‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 226 sur 309 · BELGIQUE ET H O L L A N D,E · texte numérisé non relu

BELGIQUE ET H O L L A N D,E

HIHIJOGRÂPHIE.

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PAYS-BAS

UELGIQUE ET HOLLANDE

Les Pays-Bus, situés entre la France et l'Alleniagiie, empruntèrent à ces deux pays et donnt^rent un certain caractère d'indépendance et d'originalité aux emprunts qu'ils firent. Mais ces contrées ne sont pas riches en monuments de l'époque romane. Aux ix^ et x" siècles, les Pays-Bas furent envahis par les Normands et les Hongrois, qui étaient de grands destructeurs. Au ix" siècle, les provinces belges étaient encore peu peuplées, marécageuses et couvertes de forêts : le bois seul était employé pour la construction. Ce ne fut que vers le x*" siècle que des couvents et des églises furent fondés dans les Pays-Bas ; mais il ne subsiste rien de ces constructions.

Dès 965, rarchcvèque Bruno deCologne commença l'église collégiale Saint-Vincent-de-Soignies, qui ne fut achevée qu'au xi" siècle. C'est une basilique à trois nefs avec transsept, et à piliers alternant avec des colonnes. Au-dessus des collatéraux s'étend une galerie, dont la face sur la nef est formée de pilastres. L'église abbatiale de Saint- Ursmer, actuellement paroisse du village de Lobes, est aussi une basilique avec alternance de colonnes et de piliers ; elle a été éleyée de 10^6 à 1095. On cite encore, comme ayant été des basiliques à colonnes seules, les églises de Saint-Sauvem- à Harlebecke et l'abbatiale de Saint-Trond, aujourd'hui détruites. La dernière de ces églises datait de l'année 1055, mais elle fut incendiée dès 1082. La plupart des autres églises étaient à piliers très-simples et qui n'avaient même point de corniche d'imposte. Telles sont encore les églises Saint-Denis de Liège, qui date de 982, de Waha, village dans la province de Luxembourg, consacrée en 1051; les grandes églises de Saint-Servais et de

Notre-Dame de Maestricht. Les églises de Sluis et de Westrem dans la Flandre orientale sont d'un style tout aussi simple que les précédentes, quoique leur construction date du xir siècle. La grande église conventuelle de Sainte-Gertrude de Nivelles, consacrée en 10/)7 en présence du jeune empereur Henri IV, est une basilique à piliers avec transsepts et abside. 11 y avait primitivement à l'ouest une abside circulaire qui a sans doute disparu, lorsqu'on éleva la grosse tour et le mur qui la supporte, flanqué lui-même de deux tourelles circulaires avec escaliers. La tour de Saint-Jacques de Liège est un reste de l'église élevée entre les années 1063 et 1073. Certaines portions de Saint-Denis et de Saint- Bartbélemi de Liège appartiennent au commencement du xu'' siècle. A la uième époque appartient aussi la nef de l'église do Saint-Servais de Maestricht, avec un chœur primitivement carré, mais circulaire aujourd'hui, addition faite au xu" siècle. Saint-Jacques et Saint-Nicolas sont de la même époque.

A Bruges se trouve une construction remarquable qui date de l'année 1150 : c'est une chapelle double, à deux étages, supportée au rez-dechaussée par des colonnes massives ; au premier il y a des piliers ornés avec des chapiteaux riches de sculptures qui sont postérieurs à la date de fondation. Le monument dont nous parlons est connu sous le nom de Chapelle de Saint-Basile ou du Saint-Sang. L'égliseSaint-Jeanl'Evangéliste de Liège consistait en une construction circulaire avec deux absides jumelles : au-dessus de la partie principale s'élevait une construction, octogonale ; l'extérieur était orné de pilastres lisses et de frises à petites arcades à plein cintre. Le style de la tour de Saint-Jacques de Louvain est une preuve de la durée du roman dans ces contrées : cette tour date du commencement du xui" siècle. .Nous avons déjà parlé de l'abside de Saint-Servais de Maestricht (|ui a une grande ressemblance avec celle de Bonn, mais avec moins de linesse. L'abside de l'église abbatiale de Saint-Nicolas-en-Glain, non loin de Liège, à date certaine de 1151, est circulaire avec une petite galerie sous le toit, comme on en voit aux églises du Rhin. Parmi les églises dont le plan a été copié sur celui des monuments de Cologne, nous citerons entre autres l'église de Hertogenrade (Rolduc) au nord d'Aix-la- Chapelle ; elle date de l'année llO/i à 1108. Là, la crypte sous l'abside et les deux transsepts circulaires forment le trèfle, dont la partie centrale est soutenue au moven de rangées de colonnes simples. Noire- Dame de Rurenionde olïre un exemple i)lus coinplci île l'iuiiiation du style rhénan. Ses absides ont, dans leur plan, comme In ti'rminaison

CATIIKIJHALK DE TOUHNAI. 1039

des transsepts de l'église do Bouii, une l'oi-me polygonale , sans collaléral, avec trois cliapelles rayonnantes aiilonr dti chœur, el avec des (ours ûclogones, donl la gi'osseiii- diniinuc par étage. Sur l'intersection s'élève une coupole, et à l'ouest se ti'ouve un second transsept. Audessus des bas côtés de la nef il y a des galeries. Des ruurs qui s'élèvent au-dessus du toit de ces galeries ont rapport à la- construction des voûtes qui sont postérieures au reste de l'édifice. L'abside orientale rappelle celles des églises des Apôtres et de Saint-Martin-le- Grand de Cologne. La poi'tion occidentale de cette église, oi'i l'on trouve des arcades à tiers point, a]iparli('nt à l'époque de transition. iNolre- Dame de Hurenionde fut consacn''een 122^.

Un des plus vastes el des plus intéressants uiunuinenls des l'ays- Bas est la cathédrale de Tournai. C'est une basilique à piliers, à trois nefs avec un transsept circulaire au nord et au sud, et un chœur plus moderne que la nef et le transsept. Cette cathédrale a 125"'50 de longueur dans œuvre, porche compris, 2/i mètres de largeur; .son transsept a 67'"25 de longueur; la largeur de la nef est de 11°'50 d'axe en axe des piles, sa hauteur est de 23™75 (la voûte actuelle date du xvnr' siècle). Le transsept est la partie la plus ancienne du monument; il est antérieur à l'année 11 /jô. La nef fut construite plus tard, car l'histoire rapporte qu'elle n'avait point encore de plafond en l'année 1 198. Le chœ.ur, qui eu avait remplacé un plus ancien, fut consacré en 1213, et les voûtes en furent terminées en 1222. Toutefois, on n'est pas d'accord sur la date des diver.scs parties de iNotre-Dame de 'l'ournai : quelques auteurs prétendent que le chœur actuel est de la seconde moitié du xni'' siècle, et qu'il n'aurait été consacréqu'en 1338. Les arcades de la nef sont en fer achevai, ainsi que celles de la galerie qui règne sur les collatéraux. Au-dessus de cette galerie est un triforium. Le transsept a aussi une galerie au-dessus de son collatéral, qui ellemême est couronnée par un triforium non à arcade, mais à architrave. L'église Notre-Dame-de-la-Chapelle à Bruxelles offre un mélange de formes rhénanes et françaises et date de l'année 1216; l'église de Saint-Jacques de Tournai, élevée entre les années 1219 et 1251, offre dans sa nef des colonnes et un double triforium, en imitation de la cathédrale. Dans la nef de l'église de la Madeleine de la même ville, fondée en 1251, l'on voit des fenêtres plein cintre, tandis que, dans le chœur, il y a des fenêtres couronnées par trois ogives à lancette, circonscrites par un plein cintre. Le chœur polygonal de Saint-Martin d'Ypres, commencé en 1221, a des fenêtres supérieures semblables à

celles que nous venons de nommer, tandis que la rangée du bas n'est couronnée que par deux ogives. La paroisse Notre-Dame-de-Pamèle d'Audenarde, commencée en 123/i par maître Arnolphe de Binche, appartient à la dernière période du style de la transition : elle a des colonnes dans la nef, un chœur polygonal sans chapelles et point encore d'arcs-boutants. L'église abbatiale de Villers, en construction de l'année 12/tO à 1260, est un autre édifice de transition ; sa nef est déjà du style primitif français; il s'y trouve des colonnes placées sur des bases circulaires : leur chapiteau, en forme de calice, est octogone ainsi que le tailloir. Les arcades qui relient ces colonnes sont à tiers-point avec des archivoltes ; au-dessus existe une galerie simulée, couronnée d'une fenêtre à ogive aiguë. Le chœur, do forme polygonale, a trois étages de fenêtres; celles du bas et du haut sont à tiers-point aigu, et celles du milieu sont couronnées d'un plein cintre, percées de deux ouvertures circulaires, placées l'une sur l'autre. Cette disposition est répétée aux fenêtres du transsept; mais les trois arcades à plein cintre sont couronnées par une portion de cercle, et chaque arcade a trois ouvertures circulaires. Au-dessus des deux colonnes centrales de la fenêtre qui séparent les trois arcades il y a encore une autre ouverture circulaire. Celte conception rappelle les plaques de marbre, d'albâtre et d'agate des églises byzantines et de San-Miniato près Florence, mais où elles ne sont point percées à jour. L'ensemble de ce monument, dit un auteur, nous donne un exemple de l'esprit particulier d'invention qui se produit en tous lieux dans les constructions dues aux moines de l'ordre de Cîteaux. Tandis que l'emploi d'arcsboutants et de contre-forts témoigne d'une influence française, ce qui s'explique parfaitement par les rapports que cet ordre religieux avait à l'étranger, d'autres édifices sont la preuve qu'on mainiint encore longtemps les formes romanes. Le chœur de Saint-Léonard -de- Léau, dans le Brabant méridional, commencé en 1237, a, comme celui de l'église d'Audenarde, une terminaison polygonale .avec bas côté, sans chapelle ni arcs-boutants, mais bien des colonnes, des fenêtres à meneaux et en général des détails du style ogival et, de plus, en dessous du toit du bas côté, ime petite galerie comme celle des églises du hliiii ; mais à Saint-Léonard elle est à tiers-point au lieu d'être à plein cintre.

Au milieu du xiii'' siècle, le st\le français devint prépondérant dans les. Pays-Bas; Sainte-Gudule de Bruxelles en est une preuve. Commencée en 1220, sonchu'iir ne fut terminé (jue vers 1280. Les fenêtres du

SAINTE-GUDULK DK 15 lU, X ELLKS. lOîil

pourtour du chœur sont encore romanes, les colonnes lourdes, le triforium formé de meneaux accentués et fermes; les fenêtres de la claire-voie sont à lancette ou ogive aiguë; — mais la conception de l'ensemble est cependant riche, avec collatéral. et cliapelles, et toute l'exécution est faite dans l'esprit du style français. Il en fut de même des églises de Sainte-Marie de ïongres (12/iO), des Dominicains de Gand et de Louvain (vers 1250), de Diest (1253), de la nef de Saint- Martin d'Vpres (de 125/( à 12GG), un des plus beaux monuments de cette époque, et enfin de Notre-Dame de Bruges, commencée en 1230 et terminée en 1297. L'emploi de la colonne simple, avec base circulaire et chapiteau octogone, se voit dans ces églises : à Notre- Dame de Tongres seule, on trouve à cette époque des colonnes cantonnées et solitaires. Le pilier à faisceau ne fut point imité, et l'on se contenta de donner plus d'élévation et moins de diamètre à la colonne. Le chœur aussi reste sans chapelles rayonnantes : dans l'église de Dinant et de Saint-Walburgc de Furnes, le chœur a un simple collatéral de pourtour; dans la plupart des cas, il est terminé en polygone sans bas côté. Dans le bassin de la Meuse, là où le marbre noir seul offre les matériaux de construction, la sculpture est rare; les chapiteaux sont lisses ou très-peu ornés de feuillages en forme de boulons; l'ornementation des contre-forts et des frontons aigus est très-limitée. Le chœur de la cathédrale de Saint-Davoa de Gand, avec cinq chapelles rayonnantes, fut commencé en 1274 et élevé au-dessus de l'ancienne crypte (de 1228) : on y voit des colonnes et un triforium. Nous avons déjà parlé du vaste et riche chœur de la cathédrale de Tournai, dont la voûte a 33 mètres d'élévation. A la (in du xui' siècle appartient Notre-Dame de Dinant avec des transsepts fortement en saillie. Les églises des Béguines de Louvain et de Diest sont du commencement du xiv'' siècle : leurs colonnes sont fort minces, et l'entrecolonnement est considérable. La collégiale de Huy sur la Meuse, avec son grand transsept, son chœur polygonal, ses tours massives inachevées, ses colonnes isolées, son triforium bien ordonné et ses proportions légères de l'intérieur, date de l'année 1311. Le chœur de la paroisse d'Aerschoot a été commencé par l'architecte Jean Pickart en 1336. Dans Notre-Dame de Halle, près de Bruxelles, élevé de 13^1 à 1409, on voit une imitation fidèle et savante du st\le français. Le chœur de la cathédrale de Sainle-Gudule de Bruxelles était encore en construction en l'année 1273; on continua l'œuvre au wv'^ siècle, et de cette époque est le bas de la nef; mais le dessus, les collatéraux, une partie du

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transsept et la façade sont du xv' siècle. Saint-Rombaiit de Malines fut commencé après un incendie de 1345 et terminé dans le siècle, à l'exception des voûtes qui datent de 1487; le chœur aussi est du XV* siècle. C'est une basilique à colonnes, composée dans la nef et les collatéraux de six travées : vient ensuite le transsept, et enfin le chœur formé de trois travées droites et terminé à cinq faces, prises de l'octogone; sept chapelles rayonnent autour de ce chœur. Sa tour, commencée en 1452, a 120 mètres d'élévation ; elle est construite dans l'axe de l'église , et ne fut montée à sa hauteur actuelle qu'en 1513. La nef a 12 mètres de largeur, sa vofite 27" 60 d'élévation. L'intérieur olïre de la légèreté et de l'élégance.

En 1352 on commença la plus grande église ogivale des Pays-Bas, la cathédrale d'Anvers. Le chœur fut presque terminé vers 1387 ; la construction des nefs et des collatéraux n'avança que lentement : ce ne fut qu'en 1422 qu'elle permit d'ajouter sa façade et la tour. Cette dernière est l'œuvre de Pierre Amel (en flamand Apelemman), natif de Boulogne-sur-Mer et architecte de la cathédrale dès l'année 1400. La tour du nord, seule terminée en 1518, a une élévation de 123 mètres. La cathédrale de Notre-Uauie d'Anvers est une basilique à piliers à cinq nefs, avec un transsept sans bas côtés, ayant un chœur allongé à trois travées et à collatéral autour duquel rayonnent cinq chapelles. Dans le cours de l'exécution, deux autres collatéraux furent ajoutés à ceux qui existaient primitivement, ce qui fait qu'aujourd'hui la cathédrale d'Anvers a sept nefs : elle a 109 mètres de longueur dans œuvre et 51" 80 de largeur; la nef en a 10" 60 d'axe en axe des piles. Au-dessus des arcades de la nef et du chœur s'élèvent immédiatement les fenêtres de la claire-voie. L'intérieur est d'une simplicité pauvre, il y a trop de lignes verticales, point de chapiteaux aux piles du bas; le portail est malentendu et mesquin: la fameuse tour n'est ni belle dans le contour ni belle dans les détails. Son seul mérite consiste dans sa grande élévation. Son couronnement à jour .et du plus mauvais goût est une des œuvres les plus baroques de la lin du moyen âge. L'église Saint-Pierre de Louvain, commencée à la suite d'un incendie en 1373, a été longtemps en construction, car on travaillait encore au chœur en 1433. Le plan de cette église est plus simple que celui de la cathédrale d'Anvers : à Saint-Pierre il n'y a que trois nefs. L'elïet assez grandiose de l'ensemble empêche de trop s'arrêter à la défectuosité des détails. La façade inachevée manque totalement de goût et du finesse. Saint-Wauilni dr Mous, en cunstnictiun dès 1450, ne fut

IIUTKLS DE VILLE. 10^3

achevé qu'en 1582. L'intérieur est élégant et léger, les arcades sont sveltes, l'ornementation architectonique est riche, les meneaux des fenêtres ne manquent pas de goût; tous ses détails sont plus étudiés qu'à Saint-Pierre deLouvain. Citons encore la belle tour de l'occident de l'église Saint-Martin d'Ypres, commencée en ih'ih, mais inachevée jusqu'à une élévation de 53 mètres. Saint-Jacques de Liège, commencé en 1513 et en construction jusqu'en 1538, est une basilique à trois nefs, à transsept et chœur à cinq pans avec cinq chapelles rayonnantes. Ses proportions ne sont point élégantes, elle offre une grande profusion dans son ornementation ; et ses voûtes à nervures sans fin et très-fortes écrasent les parties verticales.

Les Pays-Bas sont riches en monuments profanes. Au nombre des beffrois isolés, nous nommerons d'abord celui de Tournai qui date du xui" siècle. Vient" ensuite celui de Gand du siècle suivant; celui de Lierre a été fondé en 1369 et a été terminé en 1^1 1. D'autres se voient à Nieuwport de l/j80, et à Alost de 1487. Les halles sont une seconde catégorie de monuments profanes des Pays-Bas : elles étaient destinées à servir au commerce et à l'industrie. La halle aux draps d'âpres, l'hôtel de ville actuel, est un édifice colossal orné d'une magnifique tour : cette halle fut commencée vers 1230 et continuée jusqu'en 1342. Son style est sévère et élégant'. Sa fa(;ade a 134 mètres d'étendue. La halle de Bruges a été fondée en 1377 et achevée pendant le siècle suivant. Son beffroi hardi a 108 mètres d'élévation-. La halle aux draps de Louvain, fondée en 1317, ne consiste qu'en un rez-dechaussée couronné par des arcades élégantes. La halle de Malines date de l'année 1340, celle de Diest de 1346 et celle de Gand de 1424.

Nous avons à parler encore d'un autre genre d'édifices, dans lequel les Pays-Bas ont excellé : il s'agit des hôtels de ville. L'hôtel de ville d'.Most date du xm^ siècle; il est cependant douteux que la construction fut affectée à cette destination dans l'origine. L'hôtel de ville de Bruges a été commencé en 1337 en même temps que ses halles. Sa façade a environ 26 mètres de longueur; sa profondeur est de 20 mètres; sa hauteur jusqu'au faîtage du toit est aussi de 20 mètres. Son style est pur et de bon goût. Dans l'intéi'ieur, la grande salle voûtée du premier étage est remarquable : elle est l'œuvre de Pierre van Oost et date de 1398. L'hôtel de ville de Bruxelles a été commencé en 1401 : on cite J. de Thienen, en 1405,

1. Moyen àjc Monumtnlul et Arclteulo'jiiiuc, pi. lUO. — 2. Id., \>\. 117.

comme ayant été suii architecte. A l'exception de la tour, cotte maison communale fut achevée vers 1442. En 1448, J. de Ruysbrœck fut chargé de l'édification de la tour, terminée en 1455. La façade de l'hôtel de ville de Bruxelles a environ 81 mètres de longueur : sur elle s'élève, mais non au centre, la tour en question, haute de 11 1 mètres. Ce monument est le plus considérable dans son genre de toute la Belgique; mais sou style est plus sec et plus froid que celui de l'hôtel de ville de Bruges qui offre infiniment plus de mouvement et de vie. La tour est hardie, et son profil est agréable à l'œil : mais sa base est insuffisante. L'hôtel de ville de Louvain ' a été fondé en 1448 et terminé à l'extérieur en 1459, à l'intérieur en 1463. Sa façade a environ 33 mètres de longueur. C'est peut-être le monument du moyen âge le plus richement décoré, car il n'y pas de lisses laissés dans ses façades. Mathieu de Layens en fut l'architecte. L'hôtel de ville de Mons date de 1440; celui de Gand de 1481, élevé d'après le pbn d'Eustache Posseyt, a été terminé seulement en 1590. L'hôtel de ville de Courtrai est de l'année 1526 ou 1528; ceux de Douai et d'Arras- appartiennent au style des Pays-Bas. L'hôtel de ville d'Audenarde', bâti par l'architecte Henri de Peede, en 1527, est un des plus beaux de la Belgique, quoique de petite dimension; car sa façade n'a que 25 mètres environ de longueur. Son portique de sept arcades et sa jolie tour en avant-corps donnent à cette façade beaucoup de mouvement et de vie. Il y a là quelque ressemblance avec l'hôtel de ville de Louvain.

La Hollande, pays qui commençait seulement à naître dans les siècles où l'on élevait déjà des monuments romans, n'en possède aucun : ses églises étaient le plus souvent bâties en bois. On cite cependant comme de l'époque romane l'église Saint-Jean d'Arnheim (aujourd'hui détruite) et la crypte de l'église Saint-tterre à Ltreclit. Les églises des grandes villes de la Hollande ne datent que des xiv" et xv« siècles. L'église Saint-Martin de Bommel a été commencée, dit-on, vers 1300 et consacrée en 1304; celle de Saint-Martin de ïhiel est de 1326; Sainte-Catherine de Heusden, de 1328. Saint-Xicolas de Ysselstein consacrée en 1310, basilique à colonnes, est une construction fort simple,

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