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Plan de réglise de Saint -Denis

333. — Portail occidental de l'e'glise de Saint-Denis, pr^s de Pai-is, en 1S25.

anciens murs ; c'est ce qui explique que sous le règne de Louis IX

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il fallut reconstruire toute cette restauration qui tombait en ruine.

Quand on compare entre eux les portails de Saint-Philibert de Tournus, de Saint-Georges de Bocherville, de l'église de la Trinité, de Saint-Étienne à Caen et de Saint-Denis, on y remarque des progrès sensibles ainsi qu'un développement progressif du goût. Celui de Tournus, de 1019 et de 16"" 30 de largeur, représente une face lisse, sans aucune saillie, mais ornée de compartiments peu renfoncés, rectangulaires oblongs en hauteur, couronnés d'une rangée de petites arcades à plein cintre. Au portail de Saint-Étienne de Caen, de 1077 et de 29 mètres de largeur, les portes, au nombre de trois, au lieu d'une seule comme à Tournus, sont renfoncées et ornées de colonnes et d'archivoltes. A Saint-Étienne quatre contre-foris peu saillants indiquent la largeur des nefs et divisent verticalement la façade en trois parties. 11 en est de même à l'église de la Trinité ou Abbaye-aux-Danies de Caen. Le portail de Saint-Georges de Bocherville, de 23 mètres de largeur, est divisé en hauteur par ses deux tours qui forment saillie. Le portail de l'église de Saint-Denis près de Paris, de SS^SO de largeur, a quelque ressemblance avec celui de Saint-Étienne de Caen ; mais ses proportions sont plus légères, les portes sont plus larges, plus profondes et plus ornées de sculptures; enfin les masses sont mieux articulées et le plein cintre est mêlé à l'ogive. La porte centrale est à plein cintre, les deux portes latérales sont à tiers-point ; la fenêtre au-dessus de la grande porte est à plein cintre, tandis qu'elle est flanquée de chaque côté d'une arcade à ogive. Au-dessus de la porte nord-ouest du portail il y a une fenêtre à plein cintre, à gauche une arcade couronnée de même, tandis qu'à droite l'arcade est terminée par une ogive. Ailleurs on ne voit que des arcs à tierspoint à l'exception des deux petits pleins cintres de chaque côté de la rosace centrale. Les jambages des portes d'entrée se composent d'angles droits rentrants, ornés de colonnettes et surmontés au centre d'arcs à plein cintre, sur les côtés d'arcs à tiers-point à peine sensibles, formant archivoltes. Tous ces détails témoignent d'une tendance qui consistait à combiner habilement les parties verticales avec les parties curvilignes qui les surmontent.

Quant à la crypte ou église souterraine, son style avec tous ses détails se rapportentà la date qu'on leur assigne, le milieu du xii'" siècle. L'extérieur des chapelles du chevet est également du temps de Suger. Le mauvais état de la nef fit entrepri'ndre, en 1231, à l'abbé F.udes Clément, une reconstruction de la nef et de la partie interne de l'abside;

SAINT-ETIENNC PRKS DE PIERREFONDS. 869

Mathieu de Vendosnie termina enfin la croisée et la nef vers 1281. Les flèches ont été élevées au xiii" siècle. La largeur de la façade de Saint-Denis, y compris les contre-forts des faces latérales, est de 33"' 50 (et sans eux 29"" 10). La liniiifur do la flèche, détruite en 18/t7, était de S/i" 15 ; celle de la tour restée debout est de 58™ 13. La longueur de l'église dans œuvre est de 108"' 16; la largeur de la nef est 11™ 75, colle de bas côtés est de /i™ 9^i ; l'élévation sous clef de voûte de la nef est de 28™ 92 '.

A Saint-Pierre-lez-Bitry , non loin d'Attichy-sur-Aisne, il y a une petite église remarquable du commencement du xn" siècle. Le chœur se termine par une abside circulaire qui n'est éclairée que par trois œils-de-bœuf ou baies entièrement circulaires. Le mur septentrional offre une corniche à figures grimaçantes, et de petites fenêtres romanes. L'abside est couverte" par une demi-calotte sphérique en pierre.

L'église de Saint-Jeau-Baptiste à Saint-Légor-aux-Bois, dans la forêt de Compiègne, est aussi un édifice du commencement du xn" siècle, au moins sa partie orientale composée d'une grande abside circulaire à trois fenêtres, et flanquée de deux plus petites à droite et à gauche. Une demi-calotte sphérique couronne l'abside centrale. La corniche supérieure de la nef est semblable à celle de Berneuil dont nous avons parlé plus haut.

Saint-Martin de Cuise, canton d'Attichy, arrondissement de Compiègne, montre encore un chœur de la fin du xu" siècle, mutilé à la vérité, mais remarquable par sa forme carne. La corniche est composée de têtes d'animaux d'un beau caractère, alternant avec une sorte de culot couché, offrant deux pointes à droite, et arrondi à gauche. Nous ne connaissons aucun autre exemple de cette espèce d'ornement.

Saint-Étienne, petite église à peu de distance nord-est de Pierrefonds, est aussi du xii« siècle. L'abside circulaire est couronnée d'une rangée de petites arcades à plein cintre dans lesquelles s'en trouvent deux autres plus petites. Elles sont soutenues par des corbeaux à rinceaux et têtes grimaçantes. Au-dessus des fenêtres règne un cordon élégant, composé de chevrons et de losanges à facettes. Les croisées

1. Voyez Moyen âge archéologique et mon., PI. 235, Portail occidental de Saint-Denis après sa mutilation. PI. 23H, Intérieur. PI. 274, Abside, à l'extérieur. PI. 400, Crypte. PI. 413, Bas côtés du nord. — Moyen âge pittoresque. Détails, pi. 119. — "Whittington p. 121 à 145. — Monographie de l'église royale de Saint-Deuisj tombeaux et figures historiques, par le baron de Guilhermy, dessins par Cli. Kichot. Paris, 1848, in-18. — Histoire de l'abbaye de Saint-Denis, par Dom ÏM. Félibien. Paris, 1706, in-folio.

de l'abside ont de chaque côté une colonne sur laquelle se superposent des consoles qui s'avancent en saillie l'une sur l'autre, et qui supportent le plein cintre qui couronne la fenêtre. Une archivolte de même forme surmonte toute la fenêtre, et les deux côtés de l'are tombent d'aplomb sur l'extérieur de la colonne. C'est un exemple fort rare.

L'église abbatiale de Saint-Germer, canton du Coudray, arrondissement de Beauvais, est un curieux monument de la transition. Commencé à la fin du xi= siècle, il n'a été terminé qu'au xn''. 11 a trois nefs et un chœur circulaire , autour duquel rayonnent cinq chapelles également circulaires, mais aplaties comme celle de l'église de Saint- Denis de Morienval. Les transsepts sont courts et carrés. Les nervures des voûtes du chœur sont chargées de moulures variées et curieuses, exemple unique dans le département. Les arches du triforiuin sont découpées en zigzag. La nef présente, entre les grandes arches et la claire-voie, deux ordres de petites fenêtres bouchées et une galerie appuyée sur des consoles ; la corniche extérieure, formée d'arcs croisés à modillons et contre-corbeaux, est d'une extrême élégance. L'église de Saint-Germer a 62" 70 de longueur jusqu'à l'entrée de la chapelle de la vierge; sa nef a 10 mètres de largeur; sa largeur totale est de 17" 45 dans atcore, et la hauteur de la voûte de la nef est de 20°' 50.

L'église Notre-Dame de Conchy, arrondissement de Compiègne , bâtie en croix, a un chœur terminé carrément, comme celui de Saint- Martin à Cuise, ce qui la rend remarquable. Ce chœur est de la transition ; il est éclairé à l'orient par trois fenêtres ornées de colonnettes annelées. Celle du centre est à plein cintre ; les deux fenêtres latérales sont à ogive. L'archivolte de ces fenêtres est composée d'un ornement en boudin.

Parmi les nombreuses églises du douzième siècle, nous citerons encore la cathédrale de Tulle, Saint-Julien de Brioude, Saint-Nectaire, Saint-Symphorien, et Saint-Genès, à Thiers ; les églises de Mozat, de Saint-Amand, de Noirlac , Saint-Nazaire de Carcassonne ; de Saint- Martin de Laon, de Saint-Pierre à l'.Assaut et de Saint-Pierre à Soissons ; de Braisne et celle de Coucy-le-Château.

Les églises à plein cintre et celles à ogive ont généralement pour couvertur(!s des voûtes en berceau et des voûtes à ogive. 11 en existe cependant en France qui n'ont ni l'une ni l'autre de ces voûtes. Nous coiniaissons beauioiq) d'églises dans le Midi qui oiïrcnt pour couver-

SAINT-KKOM DK PERIGUEUX.

lure des coupoles ou calottes sphériques comme celles qu'on voit à Sainte-Sophie de Consiantinople et à Saint-Marc de Venise. En parlant de l'architecture byzantine, nous avons déjà dit que nous pensions que les monuments à une seule coupole étaient les plus anciens, et que ceux qui en olïraient plusieurs l'étaient proportionnellement moins, et ne remontaient guère qu'au \r' ou xu'' siècle.

La cathédrale de Cahors a deux coupoles sur les deux travées de la nef; elles sont supportées par six gros piliers carrés de lO"" 60 de hauteur sur 4™ itO de base. Les sept arcades qui joignent ces piliers sont à plein cintre. L'abside orientale est circulaire et flanquée de trois chapelles de même forme. Cette construction est d'une époque postérieure; elle date de la fin du xr' ou du commencement du xu" siècle. Les trois clochers à l'occident datent du xiV siècle. Celui du centre a trente-six mètres de hauteur. La belle voûte à ogive qui s'élève au-dessus de l'abside est de la fin du xni= siècle '.

Saint-Front, autrefois église de l'abbaye de Saint-Front, aujourd'hui la cathédrale de Périgueux, est un monument très-remarquable en forme de croix grecque. Cinq coupoles en ogive servent de couvertures aux espaces formés par la disposition du plan. Douze gros piliers de plus de cinq mètres carrés supportent ces coupoles; ils sont ornés, aux deux tiers environ de leur hauteur, d'un simple cordon. La chapelle orientale est de la fin du xni' siècle. La tour occidentale date de la fondation du reste de l'église. Saint-Front a 58" 50 de longueur hors œuvre du nord au sud : la profondeur de l'ouest à l'est est égale à la longueur. Le porche à 13 mètres de saillie, et 18 mètres de largeur. Les coupoles ont 12 mètres de diamètre, et sous clef 27°' 50 de hauteur, à partir du sol de l'église. Les arcades qui les

séparent ont 19"° 60 d'élévation. Rien n'est simple et primitif comme le style de ce monument curieux'-. Saint-Étienne de la Cité à Péri-

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