‹ Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du Poitou (volume 4)Chapitre 2 sur 20 · LIVRE vm · texte numérisé non relu

LIVRE vm

res guerres entre les enfants de jusqu'à la mort de Leudaste

=tE est une des grandes lumières dont sse de Dieu se plaSt à éclairer l'humaest peut-être celle dont celle-ci profite le Tous les regards ne plongent pas avec île pénétration dans les mystères de sa eux qui s'y appliquent y découvrent de ) entre les événements et leurs causes induites d'En-Haut pour l'accomplissele ce monde. Il ne faut pas méconnaître ! dans l'époque si émouvante de nos 3Ù nous apparaît la première dynastie ses princes s'implanter dans la Gaule, par les violences de la conquête ; se salique, sans se douter encore de ce 5 nationale; se partager, en l'étendant ite territoire qui se déroule des bouches an Britannique aux chaînes des Alpes e disputer, en des combats sanglants, les de leurs Etats réciproques, et, ne

comprenant encore qu'à moitié les christianisme, en méconnaître la foi, d'eux-mêmes, chaque fois qu'elle gè ambition et de leur orgueil : voilà, contradictions ; ce sont d'étranges con siasme chrétien de ce premier roi des tête soumise à la parole de saint Rem que s'il eût été maître en Palestine, pas été crucifié! Cependant, un fait pi viendra nous frapper dans le cours d'un race demeurée à moitié sauvage, cett( de grands criminels et par d'admirable:

la carrière que Dieu lui avait tracée, la France avec les instruments ch parfaire sa civilisation. Cette race fut i santé à poursuivre sa grande tâche, et à une famille nouvelle plus capable de surnature] et sa mission évangélisatric dans l'histoire sans y reconnaître à d'un maître suprême, qui mène les s selon ses pensées, qui récompense le en bénissant leurs dynasties, mais qi inévitable, quand elles ont manqué se rement à leur magnifique vocation.

Ici, aux yeux de certains sages, nou tomber un peu trop dans ce qu'ils ont de Boasuet; nous consentons à pass des mantaques de ce genre, et nous les choses de la terre par la sagesse ( pas expliquer du tout.

Quand Radégonde a solidement éta de son existence dans l'enceinte' s monastère ; quand elle n'a plus rien titudes de la vie extérieure, toujours pi au contact violent des conflits du mo moment soit venu pour les princes d

5tes excès, dans la déplorable période

idre ce qui va suivre, remontons de le passé, et rappelons ce qu'était, en . conduite de chacun des petits-fils des rance chrétienne.

jvenu l'unique roi des Francs, nous Is se partageant son héritage. Chilpéric '■ de Soissons; Contran, celui d'Orléans; atnô, régnait à Paria, ce qui mettait la Touraine et le Poitou. Sigebert, le e frères, hérita de lui, et devint par de ces deux provinces. L'histoire n'a re de ce prince, dont la sagesse et ent avec la vie altiére et scandaleuse De ceux-ci, pourtant, nous devrons , après des égarements qui ne furent e salutaire à ses peuples, de grandes ualités, revint, sur les derniers temps nents qui lui inspirèrent une meilleure itre honoré par l'Eglise, que d'éclatants après sa mort.

le meurtre de la malheureuse reine t, sa sœur, qui avait beaucoup contriivec Chilpéric, consulta trop sa juste meurtrier et sa criminelle concubine nt ses désirs de vengeance dans le igebert et de son beau-frère Contran, à s'armer contre Chilpéric et à lui Sigebert était entré avec une armée pable, dont la position devenait difficile, [ue', et tout en l'attaquant d'un autre le Franco, par des envoyés, de faire la & bientôt conclue , en prenant pour utume germanique, une assemblée de et composée des leudes ou possesseurs

des terres de chaque contendant. L fut reconnue, et il fut condamné considérée' en ce cas comme héi cités que celle-ci avait reçues com de l'Aquitaine. De son côté, Sige usitée, s'était engagé à ne renom pour le meurtre de sa belle-sœur son serment, si la mauvaise foi d forcé de rompre l'alliance promise Li Tomiu «t i« En effet Chilpéric eût manqué à ""cfo™"' "" "" astucieuse si, en s'avouant conda dont la perte devait punir son promis de les reprendre à l'occasl Frédégonde, qui semble le mauvai il profite en 572 d'une nouvelle Im la Thuringe et d'une autre que les après dans la Bourgogne, pour restées sans défense, du royaum temps, pendant que Sigebert, m contre ces terribles agresseurs, étf leurs mains, il envoya Clovis, lï porter la dévastation dans la Toi n'y fut épargné par des troupes coutumes de l'époque, ne respectai dans un pays dont l'envahisseme rable d'une ruine complète. Tour d!eux provinces durent subir le j la conquête fut d'autant plus fac:

de guerre n'avait été faite, et murailles qui protégeaient leurs francs ne songeaient jamais à c cioTti »'èi»biii 1 dangereuses quand elles n'y éta ^ Poitiers que Clovis s'établit pour i

Cahors et Bordeaux, dont il deva d'après les ordres de son père.

Cependant Sigebert, qui croyail

de Gontran pendant qu'il repoussait les Lombards de son

pays, se hâta vers le Midi de PAquitaine et s'empara, par

ses généraux, d'Arles et d'Avignon (3) que Gontran ne

tarda pas à lui reprendre. Une paix inattendue , résultat de

prudents conseils donnés aux deux frères, les rapprocha

donc encore, mais ce fut pour se liguer contre Chilpéric

leur ennemi commun. Cette alliance devenait d'autant plus

redoutable à celui-ci que, d'après une des conditions de la

paix, Gontran cédait à Sigebert, avec une partie de ses

troupes, le patrice (4) Eunius Mummolus, d'origine bourgui- le^SeMÏmK

gnonne, préfet de Paris, c'est-à-dire maire du palais. C'était

son meilleur général, très capable par sa bravoure et sa

réputation de faire respecter par le roi parjure le jugement

des leudes et ses propres engagements. Le patrice se

dirigea à marches forcées sur Tours dont il reprit possession

au nom de Sigebert, et exigea pour son maître le serment

de fidélité par les habitants de la ville et du pays (a).

Clovis de son côté ne restait pas oisif spectateur de ces péripéties accomplies si près de lui. S'attendant bien que la prise de Tours par les troupes de Sigebert, serait suivie d'une prompte attaque sur Poitiers, il s'y préparait à une énergique résistance, ayant fait rentrer avec lui dans la ville, bien défendue par de solides remparts et ses deux rivières du Clain et de la Boivre, une garnison suffisante géJSST**^**" avec laquelle il comptait résister vigoureusement. Toutefois, par une mesure de prudence qui aurait dû lui mieux réussir, il eut soin de couvrir la place en attirant à trois ou quatre lieues au-dessous d'elle, vers le Midi, les troupes que Mummolus devait destiner à l'assiéger. Deux riches citoyens de Poitiers s'y distinguaient alors , par leur attachement au parti de Chilpéric : c'était Basile , probablement celui que nous en avons vu gouverneur en 567, et Sichard, 'lomme dont cette seule circonstance semble avoir révélé le nom à l'histoire. Tous deux également zélés pour le

(a) Greg. Toron., lib. IV, c. xlvi.

triomphe de Clovis, ils s'en fu campagnes voisines un assez cons et de colons, et en vinrent grossir LeuiDpdeSiciurd. tative. Une position avantageuse fui improvisés par des chefs qui serab la guerre que leurs gens ne pouvai Le lieu qu'ils occupaient était celui queur d'Alaric, lorsque non loin de 507 sa domination définitive sur 1'.

la Clouère et le Clain , dont on po' moyen de défense, et des collines d'observation furent sans doute direction de Sichard {5) dont le in par une tradition qui vit encore dai voS^^pS* Les recrues qu'avaient levées I rmp.tiiBnn»ii». nombreuses, mais peu accoutum contraire les troupes commandées fait leurs preuves. Le général boui de peine à avoir raison de son advi derrière lui, où déjà Clovis se fi campagne, il tomba comme la 1 neustrienne dont la mauvaise di longtemps. En vain Sichard et Bî BiiiietoéduurM- une bravoure digne de plus de s ^iq^Mnbutnnitii)^ mêmes dans cette première attaqui ralliant une partie de ses forces i de Bordeaux qui ne l'attendait pas Poitiers et y rétablissait l'autorité cessèrent les vives inquiétudes i guerre y avaient fait naître. Ordii plus tristes conditions des grandes par l'ennemi. Poitiers ne l'éprouva de guerre qui alors surtout ne p qu'en se partageant les fruits du

(a) Greg. Tiiron., Hist. Franc., lib. IV, c. î

ÎÉNÉRALE DU POITOU (572) 55

calamités à la cité de Sigebert, qui ilgrô elle soustraite quelque temps à

avait d'ailleurs en cette occasion le tombeau de saint Hilaire, et de la de dans son couvent. On se contenta citants, comme à Tours, un serment ireusement ne pouvait tenir longtemps atastrophes.

venons de voir périr sur le champ de (le que nous avons vu, en 567, nommé ar Chilpéric, et qui méritait l'estime et sa bienveillance envers les citoyens? quoique le rôle qu'il s'attribua dans le pas être celui qu'il devait y prendre. Poitiers après la perte de sa charge, d, désigné sous ce titre par Grégoire .vus). Basile put donc, en restant au patriotes, où ses belles qualités lui ime et l'affection de tous, être témoin (6) lassa pendant l'interrègne. On ne sait it placer ses ambassades en Espeigne, lent quand Chilpéric y avait envoyé la main de l'infortunée Galsuinde (7).

, qu'à expliquer mieux comment il se rétentions de ce prince sur la jwrtion n l'avait si justement privé. L'ancien ans doute, en dépit du droit et de la is incertitudes où tombent trop souvent ; assujettis malgré eux aux fluctuations minente position qu'il avait tenue de it pas été maintenue sans doute par les affections , qu'un nouveau gouvcrdormir, se seront réveillées lorsque our son père le Poitou et sa capitale, entant, il aura cru pouvoir s'efforcer !s mains le pays où il se flattait peut-

ouvoir commander encore. De son côté, Sïchard •e un de ces amis influents que les grands conresque toujours, quoique en petit nombre, après e, et que ses tendances militaires auront porté à une entreprise plus ou moins légitime. Voilà ce (ue dans un tel personnage ce mélange des vertus Le lui reconnaissent les historiens, et desmalheu- Sfections qui le conduisirent à sa perte. Ce qui t que sa faute, — car c'en était une, — n'effaça à fait ses mérites aux yeux de ses concitoyens, jction que Fortunat ne cessa pas de lui témoigner mort. Le poète , qui ne pouvait guère rester muet ste événement, lui consacra un éloge funèbre dont ins parlé. Nous y apprenons que Basile n'avait lante-cinq ans lorsqu'il fut tué (a).

>ut n'était pas fini après ce triomphe de la bonne ovis, que nous avons vu se diriger sur Bordeauxnparer à Timproviste, s'y était conduit pendant un !C une arrogance et une dissolution telles, que général commis par Sigebert à la garde de ses i pyrénéennes, céda enfin à l'indignation que lui ; chaque jour les rapports qu'il en reeev^t. Il réunit lations presque sauvages encore de ce pays, et, sans être attendu sur Clovis et le petit nombre de , il le força à une fuite précipitée, les fit poursuivre ir si bien, que pendant tout un jour la chasse } qu'on en fit ne fut comparable , dit un historien , ) des bêtes fauves, les paysans et les chasseurs ntière leur courant sus aux sons des cors et des basques. Ce fut à grand'peine que le prince fugitif ler Angers dans un triste équipage, et de là se Soissons, où Chilpéric avait attendu de meilleures . de son entreprise {»).

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