LIVRE VII
)E Pascentius II jusqu'à l'achèvement
lONASTÉRE DE SaINTE-CrOIX (De 5Gi à 570)
ne devons guère douter, quoique l'histoire ^^^ ^ ^"'
taise souvent, que nos évêques de Poitiers
mt pris leur part dans ce magnifique travail
lotre constitution sociale. Le premier qui
irésente à nos regards après saint Pient
[. Nous ne savons rien de son origine.
;e en 564, il ne nous a rien laissé de ses
pendant le peu d'années qu'il gouverna il
niété par les guerres incessantes que se
! français, et dont notre territoire fut le
I qu'il avait engagé à écrire la vie de saint
dia, comme on le voit par la préface qui
st un des personnages les plus remar- , dernière moitié du vi* siècle. Il remplit, ire poitevine, un rôle que la postérité ne ' fut à la fois le représentant des grandes !S dont le monde d'alors avait besoin, et la ion de la littérature latine qui expirait sous lerrières de ces temps malheureux. Ce ^^Sw^"'^ toute idée de science et . d'érudition fût
itt. Franc., lib. IV, c. xxni.
[it renversée par ces secousses sociales ; on ore en certains esprits des tendances aux études ■issent que dans la paix, et quelquefois même aritô s'observait dans les caractères humains irait le moins soupçonnés. Ainsi Chilpéric I*", B des fils de Clotaire, à qui était échu, en 562, de Soissons, et que le père de notre histoire mpare à Néron pour ses cruautés et ses vices, 'un grand culte pour les sciences. Persécuteur
le pouvait de la religion, qu'il tournait en dont il se souciait peu dans sa conduite, il en idant très bien les dogmes et la morale. On le ses compositions littéraires, où ne manquait
le goût, ni rérudition. Il s'essaya dans tous fit des poésies chrétiennes, dont pas un vers ne esté , s'ingénia à réformer l'orthographe en dans l'alphabet des lettres qu'on en retrancha irt, et mêla à ses controverses théologiques des il ne désavoua enfin que sur les courageuses s de saint Grégoire de Tours et de saint Salvius In voit que cette personnalité littéraire suppose
où d'autres esprits pouvaient comprendre un 3 mérite, et nous prouverions par elle, sans I en quoi la foule des flatteurs pouvait grossir L maître, que les dernières étincelles du génie 5 encore éteintes dans ces esprits si fréquem- )és de querelles bien différentes, et qui ne
que par les armes. Heureusement d'autres ursuivaient avec non moins d'activité l'œuvre ération sociale', et nous avons à nous reposer lectacle du monde politique et de ses fatigants
contemplant encore un de ces tableaux plus jue l'apostolat catholique va nous offrir plus it à ces premières époques de notre histoire, et au Sud-Ouest de Nantes, suf les bords de la va se jeter  peu de distance dans la Loire,
forêt, fréquentée autrefois par. les druides,
leur culte superstitieux se perpétuaient réunion de pierres mystérieuses nommées lirs. Cette forêt, tirant son nom de cette lit appelée Du-Men, deux mots bretons -Noires. Là, un jeune homme issu d'une ible de la grande ville s'était fait une lages. Sa vie y était toute de mortification Quelques fruits sauvages, des légumes lains, et, quand la saison se refusait à ces , des racines desséchées dont il avait fait était la seule nourriture qu'il se pennlt.
des solitaires de la Thébaîde était Martin, eur que nous avons vu en 554 s'éloigner [loutie dans le lac de Grand-Lieu, et se
missions plus fructueuses. Mais, chose se remarque dans toutes les intelligences
temps difficiles, plus ces hommes de foi t avaient servi le prochain avec une ardeur
ils éprouvaient enfin le besoin de se avec eux-mêmes, et de s'appliquer plus u'ils avaient prêché aux autres. C'est ainsi enant, après plus de dix ans de travaux ix lieux de ses premiers efi'orts, s'était sert où nous le retrouvons. En face de ce utes les choses que l'humanité recherche e lui manqua d'abord : un ruisseau limpide 1 solitude. On dit que Dieu l'exauça en >us ses pas une source qui vint à propos 1 de la soif. N'était-ce pas déjà un prodige
tel régime si peu fait pour le commun des itenir le saint anachorète dans cet isolement
mortifié? Au reste, c'était ainsi, dans la nplation et les progrès do la vie intérieure, .isait à ouvrir à ces âmes exemplaires les s qui aboutissaient pour elles  une mission
monde devait toujours profiter. Une nuit donc, il ti dans son sommeil qu'il devait retourner parmi mes ; qu'un grand nombre avait besom de cet 3 pénitence dont la grâce divine l'avait rempli ; convertirait beaucoup de pécheurs, et qu'à leurs s succéderait, par son dévouement à cette grande ine vie d^édiUcation et de paix. Le saint ne balança litter tout pour suivre, en abandonnant sa vie pailui dont il croyait entendre l'avertissement. Il quitta , se dirigeant vers un lieu encore isolé dont le nom Vertaio, devint Vertavum en latia,'et qu'on
Vertou (3}. Ce n'était guère qu'une portion de la irêt de Du-Men, mais plus rapprochée de Nantes. iteurs de sa nouvelle solitude, il pouvait voir le
miraculeusement, quinze ans auparavant, d^s erbauges s'était engloutie, et dans la plaine s'agiter jour en des travaux divers une population qui icevoir bientôt sa parole, et en faire un meilleur luis ces villages qui s'y voient encore, tels que le nt-Martin, le Bignon, et d'autres devenus paroisses it toutes saint Martin pour patron, e toujours la vie austère et sainte du nouveau
exerça son attraction, et de nombreux disciples it, qu'il fut bientôt impossible de loger. Il fallut r de rares et étroites cabanes, chacun se mettant e et arrivant promptement à construire sa modeste 3 cellule. De la sorte le désert se peupla, et ses ! habitants y furent autant de fleurs épanouies dans !au jardin de l'Eglise.
la communauté s'augmenta , et ces modestes . ne purent suffire à la nécessité d'habitudes !S. Il fallut créer un véritable monïistère, comme la i et le Poitou en avaient déjà de si florissants, es nouveaux reclus venus à la suite de Martin, e riches propriétaires du sol nouvellement sanctifié, ouèrent à un établissement vaste qui renferma
rOIRE GÉNÉRALE DU POITOU (565)
spaces divisés en bois épais, en Iarg( i nature offrait tous ses spectacles les pli ver l'âme à la source divine de ces ravissantt Sglise ■s'y éleva sous le nom de Saint-Jeai té généralement comme le premier des sol s cents religieux se trouvèrent à la fois soi Martin. Il leur donna la règle de saint Benol L fleurir déjà en Italie, et dont toute '. rouvait dans le mélange habilement conçu c des jeûnes, des pénitences corporelles joints umilité ; puis le silence qu'interrompaiei conférences spirituelles, et toujours le trava ié selon les aptitudes de chacun, comme ] êrents métiers et la confection des manuscrit! loint où nous sommes arrivés, Martin, reven repos et tout adonné à son établissement é ^pendant une grande part à la fondation d uches (4), qui prit plus tard le nom de Smn ivenir de ce saint devenu solitaire , de gran avait été, et ^ui s'était lié avec saint Martir gnit une ou deux fois pour l'aider dans l'achèvi itère, et Ouches devint un des plus florissant (5). Il renferma des moines dont la renommé fit honneur, et parmi lesquels on ne doit pa ic Vital, le célèbre chroniqueur normand d mouvement du travail littéraire se continua le saint Benoît partout où elle était adoptét e époque surtout que l'Europe, et la Franc virent l'élan studieux qui inspira bientôt les compilations utiles, le goût des belle )s manuscrits et des curieuses peintures qt it en faisant d'elles autant de documents no t à l'histoire des arts qu'à celle de la littérÉ mtribua pour sa part à cet éclat jeté sur 1 3 vint alors seconder chez nos ancêtre in grand homme de plus. Nous vouIod
irSTOIRE <ÎÉNÉRALE DU POIT
int Fortunat, qui commençj
par son talent.
: en 539, d'une famUle chré ne (6), petite ville de la lord Clementianus Honoriu.
, en mémoire d'un saint t sô pour modèle, et celui de lus Dioclétien. Quoi qu'il ms adoptés par une même
une preuve que notre per 5 familles romaines de haul se distinguer ainsi. De savî ladé que l'accueil empress ne fut pas seulement inspir aussi par l'éminence de 1 devait avoir dans son pays . alors des hommes aeclam ettres, il s'y appliqua moin!
la poésie, qui le séduisait d .orsque, en 565, il se réfu les Lombards, qui" déjà n lines invasions. I! était aloi iuité à l'étude, d'une ophta] léte cécité. Ayant prié dai lUumée à un autel de Saint- • les yeux avec cette huile, dut aller remercier le saini Sme, et partit pour la Franct
et l'amabilité de ses relati ire rechercher partout où i [1 amour des sites eharr rinviter à s'arrêter. Qui mii irer goutte à goutte les lii i nobles, aux sentiments si
e délia vite ed opère scritte da liiler
lias, les églises qui embellissaic t ses vers aux hôtes qui l'avaient a t plus leur souvenir. Ce n'était j , mais de poète qui travaille sur T mourir ses œuvres. Ceux d'aillé ) connaître, voulaient le goûter en qu'à la faveur de ces relations litt* snt ceux qui les aiment, il se fit que des admirateurs. Tels fun le Fortunat. Nous le retrouverons èe du monde où il devra se mèl ses.
avec cette année 565, notons-y eni i notre histoire par un de ses ! peut oublier. Il s'agit de saint P léjâ parlé plusieurs fois. Nous l'av ■nmencement de ce siècle, du mo . Il avait été appelé en 552 au 1 paraît qu'il était un des plus f ïips, et qu'il ne manquait pas d Fortunat lui adressait un de ses li faire remarquer les fautes (8). Dar stes sollicitudes ne se comparent ( épuisa ses dernières forces aprè:
■avaux de sa vie moneistique et de ut nullement ses habitudes austèi m son activité, construisant ou r( inuant par sa cliarité de se feiire le p itits. Il avait alors plus de soixa malade le lundi de Pâques 565, il i épiscopat, âgé de quatre-vingt-troi remarquable coïncidence fit mouri ilion, ce vieil ami avec lequel nous '. , et qui succomba quand il se disp me avait abordé avec lui à cinquai 3S confins de l'Océan ; ils s'y étai
;oire solitaire prés du village de Scicy incé, dés leur arrivée en Normandî nombre de païens. Scubilion, qui ; t apostoliques de son vieil ami j épiscopat, resta dans son humble la d'évangôliser la contrée. La mo jour, les réunit aussi dans le mêm iu petit oratoire qui devint une é ! encore sous le nom de Saint-Pair i !r(H). On y possède une portion d irs fois transportées en divers lieux p ofanations des guerres. On en a q jns et à Issoudun. On peut s'étonm ;s, ayant conservé si fidèlement la :
e, on n'ait rien de ses restes à ; qui lui donna le jour, et qu'aucui ïon nom à aucune époque. La se lu'ourd'hui parmi nous, est que s a vie (a).
bert régnait en Austrasie depuis qu I il voulut retenir près de lui le po ve lui plaisait, et qui venait de se ame célébrant au milieu de fêti ce de ce prince avec Brunchaut (12}, i Wisigoths d'Espagne. Quand il V' ù la faveur royale lui avait ménagé na pour raison de ce départ, qu le vœu qui l'attirait au tombeau !rt, qui aimait toujours la sainte prin< i solitude de Poitiers, engagea Fo t lui donna des lettres de recomm mr usa avec empressement. Jarr :nt semblé faits pour se comprendre s de Tesprit et de rintelligencc
pie. Patrot., lit., I. LXSXVIII. p. m.
ine piété qui forme toujours ici-bas rs. Radégondë, qui observait chaq 1 et délicat, ce qu'il .y avait de ( te nature d'élite, comprit aussi ;ct hôte envoyé providentiellement \ âpensable à la conduite de ses exhorta donc Fortunat à ne pas la séduit par cette utilité dont il pou' ecommandable, le saint homme s'a ins de la communauté, qui comm blés, parce que, en outre des pi ées par Clotaire, on en voyait vei is qu'y ajoutaient la piété des fidèl lies de grandes maisons attirées du nouveau monastère. C'est.ains pui et l'agent dévoué de l'abbayi lit pas quand il fallut montrer actes de quel secours il pouvait '.
t d'ailleurs avec les plus hauts is d'affaires' dans lesquelles il fit n moins que la politesse de ses n istinguées de son esprit. ' Dernier ïsie latine, choyé de tous pour so de rivaux, il sut trouver le ten ns si diverses et peu poétiques (lier des vers qui coulaient facilei d'y colorer les moindres détails d' ne si laborieuse, et d'y refléter les c i utile amitié, contractée en mémi latrice de Sainte-Marie et Agnès, h loisie pour la seconder.
lés à la communauté par Fortu ic pas de jeter de nombreux petits ie de surveillance et d'activité.' On our ou à la fois des intérêts de la 5 avec les évêques et les grands. G
is ont d'ailleurs leur avantage réel p(
ne resta pas ignoré lui-même de cei Heures indifférents, et plus tard lui m( ;és vers des puissants dont le moni itre des troubles inattendus. C'est f itiment qui fit oublier à notre poél constances solennelles, le pire côté de
mauvais aloi, pour voir moins leur ] 'fois seulement leur haute position, q ? aucunes vertus. Ainsi on le vit se c
éloges donnés à Chilpéric, pour leque isée populaire, toujours portée à l'ad 1 beau, sans s'occuper assez peut-êti itrastes que ce beau même trouve dan Ht il n'a pas craint de se salir.
I^hilpéric, le plus jeune des trois fils
en partage, dans la succession de Ch
Neustrie, une partie de l'Aquitaine rticulier, et enfin Paris (13), ce qui fit
de France. Sa vie était sans aucune r Lestables le rendait odieux à ses suj ipriser des souverains étrangers. Au; indes difficultés quîind ses ambassi léde, où résidait ce même roi Atha ïmière fille avait épousé Sigebert, der
seconde fille GaJsuinde. Le prince v 'un refus pourrait troubler la paix de r consentit au moins , entre autn tenant le serment que Chilpéric n'aur nmes du vivant de la princesse. Les isieurs villes de l'Aquitaine devinrent ouse (14). L'affaire traîna néanmoins e e la fiancée et sa mère ne pouvaien
se séparer. Il le fallut bien cependant 'eut lieu le départ pour la France i uhaité.
ÎÉNÉRALE DU POITOU
se faire à Rouen, où quitta enfin la royale c ), les amis nombreux ualités, et chargée de i is doute on voyait 1 ji des antiquaires, poi ei l'artiste avait donné îde à Narbonnc, où ell Poitiers, où le peuple atienco. Son entrée y l idispensable : une reir sfois d'un monarque c ux. Outre ce qu'avait ( a beauté que relevaien uc et le charme de sa ue d'émotions durent comme Galsuiiidc, qu dut épancher les pressi iè du prince françai anctifiées par la foi, ce; 1 avenir qui allait comn ets de leurs intimes c ïoulé que, séduit par
et méchante courtisa neur pour l'histoire, C ssassinat, et n'eut pas 1 irès, celle dont éviden
i de profondes blessui lut s'en épancher dar n de ses peines comnr vait pu ne pas être a lendant son séjour à
ortunati, c. xliv.
ranc., Mb. IV, xxviii. — Ai
atate vi.
ipprécié le beau caractère, la douceur, et cette olie touchante qui s'était emparée d'elle dès la •e pensée de cette fatale union. Il s'abandonna donc i versification pleine de sentiment aux pieuses hies de son cœur reconnaissant, et le long poème fut inspiré sur ce triste sujet nous est resté comme . ichante expression de ses regrets. Il y raconte la ocente de l'aimable enfant, le doux et réciproque qui l'unissait â sa mère, leurs gémissements mutuels la jeune fille quitta, après de longs retards toujours 5, cette mère qui ne devait plus la revoir. Il dépeint ige pendant lequel les acclamations des peuples ne saient pas ses tristesses; il la montre devenant la les pauvres dans ce royaume qui l'adopte comme il loue cette conversion au catholicisme qui la
plus chère à la grande famille, et c'est au milieu de împhes si mérités que la mort, et quelle mort!... Dut à coup y mettre un terme!... Le poète s'en , il pleure en des vers souvent éloquents, cette jeune femme si vite disparue, si promptement Se à l'admiration et à l'amour du monde qui l'a à onnue. I! se garde bien d'attribuer à un crime cette ue tout le monde déplore, et dont le mystère n'avait core percé quand le poète céda à l'inspiration qui le. Mais parmi les lamentations de tous, une voix. 1 de toute sa force le malheur pubUc ; c'est celle de hrétienne ! « Cette mort n'est-elle pas une récompense 'ie? Le ciel avec ses élus, ses joies éternelles, n'a-t-il ju cette jeune victime d'un trépas prématuré? Quelle ilion que cette vie immortelle, et pourquoi regretter it de larmes celle dont la foi est devenu le principe ernel bonheur? i
tard, on peut s'étonner de voir cette même plume, 'le si bien de la vertu et des personnes vertueuses, ie poétiques tendresses à un roi parjure et adultère I Chilpôric, à une reine sans pudeur comme Frédé-
gonde, qui ne partageait le trône de France qu'après ravoir acheté par ses impures et sanguinaires intrigues. C'est pourtant ce que Fortunat ne craignit pas de faire quand, par une juste vengeance de Dieu, Tun et l'autre furent frappés dans deux jeunes fils qui moururent successivement presque aussitôt après leur baptême. La douleur des parents paraissait inconsolable. Le poète se charge de l'allé^ ger. II leur adresse une longue pièce de vers ; il compose une longue épitaphe pour chacun des deux jeunes princes, et ses distiques sont lus à la cour, sans doute aussi dans le monastère de Sainte-Marie. Hâtons-nous d'ajouter pourtant que ces pièces ne sont point un éloge du couple criminel qui les reçoit. Ce sont des vérités générales sur l'inévitable fléau de la mort, des lieux communs sur les mvstérieux desseins de la Providence qui recueille à tout âge cette moisson humaine, semée sur la terre pour le ciel. Sur la tombe des deux enfants, le poète loue cette préférence qui leur est donnée par Dieu sur tant d'autres : pour avoir sitôt une place dans le ciel, ils n'ont pu offrir que les mérites de Jésus-Christ. De gracieuses images embellissent ces harmonieuses banalités qui semblent, dans l'intention du poète, cacher le dessein secret d'arriver à faire entendre d'utiles leçons au couple royal qui en avait oublié tant d'autres. C'est dans le même but, sans doute, qu'il adressa aux mêmes personnages, un peu avant la Pâque de 568, une exhortation à prendre leur pieuse part de la joie commune. On n'y trouverait à reprendre que les souhaits d'une longue vie qui, certainement, pour de tels princes, étaient moins dans les vœux des peuples que dans les convenances d'un style par trop flatteur (15).
Entre autres personnages marquants, dont s'honorait la Êâsiie. gonverneiif ville de Poitiers quand Galsuinde y passa quelques jours, il ne faut pas oublier le patricien Basile, que Chilpéric avait nommé Comte de la ville et Gouverneur du Poitou. Né à Poitiers d'une famille gauloise, il y avait épousé une jeune fille d'origine franque, alliant ainsi deux races illustres.
Basile, toujours connu à Poitiers depuis son enfance, s'y était constamment tenu à la hauteur de sa naissance et de sa position. Lettré, éloquent, doux de caractère, irréprochable dans ses mœurs, charitable envers les pauvres, il ne pouvait échapper à Pattentlon de Fortunat, qui devint son ami (a). De concert avec sa femme Baudegonde, il avait relevé de ses ruines, après une inondation, une église de saint Martin, et en avait éloigné le cours du torrent qui aurait pu la menacer encore. C'étaient d'excellentes qualités pour le chef d'une province dont les peuples ne peuvent attendre qu'un bon gouvernement quand il se laisse inspirer par la pensée de la religion et des devoirs qu'elle impose (16). Ce ne fut pas sur la terre que Dieu récompensa ces nobles dispositions. Nous retrouverons le comte de Poitiers victime de graves circonstances où il dut payer de sa personne un faux calcul où s'égara sa fidélité. L'année 567, féconde en événements remarquables dans Monde ciaribcrt. l'histoire religieuse et politique de la France, ne le fut pas gieoses à Poitien. nioins *pour le Poitou en particulier. Le roi Charibert
mourut sans enfants mâles, et laissa trois filles dont les deux plus jeunes prirent le voile dans le monastère de Poitiers. 'C'étaient Basine et Chrodielde, dont les noms devaient avoir, quelques années plus tard, un malheureux retentissement. Cependant ce dut être alors à Radégonde une espérance pour l'avenir de sa communauté. Ces femmes si haut placées semblaient devoir être une protection puissante en face des événements formidables que suscitaient les ambitions opposées des princes et des grands, se battant sans cesse, et ne s'accordant que pour s'attaquer encore et menacer tout ce qui se trouvait sur leur passage. Le temps était venu pour notre abbaye de se prémunir, Sage gonvenement en effet, coutre tout cc Qui pourrait atteindre son existence
do monastère de sainte ' ^ '■
ti2Î^^d?**ta rô1e°5ê ^* ^^^ avenir. Il semblait que du côté matériel, rien ne
saint Gésaire.
(a) Fort., Miscellan», lib. IV, c. xviii. — Lib. I, c. vu* — Dreux du Rad., Bibl. littér. du Poitou, I, 134 et suiv. — Greg. Turon., Hist^ Franc.j lib. Vf,
c. XLVL
que la prudence humeiine avait I des puissants et du respect d aportant encore était celui de 1 B intérieur définitivement arrêté t règle immuable, à laquelle un vi ijettir toutes les religieuses, en emière supérieure de la maison, i dès le commencement, une n re d'Arles à la communauté do abbesse dans sa ville èpiscop de cette règle, et qui déjà étal 'érence dans la vie des auti st que la clôture y était obligati ient vivaient en commun dans 1 )romettaient solennellement de :
ne condition de persévérance a à redouter contre sa vocation le séductions trop opposées à h e que Radégonde avait vu dans vie commune n'astreignait pas i désirable ; les inconstances
d'abord ferventes, et usant ens indonner leur asile et revenir vei souhaiter par dessus tout qu' fût posé entre ses filles et ce lisit donc l'occasion du second
saint Germain de Paris asse désordres de Charibert. Ce ma t aucune impiété, et ne respect ique que l'Eglise dans ses évêq concile, on le savait, devait, < ntes, s'occuper de la régularité rincipaux qui en maintenaient 1 liantes étaient encore plus scand; ; grands, et les vingtième et vinj it évidemment la grièveté des
■iir»
n recommande les liynnes de saint For-
Charibert, tour à tour adultère et incestueux, et qui, joignant le sacrilège à ces bas instincts, avait retiré dMn couvent pour Tépouser, une sœur de sa propre p oncubine. Sur tous ces points, les Pères, en renouvelant les sévérités de Tancienne discipline^ s'autorisaient des décisions du Saint- Siège, des sentiments des docteurs, et menaçaient de plus fortes peines ecclésiastiques ceux qui ne craindraient pas d'y contrevenir. Accoutumé à n'écouter aucune remontrance et à se jouer de la religion, Charibert n'en garda pas moins ses femmes et ses habitudes, même après l'excommunication qu'il s'attira par là de son évêque saint Germain, et que suivit de près une mort prématurée, malheureux d'avoir effacé par cette hideuse conduite les bonnes qualités qu'il avait reçues de Dieu. Lettré, doué d'un bon cœur^ aimant la paix pour ses peuples, il les eût rendus parfaitement heureux, si ce n'était un grand malheur pour un pays d'avoir de ses princes des leçons toujours trop éloquentes du mépris de la religion et des mœurs.
Le vingt-troisième canon du second concile de Tours est conçu en des termes qui doivent être signalés, parce qu'ils semblent faire allusion à un personnage devenu poitevin, et pour lequel il est un double titre d'honneur, attestant à la fois l'estime qu'en faisaient les évêques et la confiance qu'ils avaient dans sa doctrine. Ils y permettent donc d'introduire dans l'office canonical, outre les hymnes généralement admises de saint Ambroise que nous y chantons encore, quelques autres qui n'y auraient pas figuré jusque là, pourvu que le nom de leur auteur soit marqué au commencement. Quelques critiques ont pensé, non sans une grande probabilité, que cette extension donnée à l'emploi, jusque là exclusif des hymnes du docteur de Milan, l'était en faveur de Fortunat, ami particulier de saint Euphrone de Tours et de saint Germain de Paris, qui tous deux faisaient partie du concile.' C'est sans doute à ce canon que nous devons la belle hymne Ave Maris Stella, celle moins heureuse de pensée et de style qui commence par : Quem terra, pontus
Histoire générale du poitou (567) 17
aidera («) , que Toffice romain a conservées , et que sans doute le poète s'était hâté de composer à la demande de sainte Radégonde, dés le temps de ses premiers rapports avec elle. Si un tel honneur fait à la piété du couvent et de son plus sur ami dut consoler le cœur de la sainte fondatrice ; s'il fut en même temps un témoignage rendu à la sainteté de sa vie, Radégonde reçut du concile un autre service bien plus éminent qui lui devint une nouvelle preuve de la protection divine sur sa maison.
L'auguste assemblée se réunit le 17 novembre 567. ^,*^*««*i?^^*
^ dégonde au P^s ila
Neuf évéques s'y trouvaient. Radégonde, qui n'avait rien ^^«*^' tant à cœur que d'assurer la prospérité et le développement de son monastère, y députa Fortunat, chargé par elle d'une lettre qui implorait les lumières et l'autorité des Pères en faveur du plan qu'elle s'était fait. Cette lettre ne nous a pas été conservée (19), mais la réponse échappa au naufrage de tant d'autres, et nous fait comprendre quelles grâces la sainte femme avait sollicitées. On y reconnaît aussi en quelle considération était aux yeux des peuples et de leurs pasteurs cette maison qui depuis dix-sept ans déjà avait donné tant de preuves d'une paix fondée sur les vertus les plus élevées, et d'une régularité qui ne s'était jamais démentie sous une conduite aussi pleine d'intelligence que d'abnégation.
Aussi cette pièce respire le respect et la déférence envers wp««« ^ ^^^ l'illustre veuve de Clotaire. Les évoques commencent à reconnaître quelle grâce le Seigneur a faite à la France en appelant l'un après l'autre des mêmes plages et des plaines de la Germanie saint Martin d'abord, puis Radégonde, pour développer la foi dans les âmes et l'y maintenir au milieu d'un siècle qui a tant besoin de ses leçons. Ils la louent de marcher sur les traces du grand thaumaturge, et de perfectionner l'œuvre qu'il avait si bien établie, par le vœu de clôture dont elle leur soumet la pensée. C'est par elle que
(a) Yen. Fort. MiiceUan., lib. VIII, c. m, iv et v.
^innombrables vierges viennent sous sa direction puiser aux sources de l'amour divin ; c'est parce qu'ils voient dans ce pieux succès un gage de bonheur étemel pour cette famille nouvelle, composée de membres venus de tant de diocèses, et des leurs en particulier, qu'ils se sentent inspirés de seconder le zèle de leur vénérable fille. Ils établissent donc et ordonnent que désormais dans le couvent de Poitiers les points suivants soient tenus et observés sous peine d'excommunication et d'anathème (20) : DgéubiiMentievora 1© CcUos Qui aurout mérité d'être reçues dans ce monas-
de clôture et de stabi- -^
«16 dans le inonMière tère n'cu pourront plus sortir, selon la règle de saint
Césaire d'Arles ; 2^ elles doivent persister dans la résolution de ne pas se marier ; celles qui enfreindraient cette loi, et ceux qui les auraient épousés, seraient également punis de l'excommunication et de l'anathème ; 3° les Pères recommandent à leurs successeurs de maintenir sévèrement cette discipline : t et s'ils voulaient, ajoute-t-on, retrancher quelque chose à la juste inflexibilité de notre sentence, nous leur en demanderons compte au jugement de Dieu, puisque c'est un point de doctrine universelle que la promesse faite à Jésus-Christ doit être inviolable et sacrée. » Cette déclaration était signée de sept évêques, savoir: Euphrone de Tours, Prétextât de Rouen, Germain de Paris, Félix de Nantes, Domitien d'Angers, Domnole du Mans, Victorin de Rennes. On voit que des neuf qui assistèrent au concile, deux seulement ne souscrivirent pas : c'étaient Chaletric de Chartres et Leudebolde de Séez. Peut-être déjà "avaient-ils dû en partir quand, au dernier jour, la lettre fut adressée à sainte Radégonde; peut-être aussi n'avaient - ils aucunes de leurs diocésaines dans le monastère, comme le ferait croire un passage de la lettre que nous venons de citer (a). Quoique nous ne voyions figurer ici que des évêques de Neustrie, qui étaient de la juridiction de- Charibert, il semble qu'il en manquait un de
(a) Cf. Mabillon, Annal.^ 1. 1, p. 155. — Lecointe, ad ann, 587. — CondL Gall.j l, 343. — Grég. Turon., HisL franc., lib. IX» c. xxxix.
TOIRE GÉNÉEIALE DU POITOU (567) 19
que celui de Poitiers avait dû naturellement 'otecteur de Radégonde et appuyer sa lettre collègues. Cette abstention est encore très 3t indique nettement qu'entre la sainte et le e, les relations ne s'étaient pas améliorées, le tarderons pas à le voir, e saint Césaire qu'adoptaient généralement rj^iïSîcStif»!
congrégations non encore cloîtrées, et que nde avait prise pour base de la vie religieuse sa maison, lui parut celle qu'il fallait adopter nt désormais, puisque le point essentiel coniUe une rupture avec le monde qu'elle avait rdée comme indispensable au maintien des le religions. Elle écrivit donc à Arles, priant irie, seconde du nom, qui venait de succéder
de lui envoyer une copie de sa règle, et d'y opres conseils sur la manière de la mettre en pieuse fille se hâta de répondre, exhortant
leur vocation les nombreuses recluses qui ■mais marcher plus parfaitement devant le Ite règle, fruit des méditations et de l'expôs plus rccommandables évoques de ce temps, très bien compris les élétoents et la pratique lonastique. Tout y était prévu pour garantir lire les usages du monde qu'elles avaient nilité, l'obéissance, 1er enoncement complet à Eipfiidetwierègie.
pauvreté qui mettait tout en commun et ne 3 l'usage des choses indispensables, le travail terrompu par la prière ; le silence habituel ; it deux heures chaque jour du latin qui était •s généralement employée ; la simplicité dans
qui devaient être de laine blanche, et confecla maison : tels étaient les points principaux nîdière. Ajoutez-y un grand nombre déjeunes
i aug. Comtn. prœv., p. 59.
et de mortifications corporelles, outre celles dont on usait plus spécialement en carême : l'abstinence absolue. de la viande pendant toute l'année, excepté pour les malades, auxquelles on accordait l'usage de la volaille ; puis une continuelle pratique de la charité, du dévouement mutuel, de la paix; enfin l'aumône distribuée tous les jours à des pauvres que l'économe était chargé d'en pourvoir. Cette dernière tâche dut être une de celles dont Fortunat eut à s'acquitter.
On remarquera que dans ces négociations sur cette grande affaire de la règle, il n'est question de l'ôvêque Marovée, ni dans la lettre de Radégonde au concile de Tours, ni dans la réponse des Pérès. C'est que Marovée persistait à refuser son concours à tout ce qui regardait le monastère. Cette réserve est d'un édifiant exemple de la modération que de si hauts personnages savaient opposer aux égarements d'un caractère acariâtre, toujours respecté par eux dans sa dignité sacerdotale, mais qui aurait dû se sentir peu honoré par ce silence significatif, si, dans ceux mêmes qui devraient le plus s'en garder, les mauvais instincts n'étaient pas toujours une cause d'aveuglement w. Heureusement qu'en de telles circonstances, les erreurs d'un pouvoir qui oublie de se respecter développent dans certaines âmes des énergies capables de s'imposer le bien et de le soutenir.
C'est ainsi que l'admirable chrétienne, qui avait vu tant de désordres à la cour des rois et dans la vie des grands qui y perdaient leur âme, établissait en face même des crimes de son siècle une généreuse compensation aux vices de l'égoîsme et de la sensualité par le sacrifice de sa vie entière, unie à celle de tant d'autres dont elle se faisait le guide et le modèle. Selon cette même règle, elle tempérait pour les natures faibles et délicates l'austérité commune ; elle était mère autant que supérieure par son cœur et par la légitime influence que tant de raisons lui laissaient sur
la) Giig. Tnroii., lib. IX, c. xt. — D. Harleue, Thesmr. anecdot., 1. 1, p. 16.
3ÉNÉRALE DO POITOU (567) 21
de la maison, où l'abbesse elle-même
le se laisser mener par des mains si
ment expérimentées. Nous verrons
) zèle des saintes femmes alla plus loin.
ons dît, était le seul des quatre fils , sjgBinrt, mmib
itât Testime publique pour sa piété
de ses mœurs. Charibert, son frère,
Se 567, après six ans de règne sur le
îigebert hérita de cette portion du
i comprenait la Touraine et le Poitou.
iser le monastère do Poitiers, où son
;onde le ramena souvent, et il se plut
ntes et royales largesses. L'honnêteté
oix qu'il avait fait de la jeune et chîistc
;ne, quand ses frères souillaient leurs
excès de la plus infâme débauche, et
stituôes de bas étage, devaient être à
lotifs do joie, lors de ce mariage qui
ustrasie un règne heureux et fécond.
ortunat l'occasion de trois poèmes en Foiinnueéièbresi
' ptart MBniMtiiui.
t et de Brunehaut, dont il loue la vertu,
es, la glorieuse réputation, et Tardeur
e à la foi de saint Hilairc une âme que
iloignéo. Ce qui n'empêche pas que le
uveau à ses premières idées romaines,
lythologie comme chez elle dans ces
élégants et gracieux, sous le double
3 Vénus <fl), accompagnés de toutes les
s antiques.
imc gouverneur du Poitou, à titre de
rondcbaud , dont l'histoire a loué les
idèle dévouement à la famille de son
)ns bientôt en donner des preuves.
qui dut moins se louer du nouveau
VI, carm., 1. — Gr^. Tnrou-, lib. IV, c. xxni.
règne, fut ce Leudaste dont nous avons Charibert, peu avant sa mort, avait nommé < malheureusement pour les habitants de cetti ï^lkweiM ^ peine en possession de ce gouvernem '*"■ montré incapable de honte devant les plu;
d'injustice, de colères et de débauches, subordonnés avaient à souffrir. Aussi n'atten la Touraine fut échue à Childebert, qu'on congé : ne doutant pas que ses exactions < soulevassent contre lui Tanîmadversion po[ gnant sur le jeune roi d'Austrasie Tinfluei mécontentements de sainte Radégonde, secret, et se retira à Soissons prés de CI conduite et les sentiments allaient trop bien Ce fut aussi à cette réciprocité de goûts q un accueil qui lui fit espérer un retour de fc les leudes (21) de Sigebert, qui le mépri. joints à la population dont il était détesté, palais et ses trésors. Ses propriétés furcn profit du fisc royal. Mais ces grands déi avoir leur réparation au moins passaj événements qui s'approchaient. Les Huns qu'Us habitaient, s'étaient jetés sur la Th peuples ligués avec eux, envahirent les pi Irionales du royaume d'Austrasie. Sigebert défit. Mais pendant qu'il défendait ainsi ses tenta d'agrandir les siens aux dépens de S( fit repentir en prenant Soissons, et faisan neveu Théodebert. Ce fut Contran, roi de rétablit la paix en usant sur lui et sur l'un doux beaux-frères du crédit qu'avait toujou sagesse et de loyauté. Cette paix toutefois de loiiguc durée, et nous la verrons bient de malheureuses discordes civiles, grâce à de Chilpéric, et â ce mépris de toutes les h professait ouvertement.
ÏÊNÉRALE DU POITOU (567) !
: signaler une de ces ombres qui i 5 l'histoire, et qui y deviennent i i avec les belles clartés qu'elle jet is belles phases de TEglise. L'évêqi is , était mort en 567 , on ne sait qu împlacô sur le siège épiscopal p lore aussi tous les antécédents (22). C ecturer avec reiison qu'il devait et nds leudes dont l'éducation n'avait pi e des autres clercs, sous les yeux 3n prédécesseur. Nous savons que < selon la teneur rigoureuse des règl ;entiment du clergé et du peuple q Sques à la tête des diocèses : c'ét:
rarement encore, la faveur d'un prim services, sans considérer assez si « [aient d'autres vertus indispensable s sur le siège de Poitiers, Marovi l'une vie véritablement épiscopale ; ( 1 de l'éloge que fait de lui Grégoire ( intant la guérison miraculeuse d'i de saint Martin , il cite l'évêque < is recomjnandables disciples de sai lonc en ce disciple des vertus sace urousement, ce beau côté de sa v ne la suite le montrera trop, les tristi i emporté et des caprices autoritaire 'er des sentiments peu convenables le fois dans son long épiscopat, noi le peu loyale au niveau de sa condui
:cher une autre cause à la mauvaii L presque dans toute sa vie entje lui Ce désaccord vint-il d'abord d'ui
îb. Il, XLIV.
îrtaine jalousie conçue par le prélat devant l'influence de luguste fondatrice ? Aura-t-il trouvé dans son crédit près es grands et dans la vénération populaire qui l'entourait, n prétexte à de mauvais sentiments, que ne purent dompter i la douceur toujours humble, ni le respect filial de la linto femme f Nous ne savons, et quelque intéressant qu'il ît été de le savoir à l'égard d'un personnage à qui histoire ne doit que la vérité, il faut nous borner aux jnjectures que nous venons d'exprimer. Ce qui lui est 3U favorable, c'est que les écrivains du temps paraissent dessein, et par une réserve charitable, s'astreindre à un lence qui nous a privés des seuls renseignements que DUS pussions trouver A des sources respectables. Baudoivic, qui ne peut taire le nom de Marovée en parlant de .adégondo et d'Agnès, plaint ces dernières d'avoir été objet d'insinuations injustes qui ont été parfois jusqu'au icnsonge; sans en dire plus, elle s'en rapporte au jugement ue Dieu ne manquera pas d'en porter (.a). Grégoire de ours, que noua avons vu attester dans son collègue a Poitiers une piété qu'il prend à témoin d'un miracle, îmble aussi ne vouloir pas sonder la cause du mal, uand il dit, en parlant de l'opposilion systématique de tarovéc, « qu'il ne savait trop pourquoi il s'était conduit insi, • et n'hésite pas à l'en blâmer. Il traite même cette pposition en des termes dont la réserve étudiée n'est pas sempte d'une certaine sévérité i«. Il n'est pas moins imarquable que Fortunat, qui passa à Poitiers tout le imps que dura, cet épiscopat, et qui n'épargnait ses édicaccs et ses poésies ni à Pascontius, ni à Platon, n'ait as adressé un seul dystique à ce grand seigneur, qui était fait l'antagoniste de Radégonde et de ses filles, isqu'ii déclarer plusieurs fois qu'il ne se voulait aucunclent mêler de leurs affaires. Cette ténacité peu épiscopale ne
(a) Baudonivie, c. xxv.
(6) Hitt. Franc., lib. IX, c. xl.
iter qu'il Q'y ait eu en tout cela quelque an, né de prétentions exagérées, auxuté n'aura pas cru devoir se soumettre, au ittre son avenir. Enfin, on se persuaderait protection du concile de Tours, demandée de pour son monastère, n'ait pas soulevé ;ment dans le cœur de l'irascible prélat I nécessaire cette juste réclamation, donner la première preuve officielle de athie pour une sainte dont U n'aurait ircr l'humble soumission et la pieuse
pirant de l'Eglise elle-même, qui regarde ^^f^^ "uJSl les trésors les reliques des saints, et ««""""""ii. lant d'honneur et de respect, ne pouvait lultiplicr les dépôts sacrés dans son ours plus avide à mesure qu'elle était désira surtout une portion do la Croix i-Christ avait racheté le monde m. Le ivait pas quitté Jérusalem depuis sa ; il n'y manquait alors que la portion envoyée par sainte Hélène à Constantin icore Constantinople. L'empereur Justin II dernière ville depuis quatre ans. C'était convenait de s'adresser. Il ne crut pas smplir le vœu d'une reine de France et mmandait, car Sigebert avait lui-même ;t c'était par ses ambassadeurs, autant Radégonde, que le prince oriental était ôté Marovée, à l'instigation sans doute ■môme qui voulait ménager ses suscepinvitô par le roi à prendre sa part de ndre à la députation quelques prêtres *cnt dans cette mission. Le prélat s'y
était prêté sans trop de mauvaise grâce, mais bien malgré lui, et toujours rancuneux sans qu'il y parût trop, liprdfifcrord; Ce fut vers la fin de 569 que l'ambassade revint en jésos-cairut. France, et s'empressa d'apporter à Poitiers la précieuse
relique. C'était un morceau notable du Bois sacré, qu'on avait taillé en forme de croix et enchâssé dans des lames d'or enrichies de diamants. Pour se conformer aux goûts de la reine, le donateur avait joint à ce cadeau les reliques de plusieurs saints de l'Orient : le tout n'était pas moins rehaussé d'or et de joyaux que la reUque principale (23).
La joie des ferventes religieuses ne fut comparable qu'au respect avec lequel elles voulurent accueillir le présent
Conduite de Mtrotéo . * * ^ t^ ^ jt j *± ± j. ^j^a* a ii'*x
à celle occMion. impérial. Radégonde y mit toute sa dévotion, et sollicita
de son évoque une cérémonie publique en harmonie avec l'importance de l'objet. Une déception l'attendait : Marovée s'y refusa, se mettant ainsi en contradiction avec lui-même, puisqu'il s'était prêté ouvertement au succès que peut-être il n'espérait pas. Il prit même un moyen qui devait en finir avec toute insistance de la reine, désolée de ce refus si peu raisonnable : il monta à cheval et partit pour une des villas que l'évêché possédait à quelque distance de Poitiers (24). Il fit plus : non content de manifester ainsi ses blâmables intentions, il ne partit qu'après avoir fait fermer les portes de la ville et suscité une émeute contre l'entrée que sollicitaient les clercs et autres personnages chargé de la sainte relique. Ce trait prouverait que si Gondebaud était, comme nous l'avons remarqué ci-dessus, gouverneur militaire du Poitou, l'évoque avait au moins le gouvernement civil de la ville, comme on pourra souvent le remarquer. Quoi qu'il en soit, Radégonde, ne ^pouvant plus dès lors donner au saint dépôt l'asile que lui avait préparé sa piété, se décida à le renvoyer à Tours, où il devait être gardé, jusqu'à une décision ultérieure, dans le monastère d'hommes qu'elle avait fondé près l'église de Saint-Martin (25). En môme temps il lui fallut recourir à une. autorité mieux disposée. Elle pria Sigebert dô déléguer un évêque à la place de celui qui
tE GÉNÉRALE DU POITOU (569) 37
itère. Saint Euphrone, évoque de Tours, G reine et qui reèevait la glorieuse Croix de sa basUique, tut naturellement choisi : donc par un de ses officiers à faire la Ssîrée, et à placer la relique dans le lieu jtiné.
évéque de Tours depuis 556. B'abord ^^'^ Eglise et neveu do saint Grégoire de ait été porté régulièrement à cette dignité le peuple, après une année de vacance js de Platon, prêtre de Clermont, celui-ci u accepter une dignité que lui offrait mcours d'une élection régulière. Le zèle irone l'avaient rendu recommandable à i il était aimé. Il n'en fallait pas plus pour I sainte Radégondc, qui entretenait avec imcrce de lettres et d'affection lïliale. ar cela même pour ami, et lui adressa petits poèmes où respirent la tendresse lettres non moins empreintes de sentiment j. Personne donc ne pouvait être plus e Radégonde pour remplacer l'évêque i de Tours, que probablement elle avait ! au souverain. Euphrone quitta donc sa iccompagnant avec un nombreux clergé et s'achemina vers Poitiers (W. De son oitevin s'était mis en procession pour D possible recevoir le bien-aimé gage de cl sur rheureuse cité. On se rencontra à Je celle-ci, au bord d'une petite rivière, ! (27), et dans une vallée occupée par un t, très connu aujourd'hui sous le nom de Dre si ce village était déjà une paroisse
b III, c. [, II et III.
ps-""-
28 HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITOl
en 569 : il dut alors à sa position sur I; Tours à Poitiers, et â sa distance co: dernière ■ville, cette station du vénéra tradition locale indique le château de Sif do cette courte halte. Ce château, situ vallée où se cache Migné, était en efff la voie romaine, et s'offrait naturelle: do quelques instants. De ce château ■ aujourd'hui presque effacée, par laquelle de gagner Poitiers sur la rive gaucho du traversé Nainlrô (M), Baudimcnt (30), et e Pontreau, ces deux derniers hameaux situés non loin du pont actuel de Rochi la ville (31).
Là commencèrent par les deux cl d'allégresse, en l'honneur de la Croix.
n'avait pas voulu présider Marovée, ôt; recueillement, portant des cierges allun qui ne cessèrent d'embaumer l'air sur U entendit pour la ])remière fois la belle hj avait composée pour la circonstance heureusement inspiré par son noble su dans l'enthousiasme du rythme, et l'élév supérieur à celui de ses autres comp chef-d'œuvre de sentiment et d'exacti dont le chant, qui sans doute fut compoa tance, répond très bien au caractère de poésie (32).
Euphrone, entouré de celte pompe à manquait plus, continua sa marche. La f à Poitiers, d'autant plus transportée qu'e des malheureux obstacles apportés â ; Bois sacré fut déposé dans le saint asile tiemment attendu ses pieuses adoratrice cérémonie s'accomplit avec toute la sol 19 novembre 569. — Dès ce jour, le moi
',, que nous lui donnerons désormais toutes iendra dans cette histoire. Les écrivains du ; qu'à cette occasjon beaucoup de miracles saint Grégoire de Tours atteste que, en sa I qui brûlait continuellement devant la sainte lisait point quoiqu'elle se répandit goutte à s de la lampe &i>.
able réception du trésor sacré dans la onastère, et la reconnaissance que sainte conçut, la portèrent à remercier solenneli envoyés, l'empereur et l'impératrice de pour leur généreuse magnificence. Fortunat it l'interprète de l'illustre reine, et toujours i plus son enthousiasme que la vérité, en ,n à Constantin le Grand, et Sophie à sainte exagérer un peu trop les mérites de deux lient pas autant renommés pour leurs vertus ■mplaisance (»). Là il fut moins heureux que rmno Vexilla Régis.
)bstination de Marovée à s'éloigner de la it à maltraiter ses œuvres, devait faire préun avenir périlleux pour sa communauté, vait-on devenir capable, quand on l'était de igonisrae entêté ? Quoiqu'elle n'atteignît qu'à quantième année, elle comprit que la mort ;r d'un moment à l'autre, que cet ennemi ivre et mettre le désordre et la ruine dans
ne devait rien espérer de sa bienveillance.
d'en assurer la vie et la durée était de la ^rement à cette redoutable juridiction en i sœurs, comme inviolable avec la règle I; embrassée, une double tutelle qui la fit ;ter. Bien que cette règle, autorisée dans
de ghr. martyr., lib. I, c. v.
Hitt, Franc., lib. IX, c. xl.
ses points principaux par les évéques du i de Tours, y eût été établie déjà depuis pi elle résolut d'aller en prendre par elle-i ' complète dans te monastère d'Arles, où ell depuis cinquante ans. L'abbesse Agnès 1' Toutes deux y demeurèrent prés d'une ai formant aux moindres détails de cette pe: voyaient si bien goûtée sous leurs yeux (a>. Adopiinidciirt;]! De TetouF à Poitiers, les deux supérieu
«nliin de S. Ctuire ' ^
M ï^ièn de si^ de tout soumettre à l'ordre nouveau, et le zè Radégonde n'eut plus qu'à accomplir, po de cette organisation plus complète que que l'Esprit do Dieu lui avait inspiré. Appu; tion du saint évêque de Tours, qui l'avait a assistance contre les rigueurs de Marovée ; de saint Germain, avec lequel elle correspond par l'entremise de Fortunat ; ayant d'ailleur et son rang dans la famille royale un crédit l près des personnages les plus puissants, el ses filles et son couvent sous l'égide du roi la jeune reine Brunehaut, sœur puinée de nous avons vue épousée par Chilpéric et
g^JJJJ^jJ^^ avait délivré cet indigne époux. Il y avait à que Brunehaut était reine d'Austrasîe. Sor cour de son père, où une mère vertueuse la même tendresse que sa sœur, son ab de l'arianisme, et enfin une aménité que la cours n'avait mise encore à aucune éprei Brunehaut une personne très sympathique ; sainte parente. Ces espérances jointes à maintes fois éprouvée de Sigebert durent ti l'avenir le eœur si justement inquiet de Rat saidireanxevoques Toutofois il lui fallait encore une autr durable que la vie de quelques personnes.
(a) Grcg. TuroD. Bist. Franc., lib. IX, c. xl.
f c'étî
c'était surtout à l'épiscopat qu'elle devait confier sor dépôt, et qu'après sa mort même, ses recomm faites à un corps aussi compétent ne sauraient inutiles ; c'est pourquoi elle adressa à tous les é France, dont chacun en reçut un exemplaire, qu'il est bon d'analyser ici, et que la plupeirt de ont mal nomm'é son Testament (33).
Elle s'adresse avec l'humble titre de pécheres prend en commençant « à ses Pères en Jésus-) saints Evêques très dignes du siège des Apôtres par sa confiance en cette sagesse et cette chari applique au soin de leurs troupeaux, elle rappi chefs spirituels des peuples que, amenée à vocation par la divine Providence, elle fonda par le de son très excellent seigneur Clotaire et par ce enfants, un monastère de vierges en la ville de qu'elle le dota de tout ce qu'elle possédait, aussi les religieuseSj qui ne gardèrent en propre aucunes mais les consacrèrent à l'œuvre commune, sou de saint Césaire d'Arles. E^e ajoute que sa ji Agnès ayant été choisie pour abbesse, du conser toutes ses sœurs, elle-même se soumit à sa dir une entière obéissance, que tout est réglé enfin di le plus désirable ; mais que tout en ce monde et et transitoire, elle doit prévoir les difficultés poss avenir plus ou moins prochain, et assurer l'ex sa grande famille en la mettant sous la sauve Pères que l'Eglise lui a donnés. C'est pourqi prosterne humblement à leurs pieds, les conjur pas permettre qu'après sa mort et pendant la sœur Agnès, on veuille jamais nommer une autn et dans ce but susciter des troubles, entretenir des ou abuser d'un pouvoir quelconque, que personi pu s'attribuer pendant le gouvernement de celle-< conjure donc de ne pas permettre qu'on change règle, sous prétexte de privilèges à établir ou n
que rien de ses propres donations, confirmées avec serment par Clotaire et les rois ses enfants, en faveur de Pabbaye, ne puisse devenir au nom de qui que ce soit l'objet de répétitions injustes ; qu'il en soit ainsi de toutes les fondations que les sœurs, en s'associant pour la vie commune, ont faites pour le salut de leurs âmes ; que si la communauté était menacée de telles violences et sacrilèges, eux les évoques, ses Pères dans la foi, et les gardiens de la sainte discipline, s'opposassent de tout leur pouvoir à ces violations impies de la règle et de la propriété monastique. L'Abbesse, ajoute-t-elle, quand Dieu la retirera de ce monde, devra être remplacée par une autre capable de respecter la règle et de la maintenir sans altération ; et que s'il en était autrement, ceux qui auraient pris part à ce crime endurent le jugement de Dieu, de sa sainte Croix et de la glorieuse vierge Marie , et des bienheureux confesseurs saint Hilaire et saint Martin, auxquels elle confie le soin de les poursuivre et de plaider contre eux. t Saints Evoques, ajoute-t-elle, ne craignez pas, en cas d'attaque contre cette sainte demeure, de repousser et de combattre l'ennemi du Tout-Puissant : allez vers le roi ou vers les magistrats de cette ville de Poitiers, mettez le monastère sous leur garde et leur défense, afin qu'ils le protègent avec vous, et méritent l'éternelle récompense que le Protecteur des pauvres et l'Epoux des vierges leur promettent dans le royaume éternel. » En finissant, elle adjure les pontifes, les rois et le peuple lui-même de cette cité qu'elle aime tant, qu'après son dernier soupire elle-même demeure ensevelie dans la basilique dédiée par elle à sainte Marie, et dans laquelle reposent déjà plusieurs sœurs défuntes, quoique l'édifice ne soit pas encore achevé. Et comme si l'abbesse ou la congrégation pouvait être forcée un jour de faire intervenir le pouvoir sacré qu'elle invoque contre les attaques des méchants, elle veut, afin que ses volontés et ses prières ne soient pas méconnues, que cet écrit, signé d'elle, soit conservé dans les archives de l'église cathédrale (34).
iIRE GÉNÉRALE DU POITOU (570) 33
deux points clignes d'observation pour re pays. D'abord que Téglise annexée au mmes n'était pas encore achevée après vaux, sans doute interrompus par beaucoup ! nous avons vues, et que cependant la ère destiné aux sœurs avait déjà reçu des taient ensevelis. Ensuite cette mention des thédrale suppose que déjà ce dépôt des actes it, ce qui indique un clergé spécial, chargé diquant déjà un prélude des Chapitres que ■ons pas à rencontrer sous leur forme
iouteux que Radégonde, en se prémunissant Lit bien en vue le besoin d'échapper à des jr ainsi dire domestiques, dont elle devait ovée ne se dispenserait pas à l'occasion. cessait pas de respecter en lui le caractère sa dignité. Elle cherclia à lui en donner de nouvelles démarches pour le rapprocher Ce fut en vain. Elle ne put triompher do in et malveillant, et dut se résigner à subir s et sa mauvaise humeur.
; évèques reçut-elle une réponse sous la ; qui parait difficile à croire de ces prélats le assemblée générale que l'histoire ne ' ou bien quelques-uns furent-ils députés assurer que ses intentions seraient suivies? 3. Toujours est-il que la supplique fut jspect, conservée avec soin, et devint plus ide utilité quand il fallut recourir au texte I couvent contre des malheurs trop bien
licitudes devaient troubler la vie intime de as elle sentait, grâce à sa force d'âme et à sa haute vocation, que c'était là pour elle une ui fallait pas décliner. Les saints ne sont
ii HISTOIRE GÉNÉRALE DU POITO
jrofondément dévoués, en effet, comri iroire, à leurs seules affaires personoelli )rochaîn les touchent encore et ils s'en l'une œuvre où la gloire de Dieu dei ifforts. Nul mieux qu'elle ne sentait l'ir âche et son époque était féconde d'aill ;apables de l'encourager et de la souti ;rands saints pour amis, et comme le modèle, c'est aussi en eux qu'elle rouver le sien. Il est temps de les i nfluence sur cette époque.
Nous avons vu les commencements é /^ertou, et nous l'avons perdu de vue pe lérégrinations dont nous ne tarderons pj rouve pas , au reste, qu'il ait eu avec la dations que leur sainteté personnelle 3< aire mutuellement désirer. On peut l'e:
lar les événements qui entraînèrent le ss 'oitou et de la France , et par l'époque îretagne, qui n'eut lieu qu'après la mori >90(35}. Saint Félix lui-même, durant son 'un des signataires du Concile de Tours ainte, ne laisse dans l'histoire célèbre d larle si souvent de lui, aucune mémoir , Poitiers. Plusieurs autres de ses coni ^pendant autour d'elle. Outre saint J ivons déjà parlé, un de ceux qui goûta '. ut un saint abbé du Limousin nommé Â lu Yriex, que la prononciation locale a ;t qu'enfin nous honorons dés longtempi lOus le nom de saint Héraie.
Il était né à Limoges vers 517, de p labiés par leur noblesse et leur vertu. J , Metz, près de Théodebert, roi d'Austra a vivacité de son esprit et la soUdité di levint donc bientôt chancelier du ro;
nt Nicet ou Nizier, évoque de Trêves, qui , cour de Metz, et dont il obtint facilement tuelle. Revenu dans son pays, après ia j, il y resta près de sa mère Pélagie qui femme, et dans la vie commune qu'ils Dmplissement des bonnes œuvres et de la nt les éléments d'une perfection qui devint lion publique. C'est dans ces dispositions ireux domestique à la sanctification duquel pouvoir rester étranger, il fonda pour ses ?e à qui il donna une règle composée de avaient de plus solide, et dont il fut le nonastère était devenu et était encore en le dépendant du Chapitre de Saint-Martin
Ifriex allait en pèlerinage au tombeau de 3 manquait pas de s'arrêter à Poitiers, où i sainte reine aussi bien qu'Agnès, et mutaient de plus en plus les amis de i-ci était devenu par ses lettres au pieux aire entre lui et elle w. Nous voyons se our du poète ami de Sainte-Croix, un inages, les plus illustres de son temps, et !S par leur intelligence et leur piété. Saint •main de Pîu-Ïs, un certain Drucon, diacre re de la même Eglise, saint Grégoire de d'Auvergne, qui avait dédié à Radégonde res, et bien d'autres, formaient autour pieux ami un groupe de beaux esprits et * que liait un commerce de lettres pleines itérêt. Yriex était de cette douce et sainte conserva toute sa vie, et que rendait aints de Poitiers les vertus qu'il imitait icles qui partout signalaient son passage.
p. Miieeilan.j lib. IV, pasùm.
Nous le verrons mourir peu de tei
SalulUoncedeBor-
Saint Léonce II, métropolitain de Bo aussi très attaché à la sainte veuve, que pas en quelles occasions ils se seraient i douteux cependant que beaucoup de gr que Tactivité de leur vie militante porfc fréquents soit à Tours, soit à Paris, Poitiers pour y visiter une reine de Ffî tant de motifs de vénérer. Léonce, d'ai singulièrement estimé d'elle pour ses v( Saintes en 510, d^une famille sénatoriale postes importants dans les armées, et é[ dante de Tempereur romain Avitus, t quatorze mois avait commencé en 415. Cett de Léonce le beau-frère de l'historien S Bientôt dégoûté de la gloire mondaine, i élevé au Siège de Bordeaux, se séparant, de sa femme qui ne fut plus pour lui q un concile tenu à Saintes en 563, il déf ayant' brigué la faveur du roi Chariberl l'ôpiscopat de cette ville au mépris des li dont il prétendait se passer (37). Quelque sentence, la vengeance du prince ne se il maintint l'usurpateur, et condamna le politain à une amende de deux mille sacrifice n'empêcha pas l'évêque de ré] œuvres l'immense fortune qu'il avait rc' Sa piété et son zèle pastoral se s:
dans la construction et la dotation de dont la plus fameuse s'éleva à Bordeai la sainte Vierge. Fortunat l'a beaucoup de ses poèmes, et, à cette occasion, non fort intéressants sur l'architecture religii où le symbolisme lui était prodigué par où des vitraux de couleur commençt
nille lampes jetaient dans l'enceinte sacrée surpassait celle du jour (a). Le poète poitevin, é vers Léonce par Radégonde, qui aimait son
fut ainsi lié avec Tillustre évéque, et l'a itis ses vers. Léonce gratifia aussi la ville de église de Saint-Eutrope et d'une autre en, où le tombeau de ce saint martyr fut lames d'or et d'argent. II mourut en 567, iquante-six ans. Son diocèse l'honore comme 'embre.
ne se borna point à ce rôle d'une âme pieuse goûtant les âmes d'élite et jouissant de leur > imité. Toujours attachée pour le service de :es de sa famille, elle se donnait sans relâche,
correspondance et des démarches ardentes, rs colères, à ramener la paix ou à la conso- IX. Aux premiers bruits de ces guerres qui nt toujours entre les trois ou quatre monarigiennes, elle redoublait de prières et de inissant son troupeau de vierges à ses pieuses us d'une fois elle obtint pour les peuples la ces affreux malheurs, inséparables des excès ;aient la patrie. C'est ainsi qu'elle usait d'une
sa bonté, sa douceur et son inépuisable intaient toujours, et qui faisait de Poitiers, tre de sa vie , le rendez-vous de tous [ceux le besoin de ses conseils. Ainsi elle fut un au milieu des graves événements qui vont ns qu'elle ait jamais manqué d'une énergie icessaire, nous la verrons toujours dévouée bien que lui inspirait une vocation surnatunpérer les maux terribles qui allaient attrister re des héritiers de Clovis.
donnait à ces premiers saints de la France
cetl., lib. I, carm. 12, 13, i5.— V. encore earm. 6, 8, 9 et It.
une singulière aptitude aux -choses puh temps que des vertus qui tempéraient le de la barbarie triomphante. Ainsi, de sièc les verrons surélever et consolider cet é de la société catholique dont la Franc longtemps le type glorieux.
Note 1 H opéra, p. 439. — Viia aaneti Hiiarii a seroo « , postea epiteopo. — Dans cette préface, l'auteur tra de Pape. Ce tilre était alors synonyme d'Ecéque, i trompé quelques auteurs qui l'ignoraleot. C'est eai II qui se réserva le premier ce titre de Pape à Texclusi âvèques, au concile de Rome, en 1073.
Note 2 biga, eioitaa Albienaium, sur le Tarn, ancienne ville de .quitaine, cfaef-Iieu actuel de la préfecture du Tarn; e i 12,000 âmes. Son évàché, devenu métropolitain en 16'î siècle, ce qui corrobore singulièrement l'opinion la pi qui fait évaDgéliser cette partie de la Gaule dès neat du christianisme, avec le Limousin, le Périgord
Note 3 tSR, en breton, ruisseau, riciére, et Taw, paix, tiletu sabieck, Vie de saint Félix, p. 201.) Les anciens manu !nt également Verianam, Vertanua ou Vertatmm, , Test plus généralement ce dernier mot qai l'emporte.
Note 4 Utieum, capitale d'un petit pays de la hante Normand! itoQ de Beraay (Elire).
Note 5 On appelait ainsi cette partie des Gaules dont une portii e long de la Seine, à l'Ouest de Paris. Ce fut, depuis \ Normandie, qui s'étendit jusqu'à la Loire et comp partie des Armoriques ou petite Bretagne. (V. ci-desst )
0 notes du livr
Note 6
Duplabilis ou Duplaoenis, petite ^ ujourd'bui sans importance, sur la Pîa a source dans 1» vqisinage, et se jette d 'eoise, à travers les terres de Bellune e ^ nom de ce cours d'eau qu'on app iiadena. (Cf. Vila Venaniii Fortunati d1. 22.)
Note 7
Avranches, Ahrincœ, Abrinealœ, A rennaise, à une demi-lieue de l'Océa:
vôcbé ne remonte pas au-delà du con EÛnt Paterne en fut le cinquième tituJ 3U8-préfecture du département de la Me on siège épiscopal fut supprimé en 179
Note 8
SuppUco, cedo tamen ai quid n Nam solet iale meas error
Obtineai supplex modo pagina Hanc quoque quum relegis
Nous suivons les dates données par M >s Bollandistes , contre celles adoptée:
ilcul erroné qu'a très bien indiqué Luc fote sur la Vie de saint Paterne, par *airoL lat., t. LXXXVIII, col. 497.)
Note 10
L'oratoire de Scicy, on Sicy, Sïseiacui oie à celle du Mont Saint-Michel, fondé 9 Normandie. Saint ScubiJion, honoré c ït appelé en certains lieux Eacouoilloi :482.)
Note 11
Saint-Palerne-sur-Mer, canton de Gra mts. — Normandie.
Note 12
Il ne faudrait pas juger la poésie de Fortunat par ce qu'il y a do prose et de mythologie païenne dans cette pièce et dans les deux ou trois autres qui raccompagnent. C'était là un des préludes du poète, qui cède un peu aux exigences du grand monde où il se trouve, et reflète encore les auteurs latins, qu'il aime comme les inspirateurs de son talent. Quant au caractère des princes qu'il chante, celui de Sigebert religieux et chaste, n'a encore souffert aucune des atteintes qui devaient l'affaiblir bientôt, et Ërunehaut, qui n'eût pas été demandée par un roi Franc sans qu'elle promit d'abandonner l'arianisme, montrait alors toutes ses tendances vers le catholicisme , qu'elle ne tarda pas d'embrasser ; elle n'avait encore d'ailleurs rien de reprochable dans sa conduite.
Note 13
Paris avait toujours dépendu de la Neustrie. Mais cette ville , sur laquelle chacun des trois frères gardait ses prétentions à cause de son importance, resta indivise entre eux, et Chilpéric se trouva en partager la souveraineté avec ses trois frères, tout en possédant la France, dont elle était le chef-lieu. Depuis Clovis et après sa conquête de l'Aquitaine, le roi de France avait toujours été celui qui possédait Paris.
En cas de prédécès, le roi de France donnait à sa veuve le Limousin, le Bordelais, l'Agenais ; puis, du côté des Pyrénées, le Béarn et le Bigorre. C'était, sans que Chilpéric s'en doutât peut-être, un moyen aussi maladroit qu'efficace de faire revenir aux Wisigoths ces belles parties de la France, et de les dédommager des revers imposés par Clovis.
Note 15
Cf. Fort., Opp, Miseellan.j lib. IX, c. ii et suiv. — Les historiens, et en particulier Augustin Thierry, qui a souvent si mal compris sainte Radégonde et saint Fortunat , s'accordent à considérer dans ces poésies de circonstance une de ces amplifications permises surtout aux poètes comme aux peintres, et ne trouvent rien qui puisse affaiblir la dignité de l'auteur. Nous verrons d'ailleurs quels changements s'opèrent, vers les dernières années de sa vie, dans la direction de ses idées, et le joug sévère qu'il sut imposer à la muse de sa jeunesse. (V. M. de Fleury, p. 133.) — Observons surtout que ces bienveillances poétiques étaient à la fois un acte de reconnaissance et une précaution pour l'avenir. On voit dans Grégoire de Tours {Hist. Franc. j lib. IX, c. xlii), que les quatre rois qui sq
partagèrent alors la France, Charibert, Gt Sigebert, tous parents de sainte Radégondt favorables au monastère de la sainte \euv6 de I avait obtenu d'eux la confirmation de son entrf d'approbation qui déjà étaient devenues d'une contre les attaques injustes des cupides et dei et Radégonde elle~m6nie, pouvaient donc, sai sible, se maintenir dans les bonnes grâces ( France, en répudiant néanmoins, comme on h mérité qui les eût rendus complices de crim autant que personne.
Note 16
Le P. Brower, qui a écrit une vie de sain
croire, d'après certains détails historiques, q
même auquel il faille attribuer les bettes qualit<
contemporains, et dont nous verrons bientôt les
Note 17 Saint Césaire était mort en 542. C'est l'usagi cette régie d'Arles qui a fait croire à quelque autres à Dufour {Hist. gén. du Poitou, p. 151 règle n'avait pas été prise si tard par le monas et qu'il fallait s'inscnro en faux contre le voyi Radégonde et de sainte Agnès , en 570. La sui voyage avait un motif très sérieux, et, d'ailli nous citons ci-après ne laissent aucun doute à
Note 18
Ce concile a été mal daté par les compilatev uns en 565, et les autres en 566. M«' Guérin (/ l'indique bien en 567, et nous voyons ici que ce suivre, puisqu'elle s'accorde avec tous les évâ elle leur synchronisme.
Note 19
On l'a confondue avec une autre écrite beau sainte, et qui est connue sous le titre peu exacl confusion est surtout du Père Sirmond, que d'ai n'ont pas manqué de suivre. Elle est d'autant ta première de ces lettres n'est adressée qu'aui concile de Tours ; la dernière l'est à tout le coi la garde desquels est placé le monastère de
pas encore ce nom en 567 ; enfin il y est parlé des rois qui succèdent ék Sigebert en 575, et à Chilpéric en 584. — C'est donc entre cette dernière année et 587 , où mourut Radégonde , qu'il faut attribuer le Testament j qu'on a sans doute ainsi désigné parce qu'il précéda de très peu la mort de la sainte et y exprime ses derniers désirs.
Note 20
\J excommunication sépare de la communion des fidèles. — Uanathème aggrave l'excommunication par des imprécations de peines temporelles dont l'expression est tirée surtout du psaume 108, et dont on appelle les sévérités sur les âmes impénitentes.
Note 21
Les leudes, ou compagnons^ comités^ étaient des anciens comtes de la Germanie qui suivirent les chefs des Francs dans les Gaules au commencement du V" siècle, et obtinrent après les conquêtes des terres nommées bénéfices. Parmi les leudes il y en avait de placés particulièrement sous le patronage du prince régnant ; on les appelait fidèles ou antrustions : à des époques de troubles il importait surtout de se trouver ainsi placé dans un ordre de personnes dont le roi pouvait être le protecteur. C'est pourquoi on vit les leudes devenir plus nombreux aux vi* et vu® siècles. On peut voir ce qu'ont dit sur les leudes Guizot, dans ses Essais sur l'histoire de France, et M. Chéruel, Dictionnaire des Institutions de la France,
Note 22
Marovée, Marooeus, Merocchus et Merovechus font trois noms de différentes prononciations, mais de même sens, venant tous trois des mots germaniques mœre, célèbre, illustre, et wig, courageux, vaillant. Grégoire de Tours donne le premier au chef de la race mérovingienne dont le nom était moins latinisé, le second au fils de Chilpéric qui épousa Brunehaut, puis à un fils de Clotaire II, à un fils deThéodoric II, et enfin à un fils de Théodebert II. Le dernier nom Maroveus est donné par lui à notre évéque de Poitiers ; et dans la suite de notre récit nous adoptons volontiers cette différence, aussi bien que certaines variantes de ce même mot, comme pouvant nous faire éviter des équivoques. Les auteurs qui n'ont pas fait ainsi ont exposé leurs lecteurs à une confusion toujours pénible dans l'écude des hommes et des choses.
Note 23
On possédait encore à l'abbaye, en 1789, quelques restes de ce riche envoi qui furent perdus, avec tant d'autres joyaux qui s'y conservaient, lors du pillage qu'en 1790 en firent les révolutionnaires.
Peut-être Savigny-l'EvécauIt , villag {Deux-Sèvres), à 9 ou 10 lieues de Poiti — Savigny était moins éloigné. — C' Lusignan.
Note 25
Il y a eu, à ce sujet, ua malentendu ( sont étonnés qu'on mentionnât à cette ( à Tours par sainte Radëgonde , lequel élait complètement inconnu. Nous avo ad ann. 515) que la sainte reine, s'arrét temps, ne l'avait pas quitté sans donner la maison qu'elle avait habitée non loii route de Tours à Vouvray. C'est sans après du nom de )a sainte, et qui, érig< encore ce nom. Chalrael a fait une g fondation de ce premier monastère pi 579, où il aurait reçu le vocable de S( querait mieux que cette autre fondation de la réception à Tours de la vénérai qu'elle y aurait fait.
Note 26
Lojigres, Andomatunum , Lingonea Champagne, dans la première Lyoi 10,000 habitants, est une des sous-pré Son évéché date du tu* siècle.
Note 27 L'Auzance, Alaaneia, prend sa sourc Martin-du-Fouillou, village de la comm Thénezay (Deux- Sèvres). De ta, par Quinçay, il ga^ne le village des Petitesqu'il cdtoie aussi bien que Migné, et va peu à l'Est des Grandes-Anses, à cet eni Pont. — Ces Anses dont il est ici ques mot Aatances, et cette manière de do fausse prononciation qui le dénature a d d'autres localités du Poitou. Le château dans sa partie principale, fut bâti ei chambellan de Louis XI, maire de la R< de Poitiers.
notes du livre vu 45
Note 28
, dans les plus anciennea charles, de Mignoto, au lui bourg de 2 À 3,000 âmes au Nord de Poitiers i cette ville. Celte localité appartient k l'époque bablement son nom à une simple villa qu'aura Fîomaia du nom de Magnua. En 989, elle n'est
(Besly, Hist. des comtes du Poitou, p. 274.) Y mentionne une église de Saint-Pierre qui est
de l'abbé de Montierncuf, qu'on voit jusqu'en ^neur de la paroisse.
Note 29
unij ancien prieuré de Saint-Germain -des- Prés ;e, plusieurs fois remaniée après sa construction cle, est consacrée à saint Vincent et à saint oisse s'étendait jusque vers la demeure féodale /hâtellerault, et c'est sur son territoire, par s de cette viUe de 1157 à 1175, que furent ■g de Châteauneuf avec le château et la chapelle igéliste. De même Thoiré, Colombiers et Cenon quelques autres parties du territoire de Naintré. iède 1,800 habitants ; le bourg est très rapproché ue sur une colline de la rive gauche. Son vieux le les restes d'une tour, sous laquelle avait été
Note 30
aidimento, en 1076, ch&teau et village de la înt ; le château du xvi" siècle, non loin de la tour :, est au-dessus de la vallée qui domine la rive appartient à M. le marquis de la Rochetulon, nt restaurer avec beaucoup dégoût. Baudiment, V encore son église de Saint-Marc. La cure était prieur de Saint-Denis en Vaux , ce qui pourrait VII* siècle.
t récent a rendu Migné célèbre dans nos annales ofiFert un intéressant rapprochement entre notre nous racontons l'histoire. Le 17 décembre 1826,
mission allait se termiDer dans la paraisse Saint-Pierre et qu'un prédicateur rappelait, du haut du calvaire où re plantée une nouvelle croix, l'apparition miraculeuse ;antin fut Tavorisë en 312, une croix lumipeuse apparut ie l'église paraiseiale, eu présence de plusieurs milliers , et ne s'effaça lentement qu'après plus d'une heure, l'ouïe émue et recueillie eut pu constater le prodige. La t couronnée par la conversion de la paroisse entière, lillé, alors évoque de Poitiers, constata le miracle par les irdinaires. Le pape Léon XII le reconnut lui-même, et riches présents à ceux qui vinrent de toute la France Dger monumenter le prodige. Depuis lors, les ëvéques de }nt officier chaque année dans l'église de Migné, le imanchedel'Avent; et, en 1876, un jubilé de cinquantaine ibré au jour anniversaire de l'Apparition.
Note 32 irtunati opp., Miseellan., lib. II, c. vu. — Dom Martène, ivant livre de Antiquis Eceleaiœ rilibus, lib. I, c. i, art. 18, Sdité cette hymne Vexitla Régis, qu'il dit avoir tirée d'un de l'Eglise de Poitiers du vni' siècle.
Note 33
Teatamentum, est souvent employé dans ces premiers u moyen âge pour exprimer une pièce authentique par 1 affirmait ou confirmait publiquement une fondation sment quelconque. (Ducange.) Mais ici, et ailleurs, on a tte pièce, portant ce nom dans les chartes ou les btstor un testament de mort. Pour cela, oc l'a attribué à >, très rapprochée de la mort de la sainte, et pourtant elle ime nous l'établissons ici, qu'une lettre écrite en 570 ou e complément de ce qui venait de se passer avec Sigebert LUt. Nous ne pouvons donc être, sur ce point, de l'avis l l'un après l'autre MM. de Fleury, p. 228 et suiv., et de p, 283. Les craintes, en effet, auxquelles sainte Radégoode Q, et que lui donnait l'esprit indépendant de certaines
de la famille royale, ne dataient pas seulement de ces .nnées. Elle avait dû en avoir plus d'une preuve, aussi s certaines oppositions à l'abbesse Agnès : c'est de là que mme concluait à une protection indispensable des rois et s pour éviter à ses filles les troubles qui ne manquèrent
Note 34 « In Universalis Ecclesiœ archivo servetur» (Greg. Turon., lib. I, c. XLii), d'où est tiré tout ce qui précède. — V. aussi Mabillon, Ann. Bened., lib. VII, c. xlii. — Lecointe, Ann, Franc, j ad ann. 587, n** 5. — Ces archives de TEglise universelle, c'est-à-dire de l'Eglise- Mëre du diocèse, sont évidemment celles de la cathédrale. On voit ici un moyen tout canonique de sauvegarder contre tout accident de mauvais vouloir ou de négligence des actes officiels dont il comporte de perpétuer l'existence et l'authenticité. Le dépôt de ces pièces aux archives capitulaires d'un diocèse est une double garantie à laquelle on n'a pas vainement recours contre des prétentions injustes. De telles preuves deviennent toujours une autorité compétente. Avec elles il n'y a pas de chicanes qu'on ne puisse annuler, personne ne pouvant récuser de pareils témoignages.
Note 35 On a prétendu rattacher l'épiscopat de saint Félix et l'existence de saint Martin au iv* siècle. Il faudrait par cela même renverser toute la chronologie qui , jusqu'à présent, a réglé une foule d'événements qui se lient nécessairement au vi®. Nous nous en sommes rapporté sur ce point aux traditions des églises de Nantes et de Poitiers, aux préférences raisonnées des Bollandistes (24 oct. p. 795), à Longueval (ad ann. 567), et enfin aux auteurs bretons, comme M. de Kersabieck, qui, dans sa Vie de saint Félix, montre autant de sagacité que de scrupules d'un véritable historien. Ajoutons que Grégoire de Tours n'a pas parlé de saint Martin de Vertou, ce à quoi il n'eût pas manqué si le solitaire eût été célèbre avant lui. Il est vrai, mais on nous l'objecterait vainement que, vers la fin de son histoire, le saint évéque s'occupe beaucoup plus de la Touraine que de ce qui se passe ailleurs. Nous croyons cependant que l'envie de faire de saint Martin de Vertou un disciple de saint Martin de Tours et un élève de Ligugé, a pu seule faire adopter cette conjecture qui ne lutte pas avec succès contre les données sérieuses de l'histoire. Observons encore que s'il fallait croire au iv« siècle, pour Martin de Vertou parce que Grégoire n'en avait rien dit au vi', il faudrait par la même raison élaguer bien d'autres personnages de cette dernière date, et en particulier saint Junien, dont l'omission est bien plus singulière si l'on considère le rôle important qu'il a eu dans
la vie de sainte Radégonde.
Note 36
Il ne faut pas le confondre avec Léonce l'Ancien, qui fut le premier de ce nom sur le siège de Bordeaux, où notre saint lui succéda vers 560.
NOTES DU LIVRE Vil
Note 37
Charibert ne fut roi de France que de 562 courte autorité qu'à se faire des débauches basses inclinations, et par conséquent à ne n ses caprices que celle de son autorité tyrai ces abus trop eommuna alors, mais toujoi conciles, que le prince avait fait monter E Saiotes. La décision d'un concile présidé p: au lieu de le convertir. Il maintint l'intrus au condamna Léonco à une amende de 1,000 e évaluer à dix mille francs si l'on compan monnaie actuelle, car le sou d'or de la 10 francs d'à présent. (Le Blanc. Traité ki de France^ p. 49.) Chacun des autres évôqi aussi une amende proportionnée à. ses revenu Briant, Hiat. de l'Eglise aantone, I, 96.) C'est philosophes de ces derniers temps, comme preuve A& fermeté, uniquement parce que c' la plus essentielle des libertés de l'Eglise, e dépens d'un évéque les caisses du trésor roj pu prendre mieux ses conclusions.
^XS^