SUR LA VIGNETTE PLACÉE PAR LUI AU TITRE DE CE LIVRE
Honorable Gouraud, ta main loyale et sage
A bien choisi pour moi l'intelligente image
Que tu vas, simple essai d'un gracieux tableau,
Attacher au fronton de mon livre nouveau.
Il semble qu'en ces traits d'un crayon sympathique,
Ma vie humble et sans bruit se déroule et s'explique.
J'y vois les attributs de ce monde idéal
Où mon seizième lustre aboutit sans encombre,
Où j'ai toujours goûté, sous un soleil sans ombre.
Le silence, la paix, le sourire amical
De ces bons cœurs en petit nombre
Dont je me suis fait le féal !
J'y vois ce Luth original Qui redisait les chants de mon cher Ermitage ; Ces Bouquins vénérés dont le naïf langage De l'historiographe a fait l'apprentissage ; Ces Cahiers où ma plume erre jusqu'à minuit, Et ma Lampe qui brille, et mon Sable qui fuit Pour marquer mes travaux du jour et de la nuit, O symboles encor si doux à mon vieil âge,
Dernier charme d'un pauvre auteur.
Que vous figurez bien aux yeux de mon lecteur!...
Ouvrez-lui les accès de ces pages riantes Où l'œil de mon artiste a si bien agencé Et la typographie et ses beautés récentes,
Et ses Vignettes du passé !
Pour le livre, peut-être assez mal esquissé, D'un public difficile implorez l'indulgence.
Et que notre peu de science Par l'art du moins s'y trouve compensé !
Poitiers, i8 juin li