Tracé de la voûte oblongue
voûte qui a f^it naître l'arc à tiers-point ou l'ogive, comme on l'appelle communément. Mais ce système, imité du romain, était et restait sans variation : on chercha donc le moyen de voûter tout rectangle quelconque, eût-il en longueur le double de sa largeur. On s'y prit donc de la
manière suivante (voyez fujure n" 307). Le rectangle ou travée ABCD était à voûter : on donna le plein cii»tre aux diagonales AC, BD. Pour que les points 0, M, E, L, N, fussent dans un seul et même niveau , on donna aux arcs AK, DC la même élévation que celle de l'arc AEC, BED, c'est-à-dire XE qu'on porta de 0 en G. Mais comme OG est plus long que OB ou OA, pour faire un arc sur AOB, on fut obligé de diviser AB en neuf parties égales et des points SS comme centres, on construisit l'arc à tiers-point AGB. Pour construire un arc sur AD, on prit le rayon XE et l'on construisit l'arc ogive A/iO. En reportant le sommet h sur la face du mur cnp et en traçant ensuite l'arc pGq, on avait la courbe de la crête LE.M de la voûte. On voit dans notre figure un autre petit triangle curviligne AHO, dont le sommet est également reporté sur la ligne pD, en 1 ; avec le rayon El égal à celui OG, on décrit l'arc IGK ; on voit qu'il pouvait y avoir une grande variété dans l'élévation des arcs formerets et c'est ce que l'étude des monuments confirme aussi.
L'arc à tiers-point est très-varié. Dans la figure n" 308, le rayon est égal à la base, ce qui permet d'inscrire un triangle équilatéral dans l'ogive. L'arc de la firjure n" 309 a pour rayon de si's courbes les deux tiers de la base. La figure n" 310 montre connnent on |)eul construire deux arcs à tier.s-poinls en divisant la base en cinq parties égales. La figure n" 311 indi(|ue la manière 'de tracer trois arcs à ogive en divisant d'abord la base en quatre parties égales et ensuite en huit. La figure n" 312 montre trois arcs à tiers-point par la division en sept parties de sa base. La figure n" 313 indique la manière de
NOTHK-DAMK HE N'OVON. 8/|3
constntiro trois arcs diUerenls avec un seul et mûme rayon. Tirez d'abord la ligne ab, en g comme point de centre, placez la pointe du compas et tracez l'arc acb. Du point a tracez avec le compas eg, pour former l'arc aeg, divisez ag en deux parties égales au point o, de ce point tirez clf. toujours avec le même rayon et vous aurez trois arcs, un à plein cintre , les deux autres à tiers-point , tracés avec le même rayon , comme l'indique \ illard de llonnecourt dans sou Album ilr voyage ',
La question de l'origine de l'ogive est ancienne. Parmi les premiers auteurs qui ont recherché cette origine, nous citerons G. Saunders, S. Ware, J. Essex, T. Kerrich, W. Whewell et R. Willis. Dès que l'arc à tiers-point fut adopté, il s'en développa tout un système et on put agir avec plus de liberté dans la conception du plan, de la coupe et des élévations des édifices du culte. Mais ce système de l'ogive nécessita l'emploi des contre-forls et des arcs-boutants d'une très-grande dépense et d'un mauvais effet- esthétique. A cela il faut ajouter encore que l'entretien en est dispendieux. Il y a des monuments du moyen âge dans lesquels le cube de la maçonnerie des contre-forts et des arcs-boutants équivaut au cube de la maçonnerie du reste, du monument. Aussi cette architecture ogivale ne fut-elle pratiquée que pendant deux siècles trois quarts.
Le plus complet monument d'architecture de l'époque de transition est l'ancienne cathédrale de Noyon , dans le département de l'Oise-. Elle se compose de trois nefs, de deux transsepts, dont les faces septentrionale et méridionale sont circulaires, d'un chœur circulaire autour duquel rayonnent cinq chapelles également circulaires. Sur chacune des faces orientales des transsepts, existe un porche ou entrée ; à l'ouest on entre dans l'église Notre-Dame par trois portes précédées d'un porche qui a été ajouté au xiv" siècle. Le portail est flanqué de deux tours énormes, d'apparence imposante et massive : celle du midi est du xin" siècle, celle du nord est du xiv°. Au-dessus des deux escaliers qui flanquent le chœur vers l'occident, et qui touchent le côté oriental des transsepts, s'élèvent deux tours qui n'ont pas été achevées, ou bien dont la partie supé-
1. Album de Villard de Honnecourt, architecte du xui' siècle. Paris, 1853, p. 155.
2. Èijlîse Notre-Dame de Moyon, ancienne cathédrale. Élévations, plans, coupes et détails, par Daniel Kamée, architecte; texte par L. Vitet. 1845, in-folio et in-4. — Moyen âje pittoresque, pi. 104. Vue du portail occidental. — Voyages dans l'ancienne France, par TayU»r et Nodier. (Picardie).
Shh LIVRE SECOND.
rieure a été enlevée par siiile d'un granJ incendie arrivé en 1293. Quatre escaliers commodes, clairs et spacieux, conduisent au magnifique tiiforium ou tiihunes du premier étage, dont les ouvertures sur la nef se composent d'une grande arcade à ogive divisée par une colonne qui supporte un côté de deux autres ogives. La nef est formée de piliers carrés flanqués de fines colonnettes et de colonnes isolées supportant des arcs à ogive. Les colonnettes du chœur qui, au nombre de trois, s'élèvent au-dessus des chapiteaux de chaque colonne du rezde-chaussée, et s'élancent jusqu'à la naissance de la voûte, ont sept