‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 193 sur 309 · Chambranle · texte numérisé non relu

Chambranle

du château de Crell.

lions ici. Le chambranle ou encadrement des portes n'a plus celle fermeté ni cette élégance des deux siècles précédents, telles qu'on les remarque, par exemple, dans la fujure 413, qui représente le plan du jambage d'une des portes du château de Creii, du règne de Charles V. Le règne de Louis XI (de 1/|61 à l/t83) attaque de plus en plus les institutions du moyen âge pour les transformer ou les anéantir. Louis XI aplanit, involontairement sans doute, les voies à la Renaissance. Nous parlerons surtout ici de son administration. Dès l'origine de la ligue du bien public, en l/(6/t, le roi institua un dii'ccteur général des postes (grand maître des coureurs de France), et sur les routes, des maîtres de poste (maîtres tenant les chevaux courant pour le service du roi) avec des relais de chevaux. Ces postes étaient réservées exclusivement au service du roi ; en 1480, le public fut admis à s'en servir. C'est ainsi que les idées nouvelles et hardies de l'époque purent circuler plus promptement et plus facilement. Le roi Louis XI leur procura un autre mo\en de propagation. En 1470, Jean de La Pierre (Von Stein) ou Johannes Lapidanus, né en Suisse, recteur de l'université de Paris, fit venir en France les premiers imprimeurs LlricGering, Martin Cranz et Michel Freiberger. Quels sont les livres qu'on imprime? Ce ne sont pas les œuvres du moyen âge, tuais bien celles de l'antiquité retrouvées: c'est un Salluste, un Florus, les Lettres de Sénèque, une traduction des Lettres de Phalaris. Dix ans plus tard on imprime à Caen les Épitres d'Horace. Louis XI fit venir de Grèce et d'Italie des ouvriers qui, pour la première fois fabriquèrent en France des étoffes de soie, d'or et d'argent ; c'est encore à lui que .sont dus l'acclimatation des vers à soie et l'élablissement des fabriques de draps : il encouragea l'exploitation des mines. .Mais ce roi n'avait pas le plus petit sentiment de l'art, quoiqu'il aimât la littérature. En 1473, il écrivit à Laurent de Médicis pour lui demander quoi? Un chien! « Rogamus vos, ut aliquem canem ex vestris a vobis dono habeamus, et etiamsi unuui mittatis, satis erit, dummodo pulcher sil et magnus, quem apiid jjeisunaui nostraui et cameram ser\ari l'aciemus. — Nous désirons avoir un de vos chiens; mais il faut qu'il soit beau et grand, il doit garder notre personne dans notre chambre. » « Pour tout plaisir il aimait la chasse, dit Comines, et les oiseaux en leur saison ; mais il n'y prenait point tant de plaisir comme aux chiens. » La littérature commence à s'élever sous Louis XI : elle s'occupe de réalités, de choses de ce monde, et au rebours de la lilléralure antérieure, elle se lit encore avec intéivt aujounlhui. Si les œuvres de lilléralure en (]ues-

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tion ne parurent pas pciidaiil Ir vi\aiii du mi, elles furent au moins composées sous son règne. Les monuments d'architecture sont rares sous le règne de Loin"s XI. L'excès des impôts enlevait aux niasses le superflu et le repos nécessaires à la culture et au développement de.s lettres et des ans. L'administration toute matérielle d'un roi sans cœur, sans pitié, sans imagination, sans passion, cruel, astucieux et improbe, égoïste et ingrat, fut peii jiropre à éveiller l'imagination et à allinner l'enthousiasme au sein de la nation.

Sous Louis XI furent élevés : le portail et ime des tours de Notre- Dame de Saint-Lô, en l/iG/j ; la cathédrale de .Moulins, commencée en 1 /t68 ; l'église de Poix (Somme), en l/i70 ; le beffroi de Saint-Michel de Bordeaux, de 1.'|72 à 1480; la Sainte-Chapelle d'Aigueperse , de H75; la tour centrale de la catliédrale de Bayeux, de 1479; la tour méridionale de là cathédrale de Metz bàlie de 1478 à 1481 par l'architecte Renconnaux; le iranssept méridional de Saint-Remi de Reims, de 1481; beaucoup de parties de la cathédrale d'Lvreux, de 14^4 à 1480 ; l'avant-portail du tianssept septentrional d(^ la cathédrale de Rouen, de 1481 ; iXotre-Dame de Damm'artin (arrondissement de Meaux), de 1480.

Au roi Louis XI, ce grand promoteur de l'esprit bourgeois, que tous les Capets avec leurs mœurs si individuelles ont constamment favorisé, succéda en 1483 Charles VIII, son fils, âgé de 14 ans. « Or, après plusieurs choses politiques ainsi bien décidées et mises en ordre par droit et justice, disent les «Grandes chroniques de France, le roi Charles VIII se partit de sa bonne ville de Paris pour aller visiter plusieurs autres lieux de son ro\aitme, couune Rouen, Troyes, Orléans et autres bonnes villes et citez. » Le jeune roi visitait les lieux où s'élevaient des villages nouveaux; il se rendait dans les villes qui, à cette époque, commençaient à s'agrandir, en éparpillant les maisons dans les faubourgs. Car dans les trente années qui suivirent le règne de Louis XI, le tiers des maisons du royaume de France fut nouvellement construit. « On ne bâtit plus maison sur rue qui n'eut boutique pour marchandise ou poui' art mécanique'. » Le pauvre paysan toutefois, qui ne pouvait vendre ses produits à un taux plus élevé pendant une année de grande fertilité, rassemblait avec peine le montant de l'impôt qu'on venait lui demander-. Il avait cependant plus de sécurité et il n'était plus forcé counne autrefois de quitter son village et de dépo.ser

1. Claude (le Seyssel : Louanges du bon roi Louis XI f, p. 128.

2. Continuation de Monstrelet, t. III, p. 249. — Machiavel. Tabhnu île In France. Dans ses Œuvres, 1. 1, p. 29.3. Eitition du Panthéon litlèraii-e.

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ses richesses dans les églises pour les soustrjiire au pillage des Anglais ou des compagnies françaises.

Charles VIII aimait les arts, et les nombreux chefs-d'œuvre de tout genre qui durent frapper son esprit en Italie lui suggérèrent le désir d'en posséder de semblables dans son royaume. Or, les monunienis d'architecture qui frappèrent l'esprit du jeune roi de France étaient des édifices antiques, des églises et des palais de la Renaissance italienne. Si Charles VIII, comme Louis XII, appela en France des artisans et des artistes italiens, ce fut pour y élever des constructions dans le goût antique ou de la Renaissance italienne. Il ne manquait pas à cette époque en France de constructeurs de monuments selon les types du moyen âge, témoin les moiumients contemporains. Charles \I1I fut instinctivement entraîné dans le courant des idées du temps. L'antiquité venait d'être exhumée, et commençait à propager des lumières par suite de la dispersion des Grecs savants; l'esprit tendait à une rénovation de la société. Les ouvrages des anciens captivèrent le goût et l'esprit des contemporains.

Le xxv" chapitre du vui" livre des Mémoires de Philippe de Comiues donne des détails curieux sur les goûts artistiques du jeimc roi Charles YIII, qui mourut le 7 avril 1498, à l'âge de vingt-huit ans. Comines dit qu'à Amboise « il avoit entrepris le plus grand édifice que commença, cent ans a, roy, tant au chasteau qu'à la ville, et se peut voir par les tours, par où l'on monte à clieval, et par ce qu'il avoit entrepris à la ville, dont les patrons estoient faicts de merveilleuses entreprises et despenses, et qui de longtemps n'eussent pris fm , et avoit amené de Naples plusieurs ouvriers excellens en plusieurs ouvrages, comme tailleur'^ et peintres, et sembloit bien que ce qu'il entreprenoit estoit entreprise de roy jenne, et qui ne pensoit à la mort, mais esperoit longue vie ; car il joignit ensemble toutes les belles choses, dont un hiy faisoit feste, en quelques pays qu'elles eussent esté veuës, fiis.sent France, Italie ou Flandres, » et plus loin : « Davantage avoit mis le Roy, de nouveau, son imagination de vouloir vivre selon les commandemens de Dieu, et meitrt' la justice en bon ordre, et l'Église, et aussi de ranger ses finances, de sorte (|u'il ne leva sur son peuple que douze cens inilhî francs, et par forme de taille, outre son domaine, qui estoit la sounnt! que les trois listais luy avoient accordée en la ville de Tours, lorsqu'il fut Roy, et vouloil ladite somme paroclroy pour la dclïense du royaume, et quant à luy, il vouloit vivre de son domaine, comme anciennement faisoieni les roys. Ce qu'il ponvoit bien faii-e ; car le

s A I M T-W (' I. F l\ A N I) "A li lî F, \ 1 1, L K. 955

domaine est bien grand, s'il rsloii bien condnii, eoniiiris les gabelles, et certaines aides ; et passe im million de francs. »

Charles VIII, prince mal élevé, joignait à un goût' prononcé ponries arts, celui des fêtes et des plaisirs des yeux, seuls plaisirs de la bourgeoisie. Il entrevoyait la gloire que les arts attachent à un règne. Il n'y a point de fêtes accomplies sans les charmes que leur prêtent les arts, sans le secours de l'Arcbilerture qui les abrite ou les enrichit. Frappé de l'aspect des grands et magniliques palais d'Italie, avec leurs vastes façades, leurs cours, leurs colonnades et leurs gigantesques escaliers, leurs somptueuses salles, palais, où il trouva une hospitalité splendide, Charles en voulut avoir de semblables dans son royaume, pour nationaliser en France le luxe qu'il aimait passionnément et qu'il avait compris en Italie. Ayant rêvé la conquête de la Grèce, il fut obfigé de s'arrêter en route, et Naples fut sa dernière étape; c'est decette ville, comme pour s'en faire en quelque sorte un trophée de gloire, qu'il ramena en France des artistes, « des ouvriers excellents, des tailleurs et des peintres. » Ces tailleurs n'étaient autres que des appareilleurs et des sculpteurs d'ornements qu'on nommait ainsi à cette époque. Aussi les premiers indices de la Kenaissance dans les monuments du règne de Charles VIII sont-ils d'une ornementation ciselée.

Sous le règne de Charles VIII furent élevés : l'église des Cordeliers à Nancy, en l/iS/t ; la tour sud-ouest de la cathédrale de Rouen, en H85 (mais achevée seulement en 1507); la tour du nord, au grand portail de Notre-Dame de Mantes, en H92; l'église Notre-Dame de Louviers, en 1/)9G;-la cathédrale de Saint-Flour, une partie de l'hôtel du Bourgtheroulde à Rouen, le portail de la cathédrale de Toul, terminé en l/t96 par Jean de Commercy; la chapelle de l'Observance à Lyon, de l/(93 ; l'hôtel de ville d'Orléans, terminé en 1/|98; la chapelle du château d'Amboise; l'hôtel de Cluny à Paris, en 1485, continué en 1/|90; certaines portions du château de Blois; la porte du Caillau à Bordeaux, en UQÙ.

Saint Wulfran d'Abbeville est également un monument de la fin du xv siècle; la première pierre en fut posée le 7 juin 1/|88. Cinq travées seulement, encomplant le dessous des tours, sont du moyen âge; le reste de l'église est du milieu du xvn'' siècle. Le portail est loin d'avoir le bon goût de celui de Saint-Riquier, Il se compose d'un rezde-chaussée ayant trois portes couronnées de frontons aigus : ce rezde-chaussée est terminé par une balustrade au-dessus de laquelle

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s'élève, de chaque côté, une tour à deux étages. Au niveau du premier est une grande fenêtre renTermant une rose à six compartiments. Cette fenêtre est couronnée par un fronton à ligne sinueuse ou à talon. Les détails architectoniques de cette façade sont de mauvais goût, et, y compris la statuaire et rorneiiientalion, très-maniérés. Les voûtes de Saint-Wulfran ont ÔV" 10 d'élévation sous clef : la nef de la partie ancienne a 9™ 08 de largeur, de centre en centre des piliers qui s'élèvent sans chapiteaux, et d'où naissent ainsi d'une venue les nervures transversales et diagonales de la voûte. Saint-Wulfran n'a pas de triforium au-dessus des collatéraux : il est remplacé par ime petite galerie étroite et écrasée, dont l'elTet est manqué, quoique le flamboyant y soit employé avec profusion. Le portail de cette église a 35" 75 de largeur sur /|7"' /|0 d'élévation, du sol au-dessus de la baluslrade des tours '.

Louis \11 avait trente-six ans lorsqu'il succéda, le 7 avril 1498, à Charles VllI. C'était un roi doux, affable et juste. Les guerres avec l'étranger le préoccupèrent longtemps, et ce n'est que sur la fin de son règne qu'il tourna son attention vers les monuments d'architecture. Il continua, dans l'administration de la justice, les réformes commencées par ses prédécesseurs, et poussa, sans le savoir, à la paresse de la magistrature en la rendant sècknlairc de nomade qu'elle était auparavant. La magistrature ambulante était une réminiscence de l'influence germanique. Le graf ou comte qui rendait la justice dans sa circonscription se rendait là où il y avait discussion, entendait les parties en présence des choses, et décidait. Vers la fin du moyen âge le légiste laïque , l'esprit bourré de droit romain , fatras odieux de piincipes idéologiques, de textes ambigus et morts, eut le talent de faire naître ce qu'on appelle procédure. Alors on vit surgir tout ce monde du palais, une des plaies des temps modcines; la justice ne rendait plus ses arrêts que par rinlermédiaire d'un juge assis. Le bourgeois (|ui s'en était arrogé l'administration préféiait de beaucoup cette justice sédentaire aux anciens usages qui le forçaient d'aller chercher les plaideurs sur le terrain de leur discu.ssion. 11 pouvait

1. Voje/., pour les descriptions ilétiiillées île Saiiit-Uiquier et ilo .--iiiTit-WullVaii, EglUes, chiHtiau.i:, beffrois et koteb de vtlle les plus remartiuabUs de la Picardie et de l'Artois. Amiens, 1843. 2 vol. grand in-8 avec planches. — l'our bainl-Wulfran : nibliulhf(jue liisioriffuej luojiujueiitaiej ecclésiastique et littéraire de la Picardie et de l'Artois, puliliêe par 1'. Koger. Aniiei]S, 1814. 1 vol. in-8, — l'ortnil de Saint-Wulfran, Moyen (J38 Monumental et Arclieoloijique , pi. n" 339, Travées inlérieuics : id. n" 390 , Arc-bontaut. — Viollet-le-Uuc, Dictionuaire. t. I, p. 79, fijr. .ï9.

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faire hi grassi? malinûe, se rcndri; lanl au Iriluiiial cl sans fatigue, f'iilciulre piailler et souvent dormir; la séance terminée, il rentrait doucement chez lui, et tout cela sans grande peine. Aussi est-ce du règne de Louis \ll que dnli'iil tous ces palais de justice à st\le llamboyant de l'époque, et qui furent les cimetières du droit et de la justice à poste lixe, qui oblige les plaideurs à des déplacements, les éloigne de leurs affaires et compromet leurs intérêts pour les mettre d'accord. Une telle idée n'a pu s'élever qu'au sein d'une société imbue de principes de droit purement romain.

Sous le règne de Louis \II, comme sous celui de Charles VIII, l'esprit bourgeois, individuel, égoïste, de négoce, et d'agiotage, prit un lihre essor. Pour un gros marchand, dit Claude de Seyssel dans les Louannes du bon roi Louis XII , qu'on trouvait à Paris, à Rouen, à Lyon, du temps du roi Louis XI , on en trouve cinquante sous Louis Xll ; et ils faisaient moins de difficultés d'aller à Rome, à Naples, à Londres et ailleurs au delà de la mer, qu'ils n'en faisaient autrefois d'aller à Lyon et à Gênes. L'influence du moyen âge continuait à s'affaihlir sous ce roi qui aimait les lettres et les arts et qui avait un goût prononcé pour l'antiquité. Les bibliolliècpies des rois de Naples et des ducs de Milan furent réunies à celle de Blois.et le précieux cabinet de Louis de Bruges, seigneur de la Gruihuyse, fut acheté. Les ministres auprès des cours étrangères furent chargés de recueillir les manuscrits des meilleurs auteurs de l'antiquité. Louis XII disait que les « Grecs n'avaient fait que des choses médiocres, mais qu'ils avaient eu un merveilleux talent pour les embellir; que les Homains en avaient fait de grandes; qu'ils les avaient dignement écrites; que les Fran(;ais en avaient fait d'aussi grandes, mais qu'ils avaient manqué d'écrivains pour les dire. » Et dans le but louable de réparer cette lacune, il chargea l'Italien Paul Emile de Xérone (mort en 1529), Robert Gaguin (mort en 1501) et Jean d'.\uton (mort en 1527), d'écrire l'histoire de France depuis le commencement de la monarchie. On reconnaît déjà dans les ouvrages de ces auteurs l'esprit de la Renaissance, la réaction contre le moyen âge et la tendance à imiter les historiens de l'antiquité.

Le goût de Louis XII pour l'antiiiuité est prouvé par les honneurs et les pensions qu'il prodigua aux savants les plus distingués de l'Italie pom- les attirer en France'. .\ndré-Jean Lascaris, mandé en France

1. Éloigné de sa patrie, ce roi se montrait également liienveillant pour la science. C'est ainsi que, s'étant emparé de nouveau de Naples en 1 501 , il offrit au célèbre Jean-

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en U95 par Cliarles VIII. vint à Paris où il en.soii;;na le grec à Biidé et à Danès. En 1503, Louis \li le nomma anibass;ulfur à Venise. Lascaris lit des traductions latines de plusieurs auteurs grecs, que Claude de Seyssel retraduisit ensuite en français. En 1508, Jérôme Méandre fut appelé en France par Louis XII pour professer les belles- lettres à l'Université de Paris ; il y e.xpliquait le matin les auteurs grecs, et le soirCicéron. De son côté François Tissard inaugura l'enseignement du grec à Paris. Venise, jusqu'à cette époque, avait eu le monopole de l'impression des livres grecs. Tissard lit imprimer à Paris un recueil qui contenait les .Sentences des sept sages de la Grèce, les Vers dorés de Pylhagore, le Poëme moral de Phocylide, lesNers de la Sibylle d'Erythrée et quelques autres opuscules en 1507, en tête desquelles il mit une préface latine pour encourager l'étude des anciens. C'est encore sous Louis XII que commença à s'illustrer Guillaume Budé, né en l/j67, le véritable fondateur des études humanistes en France, homme doué du caractère celte et d'un esprit de critique infatigable, plein d'idée rationnelles, lucides et incitatives. La première édition de ses annotations sur les vingt-quatre livres des Panclecles date de 1508; six ans plus tard il publia son traité de Assc clpartibus ejus, dans lequel il expliquait la relation existant entre les monnaies anciennes et modernes, et éclaircissait une infinité de passages obscurs des auteurs de l'antiquité.

Les sainis, leurs légendes, les compositions ascétiques, le mysticisme et ses niaiseries, la scolastique, toutes ces vaines productions, en un mot, furent délaissées, et la raison, qui commençait à poindre à travers la grosse et rude enveloppe que lui avait donnée le moyen âge, recherchait de nouveau ce que la raison d'autrefois avait consigné dans d'immortels ouvrages de littérature, de science, d'histoire et de poésie. Mais l'étude de l'antiquité restait encore le domaine d'un nombre limité d'érudits; elle ne s'était pas encore généralisée et ne s'étendait point à l'ensemble de la classé qui se croyait et se disait érudile.

Ce goût de l'antiquité que nous avons fait remarquer en parlant du règne de Charles Vlll s'étendit .sous Louis \1I dans les monuments d'archileclin-e et devait aller en s'agrandissaul; et c'(>st eiïeciivement ce qui arriva. Chacune des années du counnenccmcnl du wi" siècle

.Tovien rontaims, qui avait t'tt' ministre sous Ferdi.iand r'"", ilo lo rétablir dans toutes .ses dijjnités; mais ec savant répondit qu'il ne cherchait pas à rendre sa vieillesse plus riche, mais plus occupée.

JKAN JOCOMiK. 1)59

aiTHclie pdiii' iiiiisi (liic iiii ili'liiil ilii i);iss(5 de la composition tics ar(:liitecte.s, siirloiil pour les ('diliccs profanes. Les nioniniiriiis dn ndic seuls conservent la vieille robe du xv" siècle.

Les architectes italiens de- la Renaissance se sont inspirés des ('difices du temps de l'empire romain, dont ils ont imité les détails en modifiant l'ensemble. Les architect6>s fran(;ais de la même époque, en cherchant h entrer dans le caractère des monuments que quelquesuns allèrent voir en llalii' et dans le caractère des construcliiuis gallo-romaines de la France, ne purent se dégager tout à coup et d'une manière complète des traditions et des réminiscences de l'architecture du inoyen âge, surchargée de saillies, de retraites, de petites surfaces, d'angles et d'une infinité de détails. De là, en grande partie, cette richesse dans les monuments de la Renaissance française qui contraste avec la sobriété des édifices de la Itenaissance italienne.

On lit et on relit dans les ouvrages qui parlent de la Renaissance française, que le frère prêcheur Giovanni Giocondo (en latin Jocnndas) ou Jean Joconde, appelé en France vers l/jOD par Louis XII, avait présidé, comme architecte, à la construction de bon nombre de monuments. Mais si l'on avait examiné les monuments qu'on lui attribue, on se serait aperçu , en les comparant à ceux qui leur sont antérieurs ou contemporains en Italie, qu'ils sont tous membres de la famille française, et qu'ils n'ofl'rent rien d'italien ni dans leur ensemble ni même dans leurs détails. L'influence de fra Giocondo ne s'est exercée que sur la pratique de la construction, que sur la technique de l'art, sur la stéréotomie, sur la statique : les principes d'exécution matérielle étaient oubliés ou tombés en désuétude. C'est ce dont on peut se convaincre par l'imperfection des moyens et toutes les fautes de construction que laissent voir la |)lupart des monuments de l'époque dont nous parlons. En Italie la statique et surtout la stéréotomie restèrent fidèles aux règles léguées par l'antiquité et conservées pendant tout le moyen âge dans ce pays, malgré l'ignorance qu'avait généralement répandue le christianisme; les architectes italiens eurent constamment les yeux fixés sur les édifices anciens, qui leur servirent de modèles autant pour la bâtisse que pour l'œuvre intellectuelle.

Qu'on, examine avec soin les restes du château de Gaillon, l'hôtel de Cluny à Paris, l'hôtel du Oourgtheroulde et le Palais de justice de Rouen, les portails des égli.ses de Saint-Wulfran d'Abbeville et de Saint-Riquier, et l'on se convaincra sans peine qu'il n'y a rien d'ita-

lien dans ces moiimuriiis, pas plus que dans le MiaL,'nili(iiit' tunibeaii des cardinanx d'Aniboise de la calhédrale de Rouen. La plupart des profils des moulures, comme la conception des ensembles, ne sont que des réminiscences métamorphosées du moyen âge. L'ornementation est souvent composée de plantes indigènes. On y voit à la vérité l'emploi, mais encore l'emploi réservé du rinceau antique et un commencement d'imitation de la feuille d'acanthe; mais on conviendra que cela ne suffit pas pour prouver l'inlluence de l'art italien. Comme nous l'avons déjà dit, il y avait encore en France assez de monuments antiques pour servir de types à nos architectes nationaux. Vitruve commençait à être connu, et comme son œuvre était la seule qu'on possédât sur l'architecture des anciens, on s'en servit pour se guider dans la nouvelle voie qui se frayait.

Mais revenons encore un instant au frère Giocondo. |1 était philosophe, théologien, très-habile antiquaire et philologue. Dès sa jeunesse il s'était destiné à professer les langues et les littératures anciennes. Les aris n'occupaient que ses moments de loisir. Ce n'est qu'accidentellement qu'il se voua à l'architecture pratique. Sauvai, né en 1620, à peine un siècle après le séjour du frère Giocondo en France, et qui eut à sa disposition le trésor des chartes, dit en parlant du pont Notre-Dame de Paris, attribué à Joconde, qu'il fut construit par un Français du nom de Didier de Félin, et que Giocondo n'a été que le contrôleur de la pierre. Sauvai se fonde sur un arrêt du pariement de Paris, qui donne à Didier Félin le titre de " maUic principal touchant la surintendance de l'œuvre de maronncric, » et à Giocondo celui de « commis a soy donner garde sur la fornie d'icelui pont. » Le rôle du frère Giocondo se borne ici à celui d'appareilleur. Le continuateur des Chroniques de Monstrelet dit, sous la rubrique de l'an 1500, que a le roij y envoya Jean de Doyac pour donner la conduite de refaire ledit pont, lequel fat fait en petit de temps. » Donner la conduite du pont n'est autre cliose que de le faire exécuter. Giocondo était plutôt constructeur (|u'arclntecte , ingénieur qu'artiste; il a pu être versé dans l'histoire de l'art, et posséder encore l'art ilu tiait. La plupart des travaux littéraires de Giocondo prouvent qu'il était plutôt théoricien que praticien; il était avant tout anticjuaire. C'est ce qii(^ ])ri,)uve son édition de Mtiiive, les explications et les interprétations qu'il donna à liudé pour ses annotations sur les Pandeetrs. son édition de Pline le Jeinie de 1508, le traité de Prodigiis de Jiilius Obse(iuens, ses travaux philologi-

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ques et archéologiques sur Il'S (loiimientaircs de César do 1513, son édition du Traité de Frontin sur les aqueducs, de Caton, de Varroii, de Columelieetde Palladius, etc., etc. A son mérite d'habile antiquaire et de philologue, il joignait encore celui d'ingénieur distingué. Le sénat de Venise lui reconnut hautement ces qualités en le consultant sur la manière de terminer le canal de la Brenta, dirigé sur les lagunes de Chiggia, pour empêcher de nouveaux atterrissements auprès de la ville.

Un grand nombre de monuments de tous genres ont été élevés sous le règne de Louis Xll. Mais à cette époque de décroisseraent très-sensible de la foi chrétienne, la dimension des monuments religieu.x commence à s'amoindrir. Les manoirs et les palais des princes et de la noblesse s'agrandissent, au contraire, et prennent un aspect moins sévère que les châteaux féodaux du moyen âge. On recommence à habiter la terre et l'on songe à s'y loger plus commodément. L'esprit sociable et positif de l'homme, en lui faisant goûter les douceurs de la paix, adoucit aussi les mœurs trop barbares des siècles précédents qui avaient converli chaque habitation en château fort, en abri contre le voisin belliqueux et pillard, état de choses qui n'était que la suite de l'insuffisance sociale du christianisme.

Parmi les architectes du temps de Louis XII, nous citerons Pierre Valence, de Tours, employé en 1508, par le cardinal Georges d'Amboise, aux constructions du château Gaillon; Pioullant Le Roux, maître maçon ou architecte de la cathédrale de P»ouen, à laquelle il ajouta le porche principal de la façade occidentale et le dernier étage en pierre de la tour qui portait la llèche centrale. C'est à cet artiste qu'on doit aussi, pensons-nous, le beau tombeau des cardinaux d'Amboise dans la cathédrale de Rouen; Hector Sohier, né àCaen, qui commença en 1521 le chevet de l'église Saint-Pierre de sa ville natale ; JeanTexier, de Beaucc, qui éleva, en 1507, le clocher septentrional du portail ouest de la cathédrale de Chartres ; Jean Lesveillié, auteur du portail de Saint-Riquier et du reste de cette église ; Roger Ango, qui éleva le palais de justice de Rouen en 1^99, à l'exception de la salle des procureurs bâtie en l/(93, sous Charles VIII; François Gentil, de Troyes, qui travailla au portail de la cathédrale de sa ville natale; Martin Chambiges, de Cambrai, architecte du transsept de la cathédrale de Beauvars, qu'il commfnça en 1500, et du portail de la cathédrale de Troyes ; il eut pour collègue Jean Vast, de Beauvai^; Michel Lalye, successeur de M. Chambiges en 1532 dans- les travaux de la II. 27

LIVI'.E SLICÛM).

cathédrale; il teniiiua W- purtail lUi siul; liidk'rde l-'c'liii, elle jiar Sauvai comme ayant bâti le pont Notre-Dame de Paris, terminé en 1507 ; Loys van Bog'ien, archilcclc de l'église de Brou de 1505 à 1532;

Musnicr, qui dirigea les travaux de la catliédrale de Moulins en 1508; lluguel Sainbin, architecte du portail de Saint-Michel de Dijon, terminé en 1537.

En l'année 1475,' les Français brûlèrent le monastère de Saint-Ri- (juier, et son ancienne église abbatiale devint la proie des flammes.

Le nioniunenl actuel, élevé dans le sljle llaniboyant, appartient encore au moyen âge quoique la première pierre en lut posée seulement vers 1500. L'architecte était un Picard, nommé Jean Lesveillié. On conserva certaines parties de l'ancienne église incendiée, ce sont celles qui sont. teintées en noir dans notre plan. Saiiii-llicpiier a 88"'IJ0 de longueur dans œuvre , depuis la face intérieure du mur du portail jusqu'au fond de la chapelle de la Vierge; la nef a 12"" 80 de largeur de centre en centre des piliers, et la largeur totale de l'église est 25'" 25. La voûte île la nef a plus de 2/i mètres d'élévation. Toutes les voûtes sont à nei'vures richement prolilées, qui forment presque parli)Ut des croix et des étoiles à quatre rayons; celles des deux voûtes à droite à l'entrée du collatéral sont décorées de jolis culs-de-lampe. La nef est formée de colonnes, cantonnées de quatre fines colonnettes. Les chapiteaux se composeiil de feuillages, de (juadriq^èdes et d'oiseaux fantastiques. Au-dessus des collatéraux règne un spacieux et élégant triforium. Le portail de Saint-Riquier est d'une richesse qid va nièuie jusqu'à la profusion en fait tie détails, ainsi que le nionlre notre jirjiux /|15. La statuaire de ce portail a de l'élégance. Aux deux

4t4. — Plan de régrisc de Saint-Itiquit-r. Échelle de 20 mûti-es.

IKiLlSl' DK SAIM-RIQI'IF.R.

portes latérales reparait déjà le rinceau à feuille d'acanthe. La tour qui s'élève au centre a 50 mètres d'élévation, et le portail, sans les contre-forts, a 28"" 25 de largeur.

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P'iR1i|)

415, — FaçaJe occidentale de Saint-Itiquitr,

964 LIVRE SECOiSU.

Parmi les monuments remarquables du règne de Louis XII , nous citerbns encore l'élégante façade de l'hôtel de ville de Saint-Quentin, bâti en 1509. Au rez-de-chaussée l'on voit sept arcades, formant une galerie à jour et composées de piles très-élancées ; les ogives ont des archivoltes richement ornées de feuillages, de pompons, et séparées les unes des autres par de jolies clochetons de gracieuses proportions. Sur une corniche saillante à feuillages, s'étend une rangée de neufs fenêtres, séparées les unes des autres par des niches à baldaquin, où il y avait des statues que supportaient des consoles de bon goût. Vient ensuite une corniche où s'épanouit une voluptueuse végétation et surmontée d'une balustrade qui elle-même est couronnée de trois pignons, ayant des rosaces à étoile et qui termine dignement cette jolie façade. Si l'on bâtissait encore en Picardie dans le style du moyen âge sous le règne de Louis Xll , il n'en était plus ainsi sur les bords de la Loire, où nous rencontrons l'hôtel de ville d'Orléans, commencé sous Charles VllI, mais terminé* en- plus grande partie sous son successeur. Là, nous voyons déjà l'empire du style de la Renaissance. La façade de cet hôtel de ville est très-élégante; des pilastres coupés par des cordons supportent un eutablement formé de jolies coquilles accolées, et quatre frontons aigus et deux lanternes à six pans dominaient cette façade. Entre les quatre fenêtres il y avait des niches à baldaquins saillants et à consoles où étaient placées les statues de quelques rois de France.

ALLEMAGNE

lilliLlOGIiAPUIE.

S pliC"!! bte , 3. S. — Itchv adieulfcfic 5[v*itcftiir mit tctcii Ihfvvung. -Çallt, 181l'.

In-ful.; avt-c 18 planches, ïliollcr, @. — ïcnfmaltr ici- tcutrdieii l'aiifuiifl. î;aniiil.itt, 1815 à 1822. 2 vul.

in-fol. 2« édition, 1836.

Sicvillo, 3. ■£. — ®cfd)idilc bec jcidjnciitcii Jtûnilc in îcutfd'l.mb uiib tcii rcïtiiiijtcii

SîieberUnien. ^aiiitrïcv, 1815 à 1820. 4 vol. in-8. Siifiiiiig, 3. ®. ®. — Ucbn tic (icttcttige QVji.ilt tcï JJircficn mit tcfoiilcvcr Sfuttrid't

auf SicMau. StrtSl.iii, 1817. In-8.

Si((Mic>Dê!\), es. rcn. — ïeiitmale iec Saiituiijl uiit 'i'iliucvci fcS îDIitlcI.iltciS iiii

iijlcvïfirfiifdicit Jîaiferttium . aCicii, 1817. In-fol. •èuiHeStjaijen, S. — ïcu altcii joKMfdini Jî.n.'c(lc ju ûvaiitcntcvj ©runtiif', 3(ufrip uiit

îuiiijénitt, ticbjl ©tt.iiiFcn ûttr bif iojcii.iiinte gin^ifd't Jîird'eiitautuiiil. Sranf-

futt a. ÎBÎ., 1818. Infol., avec 3 planches. Sûfdiing, 3. @. ®. — SJeife kuïd) ciiiigc 'Dîfmiict llll^ Jîiidifu tc3 nintlid'cn Sculfdi'

laiibS. Seivsig. 1819. In-8.

©tiegti^, 6. S. — Son alltentîd'cc SS.iutunil. Scivjij, 1820. Un vol. in-4, et atlas

in-fol.

S3iifd)ing/ 3. @. (M. — 'i'evfiidi cinev dinUitunij iu Ht ©cféidjte tcc iiltb£utf*cn ï.iii'

nit. SBttSlini, 1821. In-8.

Soijfette, S. — Stnfiditen, Siijfe unt cinjclnc îfititc ttS îcm? ju Jtctn. ®luttg.ivt,

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îa^ve- SIS. — ï>is SUtetl^ùnicï in teutféen ïïautuufl iii itx Stalt Scjl. ($'i\tn, 1823.

2 vol. in-4, avec planches.

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9G6 BIP.LIOGRAPIÎIE.

Siiegliç, S. 8. — ®cf((ii(l)tc icx 4<.iiituiifi '.'cm fi-iilicfttn 'îlltcvtfmmc tiê in lie iitiintii

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êdiloffcr, ■§., une S ifd)t'eiii , %. — îciifmàlcr alitcutfj'tv aSaufuujl in Siibcif. Sû<

berf, 1831 à 1833. In-fol.

Sliu^I, Gf. — ®ctântctcS aiattclallevS in ®ctn6aufen. Svnnfiuvt, 1831. In-ful. ©trott/ 3. ^./ unt 3)! cS'crluim / 5. @. — îlvdiitctteniiM'e îtnlmâler ter îlltm.iif

ÎBvantcnbuvg. !ïert oon g. j!ug(er. Scilin, 1833. In-lbl. SBoifftvte, ®. — SeufnMle Mt liBautuull «cm "tcii t'if ;um 13tfn S.itvl'unttit am

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uni 'ïîcnumente ter golliifdien l'iiutunii am D)iain. 9il;cin nnt an ter S,ilin. grant<

furt a. Si., 1833 à 1839. In-fol.

il-oVV' 3.' unb SJûliiu, S. — îie Slvdnlcctur tc3 Sîillel.ilterî in ffiegenêturg. SiegenS-

turg, 1834 à 1841. Gr. in fol.

Stiegliç, S. 8. — ÎScitrâge jur (Scfdiirtite ter îlnSfciltung ter l'.iutuufi. Seivjlg, 1834.

2 vol. in-8, atlas de 25 planches in-ful. SPùttrid», S.. ®e>)fer, ®. SB., iint «ticgiie, g. S. — îentni.ile ter Sî.iutniifi te«

9);ittcl.ilter8 in Sad-fen. Sei^ig, 1835 à 1850. 4 vol. in-4. SKinntcli. 21. son. — îenfmSIcr mittel.iltcilid'cv .Riinji in icn l-r.intentuvgiid'cn ïïi.ir-

ten. aJerlin, 1836. ]n-fol.

Sdimiit, 6. 2B. — Sicniifde, tsi^mtinifd'e unt gctnianifdic ïautcnfmale in îricr mit

feiner llmgcbung. Srier, 183() à 1H41. In-fol.. texte in-l. ©rùter, 43. — iTcutfdie 'Aiuseriieningen ton ®ebàuten auê tem 13. nnt 14. Ô.itirtun-

tctt in S?,ivcvn. îDiiinitien, 183B. In-fol. S.iff.iulx, 3. 6. «on. — 31rd;itettcnifdi>^iflorifdie l'emcrtungen ùtcr tie 4'amrerte am

Sî^fin, dans ..Mticiutcifc »on Str.iêturg tiS Siottetbam." son 3. 31. Jîlcin. Soblenj,

183H, 2'^édit.,in-8.

aifiitler, g. .ç. — Seitrâge ^uv tentfd'cn .tuiid- mit ®efd)idilétuntc tuvd) Jîimiitenl.

m.ile. Seiv'jig nnt Eatmjiait, 1837. Un vol. in-4. 4. Ils lit, CS'. — 3uv ®efd)i(ile ter 43.iu!un|i> ter tilîenîen nnt jeidintnlcn iîiinjic in

SDiâliren. 4?nniii, 1838. In-8.

ïurfdj, ®. ï!. — 3lefif;etil ter dirtfilid'cn Httenttn Jlîunii te! fflîittttaltevJ in ïentfd"

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In-8, avec planches.

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1841. ln-4.

Jîugler, g. — §aut('Ud) ter Jînn|lgefdM*tc. êtutigart, 1842. Un vol. in-8. 3' édit.,

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neue 'lyetfe ter îlrdutettur, le. ïeiViig, 1842. 2' édit., IfMlî. 2 vol. in-8.

lilIU.lOC, IIAPIIIK. 907

"1> iittmanii . 'Ç. — ,<5iiiiPi"(('.Uit imb i^uittiitniâtcr niit Sificiii vcn l'.iîtl ii( .§t'tl,iiit.

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S ail en ta*, ®. @. — @cfd)idit5'21bvip ter tciitfdi = mittcliiUcvIid;cn a:,iutiui(t. ll!nn<

dicn, Ut4(i.

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Urtidiê, 6. ïntw. — 3Mc 2(vri« t"' 'iltcn S.iilliFcn. ®ieif«iM(b, 1847. In-8. Ouajl, 5. '.H'n. — 'i'citvjjc iuv diïiMioloçjifdjcn Scilinimung ttt âftevcn ®ctSui)c SulnS

m ium II. 3at)itinnbeit, ilans ,,3al)vtiid)cv bc8 Sereine ton 3literlt)umJfrennkcii

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lantcJ VH'n iljren îCnfângen Iné ;iir ïoUcnieKii lurditilljnng ces gviÇ''i-'3f'"S'*)lS.

■êalle, 1850. In-4.

3)icrten3, g. — Sic Sautunfl teS ilîittel.iltevS. a?crlin, 1851. ln-8.

— Sic Saufuiijl tea 3)iittc(cilter3. Srfle 3(lit()ei[ung : Sic fflautunfl in îenifitLinb som Satire 900 l'i« inin S.itjre 1600 n. (Sbt. Slin'nogv.ivljiîd'c îafeln t'egicitct ïon cincm crtlaunben îcrt. 'ïerlin, 1851. ln-8 et in-fol.

Si3r(ler, e. — (Sefd'iditc ter bcutfdien .Runiî. Stivjig. 1851, 18.53. 4 vol. in-8. Sdiillcr, 6. ®. ÎB. — Sic itiittelaltevlidie îltdiiteftur Staunfdiweig3, je. ïBraunfi^raeig,

Oiiaft, Si OUÏT. — Teiifm.ile ter "ïanfiiiill in ïirenjien. l'erlin, 1852. Srtniiitt. M. — 'Saii.ilterttjiiincr in i'ilimen. l'v.ig, 1853. Cuaft, g, son. — Sie rcmanifdieii îeiue tc8 'SiiticlatteiS ju 3)!.iinî, œveier, ÎSi'vinJ.

itritifé iinterfiidjt uni Iniii'tifdi feftgellellt. 'Berlin, 1853. fir. inP.

968 DIRLIOGRAIMIIR.

^uglcr, St. — jîUiiit îiljtifteu mit Stuticn juc Jîunfigîfdjic^tc. Stuttgart, 1853 à

1855, 3 vol. in-8.

SifeiitD^r, g. — 3)iitttU[tcv(i(l)e 'S.iumcvfc im fùtictiHit^fn Sculfdilant. CSattSrutie,

1853. In-fol.

Sûbtc, as. — Sit mittelaltci-lid'C Jtuiifi in aBciIftwlcn. Scil'iig, IHôS. In-8 et in-fol. ®tJriiigev, %. Ç. — Sie S.iutunii kc3 ditiflliclien 2)!ittclaltev8. Sonu, 185J. Gr. iii-8,

avec 300 figures.

Dttc, .g. — .éanitud) tev fivdilirfKii .SÎuiijl.Jlid'AclL-gie bc3 teutfdicn 2)iitttlalttvS. Scif.

jig. 1851, 3" édition. Lai", 1842.

SRtidjciifvecgct, 51. — Sitigcvjciije auf Hm (Scbittc tct tirditiditn .Riinfi. Seivjig.

1854. Iii-B.

fflîejmcr, 3. 31. — Itctcr tcn Uvfptuiig, tic (Siitunifclinij uiib Sebciituiij tft Safilif.!

in bcr djrijilidKn !8.iulunil. Seif^ig, 1854. In-S. Sûbfc, ac. — @cfdiidite ter îlrd'itcflut son tcn âltcncn 3citcn tiS auf bit ©cgcnivart.

«cln, 1855, 1 vol. in-8, 2' édit., 1858. Êrfcnroein, 31. — 9!otbbtutfd>lanbS S.idjicinbau im Biitttl.iltcr. Cavlsnibc, 1855.

In-folio.

Sônlcr, 6. — ïciitm.ilc bculfd'cr i'.iufunjl, l'ilbiicrci unb llùiierci von Sinfulnuiig it3

CStivijlentbitms bis auf bie ncueftc 3cit. Scifjig, 1855. In-4. Cttc, §. — (Srunbîiigc bcr tirdjlid'cii Jîunil=31vd\u'Ipgie btS bcutfd;en 'ffiittclaltns. Stip-

5ig, 1855. ln-8.

Seibniç. ■§. — îic Crg.iiiifaticn ter Stcivotbe im dirifllid-en Sird'ciib.iu. Scifjig,

1855. In-8.

!B!ittt)ei(ungcu ter f. f. CSciitiat-gonimifficii juv Srfcrfdniug uiib 6rl),i((uiig ter S.iubcnf.

mate, k. aBieii, premier vcihime, 1856, in-4. Ouafl, 5. non, uiit Ottc, ■§. — Scitfdirift fur duiillid'c ÎCrd'âclogic uiit .Run|l. £eii"

jig. premier volume, 1S5U, iii-4.

^eitct, ®.. (5 itelbevgev, 9i. t., unt .Çiefcr, 5. — !Bîittcl.ilterli*e Jîunfiicnfm.Ut

be8 i.>|îertcid>ifdjcn 'JîiUferfi.iateS. Premier volimie. Stuttgart. 1856. In-4. •ëa^let, Dr. — 3ur Olefdiiditc ber lirdjlidjcu aSautunjl im 3Jiittcl.iltet. aBcvUii,

1857. Ia-8.

ajitingftvtnev, Si?. — llrfmung unb Siitiviitlung bt« diriOlid'tii Jîirdiengebjutes. Seip-

Jig, 1858. In-8.

Duttii, g. son. — îic Sntirieftlung tci duifilidien iîir*enb,iucj. Scvlin, 1858. Gr. in-8. Sûbtc, as. — Sorfd'ulc sur ûkfdiidjtc ber Jîirditnbaufunfî bc« ilîittelaltcrS. S-'eipjig,

1858. Brochure in-8 de 82 png-es.

(Si)C, 31. son, unt galte, 3ac. — iîunjl uiit Scben ter iîcrjcit wm l'eginn tes IVittelaltetê bis ju Slnfang ici lU. 3.ilnbuntcrt8, in Sfiiien nadi Crigin.ilbcutmâlcru. Sîùrutcrg, 1859. In-4.

Slblct, g. — 3)iittelaltcrlidie l'adilciu-l'.iuircvtt tes vreupifdien Stiiatc*. i'evlin lS-'59. In-8.

ALLEMACxNE

C 0 N s I D F. Il A T I 0 N S P. K M; R A L E S.

La succession des styles d'architecture est à peu de chose près la même dans presque tous les pays de l'Europe pendant le moyen âge. Jusqu'à Charlemagne , on bâtit d'une manière barbare en s'inspirantdes monuments romains ; avec ce grand empereur se produit un style nouveau, plus original que le style précédent et dans lequel on remarque quelque progrès. Au x'' siècle, règne le plein cintre ou style roman , remplacé au xu' par l'architecture de la transition, du roinan à l'ogival. Le style du xnr' siècle devint commun à la France, à r.\ngleterre, à l'Allemagne, à une partie de l'Espagne, mais il ne s'acclimata point en Italie. Il en, fut de même de l'architecture ogivale du XIV"' siècle et même du flamboyant de 1/|50 à 1525. En Angleterre, ce style est remplacé par ce que les Anglais nomment le style perpendiculaire. Dans son genre propre, la supériorité et l'élégance, par excellence, appartiennent incontestablement à l'architecture fran(^aise du mo\en âge. Pour les styles de celte époque, il se produisit en France ce qui eut lieu dans l'antiquité chez les Grecs. L'ancienne Lutèce, le Pgris du moyen âge, devint un centre d'attraction pour tous les génies et pour tous les talents : c'est ce qui en fit de bonne heure un point où convergea la civilisation, quelque iiiiparfaite qu'elle fût jusqu'au xv!*^ siècle. Dès IIP, Paris avait son université; dès le xf siècle, la France était fière de posséder les nefs de Saint-Étienne et de la Trinité deCaen. Au milieu du xu'', elle fait une révolution dans le style de l'architecture; au xnr', l'architecture ogivale est nommée manière française par les autres nations. Quel est le portail à l'étranger qu'on pourrait mettre en parallèle avec ceux des cathédrales de Reims, de Paris et d'Amiens? Quelle est la nef qu'on pourrait corn-

970 ■ LIVRE SECONn.

parer à celles des cathédrales de Reims, de Paris, d'Amiens, de Noyon? Quel est le chœur qui pourrait surpasser ceux des cathédrales susnommées et celui de Saint-Pierre de Beauvais? Où sont, à l'étranger, des portails comme ceux de Saint-Riquier, de Troyes, de lUic, de Saint- Maclou?

Les nionumcnls sont l'expression du caractère des peuples. C'est le climat et la nature, avec les influences de l'extérieur et les aptitudes morales des races, qui développent les facultés de l'homme. CluKjue nation a gravé .son caractère dans son architecture.

La tendance naturelle de l'esprit germanique qui consiste à visiter des contrées inconnues, à chercher la chaleur du soleil et le développement des facultés intellectuelles, poussèrent les peuplades germaniques à abandonner leurs forêts et leurs marais septentrionaux, à émigrer au sud et à l'onest et n envahir les extrémités occidentales de l'empire romain quelques siècles avant l'ère vulgaire. L'état intel- Mectuel des Germains dans leurs sièges primitifs n'était point du tout barbare ni sauvage. Leur réflexion et leur imagination avaient un degré assez avancé de maturité pour avoir pu concevoir une religion rationnelle et pratique, avec l'unité de Dieu en tête. Leur droit était simple et précis, quoique perpétué par la tradition orale; leur constitution consacrait l'hommage lige envers un chef élu qui avait non le pouvoir judiciaire, mais seulement le di'oit de présidence dans le tribunal. Chez les Germains, le sentiment de la famille était profond, et tout aussi profond était chez eux le sentiment de la dignité personnelle. Ils habitaient des bourgs et des villages; leurs maisons'étaient construites en bois et quelques parties enduites en blanc. « Les anciens Germains, dit Tacite ', ne savent point construire; ils ne connaissent pas l'emploi de la pierre ni de la brique. Ils prennent iioin- leurs cabanes toute sorte de matériaux sans forme et sans beauté; (]uelques parties de leurs habitations él lient enduites de terre et polies, ce qui leur donnait l'air d'être peintes. » La Tanfana , que détruisirent les Romains l'an H de l'ère vulgaire, était le temple suprême : c'était un monument élevé au-dessus du sol ; sans cela, Tacite, en parlant de sa destruction, ne se serait pas servi des mots : solo xquarc-.

Dans Tbietmar, évêqiie de Mersebouig au xi"" siècle, on trouve une description de ville que nous rapportons ici. « Dans le gau des Reda-

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