‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 243 sur 309 · Voyez fi;;. U'(i4, p. 711 dp cet ouvrage · texte numérisé non relu

Voyez fi;;. U'(i4, p. 711 dp cet ouvrage

IVIiK SF.COM).

MONL'MKNTS TOSCANS.

est le Baptistère de Coiicordia auprès de l'orlogriiano, an nord-est de Venise, fondé à la fin du xi" siècle; l'église de Sainte-Catherine, dans l'île de ce nom en avant de l'ola, les baptistères de Rovigno et de Pirano sur la côte d'istrie'. Le dôme San Donato de Miirano date de 1111, d'après une inscription du monument. C'est une basilique à colonnes, semblable à la cathédrale de Torcello. L'année 1111 de l'inscription cilée se rapporte peut-être à une restauration de la partie orientale, avec des arcades et une frise à dents de scie ornementée tout à fait dans le style usité au xii" siècle. Le dôme de Pola a la disposition de la basilique, avec des colonnes antiques: le chœur a l'est se termine carrément. 11 est probable que cet édifice a été commencé en 857, mais métamorphosé considérablement dans la suite.

479. — Topographie du Canipo Saiito, du Baptistère, du Dôme et du Campanile de Pise.

Les descendants des Etrusques, les Toscans, ont excellé dans l'architecture romane. Le génie distingué de ce peuple, l'élégance de son e.sprit, le maintien des traditions de l'art étrusco-grec dans son sein, sa faculté créatrice et enfin l'étendue de son commerce, se sontmanifestés dans son architecture qui, dans son genre, est accomplie. Trois écoles d'art fleurirent en Toscane dès le ix" siècle : la première à Florence et les deux antres à Lucques et à Pise.

1. ïBIitt^eilunjcii icv t. t. (SciiiiuiiTioii ^iiv Crfoifriiiiiig bev 'Sautcnfmale, :<. Prcmior vol., 18,51).

L'activité dans la construction l'ut dans sa plus grande splendeur, à Pise, au milieu du xi'' siècle, et cette grande activité architectoniquc se poursuivit pendant plus de cent cinquante ans. Pise rivalisait

avec Venise pour l'extension du commerce et de la puissance. Les conquêtes de Pise dans la première moitié du xi- siècle, les richesses qu'elles lui procurèrent, stimulèrent son amour propre et la conduisirent à l'idée d'élever un monument national, devant rivaliser avec Venise dans la construction de Saint-Marc. Ce monument est le dôme actuel commencé en 1063, vaste basilique à cinq nefs, avec transsepts à trois nefs , la nef principale terminée à l'est par une abside circulaire ' ; dans œuvre, elle

K-i'"') i ; [ ""•■ a 124 mètres de longueur, 33

480. - ri:iii du D.jme (le Pise. mèti'es de largeur; la longueur

du Iranssept, sans les chapelles qui le terminent au nord et au sud, est de 66™ h'2- La largeur delà nef jirincipale est de 13°' /|8 d'axe en axe des colonnes; la hauteur de son plafond est de 31™ 30. Le fût de cinquante-six colonnes est en granit, quatorze seulement sont de marbre, leurs chapiteaux sont en marbre et imité de l'antique. Au-dessus des bas côtés règne une galerie élégante, et au-dessus de celte galerie, sont les petites fenêtres de la claire-voie qui jettent une lumière convenable et suffisante dans le niDoument. La coupole sur l'intersection est elliptique et non circulaire, ce qui est remarquable. Tous les bas côtés ont des voûtes d'ai'ète. Leâ arcades des bas côtés ont une faible tendance à l'ogive, ce qui ferait sup])osei' une restauration et un l'emaniement à la lin du xu'' siècle, date aussi de la fa(,;ade. Renaud, nommé siu' la frise au-dessus des arcades du rez-de-chaus.sée de la façade occidentale, fut l'aichilecte piimiiil' tlu dôme, l'architecte de la On du xi^' siècle, épofiue à laquelle correspond aussi le caractère de l'intérieui- du monument. La façade, qui est d'un tout autre style que la nef et le

1. !■:. Cres) ami Ci. I^. Tajlor, Arehiteclure of Ihe Middle Aijes al Pisa. Loudon, 18i8 à IH.'fl — (lally Kni^'lil, pi. 37.— Mnijen âge Monumenlal, etc., pi. 21.5, 2.59, 2(i5, 279.

1)0 M r, i)i: pisi;. 1097

reste de l'éilifice, n eu, pciiso-i-iiii, pour auteur Biisrliclus', que Vasari, dans sa prélace, désigne à lort connue étant un Grec. Uainaldus ou Renaud a, par l'inscription qui lui est consacrée, une place d'honneur; tandis que Buschetto, l'auteur hypothétique seulement, de la façade, n'a qu'une place secondaire, qui peut être facilement enlevée. Enfin Renaud est nommé opemtor et magistcr dans cette insci-iption. L'extérieur du dôme de Pise est d'une grande richesse et d'une grande régularité. Toute sa superficie e.st revêtue de marbres de plusieurs couleurs. A l'exception de la façade de l'ouest, des deux absides des transsepts et de celle de l'est , à l'extrémité orientale du chœur, il règne tuie rangée d'arcades formées de pilastres reliés par des pleins cinties; au-dessus île ces arcades du rez-du-chaussée,

1. Voici l'inscription relative à Busket, que nous avons relevée avec grand soin nous-nième, et dont nous iiouvons garantir l'exactitude. Les lettres renferniéi's entre Iiarentlièses sont les abréviations restituées.

RUSKETUS JACET HIC QUI MOTID(Us) INGENIORU(m)

DUI.ICHIO FERTuil PK.EVAI-UISSE DUCI MENI(BUS) ILIACIS CAUTUS DEDIT ILLE RIINIAM) '

hujus ab arte virl menia mira vides Calliditate sua nocuit dux ingenios(uk) tjtilis iste pcit caluditate sca

NiGRA DOM(US) LABERINTHUS ERAT TUA DEDALE LAUS e(T)

AT SUA Busketu(m) splendida templa probant.

N(on) habet ex(exiplum) de MARMOHE TE(M)PLr(M)

QUOD (kit) BUSKETI PRORSUS AB INGENIO RRS SIBI COMISSAS TEMPLI CU(m) LEDERET HOSTIS

PROVIDUS ARTE SUI FORTIOR HOSTE FUIT MOI.IS ET IMMENSE PELAGI QUAS TRAXIT AB IMO

P'ama Columnaru-m tollit ad astra viru.m Ekplendis a fine decem de MENSE DIEBUS SEPTEMBRIS GAUDENS DESERIT EXILIU.M.

Q(u0)d VIX mille boum POSSENT IUGA JUNfTA MOVEKE : ET QUOD VIX POTUIT P(er) mare FEKRERATIS

BUSKETl NISU «(UO)d ERAT m(i)r(a)bILE VISU : DENA PUELLARU(m) TUKBA TURBA LEVABAT ONUS.

Voici la traduction de cette inscription :

Ci-git Busket, que sou génie a fait placer au-dessus du héros de Dulichium. L'un apporta la ruine aux murs d'Ilion; l'autre, par son art, éleva les constructions que vons voyez. L'ingénieux guerrier nuisit par son habileté; celui-ci, par son habileté, fut utile. La sombre demeure du labyrinthe fut ta gloire. Dédale: celle de Busket se manifeste dans un temple siileiulide. — Le temple qui sortit du génie de Busket n'a pas de modèle en marbre. Tandis que Vennemi dévastait les choses sacrées qui lui étaient abandonnées, par la prévoyance de son art il fut plus fort que l'ennemi. I^a renommée des colonnes, masse immense qu'il tira du fond de la mer, porte aux nues le grand artiste. Il restait encore dix jours à remplir pour achever le mois de septembre quand, joyeux, il quitta son exil.

Ce que pouvaient à peine moiîvdir mille attelnges de banifs, ce qu'un vaisseau put à

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