TEMPLES
compose actuellement de terre qui lui autrefois revêtue de pierres taillées, dont on retrouve les vestiges. Le second mur, se rapprociiant davantage du sommet de la montagne, se compose du roc égalisé lui-même; il était autrefois', comme le premier du bas, revêtu de pierres très-grossièrement taillées. Entre ces pierres et le roc nu , de plus petites pierres faisaient la liaison. Comme les murs de fortification, ce mur a, çà et là, des angles sortants, dont deux sont très-obtus, mais cependant visibles; au centre de la montagne, il se retourne tout à coup à angle droit, et, après une interruption d'environ un mètre, il reprend son ancieiuie direction sur une petite étendue pour se poursuivre, dans une situation un peu plus élevée, juscpi'en haut de la montagne. L'interruption indiquée plus haut constituait l'ancienne entrée. L'angle du mur, à droite, est conforme aux entrées des villes anciennes, où le mur en saillie, à la gauche de la porte, formait un boulevard' contre l'ennemi qui arrivait de la gauche. L'entrée est encore garantie par un mur isolé et parallèle à la muraille supérieure, qui longe l'ancienne roule et forme un coude en face du boulevard. Au pied du mur inférieur s'étend une longue suite de grottes plus ou. moins profondes.
Le sanctuaire de Junon à Lanuvium, situé sur le contre-fort des montagnes d-'Albano qui, du cratère du lac de Némi, s'étend au sud dans la plaine, aujourd'hui Civita Lavigna, est d'une aussi haute antiquité que le temple de Diane de l'Algide. Le point le plus élevé de celte montagne offre des ruines de toute espèce; on y trouve deux murs en opus incertum, qui ont servi de soutènement à l'ancienne terrasse du temple.
Nous ne connaissons que d'une manière très-incomplète l'architecture des temples étrusques, où se développa cependant l'architecture étrusque proprement dite. C'est dans ce développement que les Étrusques précédèrent tous les autres peuples italiques. Le temple toscan se rapproche tout particulièrement du temple grec. Vitruve, tout en consacrant quelques pages à l'ordre toscan ou étrusque, n'avait certainement point en vue le temple étrusque primitif, mais seulement sa dégénérescence suivie au temps qu'il vivait. Par les détails qu'il donne, on voit qu'il n'était préoccupé que de l'architecture en pierre, dite toscane, de son époque, dont il confond certains éléments avec l'architecture exécutée moitié en bois par les anciens habitants de l'Élrurie. Les renseignements les plus précis et
les plus utiles sont donnés par Denis d'Halicarnasse, qui nous a heureusement laissé une description succincte du temple étrusque de Jupiter Capitolin à Rome. Cependant déjà à cette époque ce temple avait dû se ressentir de l'influence grecque qui se fit sentir chez les Étrusques dans la période qui suivit la prise de Troie jusqu'à la migration dorienne , et plus particulièrement dans le vu" et vi" siècle avant l'ère vulgaire. Toutefois, faute de meilleurs renseignements, ceux que nous donne Vitruve ne sont pas sans une utilité relative; mais il faut s'en servir avec circonspection.
Selon Vitruve, la longueur de l'emplacement du temple toscan devait être divisée en six parties, dont cinq déterminaient sa largeur qui était donc des cinq .sixièmes de la longueur. Cette dernière était partagée en deux parties : celle du fond destinée aux chapelles ou cella, et celle de devant aux colonnes du porche. Quant à la partie du fond, elle avait soit une, soit trois cella. La largeur du fond était divisée en dix parties, dont les quatre centrales étaient réservées à la cella principale et les six autres aux deux cella latérales. Mais là où il n'y avait qu'une seule cella, on substituait aux deux chapelles latérales des ah', sans doute des ailes formées de colonnes, selon l'expression usitée , comme tes Grecs ont nommé TTTspuaa la colonnade de pourtour. Le mur du fond de la cella était prolongé jusqu'aux extrémités des colonnades latérales. Quant au devant du temple, on plaçait, en face des antés des murs extérieurs, une colonne à chaque extrémité, ensuite deux autres entre elles qui répondaient aux murs de refend .séparant la cella centrale des deux latérales. Enfin, l'on plaçait d'autres colonnes entre celles que nous venons d'indiquer et les antes des murs des chapelles.
Le plan d'un semblable temple était donc conçu d'une manière claire et logique. Dans la largeur règne une division par cinq, et dans la longueur ou profondeur une division par six. De cette dernière, il s'ensuit qu'il ne faut pas entendre par ces mots de Vitruve : « et qu'entre ces colonnes de devant il y en ait d'autres disposées de la même manière » , qu'il n'y avait (ju'une seule rangée de colonnes entre les antes et les colonnes de face, mais d'autres en général, d'autres dans l'enceinte, et placées à côté des premières; il y avait deux colonnades sur le devant, formées par trois rangs de colonnes, qui occupnieni tout l'espace central et qui, avec la rangée de colonnes de face ou extérieure, répondaient aux trois parties ou divisions que traçait l'augure dans la partie antérieure du temple, pour la disposition des colonnes.
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\itiuve dit que 1(^ diamètre des coloiiiics doil èlru de la septième partie de Irur hauteur, et celle hauteur doit avoir la troisième partie de la largeur du temple : soit un vingt-unième de celle dernière. La colonne se rétrécissait par le haut de la quatrième partie de la grosseur de son diamètre inférieur. Elle avait une base et portait chapiteau; la base se composait de deux parties d'égale hauteur : de la plinthe, circulaire comme la colonne, et du tore qui, avec le congé réunis ensemble, avait la même hauteur que la plinthe. Le chapiteau, de la moitié de la grosseur de la colonne, était divisé en trois parties égales, le tailloir, l'échiné, la gorge avec l'astragale et le congé. Le tailloir circulaire avait le même diamètre que celui du bas de la colonne.
La longueur des entre-colonnements nécessitait, pour l'ordre toscan, un entablement en charpente, dont l'usage s'est sans doute constamment maintenu dans la construction des maisons particulières, ainsi que le montrent les cours ou atriums de Pompéi, qui sont en général dans le style toscan, ou, en d'autres termes, qui avaient des entablements en charpente.
L'architrave se composait de deux pièces de bois posées sur champ, placées à côté l'une de l'autre à une distance de deux doigts pour empêcher qu'elles ne s'échauffassent et ne se pourrissent. Elles étaient maintenues par un assemblage fait au moyen de plusieurs tenons à queue d'aronde; dans leur épaisseur horizontale, elles égalaient la largeur du haut des colonnes. Cette architrave, avec les murs qui sont au-dessus, et les mutules qui font saillie, avaient en tout la quatrième partie de la hauteur de la colonne. Sur l'épaisseur apparente des poutres, on clouait des ais, et sur cet ensemble on élevait le fronton de maçonnerie ou de charpente-, au-dessus vient le faîtage, les chevrons et les pannes, disposés de manière que la saillie soit le tiers du toit réel.
Il est à remarquer que la description du plan du temple étrusque, donnée par Vitruve, est vague, et qu'il y a jusqu'à présent, quant à la disposition et au nombre des colonnes, autant d'opinions que d'essais de restitution. La colonne toscane de Vitruve ne coïncide pas avec les proportions de l'ancienne colonne étrusque. Cette dernière n'avait certes pas de base, ainsi qu'on peut le voir aux colonnes de Pompéi qui, sauf la maigreur, ressemblent, avec leur chapiteau et leurs cannelures, tout à fait aux colonnes grecques doriques. 11 est évident que la hauteur de sept diamètres, donnée comme proportion
de la colonne, apjxirlient anx progrès techniques de son époque. Au reste, cette prnpurtion plus svclte nai.ssait de la nature des choses : la colonne toscane n'avait à supporter qu'un entablement léger en bois. N'oublions pas non plus de noter que Vitruve ne parle nullement do colonnes en bois. quoi(jue toutes les parties horizontales fussent de cette matière.
Les règles que \itruve donne sur les ordres dorique, ionique et corinthien ne correspondent point avec les monuments grecs existants ; elles ne rappellent que celles en usage de son temps ; elles ne sont peut-être même que les règles individuelles de son maître et qu'il codifia; on ne peut, par consckjuent, accepter d'avantage son temple étrusque qu'on peut prentlrc au sérieux ses anciens temples grecs. .\ l'époque de faste de Vitruve, on construisait sans doute certains monuments publics dans le style toscan, c'est-à-dire avec des entablements en bois, faute d'autre moyen; alors aussi on cherchait autant que possible à imiter les édifices bâtis en pierre. Vitruve construit l'architrave avec deux pièces de bois l'eliées par des assemblages, afin d'obtenir, comme par l'architrave en pierre ou en marbre, une épaisseur égale au diamètre supérieur de la colonne. La plus grande faute commise par Vitruve, c'est qu'il fasse régner, sous le tympan de la façade, la même frise horizontale qui est formée sur les faces latérales par la saillie do l'extrémité des poutres. Voilà ce qui prouve mieux que tout autre raisonnement que le temple toscan de Vitruve n'est qu'une imitation en bois du temple en pierre, et qu'il n'est composé ni construit .selon les règles les plus simples de la chàrpenterie. Comment les poutres ou entrails d'une maison avec fronton ou pignon, qui sont placés en travers, et par conséquent parallèlement à la face, peuvent-ils former saillie? Cependant cette absurdité technique a été adoptée par tous les reslaurateurs qui ont entrepris de reconstruire le temple toscan.
Les Étrusques ont importé en Italie le type do huirs temples primitifs : les chalets en charpente des Alpes et de la Rhétie, tels qu'ils sont encore aujourd'hui en usage dans les mêmes localités. Seulement, l'art, le but et les progrès de la terhnique leur enlevèrent leur excès de rusticité.
Les détails de la Ciiruniella tir \u\r\ et les façades des deux tombeaux les moins anciens de ÎNorchia peuvent' donner une idée ])liis exacie de l'ordre toscan que les règles embrouillées de Vitruve.