ASIE MINEURE, SYRIE, ETC
Au nombre des plus anciennes mosquées, est celle de Jériisalem, élevée vers 637 par le calife Omar, sur l'emplacement du temple de Salomon ; elle est octogone et l'intérieur offre deux cercles concentriques formés de colonnes et de piliers : au centre s'élève une coupole. Il y a tout lieu d'admettre que cet édifice a été bâti par des artistes chrétiens. La mosquée d'Amrou fut élevée au vieux Caire, en Egypte, en 6/i3, agrandie en 7H et renouvelée en 879, après un incendie. Il est difficile de distinguer ce qui appartient aux vii= et viir siècles, et ce qu'on y ajouta au xi". Les colonnes en sont antiques : elles supportent des arcs en fer à cheval vers le bas, mais avec une légère pointe au sommet, ce qui produit une ogive très-peu sensible. En 705, Oualid éleva la mosquée de Damas; elle comprend l'antique église de Saint- Jean, dont les trois nefs subsistent encore. Sur sa façade, Oualid bâtit une cour entourée de colonnes de granit rouge, et au-dessus du corps de l'église s'élève une coupole hardie due au même calife. Ahmed-ben- Touloun éleva au Caire, en 876, la grande mosquée qui porte son nom ; elle n'est qu'une vaste enceinte entourée de galeries, ayant au centre un pavillon carré, couronné d'une coupole. Là, les arcades sont for-
méesde piliers rectangulaires, cantonnés aux angles de colonnes, sur lesquelles s'élèvent les arcs à ogive et à fer à cheval. Toute la construction est en brigue, recouverte d'une sorte d'enduit ou de stuc. La mosquée de Dschama-el-Daher, hors des murs, date de l'année 969 : celle d'El-Âzhar, fondée en 981, fut terminée en 983; celle de Haklm est du xi" siècle. Au nord de la ville du Caire, il y a deux portes, Babel-Nasr et Bab-el-Fotuh, qui datent du même siècle. Au nord-est de la ville s'élève la mosquée de Barkauk, bâtie en 1H9. Aux environs de cette mosquée on voit les tombeaux de plusieurs califes des xn^etxm' siècles. Quant au palais deSaladin, on n'en trouve plus que de faibles vestiges. La mosquée de Kalauii, qui communique avec un hôpital et le tombeau du fondateur, date de l'année 1305; celle de Hassan a été élevée en 1379; les mosquées d'El-Moyed, de Mir-Akhor et de Kaïtbai sont de U^O, de H62 et de U92. Kairouan, fondé en 670, devint la capitale de la province la plus occidentale du califat d'Egypte. Il y existe une mosquée très-belle, dit-on, mais peu connue et qui remonterait aux premiers siècles de l'art mahométan. De cette ville, les Arabes conquirent la Sicile, en commençant leurs invasions dès l'année 827. Au nombre des monuments qu'ils y ont laissés, sont deux palais non loin de Palerme, construits au x'^ siècle. Le plus considérable des deux est celui de la Ziza, vaste construction rectangulaire régulière qui a 36" 50 de longueur, sur environ 20 mètres de largeur et 25 d'élévation. Les parois extérieuresen sont décorées d'arcades simulées, très-peu ogivales, dans lesquelles sont percées de très-petites fenêtres à plein cintre'. L'aspect de ce palais est tout à fait oriental. Au centre, à l'intérieur, il y avait une cour carrée, ouverte, imitation frappante du Cavaedium romain. Mais la disposition primitive de ce palais a été changée par les rois Guillaume I (régnait de 115/i à 1167) et Guillaume 11 (1167 à 1189). L'autre palais est celui de la Cuba, également rectangulaire, d'environ 31"' 50 de longueur sur 18 mètres de largeur et 17 de hauteur. Comme la Ziza, il est décoré à l'extérieur de grandes arcades simulées, avec des ogives beaucoup plus accusées. Si la décoration et quelques inscriptions de ces deux palais les ont •■ait attribuer aux rois normands, leur plan suflirait pour en revendiq.ier l'origine ai-abc 11 no peut convenir aux mœurs occidentales, et ' st approprié tout à fait à celles des Arabes qui, comme tous les peuples de l'antiquité, étaient polygames. Les bains de Cefalù, près
1 . Cea fenêtres ne furent iiout-ètre percées que par les rois normands.
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de Palerme, ne sont point arabes, mais du règne de Guillainnc II ; car les bases des colonnes sont omT^es de griffes, et le cliapileaii est une imitation de l'antique, faite dans un caractère occidental. Nous avons déjà dit précédemment que l'ogive arabe de la Sicile avait été introduite avec d'autres formes accidentelles dans l'arcbitecture sicilienne et dans celle de l'Italie aux xii" et xni'' siècles. On peut s'en convaincre par la comparaison des ogives employées dans les monuments de l'île avec celles des édifices du midi et du centre de l'Italie.
ESPAGNE
Vers l'année 710, les mahométans commencèrent leurs premières expéditions en Espagne. En 755, Abdéraine, dernier rejeton de la famille des Omnîiades, constitua le califat de Cordoue et s'affrancliit du gouvernement central de Damas. Le plus ancien monument mahomélan de l'Espagne est la mosquée de Cordoue (capitale du nouveau califat), commencée par Abdérame 1", en 786, continuée parHescham, agrandie et enrichie par Hakem II et Hescham 11, en 965 et 988. Son plan présente un grand rectangle d'environ 162 mètres de longueur du. nord au sud, sur 123 de l'est à l'ouest; au nord est une cour de 59 mètres de profondeur sur toute la longueur de la mosquée, qui est divisée en dix-neuf nefs du nord au sud, formées de colonnes et d'arcades : pour ce plan on avait par conséquent suivi la basilique antique. Trente-trois nefs plus petites coupaient de l'est à l'ouest les grandes nefs, formant ainsi un vaste quinconce de colonnes. La charpente du toit est apparente : du sol en dessous des poutres transversales, il n'y a que 8 mètres 80 centimètres d'élévation, et toutes les colonnes ont un peu plus de 3 mètres de hauteur: leur chapiteau est antique ou imité de l'antique. — Il existe aujoiu'd'hui un petit arc mahométan, encastré dans une partie du mur du cloître de la cathédrale de Tarragone, et qui peut servir à caractériser l'art mahométan en Espagne au milieu du x*' siècle. Cet arc forme le fer à cheval; son ornementation est tout à fait romane et ses chapiteaux sont une grossière imitation du corinthien; on trouve encore d'autres restes de l'architecture niahométane de cette époque à Tolède, dans l'église de Saint-Roman, dans la chapelle de « Cristo de la Luz » et dans la vieille porte de Bisagra, avec son arc en fer à cheval; on en trouve également à Valence, à Barcelone, à Palma, dans l'île de Majorque ainsi qu'à Grenade. LaPuerla del Sol à Tolède appartient
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au commencement de cette époque. La seconde époque de l'architecture mahométane en Espagne commence au xi" siècle et se termine au xm". La belle chapelle de Villa Viciosa, dans la mosquée "de Cordoue, est de la fin du xi'' ou du commencement du xn"= siècle. Dans plusieurs parties de la cathédrale de Séville subsistent des restes de la grande mosquée, bâtie en 11Q5 par \acûub-El-Mansour. Le grand minaret de cette mosquée est conservé et connu sous le nom de la Giralda, dont la partie arabe (du sol à la plate-forme) a Sô" 50 d'élévation.
La troisième époque du style mahométan en Espagne commence au xiu" siècle et se termine avec la fin de la domination des Arabes et des Mores. Nous ferons remarquer que cette architecture en Espagne a suivi dans son genre les vicissitudes de- l'architecture romane et ogivale en Europe. Dans cette troisième époque l'ornementation des monuments arrive à une richesse et à une splendeur vraiment féeriques. C'est à Grenade qu'on trouve les édifices les plus remarquables de cette époque. La citadelle de cette ville avait été fondée au milieu du xiii^ siècle; elle fut surtout enrichie de nouveaux monmnents au xiv". siècle. 11 s'agit principalement du palais de l'.Mhambra. La belle porte du Jugement qui conduit à ce palais a été élevée en 13/i8. L'Alhambra se compose de cours et de salles groupées autour. La plus grande de ces cours, celle de l'Alberca, du nord au sud de /il mètres de longueur, de l'ouest à l'est de 22™ 75 de largeur, était ornée d'une pièce d'eau, alimentée par deux fontaines jaillissantes. Au nord est la tour de Comarès, qui renferme la salle des Ambassadeurs, précédée de la salle de la Barca ou Anlisala. La salle des Ambassadeurs a environ 11 mètres en carré et 19 mètres d'élévation. A l'est et à l'ouest de la cour de l'Alberca étaient disposés symétriquement les deux corps de bâtiment les plus remarquables de ce palais. Celui de l'est e^t seul resté; il comprend la cour des Lions (longue de 36 mètres et large de 20), la salle des Deux-Sœurs, les salles et Patios voisina, la salle appelée de la Justice et celle des Abencerrages. Qimni à l'autre partie principale, celle à l'ouest de la cour de l'Alberca, on n'en a qu'une description obscure et dlfilcile à saisir complètement, par suite des reconstructions sans nombre de toute cette portion du palais, détruite peut-être dès le temps de Cluirles-Quint. 11 n'eu reste tiiie les salles des archives, des couloirs ou veslilnileS cfui conduisent au Patio dit de la mosquée. C'est sous Aboul Oualid, de 1309 à 1325, mais juincipalement pendant le règne d'Abou-Abd-Allah, surnommé Algany-Billah, de 135/t à l;)91, que le palais de l'Alhambra paraît avoir été décoré