‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 124 sur 309 · LES M A THÉ M AT 10 L'ES · texte numérisé non relu

LES M A THÉ M AT 10 L'ES

nous, fit faire, par ses connaissancos universelles, de grands progrès à une science qui se propagea avec ra])idité, et généralement dans l'ouest de l'Europe, et (jui a aidé beaucoup rarcliitccture à s'embellir, en la rendant plus légère et plus hardie. Gerbert, étant allé en E.spagne, étudia les mathématiques chez: les Arabes, à Cordoue et à Grenade. De là il rapporta cette science et, en confiant l'enseignement et la pratique aux écoles ecclésiastiques, il la propagea plus spécialement dans sa patrie. Lui-même professait à Reims. Gerbert ouvrit une nouvelle école pour l'enseignement et l'instruction. Abbon de Fleury, Fulbert, fondateur de l'école théologique de Chartres ; Bérenger, créateur des écoles de Tours et d'Angers, continuèrent l'œuvre de Gerbert. Lanfranc, venant de Pavie en France, établit, à l'abbaye du Bec en Normandie, une école claustrale qui devint le siège d'une renaissance des sciences et des arts'. Alors commença une époque de fermentation dans les esprits, qui, loin d'être hostile aux arts, ne fit que donner une nouvelle impulsion à l'architecture surtout. La lecture de la métaphysique d'Aristote, rapportée d'Espagne également par Gerbert, initia les chrétiens au symbolisme pythagoricien des nombres. C'est de cette époque que date dans les églises le symbolisme des nombres et des dimensions.

L'étude des mathématiques, cultivée dans les cloîtres et les écoles collégiales, se bornait sans doute à la traduction des auteurs grecs et arabes qui avaient écrit sur l'arithmétrique et la géométrie. Au xif siècle, on montra une grande activité pour ces études. On prenait pour modèles les ouvrages d'Euclide : on étudia ses éléments d'arithmétique et de géométrie, que les Arabes avaient néanmoins transformés à leur manière; on connaissait l'optique d'Alhazen. L'astronomie, favorisée par l'empereur d'Allemagne Henii II et le roi de Castille Alphonse X, fut connue encore davantage par la traduction latine de l'Almageste de Ptolémée que fit faire l'empereur Frédéric II en 1230. Vers le milieu du xu« siècle, le moine bénédictin Adelard, de Bath, se distingua par ses connaissances mathématiques. Les rapports de l'Angleterre avec la France firent profiter celte dernière des travaux des hommes illustres dans la science que l'Angleterre possédait alors. A la même époque vivait Rodolphe de Bruges, qui donna une traduction du Planisphère de Ptolémée. Au xui"^ siècle, Jordanus Nemorarius, versé

1. Un auteur du temps, Guitnioiide, dit de Lanfranc dans son ouvrage De corporis et sanguinis Chrisli veritate : .< Cuni per ipsuni lilierales artes Deus recalescere atque optime reviviscere fecisset. » Vovez Hihl. jinir. Lwjd., t. XVllI, ]<. 441.

dans toutes les branches des matliématiques; Jean de Holywood, Jean de Novarre, Albert le Grand, Roger Bacon, et beaucoup d'autres firent faire quelques progrès à ces sciences. Vers la fin du xiu' siècle vivait encore le moine franciscain anglais Jean Peckham, professeur de mathématiques à O.xford, à Paris et à Rome ; auteur d'un livre ayant pour titre : Perspectiva communis. A la même époque, l'italien Vitellion écrivait son ouvrage De natura radiorum libri X. Les travaux de ces hommes n'ont pas dû être ignorés des artistes des xii"^ et xiii" siècles. La géométrie, en particulier, a eu de l'influence sur le style des monuments d'architecture. La connaissance de la mesure du temps en Occident nous explique l'apparition des zodiaques, de leurs signes aux portails et aux chœurs des églises des xii' et xnf siècles. Le portail de Vezelay, ceux de Saint-Denis, de la cathédrale d'Amiens, d'Autun, de Notre-Dame de Paris, de Saint-Lazare d'Avallon; le pourtour extérieur du chœur de l'église d'Issoire, dite des Moines, en Auvergne, nous offrent des exemples curieux de ce nouveau détail d'ornement introduit dans la décoration des monuments sacrés. Ces zodiaques apparaissent tout naturellement, et il ne faut pas s'égarer dans des subtilités erronées sur leur naissance, ainsi que l'ont fait plusieurs auteurs qui vont dans l'Inde et en Egypte chercher des traditions, tandis que les études des auteurs classiques ont fait renaître en Occident les signes dont on s'est servi du temps de Suger et de Robert de Luzarches pour enseigner comment on calculait le temps et comment on représentait sa division en douze mois. Les signes du zodiaque sont ordinairement accompagnés, au xui" siècle, de basreliefs représentant les travaux des saisons.

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