jetant par les mamelles du vin de trois couleurs où chacun peut boire.

Arrivé à l’église, où il est reçu par l’évêque, il y assiste au chant d’un 7e Deum, qu'accompagnent les orgues et le son des cloches ; après quoi il est conduit au Palais-Royal, où il s’installe. Pour sa suite, elle est logée chez les habitants. Les huit premières nuits du séjour de Charles à Troyes, la ville fut illuminée, comme dans la soirée oùil revint d’une chasse à Torvilliers.

Touché de l'accueil que lui avaient fait les Troyens, le roi leur accorda l’exemption de toutes les tailles et de tous les impôts qui, désormais, seraient levés soit pour l'entretien des gens de guerre, soit pour toute autre cause. Il établit aussi à Troyes deux nouvelles foires de quinze jours chacune et franches de tous droits, s’ouvrant l’une, le lendemain de l’Apparition de Notre-Seigneur, l’autre, le 2 août.

Charles VII était encore à Troyes !, quand survinrent à Reims, le 13 juin au soir, des lettres du roi qui annonçaient du danger. Maximilien, qui, le 16 février 1486, avait été élevé à la dignité de roi des Romains, S’était, en effet, le 15 mars suivant, allié contre la France avec François duc de Bretagne, et dès les premiers jours de juin, rompant le traité d'Arras, il avait envahi l’Artois. Mais Anne de Beaujeu n’avait pas attendu ce moment peur se préparer à la guerre.

Dès les premiers jours de janvier, le roi avait fait demander à ses baïllis, notamment à ceux de Troyes et du Vermandois, leur

avis sur un projet de rétablissement des franes archers supprimés par Louis XI, et ces fonctionnaires, reconnaissant la nécessité d’accroître le nombre des gens de guerre, avaientunanimement proposé

rant qu’elle le rendrait vainqueur de ses ennemis. La Trinité en Ctait une autre à la tradition qui veut faire remonter lorigine de Troyes à l’existence de trois châteaux.

1 Il ne parait pas y être resté au delà du 16 juin. Nous avons du moins la preuve qu’il y résidait le 16, et que le 20 il était à Melun (V. l'itinéraire

de Charles VII, ibid.)

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