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LES GÉNÉRALITÉS ET LA GÉNÉRALITÉ DE CHALONS

pour la première fois que dans le Journal des Etats généraux de 1484 !.

Alors, à la suite des vastes accroissements de territoire acquis à la France par Charles VII et Louis XI, le nombre des généralités s'élevait à six, savoir : Outre-Seine, Languedoil, Languedoc*?, Normandie®, Bourgogne et Aquitaine ou Guyenne. Il s’accrut encore depuis, soit par acquisitions nouvelles, soit par démembrements des anciennes généralités, et en 1523 une ordonnance du 28 décembre en comptait 10, c’est-à-dire, en plus des précédentes, la Picardie, la Provence, le Dauphinétet la Bretagne. Bientôt la généralité d'Outre-Seine, qui avait Paris pour chef-lieu et qui embrassait le gouvernement de Champagne, allait être partagée en deux, comme celles de Normandie et de Languedoc, et la généralité du Zanguedoil en cinq.

L’édit de décembre 1542 qui portait ainsi à seize * le nombre des

1 V. Masselin, Journal des Etats: « In regno sex sunt subsidiorum generalitates. » Ce nom, comme on le voit, est plus ancien que ne le pensent M. Chéruel (Hist. de l’Administ. monarch. en France, t. [°', p. 157) et M. d’Arbois de Jubainville (Admäünist. des Intendanis, p. 7).

2? Dite aussi Languedoc, Lyonnois, Forez et Beaujolais.

3 Cette généralité paraît avoir été créée vers 1450, où « un édit important, dont la teneur textuelle ne nous est pas parvenue », lui assigne pour trésorier général maître Pierre Bérard (V. l’Hist. de Charles VII par M. Vallet de Viriville, t. II, p. 206).

4 On ne retrouve pas ces trois provinces dans les lettres du 1°° mars 1537, qui fixent le traitement des trésoriers de France et généraux de finances, lesquels devront jouir, à partir du 1°" janvier de la même année, ceux de Languedoil et de Languedoc, Outre-Seine, Normandie et Bretagne de 2,000 livres de gages et pension; celui de Bourgogne de 1,200 I. et celui de Guyenne de 1,500 I. Mais des lettres des 22 février, 21 avril et 14 juillet 1534, du 5 juillet 1537, du 14 mars 1538 et du 11 juin 1544 comprennent la Picardie dans la généralité d’Outre-Seine sous la dénomination : Outre-Seine, Yonne et Picardie (N.le catalogue des actes de François[er, t. Il, I et IV). Cette modification de l’état présenté en 1523 fut du reste passagère.

5 Ces généralités avaient pour sièges: Paris, Châlons, Amiens, Rouen, Caen, Bourges, Tours, Poitiers, Riom, Agen, Toulouse, Montpellier, Lyon, Nantes, Dijon et Aix. Henri Il devait à ces seize recettes générales en ajouter une dix-septième, celle de Grenoble.

recettes générales ou généralités, établissait à Châlons le siège de la recette générale de Champagne, à laquelle, comme en chacune

jh des autres généralités, étaient « départies les recettes particulières » Er 2 » 0 x » ?, "rw a : établies dans les éectionst. De là date la généralité de Champagne ?.

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Le général des finances, qui avait la surveillance de la comptabilité du receveur général, n'était pas encore tenu à la résidence, mais il devait être représenté, en son absence, auprès du receveur, par un « personnage capable », qui avait le titre de commis des thrésoriers de France et généraux, parce qu'aux attributions des généraux il joignait, eux absents, celles des trésoriers, qui avaient l'administration des biens domaniaux. Disons tout de suite que le fils de François [+ complètera, par son édit de janvier 1551, celui de 1542, en réunissant dans les mêmes mains les attributions des trésoriers de France et des généraux des finances, et en obligeant le trésorier général à résider au chef-lieu de sa généralité.

La ville de Châlons fut donc appelée à l'honneur de devenir Île siège de la généralité de Champagne, vers le temps même où elle obtenait le siège royal dont nous avons parlé plus haut. L’édit du 3 juin 15433 lui ravit bientôt, il est vrai, cet avantage pour le transférer à Reims, qui le garda 35 ans ; maïs elle ne tendait pas moins

1 Les généralités possédaient donc un receveur particulier dans chaque élection, lequel versait le produit de l'impôt entre les mains du receveur général établi au chef-lieu de la généralité. Au général des finances appartenait la surveillance générale des finances, et en particulier celle de la comptabilité du receveur général. Des trésoriers de France étaient spécialement chargés, dans tout le royaume, de l'entretien des biens domaniaux et de la perception du revenu de ces biens.

? M. le vicomte de Luçay, dans son histoiredes Assemblées provinciales sous Louis X VI, rapporte à l’année 1577 l’origine de cette généralité, mais sans en donner aucune raison.

$ Catalogue des Actes de François I®, t: IL.

* Ce fut Reïms, en effet, qui fut tout d’abord la résidence des généraux des finances de la Champagne : ainsi trouvons-nous établis à Reims, en cette qualité, Jehan Pioche en 1545 (Revue de Champagne et Brie, juin 1885), Claude Pioche en 1555 (Concl. du conseil de Châlons, lettre datée de Reims, 22 août), 1559 (Conct. du 25 avril), et P. Pioche en 1565 (Arch. admin., Statuts, t. 1’, p. 706). Les registres des conclusions du conseil de ville de Reims renferment une lettre du roi du 9 juin 1556,

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