‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 123 sur 309 · Oalliachristiana nov., t. VI, p · texte numérisé non relu

Oalliachristiana nov., t. VI, p

Ér.LISE DE VICXORY. 807

devons nommer encore l'arcliitecle Lamlfrid, qui éleva la fameuse tour d'ivry en Normandie, qui passait pour un chef-d'œuvre au XI" siècle'.

Au x" siècle appartient encore la petite église de Vignory sur la Marne, entre Chaimiont et Joinville. Elle a 51 mètres de longueur sur 16 do largeur; elle se compose d'une nef, de collatéraux, d'un sanctuaire (A) voûté en cul de four, avec bas côté (D) voûté en berceau. Deux arcs-doubleaux (CC) contre- ^rs^^r^. butent les collatéraux (BB) sur lesquels étaient éle- j f^^'t vés deux clochers. Notre plan indique les trois Tî^'^bT chapelles absidales placées sur le bas côté du sanc- X ^ :4 J tuaire. Au-dessus des arcades de la nef du rez-de- T - > I chaussée, on a simulé une galerie imitée évidemment i J [ l de la galerie du prem'ier étage de la basilique latine. i ^ " I Dans notre petite église, cette galerie n'est d'aucune I |.^ '. i utilité, mais elle sert à la décoration de la nef. S J [I

Parmi les anciens monuments d'une date incer- |i^ ^ j taine, mais qui vraisemblablement sont antérieurs ^^'^' ' '" au XI* siècle, nous rangerons l'église Saint-Jean de 271 — Eguse Poitiers, en forme de rectangle oblong de 13 mètres environ de longueur sur 8"" 20 de largeur. On remarque dans ce petit édifice des ornements en brique incrustés entre un cordon et une corniche, des frontons triangulaires au milieu desquels sont des fleurons à feuillages formées aussi de briques incrustées. Ces détails ressemblent à ceux de la chapelle sépulcrale de Lorsch élevée vers la fin du w siècle par l'empereur Louis III. L'église Saint-Samson-sur- Rille (Eure), détruite pendant la Restauration, était également un monument de ce siècle. Au-dessus d'une porte existait un linteau formant une sorte de fronton triangulaire -. Les restes anciens de l'église Saint-Eusèbe de Gennes (Maine-et-Loire), appartiennent à un monument du x= siècle; il en est de même de l'église de Savenières, non loin d'Angers, et qui a un aspect de haute antiquité; de celle de Saint-Martin à Angers; dans les quatre arcades du transsept et dans la grande porte de l'ouest, on remarque des lits de briques qui alternent avec des pierres de taille.

1. OJei-ic Vital, Hàt. eccles., 1. m, fait un grand éloge de cet ecclésiastique : .. Eju3 ingeuii laus, super OQines artifices qui tune in Gallia erant. "

2. Voyez, dans ^e quatrième volume des Annales de la société des antiquaires de \ormandie, p. 472 à -196, un mémoire de M. Le Prévost donnant la description de Saiiit-Samson.

L'ancienne cathédrale de Béarnais, celle qui était antérieure à la cathédrale actuelle et qu'on nomme la Basse-Œuvre , est encore un monument du x" siècle. C'était une basilique avec des arcades latérales à plein cintre , à plafond plat et ayant des piliers carrés qui séparent la nef des bas côtés. Cet ancien monument fut en partie démoli lorsqu'on entreprit, au xvi" siècle, la construction de la nef actuelle, mais qui est restée inachevée. Ce qui subsiste de la Basse-Œuvre forme un rectangle large de 22 mètres environ , sur une hauteur de 16 mètres jusqu'à la base du fronton; sa longueur est de 25 mètres. La nef avait sur chaque face cinq fenêtres à plein cintre , à claveaux séparés par deux ou trois briques cimentées.

Un cordon horizontal, formé de briques accouplées, court d'une fenêtre à l'autre au niveau de la naissance du cintre et dessine l'archivolte. Les collatéraux élevés aux deux tiers de la nef ont des fenêtres pareilles, mais un peu plus grandes. La façade de l'ouest a une porte centrale à plein cintre large de 3 mètres; à droite et à gauche existe une autre porte plus petite de 2 mètres de largeur, et pour chacun des collatéraux une porte large de 3™ 50 , c'est-à-dire plus large que la principale, mais moins haute. On ne voit, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur, ni corniche, ni aucune moulure saillante ou ornement sur le nu des murs. La façade de la Basse-Œuvre est visiblement postérieure au corps du monument : il y a tout lieu de croire qu'elle date du xu'^ siècle, lorsqu'une restauration était devenue nécessaire. Enfin, nous rangerons encore au nombre des monuments du x* siècle les collatéraux et les transsepts de l'église Sainl-Étienne de Beauvais et l'église Saint-Géneroux', département des Deux-Sèvres.

Jusqu'au x'^ siècle, les églises étaient la plupart bâties en bois. L'art ou la science de la charpente, quoique compliqué, l'est moins cependant que l'art de la coupe des pierres. Aussi les monuments de pierre étaient-ils rares et réservés aux grandes villes. Mais avec les progrès de la coupe des pierres arrivèrent aussi ceux de rarchiiecture; car la coupe des pierres conduit naturellement à la statique ou science de l'équilibre. Or, les mathématiques servent de base à ces deux sciences.

Vers la fin du x'' siècle, un homme éminent par sa position, son caractère et son mérite, le bénédictin Gerbert, natif de l'Auvergne, et premier pape français sous le nom de Silvestre 11 : cet lionmu', disons-

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