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SACRE DU ROI

appartenait-elle à un prince autrichien, qui ne parut point et fut remplacé par Philippe de Savoie, oncle maternel du roi. Les cinq autres, Champagne, Bourgogne, Guyenne, Toulouse et Normandie avaient été réunies à la couronne : les anciens titulaires furent représentés par les ducs d'Orléans et d'Alençon, le dauphin d’Auvergne, les comtes de Beaujeu et de Vendôme. Assisté de ces seigneurs et des pairs ecclésiastiques, Pierre de Laval versa sur le roi l'huile sainte et lui mit la couronne sur la tête.

Charles VII donna ensuite plusieurs jours à des fêtes, telles que représentations de mystères !, à des réceptions et à des actes de piété. L'état de la cathédrale sollicitait particulièrement sa générosité. Trois ans auparavant, le 24 et le 95 juillet 1481, par la négligence de quelques ouvriers plombiers, le feu avait pris au clocher qui surmontait le chevet, et de là se communiquant à la toiture, l'avait entièrement consumée. Le roi, touché de ce spectacle, accorda, pour la réparation du dommage, une somme considérable à prendre sur les greniers à sel. Les chapitres de Soissons, de Châlons, de Laon et même de Saint-Denis, signalèrent, de leur côté, par d’insignes largesses, leur attachement à l’église de Reims, en même temps que la libéralité privée répondait abondamment aux quêtes qui se firent jusque dans la Flandre. Grâce à ces secours, un nouveau clocher ne tarda pas à s'élever : c’est le clocher à l'ange, dont la flèche est d’une admirable légèreté ?.

Charles VIE ne devait point borner là ses libéralités envers les Rémois. Il avait vu à son sacre combien leur ville, « au moyen de « la mortalitez et famine », avait été « dépopulée », tellement qu’au témoignage de Denys le Bouteillyer, greffier du conseil, elle n'avait, à la date du 10 mai 1482, que « dix mille six cent soixante-dix-huict « personnes, sans les misérables et pauvres personnes quérans leur « vye quiestaient plus de deux mil et quy journellement cerois- « soient ? ». Pour préserver les habitants du « danger de tomber en

1 Cest ce que nous apprennent les Mémoires inédits de J. Foulquart, procureur de Péchevinage. On joua particulièrement la Passion.

2? V. notre t. 1, p. 532, note 1.

3 Extraits du mémoire de Denys le Bouteïllyer dans les Mémoires de Rogier, supplément f 56. — Jehan Foulquart, procureur de l’échevinage, témoigne, de son côté, que « le nombre de contribuables aux tailles de la « ville de Reims n’estait (en 1486) que de 1,001 ménagiers contribuables

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« mendicité, ainsi qu’il est assez notoire », Charles les affranchit de toutes tailles pendant dix ans‘, et six ans plus tard (23 août 1490), le Conseil de ville recevait confirmation de la faveur royale, à cette fin que les étrangers ne fussent point détournés de venir se fixer à Reims *.

Cependant le duc d'Orléans ne négligeait rien pour attirer à lui le jeune roi ; il s’efforçait surtout de le gagner par l'attrait des plaisirs, et Anne de Beaujeu pouvait craindre qu’en sa qualité de gouverneur de l’Ile de France, il n’arrivât à se faire dans Parisun parti considérable. Craignant l'effet de ses menées, la sage princesse résolut d’éloigner la cour de la capitale, et, le 27 septembre, se transporta avec elle à Montargis, petite ville du diocèse de Sens, d’où elle pourrait surveiller aisément ses ennemis*. À la nouvelle de ce départ, le due se montra fort irrité ; il s’empressa d’ourdir une ligue avec les seigneurs mécontents, et le duc de Bretagne ne craignit pas d’y donner son adhésion (23 novembre 1484).

C’est alors que, sous l’inspiration de sa sœur, à laquelle il se montra toujours docile, Charles VII adresse de Montargis aux Troyens (18 janvier 1485) une lettre par laquelle, après les avoir informés de la division survenue entre lui et le due d'Orléans, il les invite à demeurer fidèles à la couronne et à lui envoyer deux députés ‘, pour l'instruire de ce qui se passe à Troyes 5,

« mauvais et bons ». (Mémoires, de 1479 à 4499, dans la Revue de Champagne et de Brie, t. I, 1877, p. 289). Ce nombre était de 2,000 en 146. Qu'on juge de la décadence.

1 Ordonnances des rois de France, t. XIX, p. 371. Celle-ci est du 4e juillet 1484.

? Arch. législ., Statuts, t. I, p. 840.

# La cour résida là du 27 septembre au 12 octobre, puis du 15 au 18, du 22 au 25 du même mois, et du 22 décembre au 20 janvier 4485 (V. l'itinéraire de Charles VIN dans l’Essai de M. Pélicier swr le gouvernement de la dame de Beaujeu).

4 Les deux députés choisis furent Guillaume Huyart ct Etienne de Baussancourt.

$ Il écrivait, à lamême date, aux Châlonnais pour leur faire défense d'obéir aux ordres du duc (Arch. munic. de Châlons, AA 4). Même défense le 29 janvier et le 8 février. Le 34 août, il les invitait à lui renvoyer les lettres que le duc pourrait leur adresser (Id, ibid.). {I leur réitérera,

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