ORNEMENTATION
Nous sommes du nombre de ceux qui n'admettent point l'introduction de l'ogive orientale dans nos monuments du Nord. On ne peut concevoir la copie pure et simple de l'ogive sans qu'elle soit accompagnée de l'imitation de ses culées ou de ses supports , des colonnes avec leurs chapiteaux et leurs bases, ensuite sans l'imitation des moulures des monuments de l'Orient d'où on aurait tiré l'ogive.
'jT'.', — Au itui tidl de la cathédrale de Sens.
Quant à l'ornementation, celle du xii' siècle chez nous n'a pas môme la plus légère ressemblance avec celle des monuments à ogive de l'Orient, si véritablement il y en a d'autres que ceux que les Européens y ont bâtis au moyen âge, après que l'ogive fut employée chez nous. Et, pour ne parler ici que des ornements arabes, ils sont tous originaux, mais monotones, capricieux, et portent en général un caractère dont l'essence est la pointe aiguë. Ils n'imitent que rarement des plantes prises dans la nature; et si on y aperçoit une imitation, elle est faible et dissimulée, son relief n'est presque qu'une arabesque ; ce sont des découpures de carton habilement agencées : tandis que l'ornementation du xn« siècle présente une imitation variée à l'inlini, facile, et remplie de plantes exotiques, largement traitée , offrant des saillies élégantes qui projettent des ombres fortes et noires sur les parties en retraite.
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