‹ Histoire Général de la musique religieuseChapitre 9 sur 71 · Ill^TOIKi: tJÉ.NÉUALH UK LA MLSIQI I'; IJIXIOIKISE · texte numérisé non relu

Ill^TOIKi: tJÉ.NÉUALH UK LA MLSIQI I'; IJIXIOIKISE

Prime et de Tierce, on allait chercher le prêtre pour dire la Messe, et on l'escortait avec un chant solennel.

Les prières de la Messe sont toutes paraphrasées.

Les offices de Sexto et de None sont les plus courts de la journée, sans doute afin de réserver plus de temps aux Vêpres. On n'y chante qu'un Psaume. Le Benedicamus seul est comme partout ailleurs une pièce importante.

A Vêpres, au contraire, on multiplie les Proses et les Hymnes; chacun des cinq Psaumes est suivi d'un Répons et d'un Verset sans compter l'Antienne ordinaire. On en chante même quatre autres après le Capitule. L'Hymne est remplacée par la Prose si connue : Inviolata.

Entre les versets à\x Magnificat, ce cantique d'actions de grâce de la Vierge-Mère, on chante une Antienne qui rappelle les détails de la naissance et de l'enfance du Sauveur. C'est une particularité touchante.

Un Benedicamus et un Deo rjratias très-développés et trèssolennels terminent les Vêpres, c'est-à-dire la journée de la fête de la Circoncision.

Les trois pièces qui suivent les Vêpres se rapportent à la récréation des clercs et à leur repas du soir. Lesépitresde saint Étienne, de saint Jean et des saints Innocents forment la conclusion du volume.

Pierre de Corbeil, flos et Jionor cîeri, comme le marque son épitaphe [Gallia Christiana, T. XII), n'a jamais songé à composer un office de l'Ane, encore moins un office des Fous. Il est probable qu'il se sera trouvé en présence de coutumes singulières dont les calendes de Janvier étaient le prétexte, et qu'il a cherché à substituer à des usages qui pouvaient dégénérer facilement en excès une fête attrayante par les cérémonies et les chants, et qui devait occuper activement tout le clergé de sa cathédrale, le bas-chœur et les enfants eux-mêmes. Si malgré ses efforts, les abus se sont glissés de nouveau dans les détails de la fête et en ont motivé la suppression, le savant et pieux Archevêque n'en s'aurait être responsable, et son œuvre bien connue ne peut qu'honorer sa mémoire comme prélat, comme musicien et comme poëte. Un homme

DiiAMKs i,ni ii(aQri:s dans ij;.s k<;lisi;.s. 12') qui, après avoir brillé d'im vif éclat clans l'Université de Paris, a été le maître du grand pape Innocent III qui s'est toujours honoré de ses leçons, archidiacre d'Évreux, coadjutcur de l'évéque de Lincoln, évèque de Canihrai, prédicateur célèbre à Rome , chapelain de Philippe Auguste ; un tel homme devenu archevêque de Sens, a dù vouloir faire une chose utile en composant cet office de la Circoncision.

M. AiméCherestapuldiédans le bulletin des sciences historiques de l'Yonne des recherches sur les fêtes des Innocents et des Fous. Ce travail conçu dans un bon esprit est certainement ce qui a été publié de plus complet et de plus judicieux sur la célébration de ces fêtes dans le diocèse de Sens. Il établit par des preuves solides les trois propositions suivantes :

1" La tradition qui attribue le manuscrit de la bibliothèque de Sens à Pierre de Corbeil est confirmée par l'examen attentif de ce manuscrit et de tous les documents qui s'y rattachent.

2° La plupart des morceaux qu'il renferme, et notamment tous ceux qui sont dignes de quelque remarque, ont été composés par Pierre de Corbeil, paroles et musique.

3" Cette œuvre n'a rien qui blesse les idées reçues et préconisées dans l'Église au \iif siècle.

CIRCUMCISIO DOMINI.

IN JANUIS KCCLESIE.

Lux liodie, lux leticic ! Me jiulice, tristis Quisquis erit, removendus erit sollemiiibus islis. Sint hodie procul invidie, prociil omnia mosla ; Lpta voluntquicumque colunt asinaria lesta.

Cette invitation à la joie est comme une sorte de précaution oratoire employée par Pierre de Corljeil pour prémunir les partisans de la fête de l'Ane contre la crainte de se voir privés de leurs réjouissances accoutumées. Mais il ne tarde pas à changer la disposition de leurs esprits au profit des choses spirituelles. Ces quatre vers d'ailleurs , les seuls qui fassent allusion à une fête de

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l'Ane n'étaient pas chantés dans l'église , mais aux portes de la cathédrale.

CONDUCTUS AD TABULAM.

Orientis pariibus Adventavit asiiius, Pulcher et fortissimus, Sarcinis aptissimus, Hez ! sir asne, liez !

Hic in coUibus Sichen Enutritus sub Ruben, Transiit per Jordaneni, Saliit in Beelhleem. Hez!

Saltu vincit hinnulos, Dagmas et capreolos.

Super dromedarios Velox madianeos. Hez !

Aurum de Arabia Thus et myrrham de Saba Tulit in ecclesia Virtus asinaria.

Hez ! sir asne, hez !

Dum trahit véhicula,! Multa cum sarcinula, Illius niandibula Dura teritpabula. Hez!

Cum aristis ordeum Comedil et carduum;

Trilicum a palea Segregat in area. Hez !

Amen dicas, asine, Jam satur ex gramine, Amen, amen, itéra, Aspernare vetera. Hez !

Conductus ad tabulam. Cette tablette dont il est question ici, et au sujet de laquelle on a écrit des choses si divertissantes, n'est autre chose que la règle et l'indication du cérémonial de la fête , un or do divinorum officiorum que le célébrant lisait à haute voix à l'assemblée et au chœur , afin que chacun siit ce qu'il avait à faire.

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