‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 154 sur 309 · Gallia Christiitiia · texte numérisé non relu

Gallia Christiitiia

demi-calotte sphérique. Il n'y a aucun ornement dans cette chapelle qui puisse guider dans les rechercbes sur l'époque de son édification, déterminée jusqu'à présent par sa forme générale. L'appareil des trois parties circulaires est en aréle de poisson. La date du clocher qui couronne l'intersection est fort postérieure.

Une autre chapelle, semblable à la précédente, est

celle de Saint-Saturnin qui dépendait de Saint-Wan-

drille, près de Rouen. Elle a 12"' 20 de longueur et

^^ 8™ 50 de largueur sur l'axe du transsept. Sa forme

^m^^ identique à celle de la chapelle de Saint-Germain con-

^ r duit à lui donner le même âge.

I I Dans le village de Saint-Loup, situé 'à huit kilo-

L Jl mètres S.-S.-O. de Provins, département de Seine-et-

'-'-'^^ ' Marne, il existe une église qui date du xii" siècle. La

329-330. — chapei- fgçgde et Ics quatre premières travées de la nef prèles de Querque-

Tiiie et de Saint- Sentent l'union du plein cintre et de l'ogive. Dans la wandniie. partie antérieure , on remarque des nervures aux

Échelle de 10 mètres. , ... , ,. . •, •■■

voûtes, des piliers et des faisceaux de piliers arrondis, des chapiteaux historiés : les quatre dernières travées n'offrent plus de traces d'ogives, les chapiteaux se réduisent à des tailloirs, les piliers, sauf deux, sont carrés, et les voûtes manquent de nervures croisées. Le chœur est compris entre quatre arcs do même forme, cintrés et d'égales dimensions ; deux de ces arcs s'ouvrent sur les transsepts, qui ne se distinguent que par la hauteur des voûtes, le troisième forme l'entrée de la nef, et le quatrième celle de la chapelle au fond de laquelle est l'autel principal. A l'extrémité des has'côtés sont pratiquées des chapelles circulaires comme celle du milieu, mais un peu moins profondes. L'abside avait sept fenêtres : trois seulement sont restées ou\crtes. Les quatre autres, placées sur les côtés, se trouvent bouchées par la voûte des chapelles latérales, dont la postériorité est démontrée par cette circonstance. 11 y a des sculptures fort remarquables dans l'église de Saint-Loup '.

Parmi les plus curieuses églises du xii" siècle, nous devons citer celles de Notre-Dame de Poitiers, et de Civray, en Poitou -, qui sont

1. Xotice historique et avclu'oloyiiiiie sur le prieure de Saiiit-Louji-de-Xaud (Seine-et- Marne), dans la Bibliothèque de l'École des Charles, l'aris, 1811, t. Il, p. 244 à 271.

2. Antiquités f monuments et vues pittoresques du Haut-Poitou, dessinés et lithojjrapUiés par ThioUet, avec un texte liistorique et descriptif par les conservateurs

SA 1 N T-G K li M Al N -1) i:S-PRES. 865

surtout remarquables à cause de leurs façades ornées avec une richesse extraordinaire. Notre-Dame de Poitiers offre encore le plein cintre dominant la timide ogive. 11 en est de môme au portail de l'église de Civray. L'ogive s'y voit au rez-de-chaussée, comme à Notre-Dame de Poitiers, et le plein cintre la couronne.

Parmi les plus anciens monuments de Paris, il faut ranger l'église Saint-Germain-des-Prés'. Comme église abbatiale, Saint-Germain n'a point de portail occidental. Ce monument a la forme de la croix : sa terminaison orientale est circulaire et autour rayonnent cinq chapelles également circulaires. Les transsepts, qui sont fort courts, datent du xni'= siècle. Les piliers de la nef sont carrés et flanqués sur chaque face d'une demi-colonne ; ils sont liés par des arcs plein cintre ornés sur l'arête d'un élégant boudin. Les chapiteaux sont encore barbares, et représentent des figures entières, des monstres et des feuillages exotiques. Cette partie est la plus ancienne de l'église, mais elle ne date pas, comme on le prétend, du temps de l'abbé Morard, qui mourut en lOl/j. La nef et le clocher sont du commencement du XII'' siècle, tout au plus de la fin du xi''. Le chœur est plus moderne. La consécration de l'église n'eut lieu qu'en 1163. Dans la partie orientale on voit tous les signes caractéristiques de' l'art du règne de Louis VII, le Jeune. Les tailloirs des chapiteaux, les bases des colonnes, les moulures et les cordons sont lins et élégants. L'ornementation est gracieuse, hardie et ferme. Les fenêtres de la claire-voie sont à ogive, ainsi que la voûte du choeur. Ce qu'il y a d<^ remarquable dans ce chœur, c'est la petite galerie du premier étage. Les-colonnes ne sont point surmontées par l'ogive ou le plein cintre. Ln entablement horizontal couronne les baies de cette galerie. Les colonnes du rond-point supportent des ogives, tandis que les autres arcades du chœur, vers l'occident, présentent des pleins cintres.

Là l'ogive, pense Whittington, est une conséquence de la disposition des piliers, qui sont plus rapprochés en cet endroit circulaire qu'ailleurs, où la colonnade continue en droite ligne-, les arcs qui naissent sur ces piliers, menés à une égale hauteur avec ceux à plein cintre, deviennent nécessairement aigus (à ogive), et ceci est parmi

des monuments de la Vienne et de la Vendée. Paris, 1823. In folio. — Vue générale de Notre-Dame de Poitiers, ,Vo|/eii dge pHtoremiue , pi. 22; Détails, pi. 35.

1. Woods, Lellers of an Arcliilect, t. I , p. 36. — Moyen arje pittoresque, pi. 77 Chapiteaux. — J. Bouillart, Histoire de Saint-Germain-des-Prés. In-folio, 1724. II. 21

une foule d'exemples, celui ou l'arc pointu a été employé par hasard et par nécessité, avant que l'usage de s'en servir ne devînt un objet de goût '. Nous répétons ici ce que nous avons dit ailleurs : le hasard n'est pour rien dans la découverte des formes employées dans l'architecture. Si les ogives du rond-point de l'église Saint-Germaindes-Prés sont nées du hasard , c'est certes un plus grand hasard encore qu'elles ne soient point nées plus tôt. Comment se fait-il que cette combinaison ne se soit pas rencontrée un ou deux siècles auparavant? C'est le génie de l'époque qui enfante les idées nouvelles : c'est le génie qui crée aussi l'expression de ces idées. Nous verrons dans le chapitre suivant comment se développa plus tard le système timide de l'emploi de l'ogive au xu^ siècle.

Une grande partie de l'église collégiale de Poissy, près Paris, date encore de ce siècle. On y voit une tour élégante, à plein cintre, peu connue des antiquaires et des artistes. Les chapiteaux de l'intérieur de l'église sont remar-

.331. — Chapiteau , ^ u ■ . v - » j'

de l'église de Poissy. quables. Lcs tailloiTs sont compliqucs et d un goût pur. L'ajustement des feuilles est ingénieux et gracieux. La pierre y est travaillée comme la matière tendre, comme le bois, par exemple. Aux angles, des feuilles se replient sur elles-mêmes, et le dessous est évidé et à jour, ce qui produit un bel effet. C'est dans cette petite église que fut baptisé saint Louis, né le 9 septembre 1215.

Au nombre des monuments d'architecture du moyen âge qui font époque dans l'histoire de cet art, il faut ranger les constructions de Suger, entreprises à l'abbaye royale de Saint-Denis. Il commença à rebâtir le portail de l'ancienne église, auquel ij établit trois portes ; ensuite il éleva le porche et quelques chapelles, sans doute celles qui le louchent. En l'année 11/tO, il orna d'une inscription la fiçade, ses entreprises étant assez avancées pour inviter Hugues, archevêque do Rouen, à venir inaugurer ses nouvelles construclions. Knsuiic il entreprit la reconstruction du chevet de l'église. Au bout de trois ans et trois mois, il fut assez heureux pour terminer la crypte et la partie du monument qui s'élève au-dessus. En dernier lieu, il voulut aussi rénover la nef, afin de la faire concorder avec les parties nouvelles

1. An Hislorical Surrey of the Erclninslicnl Ant'quities of Frnnrr. Londres, IHll. ?' Mit. p. 110-1 U.

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