‹ Histoire Général de la musique religieuseChapitre 10 sur 71 · PROSA · texte numérisé non relu

PROSA

Aile resonent omnes ecclesie Cum dulci melo symphonie Filium Marie genitricis pie, Ut nos Septiformis gratie Repleat douis et glorie, Unde Deo dicamus : luya ?

DHAMKs i.n i n(;i(ii i:s dws i.i.s i',(ii,isi„s. 127 Cette séparation du juol «ailcluia » est assez fréquente dans les pièces lyriques des xn' et xiii" siècles. Le commencement et la lin du mot encadrent la composition.

QUATUOn VEL QUINQUK IN FALSO, RETRO ALTARE.

Hec est clara dies, clararum ciai a dierum, Hec est lesta dies, festaruin festa dierum , Nobile nobilium rutilans diadema dierum.

In falso , en faux bourdon , opposé à in voce , à une voix , à l'unisson. Nous avons déjà relevé un assez bon nombre d'erreurs commises à l'endroit des offices du moyen âge et en particulier de celui-ci. Nous croyons utile de rapporter une bonne page de M. Aimé Chérest sur une inadvertance de l'abbé Lebeuf, dont M. Bourquelot nous oppose l'imposante autorité en cette occassion.

« Jusqu'ici , les archéologues qui ont étudié l'office de la Circoncision , paraissent avoir oublié que la musique y tient la place la plusimportante. Aveuglés par leurs préventions, ceux-là mêmes qui ont fait du chant ecclésiastique l'objet d'immenses travaux ont néglig-é dédaigneusement celui qu'ils avaient là sous leurs yeux : et, par exemple, l'abbé Lebeuf, trouvant dans notre Missel cette rubrique : Quatuor vel quinque in falso rétro altarc , n'a pas reculé devant l'interprétation que voici :

« Après l'Alleluia, dit-il, suivait une seconde annonce de la fête par quatre ou cinq chantres à grosse voix postés derrière l'autel. Là, ils devaient chanter in falso (c'est l'expression du manuscrit) les deux vers suivants :

Hœc est clara dies, clararum clara dierum H;ec est festa dies, festarum festa dierum.

« Vous jugez assez jusqu'à quel point on pouvait pousser sans grande dépense une poésie de cette sublimité , et si la rubrique qui ordonnait de chanter faux était bien observée, comme il n'en faut pas douter, je vous laisse à penser quel effet devait produire une telle harmonie sur l'oreille des auditeurs. » [Mercure de France, 1726, page 2668.)

128 llISTOlRi: (.bMÎRAi.H Di; I.A MrslQli; RKLlGlKlSi;.

« Or, chanter faux ou chanter en faux-bourdon sont choses fort différentes , et la rubrique , sainement interprétée, au lieu d'exciter nos moqueries , doit nous servir de preuve qu'au xiii' siècle , on ne se contentait pas de la mélodie , mais qu'on cherchait à Temljellir par un accompagnement harmonique qu'on appelait, suivant sa nature, faux-bourdon, comme dans le passage qui nous occupe, ou bien organum, comme dans un autre passage du même office intitulé : Versiculus cum nrgano.

« Mais qu'eût dit l'abbé Lebeuf s'il eût pu revivre de nos jours, et notamment le 3 novembre 184-9. La magistrature française recevait alors une investiture nouvelle. C'était l'occasion d'une grande solennité religieuse dans la Sainte-Chapelle nouvellement restaurée. De nombreux musiciens se pressaient autour de l'autel. Une voix s'éleva parmi eux, la voix d'un de nos artistes les plus célèbres (M, Roger) , et ce qu'elle chantait , c'était précisément la strophe du Missel des Fous, hœc estclara dies, clararum dara dienim. (Voyez nos Cliants de la Sainte-Chapelle.)

« L'abl)é Lebeuf eût alors compris qu'une pareille musique n'était pas faite pour servir de jouet à des chantres grossiers, et qu'elle était digne de retentir sous les merveilleux arceaux de la Sainte- Chapelle, ))

Dans cette même cérémonie, on exécuta plusieurs autres chants empruntés à notre manuscrit.

« La mélodie de la Prose est singulièrement remarquable par la grâce, et le refrain lui-même, qu'on a tant de fois représenté comme un cri barbare, forme dans le chant une terminaison aussi douce que simple. Quelque chose nous frappe encore plus dans ce morceau : c'est la tonalité qui est tout à fait moderne. C'est sa fraîcheur (pii ferait supposer une composition terminée d'hier. Quand on isole les paroles de La musique , oui, la critique trouve une large prise. Mais, ne scindez pas : laissez l'œuvre dans son entier, telle qu'elle est sortie des mains de son auteur, et chantez cette Prose au milieu de nos fêtes religieuses, il ne restera place que pour l'étonnement et l'admiration. »

DRAMES I.ITl RGIQrK.S DANS Li;s KCiLISI-S.

Pito vel très in voce antc aUare (1).

Salve, fosta (li(!s, tolo veiierahilis cvo, Qtia Ueiis est orlus virginis ex utero.

Ce distique est imilc des premiers vers d'une pièce fort remarquable composée par Fortunal, et que nous publierons dans l'office de Pâques. Elle commence ainsi :

Salve, lesta (lies, tolo vcnerabilis evo, Qua Deus infenium vicit et aslra tenet.

Choriales incipiant.

Letemiir gaiuliis, quos redeniitVerbiim Palris a reatus laqueo primi parentis, Dei jussa spcrneiitis, arte hostis, lieu ! quaiulo, paradisum deserens, exul venit in exiciales mundi istius labores. Posl humana proies omnis rueret, nisi liac in carne Clirislus natiis levaret, et primam coronam vesliret atque rursus in celum collocaret.

Versus

Christus manens quod erat, Assunipsit quod non erat; Sine fine principium, Finem surapsit spontaneum, Ut per morlem morlis regnum

cum or(jano.

Terminaret in eternum.

Et ereptos jugo mortis Nos ad dextram Dei patris Collocaret in celum.

ANTIPHONA.

ANTIPHONA.

Virgo hodie fiJelis.

Ps. Dixit Dominus, euouae.

Virgo verbo concepit.

Ps. Confitebor, euouae.

Ces antiennes, comme toutes celles qui ne sont indiquées que par les premiers mots, se trouvaient dans l'Antiphonaire. On a jugé inutile de les donner en entier.

ANTIPHONA.

Nesciens mater.

Ps. Beatus vir, euouae.

ANTIPHONA.

Virgo Dei genitrix.

Ps. De profundis, euouae.

ANTIPHONA.

Hodie intacta Virgo.

Ps. Mémento, euouae.

(1) Voyez nos Carminu e poetis chrislianis exccrpta, page 330.

HISTOIRE GÉiXÉRALE DE LA MUSIQUE RELIGIEUSE.

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