Dioilore, I . r
58/i LIVRE PREMIER.
la famille, dans son intérieur, était séparée du monde, comme cela a toujours eu lieu dans toutes les sociétés où régnait un ordre moral et conservateur.
La simplicité des habitations particulières était également appliquée aux monuments publics et aux places publiques. Nous voyons primitivement dans Rome, dans la Rome des rois étrusques, des places publiques entourées de portiques en charpente ; tel était le plus ancien Forum au temps des Tarquins. Le terrain était distribué à des particuliers pour y établir des boutiques. Un pilastre d'encoignure de ces portiques, à droite, fut longtemps célèbre, 'pour avoir servi de support au trophée que le Horace vainqueur y suspendit après son combat contre les Curiaces. Derrière les portiques du Forum étaient situées les boutiques des corps de métiers, parmi lesquels se trouvaient aussi les maîtres d'école, où Virginie fut saisie par les satellites des décemvirs; à cet endroit étaient aussi situées les échoppes des bouchers, dans lesquelles Virginius saisit un couteau, avec lequel il sauva l'honneur de sa fdle. Ce ne fut que bien postérieurement, probablement dans le v^ siècle de la fondation de la ville, que des magasins élégants remplacèrent les boutiques communes, au nombre desquels étaient les argenlorix, portiques destinés aux banquiers, aux changeurs, aux joailliers et aux orfèvres.
11 ne subsiste qu'un seul grand monument de l'ancien Forum : le carcer Mamertinus, ainsi nommé pour la première fois dans l'histoire des martyrs et dans l'Orrfo Romanus. Pour imprimer la terreur et arrêter les progrès de la perversité, Ancus fit constnn're, au centre de la ville, une prison qui dominait aussi le Forum'. Cette prison existe encore en dessous de l'église de S. Pietro-in-Carcere, au pied du Capitole, à la droite de la voie Sacrée. Les anciens appellent cette prison simplement carcer, sans y ajouter la dénomination de Mamertinus, lequel, s'il est vraiment antique," ne serait qu'une tradition de l'antiquité ayant quelque rapport avec le nom de la place entière qui le reçut d'un sanctuaire dédié à Mars''. Mais il existe dans la prison une pièce appelée Tullianum et que Varron rapporte àServius Tullius. Salluste décrit l'endroit où périrent Jugurtha et les conjurés de Gatilina : « Dans cette prison, en montant un peu à gauche, on trouve un endroit nommé Tullianum, qui a environ douze pieds de