‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 145 sur 309 · Plan de reglise de Quesmy · texte numérisé non relu

Plan de reglise de Quesmy

dessous desquels on voit la clef de voûte du chœur; à gauche en haut du plan nous donnons le plan des piliers de la nef qui forment la croix, flanquée à chacun de ses angles sortants d'une fine colonnette : ces piliers ont un couronnement fort simple : une sorte de tailloir sans chapiteau, se composant d'une bande ou large filet de 0"" 067 de hauteur, sous lequel est un quart de rond aplati par le haut de 0" dh de large; vient alors un cavet qui pénètre sous le quart de rond, il a fl"" 08 de hauteur. Enfin ce tailloir se termine au bas par un boudin de 0"" 05/t de hauteur; la totalité de ce couronnement est de O^IS d'élévation. Ces piliers n'ont point de base et reposent sur un plan incliné de 0"" 08 de hauteur, posé lui-même sur une petite

plinthe de 0"24 de hauteur; nous donnons en haut et à la droite du plan le tailloir et le socle des piliers de la nef; les piliers, compris le tailloir supérieur et le socle, n'ont cjuc 2" 30 de hauteur; ils sont liés entre eux par des arcs plein cintre. Le chœur seul a conservé son ancienne voûte à ogive, à nervures composées de trois boudins accouplés, un en bas et au centre, les deux autres de chaque côté; les deux nervures du sanctuaire sont formées de deux boudins ayant au centre une rangée de perles. Les quatre chapiteaux à gauche de notre plan sont ceux des quatre colonnes d'angle du chœur, qui supportent les nervures de la voûte ; le chœur est éclairé, indépendamment, des trois fenêtres du sanctuaire, par deux fenêtres placées l'une au nord, l'autre au sud ; le bas côté ou collatéral du midi est moderne. 11 n'y a d'ogives dans ce petit monument que celles formées par les arêtes de la voûte du chœur, et encore sont-elles accidentelles ici.

11 existe aux environs de Noyon un assez grand nombre d'églises du xii^ siècle, qui appartenaient à de grandes communautés religieuses : l'abbaye de Vézelay étendait même ses domaines jusque dans le Noyonnais. Dans toutes ces églises le plein cintre seul domine; Saint- Médard de Quesmy semble être contemporain de Notre-Dame de Noyon. Les profils des cordons et des corniches et même des tailloirs des chapiteaux sont tout à fait semblables ; les sculptures se ressemblent; quelques-uns des corbeaux des absides sont les mêmes que ceux de la grande abside de Notre-Dame de Noyon : il semble qu'une même main les ait tracés. Le style des églises qui entourent la cathédrale des successeurs de Baudry de Sarchinville ressemble à une sorte de protestation contre la nouveauté introduite dans cette cathédrale. Ces petites églises appartenaient aux moines, qui étaient nécessairement les antagonistes et les rivaux des artistes laïques de Noyon.

Nous n'avons parlé ici de cette petite église do village que parce qu'elle semble, par ses détails, être tout à fait contemporaine de l'église cathédrale Notre-Dame de Noyon. La première, où l'influence des artistes laïques n"a pas dû avoir lieu, n'offre aucun signe des monuments de la transition; la seconde, le monument le plus complet peut-être de l'époque de transition, porte au contraire tous h's signes du style qui marque le passage du jilein cintre à l'ogive, le passage de l'art de la main des prêtres dans celle des laïques. Nous recommandons, comme une élude spéciale aux antiquaires et aux artistes, la place qu'occui)e l'ogive dans les monuments à plein cintre.

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