‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 204 sur 309 · Sommet des touis (le Notre-Dame de Hulberstadt · texte numérisé non relu

Sommet des touis (le Notre-Dame de Hulberstadt

4'."j. — Plan de Notre-Dame de Halberstadt.

fort simples. Comme le porche en question n'est point en harmonie avec la largeur de l'église, et que son style, au moins pour le bas, trahit luie plus haute antiquité, il est présiuiiahle que ce porche appartient à l'église construite en 1005. Les piliers de la nef de Notre- Dame de Halberstadt sont carrés et rectangulaires , avons-nous dit ; ils sont, de plus, dénués d'ornementation verticale, c'est-à-dire privés de colonnettes et de gorges, etc. Ils n'ont qu'une base et au sommet un tailloir orne de plusieurs moulures. Cette simplicité n'est pas le cachet d'un grand âge, ainsi que le prouvent les églises de Notre- Dame de Magdebourg et l'église conventuelle de Fredelslohe, près

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d'Einbeck : la première, élevée de IO6/1 à 1078, et la seconde, commencée en 1130. Mais le développement le plus splendide de la basilique à piliers se voit dans l'église conventuelle de Thalbùrgel, près de Jena. Là, les piliers sont ornés de six colonnettes, deux sur chacune des faces et une sur l'épaisseur. Ces colonnettes ont des bases et des chapiteaux. Les archivoltes des arcades sont égaleniml enrichies de moulures diverses.

En Saxe, l'usage des colonnes seules pour la nef est beaucoup plus restreint que celui des piliers. Nous citerons, comme un dos exemples les plus anciens, l'église collégiale du Moritzberg, non loin de Hildesbeim, fondée vers 10(j0, et, comme un des plus beaux, l'église conventuelle de Paulinzelle de 1105. Là, les colonnes sont sveltes et s'amincissent vers le sommet; elles sont couronnées du chapiteau cubique, lui-même coiffé d'un tailloir composé de plusieurs moulures horizontales. Les bases ne sont point attiques; elles reposent sur une plinthe : vient ensuite un gros tore avec griffes aux angles de la plinthe, une gorge et enfin un plus petit tore sur lequel repose le pied de la colonne. Sur l'axe de la colonne s'élève une moulure verticale (jui en rejoint une autre horizontale et qui forment ainsi un encadrement carré aux arcades. H en est de même à la nef de l'église de Thalbùrgel et de Hamerslcben , la dernière fondée en l'année 1112. Cette église a 57™ 10 de longueur dans œuvre : la nef a 9™ 70 de largeur, d'axe en axe des colonnes. Les arcades, qui séparent la nef des bas côtés, ont 4" 55 d'élévation. Le plan de notre église ressemiile à celui de Notre-Dame de Halberstadt, fondée vingt-trois ans plus tard que celle de Hamersleben. Les fenêtres du chœur circulaire ont un encadrement rectiligne comme celui des arcades de la nef : il est seulement beaucoup plus simple.

L'églisedeKœnigsluiii'r, mm loin de Brunswick, fondée ou restaurée vers 1135, est une basilique à piliers, de 75 mètres de longueur hors œuvre, sa nef a 10'" 25 de largeur. Cette basilique a un transsept, un chœur allongé terminé \)i\r une abside circulaire : do chaque c(Mé il y a un bas côté parallèle à l'axe de l'église et terminé également par une petite abside moins que semi-circulaire. Le chœur commimique avec ces bas côtés par d'éléganles arcades formées par tin pilier carré canloimé sur ses deux principales faces d'une colonne. La voûte actuelle de la nef était primitivement une couverture plate. Les colonnes d'un des portails s'élèvent sur deux lions puissants. Ces lions rappellent ceux placés dans lui frontiui et séparés par une

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coloiino ail portail du traiissopl sud de l'église de Hamorslpbcn, et disons pour mémoire que ces lions, avec la colonne centrale, ne sont qu'une réminiscence de ceux que les croisés virent à la porte do Mykène. Mais là ils sont debout, tandis qu'à Hamersleben ils sont couchés, ce qui vient de ce qu'à Mykène l'espace est triangulaire, tandis qu'à Hamersleben le fronton qui les contient est moins élevé, puisqu'il n'est formé que par un demi-cercle. Dans l'église de Kœnigslutter les piliers sont iorl simples, sans gorges et sans colonnettes aux angles; mais leur corniche d'imposte a tantôt, comme membre principal, une moulure qui ressenible à l'échiné dorique, tantôt une plus riche composition. L'église de Wechselbourg, fondée en 117Z| , est une autre basilique à piliers, dont les angles sont ornés tantôt de gorges , tantôt de colonnettes. Mais l'entente de la décoration des piliers est mieux conrue dans l'église sur le Petersberg auprès d'Erfurt, incendiée en ll/)2 et consacrée déjà à nouveau dès ll/i7.

Si nous passons de la Saxe dans le bassin du Rhin, nous y trouverons une imitation plus complète et plus soutenue de l'architecture romaine de l'Empire. Là, comme nous l'avons déjà dit, il y avait des monuments auxquels on emprunta des types. Trêves était encore restée une ville entièrement romaine; Cologne avait conservé son Capitole et une infinité d'édifices du temps de Constantin. Plusieurs autres villes possédaient encore des murailles, des portes, des tours et des ponts élevés dans le caractère romain. Aix-la-Chapelle, Nimègue et Ingelheim offraient des palais et des édifices carlovingiens imités de l'architecture romaine. Sur les bords du Rhin, les traditions latines se conservèrent jusqu'au xi' siècle. Le porche de Saint-Pantaléon, reste de la construction de l'archevêque Bruno (de 96/i à 980), a encore des assises de pierre alternant avec des assises de brique : il a en outre des corniches rappelant l'antique; certaines parties de l'église de Sainte-Marie-du-Capitole, à Cologne, et qui datent de 10/t9, offrent une alternance d'assises de pierre rouge et blanche, ainsi que des pilastres supportant l'entablement sans l'intermédiaire d'arcades. Les chapiteaux dans l'église d'Echternach de 1031 sont corinthiens, semblables à ceux des temps carlovingiens, et enfin, dans l'addition qu'entreprit l'archevêque Poppon en 1047 au dôme de Trêves, on aperçoit l'emploi de la technique romaine de la manière la plus complète. Mais l'usage de la colonne dans les monuments romans sur le Rhin était rare; la qualité de la pierre portait à faire reposer les arcades circulaires sur des piliers carrés; aussi sont-ils pour ainsi

dire exclusivement employés dans les églises de ces contrées. Telles sont les églises de Lorscli, postérieure à l'année 1090, consacrée en 1130, de Kaiserswerth , de Hirzonach (1110), de Johannisberg (antérieure à 1130), de Saint-Matthieu de Trêves (de 1129), de Kommersdorf , d'Altenaiir, de Sainte-Ursule, de Sainte-Cécile, de Sainte-Mariedu-Capitole, des Saints-Apôtres et de Saint-Martin-le-Grand à Cologne. D'un autre côté, les basiliques à colonnes sont très-rares dans le bassin du Rhin. Au nombre de ces basiliques, nous citerons l'église conventuelle de Liuibourg sur le Hardt, fondée en 1030 par l'cmpe-

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