‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 147 sur 309 · SAINT-ELOI DE TRACY · texte numérisé non relu

SAINT-ELOI DE TRACY

que témoigne leur expression. 0n<'lfines-uns de ces chnpiteaux présentent des enroulements, des feuillages, des oiseaux, des entre-lacs. Mais les uns et les antres, têtes liumaines, feuillages et animaux, ont un caractère très-barbare et primitif, dénotant une main de sculpteur fort inhabile. L'abaque des chapiteaux du premier étage, excessivement simple, se compose d'un filet orné de perles, d'un tore et d'un rdet inférieur enrichi de dents de scie ou de loup. Ces huit baies sont couronnées d'archivoltes à ogive composées de tores, de gorges et de filets qui suivent l'inclinaison de l'évasement des jambages. Ensuite vient une partie supérieure et octogone, dont les angles sont placés perpendiculairement au-dessus du centre des ouvertures du premier étage. Cette portion octogone est couronnée par une rangée de petites arcades circulaires soutenues encore par des têtes d'animaux. Alors vient un petit stylobate en retraite formé de diverses moulures sur lequel s'élève enfin le second et dernier étage composé de huit ouvertures couronnées par des archivoltes à ogive, mais à ogives plus prononcées que celles de l'étage inférieur. Ces archivoltes sont terminées par une rangée de dents de scie, et en dernier lieu par une bande ornée de perles. Arrive enfin une autre partie octogone et lisse couronnée par une corniche qui a une frise formée de petits arcs plein cintre soutenus par des têtes grimaçantes. La ligne oblique de la pyramide à huit pans et en pierre qui couronne ce joli clocher ou tour a 3" 78 de longueur.

Mais les chapiteaux de ce second étage ne sont point barbares comme ceux du premier. Ils sont formés de la feuille à crochets semblables à l'exemple que nous avons donné, en parlant de ceux de la cathédrale de Noyon '. Ils sont élancés et élégants, produits par une main plus habile que celle qui a fait le reste de la sculpture. Sur chaque angle de l'étage supérieur s'élève une colonne, non circulaire comme toutes les autres , mais ayant une forme ovale et presque une arête sur la partie la plus saillante, arête ornée dans sa hauteur de huit feuilles à crochets qui ressemblent à des feuilles de palmier dont l'extrémité serait roulée sur elle-même. Le filet sur lequel s'élève la pyramide octogone est décoré de têtes de clous dans toute son étendue horizontale. A la hauteur des archivoltes des fenêtres du premier étage, on aperçoit les troncs, fort mutilés, de quatre figures ailées, placées en cet endroit pour masquer sans doute le plan oblique qui

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