CHAPITRE I
DU II*" Ji:SOll A LA FIN DU X^ SiÉUl.li.
Quoique les arls n'aient pas été portés à un bien liaut degré de perfection dans les Gaules pendant les premiers siècles de l'ère vulgaire, les habitants de ces contrées ne manquaient cependant ni de modèles ni de moyens pour continuer l'architecture romano-chrétientie et en augmenter le développement par une digne émulation. Dans le sud et dans l'ouest de la France on voit encore des restes de monuments romains très-remarquables. Il y a douze cents ans le nombre devait en être plus grand et leur conservation en bien meilleur état qu'aujourd'hui.
Grégoire décrit un château romain fondi' par Aui'i'licn; il dit (|u'il était fort bien conservé de son temps. La construction solide et régulière de cette citadelle servait encore de son vivant'. Sous les Bourguignons et les Goths^, et même sous les rois mérovingiens, on fonda des églises selon la forme des basiliques romaines et ornées de marbre et de pierres précieuses ainsi que de mosaïques, le tout à l'instar de l'art en usage en Italie. Mais lorsque la domination franque s'étendit sur toutes les provinces de la Gaule, que la dynastie mérovingienne fut en pleine décadence, et que les mœurs furent devenues presque barbares, alors ce reflet de l'art romain en France pâlit et s'éteignit tout à fait, et il est constant que des images mortes sont incapables d'influer, comme l'expérience le prouve, sur l'esprit de peuples guerriers,