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Chapiteau de l'Alliambra

de ses plus précieux ornements : c'est à ce prince qu'est due la cour des Lions, la salle des Ambassadeurs, etc. Il nous reste à faire remarquer qu'il ne faut pas s'exagérer les dimensions de l'Alhambra, ce

qu'on est dans l'habitude de faire. L'ensemble des constructions actuelles tiendrait aisément dans la cour du Louvre.

En face de l'Alhambra, sur la rive opposée du Darro, est situé le Généralife, l'élégante habitation de campagne des princes de Grenade et contemporaine de l'Alhambra. Le Quarto Real de San Domingo, la Casa de Moneda et la Casa del Carbon , sont des restes de maisons qui ont appartenu aux grands de l'empire.

L'Alcazar de Séville, qui existait dès le xni* siècle, subit une restauration dans le style de l'Alhambra par le roi Don Pedro, de 1353 à 1364. H y a absence dans ce monument de tout chapiteau à vase, soit cubique, soit arrondi aux angles inférieurs, de tout chapiteau à coupoles en pendentifs moresques : partout le chapiteau est imité de l'antique.

L'islamisme a laissé de nombreux souvenirs de son architecture en Asie, à Iconium, à Nigdeh, à Caesarée, à Erzeroum, dans les environs de Bassora, à Nicée, à Brousse, à Erivan, à Selmàs, à Sultanieh, à Tabris, à Ispahan^ à Delhi, à Gour. à Sasseram, à Agra, à Fattehpour, à AUahabad, à Lucknow, à Fizabad : dans la presqu'île de l'Inde, à Bejapour, à Madoura et à .Seringapatam.

Après la conquête de Constantinople par les Turcs, les sultans commencèrent à orner cette ville de monuments consacrés à leur culte. La mosquée d'Eioub fut élevée par Mahomet II, en lf|58; la mosquée de Mahomet II, bâtie par l'architecte grec Christodulos. fut terminée en l/t69; la mosquée de Bajazet 11, commencée en 1^98, ne fut achevée qu'en 150."); celle de Selim \" , remarquable par la simplicité de son style et la grande dimension de sa coupole, fut terminée en 1526. Soliman II avait commencé une mosquée à Andrinople, qui fut achevée sous son successeur Selim II (il régnait de 1566 à 157/i), sous la direction du célèbre architecte mahométan Sinan.

ESPAGNE

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ESPAGNE

Quelque reléguée que paraisse l'Espagne, à l'extrême sud-ouest de l'Europe, entourée de trois côtés par l'Océan et la Méditerranée et défendue au nord, semble-t-il , par les Pyrénées, cette contrée a été cependant exposée de tout temps à des invasions étrangères. Dans la nuit des temps, elle fut peuplée par des Ibères (Mongols), à la peau brime, aux cheveux noirs, peuple d'idiome euskarien, dont le basque est le dernier débris. Ces Ibères possédaient depuis une longue suite de siècles leur pays, et ils défendirent pied à pied leur héritage contre une autre race de haute taille, à la peau blanche, aux yeux bleus, qui venait du Nord et de l'Orient. C'étaient les Celtes, qui se confondirent avec les Ibères et prirent le nom de Celtibériens. Dans des temps même antéri'^urs à Homère, des Phéniciens avaient établi des colonies sur les côtes d'Espagne, et plus tard, les Grecs les imitèrent. De ces côtes ces étrangers inquiétaient la population celtibérienne de l'intérieur de la Péninsule. Quand Cartilage chercha à saisir la domination des mers, et quand Rome s'efforça à faire subir son sceptre à toutes les nations connues de la terre, les deux rivales se disputèrent la possession de la fertile Espagne, si abondante en métaux de tous genres, et la grande presqu'île pyrénéenne devint une province romaine, à la suite d'une lutte longue et désespérée avec ses habitants, rompus à la guerre. Au commencement du v^ siècle de l'ère vulgaire, des essaims de Vandales, d'Alains et de Suèves inondèrent l'Espagne en traversant les délilés dangereux des Pyrénées, qu'on avait laissés sans défense. Peu de temps après, ces conquérants furent suivis des Visigoths qui venaient de la Vistule et de la mer Noire, et qui avaient traversé le sud de l'Europe pour aller enfin s'abattre sur l'extrême Occident. A la

lin du vir siècle, les Maiiométans commencèrent la conquête de l'Espagne : en 711, ils gagnèrent la bataille de Xérès de la Fronlera, qui mil fin à la monarchie des Gotlis occidentaux. La plus grande partie du sud de l'Espagne devint une province dépendante du califat de Bagdad. Du sud, les Arabes maiiométans remontèrent vers le nord, d'où, ayant conquis les contrées septentrionales de l'Espagne, ils traversèrent à la fin les Pyrénées, inondèrent l'Aquitaine et s'avancèrent jusqu'à Tours, où Charles Martel les tailla en pièces, en 732. La France en fut à jamais délivrée. Mais les mahométans se maintinrent dans la plus grande partie de l'Espagne jusqu'en l'année 1/192, où la conquête de Grenade termina leur domination.

Un mélange aussi varié de races et de peuples, si opposés de principes et de mœurs, ne put qu'être funeste au développement des arts. Les Romains seuls y laissèrent des monuments qui n'inspirent que médiocrement les conquérants postérieurs de l'Espagne. A l'opposé de l'Italie, ce pays offre des arts où les traditions antiques furent à peine suivies. L'ombre des arts de la Grèce projetée au moyen des Romains sur la Péninsule ibérique, ne laisse point de traces, effacée qu'elle fut par l'action des mahométans. La grandeur, l'élégance et la grâce architectoniques ont fait défaut aux édifices espagnols pendant le moyen âge. On y voit régner l'arbitraire, le fantastique, le bizarre même, accompagnés d'une surcharge prodigieuse d'ornementation qui est rarement d'un goût élevé. On sent partout et toujours l'influence mahométane, qui a naturellement perpétué l'esprit sauvage du désert dans les belles et riantes contrées du sud et de l'est de l'Espagne. C'est encore à cette pernicieuse influence qu'il faut attribuer l'ignorance, la superstition et le fanatisme religieux ' de ce pays, qui sont si contraires à la conception et au développement des beaux arts. Dominique, les cardinaux Mendoza et Ximénès, Torqiicmada, Philippe il, Loyola sont des produits de l'Espagne : là se passe l'histoire la plus odieuse de l'inquisition-, et les combats de taureaux rappellent les scènes sanglantes des amphithéâtres romains sous les empereurs durant la pire époque de l'histoire de Rome. Le génie des beaux-arts est contraire à un pareil ordre de choses.

1. En mars do l'iinnée lH(i2, des exemplaires eu laiij,'iie française des œuvres de Voltaire furent brûlés à Alicante.

2. Sous le rcgue de Xiinéuès, le lUehelieu espagnol, 2,53G personnes furent lirûlées vivantes, 1,368 brftlécs en effigie, et 46,263 condamnées à des pénitenecs diverses. Lloreiite, vol I, p. 418 et suivantes.

L'architecture romane de l'Espagne porte le même caractère que celle du midi de la France, et elle a en général suivi les mêmes vicissitudes que le style à plein cintre des autres pays de l'Europe méridionale, en subissant toutefois certaines modifications amenées par les localités et l'esprit des habitants. On connaît encore fort peu l'histoire de l'architecture en Espagne, parce que ce pays a montré peu de zèle jusqu'à présent pour la publication de ses antiquités monumentales. On est réduit à une maigre série de documents, et quant aux planches, on ne s'est guère occupé que de la publication des édifices espagnols du xV siècle et de ceux de la Renaissance.

Parmi les églises les plus anciennes, on cite celles auprès de Penalva, de Celanova, fondée vers 977, de San Zaornin de 968, de Barcena de 973, de Santiago, de Civea, consacrée en 983, et de San Millan de la Cogulla de Suso. La cathédrale de Jaca est un monument fondé en 1063, qui a dans sa nef des colonnes alternant avec des piliers. Viennent ensuite l'église de Loarre, le couvent de Monte-Aragon, tous deux non loin de Huesca, et les restes de la cathédrale de Calahorra. Le couvent de Saint-Miguel in Excelsis, dans la Navarre, est antérieur à l'année 1096. La petite église de San Pablo del Campo à Barcelone a de petites frises à plein cintre dans sa façade, et elle date du xi« siècle.

Les monuments de la fin du style roman, en Catalogne, sont plus importants que ceux que nous venons de citer. La cathédrale de Tarragone est de ce nombre. Elle appartient aux xii" et xni'^ siècles. Le chœur paraît être la plus ancienne partie de l'église; l'intérieur de la nef est identique aux monuments du nord de la même époque. Les piliers de cette nef sont carrés et flanqués de colonnes, et il y a lieu d'admettre qu'on a eu primitivement l'idée de la couvrir en voûte en berceau ; car les voûtes d'arêtes actuelles avec les fenêtres de la clairevoie sont d'une époque postérieure. La façade est du commencement du xiii'= siècle. Ce fut en 1131 que des artisans et des artistes normands commencèrent la cathédrale de Tarragone. Viennent ensuite les cathédrales de Solsona et de Lérida, l'église du prieuré de Sainte- Anne de Barcelone, ainsi que l'église conventuelle de San Domingo de Girone, toutes de l'époque de transition à laquelle appartient aussi l'église de Saint-Pierre d'Olite. Parmi les cloîtres de cette époque sont ceux de San Pablo del Campo de Barcelone, de la cathédrale de Girone, de San Cucufate del Vallès, auprès de Barcelone, de San Benito à Baiges, des cathédrales de Tortose et de Tarragone. Dans la Navarre, il n'y a de remarquable en fait de cloître que celui de Pampelune.

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