‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 288 sur 309 · Collecliou 13auiluui[i, vol. XX.XIIl, p · texte numérisé non relu

Collecliou 13auiluui[i, vol. XX.XIIl, p

KIMXjL'b: CUMKMPUUAI.NE. 1203

les dessins de Poyet; en 1808, l'arc de triomphe des Tuileries et la prolongation de la galerie nord du Louvre jusqu'à la rue Richelieu, travaux auxquels furent employés MM. Percier et Fontaine. Le gouvernement de la Restauration occu|)é à réparer les désastres de l'invasion, ne pouvait songer à élever des édifices nouveaux; mais il eucom-agea avec beaucoup d'intelligence la peintm-e et la sculpture; on lui doit indirectement la naissance et l'extension d'une école qui combattit victorieusement le vieux style usé que perpétuait encore dans son immobilité et dans son impuissance l'Académie. La lutte que soutint cette école, lutte qui donna lieu à des extravagances de tout genre, abuiiiit enlin à une l'éaction salutaire et au retour vers le goût, c'est-à-dire vers l'architecture et la sculpture grecques. La Bourse de Paris, commencée siu' les dessins de Brongniart et continuée par Labarre-, l'ut terminée en 1827. Elle a coûté 8, 149, 192 francs. Le gouvernement de juillet, qui amena l'avéïxement de la bourgeoisie, bâtit un certain nombre de monuments, mais d'un caractère vulgaire et souvent atrophié, qu'on pourrait appeler un style parlementaire, parce ipi'il fut inspiré, critiqué et corrigé par les commissions de la Ohambre des députés qui se préoccupaient moins du sentiment du beau rpie de l'utilité et de l'économie. Cet esprit étroit d'écooduiie enfanta di'S monuments comme l'arc de l'Étoile, la Madeleine, l'hôtel des Alïaires étrangères, la fontaine Molière, et enfin, de la part de la royauté, l'inhabile appropriation du château de Versailles à sa destination actuelle.

La République de 1848 n'aboutit qu'au décret du 28 avril qui ordonna l'achèvement du Louvre. L'époque actuelle est loin d'être en progrès sur le passé, pas plus en beaux-arts qu'en littérature. C'est avec tristesse qu'on passe devant des bâtisses telles que le palais de l'Industrie, la mairie du premier arrondissement, l'hôtel du timbre et le bâtiment de la mairie qui lui fait face, la fontaine Saint- Michel, la bibliothèque de la rue Richelieu, la façade du palais des Beaux-Arts sur la Seine, les deux théâtres du quai, et enfin le Louvre nouveau, déposé au pied du vieux et beau Louvre de Pierre Lescot! Avec ses colonnes superposées des avant-corps qui ne supportent rien , avec ses lucarnes sans forme , plus laides que le toit

1. Voyez Les Travatir ilp Purix, Examen cri7/V/«p, \>ap t . de Lasteyrîe, Paris, 1861. In-18. — Sttc^iteftut-SillCï aui 'JJarIS uiio Sutiton ooii 3t. Sîofenjaiteii. .(j.imburg, 18i)0. In-8".

qu'elles sont destinées à cacher, avec ses grandes arcades-portes, derrière lesquelles se trouvent des entrées de guérite, avec ses courtes colonnes corinthiennes engagées, avec sa grosse corniche de couronnement qui écrase l'attique qui est dessous, avec son caractère général de lourdeur et tant d'autres imperfections de détails, ce monument manque de goût. Quand le génie et le talent font défaut à une époque, elle devrait se résigner à un rôle plus humble et se contenter de copier les chefs-d'œuvre du passé.

ALLEMAGNE

En Allemagne, la Renaissance a été plus tardive que dans les autres pays du continent; elle ne possédait que très-peu de monuments romains pouvant servir de modèles, et puis ses communications avec l'Italie étaient moins fréquentes qu'entre ce pays et la France. L'architecture de la Renaissance n'apparaît en Allemagne qu'au milieu du xvi^ siècle. Au nombre des œuvres importantes de ce style est le palais d'Otton-Henri, construit de 155{) à lôôO dans l'enceinte du château de Heidelberg' : la façade a au delà de 31 mètres de longueur sur 21 d'élévation. La tradition rapporte que le nom de l'architecte était Booher, natif de Heidelberg. D'autres travaux antérieurs et moins importants, dans le style de la Renaissance, avaient été entrepris par Frédéric Le Sage et dirigés par le maître des œuvres, Jacques Haidern. Nous nommerons ensuite le rez-de-chaussée du belvédère sur le Hradschin de Prague, bâti par l'empereur Ferdinand l" (mort en 1564); l'hôtel de ville de Leipzig, bâti en IôjG par l'architecte Jérôme Lotter ; le vieux château de Stuttgart, commencé en 1553, terminé en 1570; l'élégante façade de la Renaissance de l'hôtel de ville de Cologne, qui date de l'année 1571 : de, la même époque sont aussi l'hôtel de ville de Schweinfurth et une portion du vieux palais épiscopal de Bambcrg. Le père Candide, élève de Vasari, donna les dessins du vieux château de Munich, qui est de la fin du xvi'' siècle. Une façade remarquable de la Renaissance est celle de l'hôtel du chevalier Saint-Georges à Heidelberg, œuvre d'un Français réfugié, nommé

1. Monoiirdjihie du Châleau de Heidelberg, dessiiu^e et gravée par P. rfiior, texte par Daniel Kaiiiée. Paris, 185il. In-fol. — Les ileux bois du jIM'/asiH jnllorefque (185H février, n" t>, p. 44 et 45) représentent les farades du ehâteau à l'envers.

HOTEI. DK Vll.LK DE NUREMBERG. 1205

Charles Bélier : cette façade est de l'année 1592. Une autre œuvre remarquable de la Renaissanceest le Deutschherrenhaus, à Andernach, de 1573. La halle aux draps de Brunswick est aussi dans le style de la Renaissance primitive d'Allemagne : elle date de l'année 1589. Une partie de l'hôtel de ville de Brème date de 15^5 à 1550. En 1612, on ajouta sur la façace du marché les deux galeries et les trois frontons-lucarnes. 11 existe aussi des additions de 1568 à l'hôtel de ville de Hanovre. En 1568, le grand-duc Georges I" bâtit le vieux château actuel de Darmstadt, qui offre des détails remarquables. La belle tour de l'hôtel de ville de Dantzig, haute de TV" 50, a été élevée de 1559 à 1561 : sauf sa flèche, elle porte encore le caractère de l'architecture ogivale. Dans cet édifice, il y a une vaste salle dite du conseil d'été, décorée richement dans le style de la Renaissance et ([ui date de l'année 1593. Nuremberg, Dantzig, Hanovre, Lemgo et Minden, offrent un certain nombre de maisons bâties dans la seconde moitié du xvi« siècle. Mais la Renaissance allemande est un peu trop chargée de détails, défectuosité qui lui enlève l'élégance et qui lui donne un caractère de pesanteur, semblable à notre architecture du règne de Henri IV. L'électeur de Saxe, Georges le Barbu,- commença, en 1534, le palais royal actuel de Dresde, qui ne fut terminé que sous l'électeur Auguste 1^'" , mort en 1586. Il y a dans ce palais des réminiscences du château de Blois. L'électeur Auguste était un homme éclairé qui estimait les savants et les artistes et qui aimait les beauxarts. La tour avec la flèche de ce palais a 100 mètres d'élévation. S'il y a un nombre si restreint de monuments de la Renaissance en Allemagne, il faut l'attribuer aux guerres qu'amena la réforme religieuse. Cette réforme consistait à rejeter la lettre de la Bible et à chercher une interprétation de son esprit qui ne heurtât pas trop la raison. Ensuite elle ne reconnut ni le pape ni la confession, et la vierge Marie ne passait que pour une simple mortelle.

Avant la guerre de trente ans (de 1618 à 1648), lors d'une sorte de trêve, il y eut une certaine activité dans l'édification des monuments. L'électeur palatin Frédéric IV éleva un palais dans le château de Heidelberg, d'un goût lourd et bizarre, qu'il commença en 1601 et qui fut achevé en 1607'. La résidence d'été, le palais des archevêques-électeurs de Mayence. à Aschaffenbourg , date de l'année 1606 : il forme un carré flanqué d'une tour à chaque angle.

1. Monorjraphie, etc., par Pfnov et Ramée. Voy. notre figure n» 222.

]2or.

o2\, — HitllL- aux draps de Brunswick.

WKNDKl, IMI'.TTElîl.FIN. 1207

L'hôtel de ville de Nuremberg, bâti de 1616 h 1619, par l'architecte EuchariLis-Charles Holzschuber, est un des monuments les plus considérables de sa catégorie en Allemagne : sa façade a 86 mèlres de longueur, un rez-de-chaussée et un étage, éclairés par deux rangées do trente-six fenêtres chacune; l'architecture en est froide et appauvrie. L'architecte Elias HoU, qui avait visité Venise, mais qui ne profita pas de la vue de ses beaux monuments, éleva de 1615 à 1620 l'hôtel de ville d'Aiigsbourg, qui impressionne plus par sa grande masse que par ses qualités architectoniques. Ce fut sans doute l'exiguïté de l'emplacement qui força l'architecte à ne donner que /i6 mètres de longueur à la façade, tandis que sa partie centrale s'élève à A8 mètres de hauteur du sol. L'arsenal de la même ville est aussi dû à E. Holl qui mourut en 1636. Au nombre des églises du commencement du xvu" siècle, sont' celles à Coblentz (de 1613 à 16171), à Cologne (de 1621 à 1629), à Dusseldorf (de 1622 à 1629), toutes élevées par les jésuites dans le goût vulgaire, sec et niaisement prétentieux dont cette société a fait preuve dans tous les édifices qu'elle a bâtis.

11 fallut longtemps à l'Allemagne pour se remettre des désastres amenés par la guerre de trente ans, et, durant ce temps, l'esprit germanique chercha des formes architectoniques qui furent employées dans la seconde moitié du xvu'' siècle; toutefois les architectes suivirent une mauvaise voie en s'inspirant des élucubrations insipides des Bernini et des Borromini. C'est ce que prouvent les œuvres de Nehring qui, entre autres, commença l'arsenal de Berlin (IGSôl, achevé par Jean de Bodt; celles de A. Schliiter de Hambourg, né en 1662 et mort en Russie en 171/; : il commença en 1699 la construction du palais du roi à Berlin, d'une architecture fantastique, composée, sans harmonie, de réminiscences antiques, de la Renaissance, et parmi lesquelles il y a quelques jolis détails. Wendel Dielterlein avait corrompu le goût d'une manière détestable en Allemagne, par la publication de ces compositions bizarres et pittoresques ; son « Architectura ' » parut en 1593 et eut beaucoup d'éditions au xvu'- siècle. Dietterlein bâtit en 1587 à Inningen, auprès d'Augsbourg, une maison de campagne, et à Stuttgart un petit palais pour le duc

1. Le second livre de VArcIiiteclura parut en 1591. La seconde édition est de Nurenberg, 1598, Depuis il y en eut beaucoup; on vient d'en faire une nouvelle sous le titre de Le Livre de l'Architecture, recueil de planches donnant la division, symétrie et proportion des cinq ordres, etc., par Wendel Dietterlein, peintre à Strasbourg. Lié^e, 18fi2. In-fol.

Louis de Wurtemberg. N. Goklmann et L.-C. Stiirni, mort on 1719, écrivaient à Li fin du xvii'^ siècle sur l'architecture, mais sans lui faire faire le moindre progrès. Dans le sud de l'Allemagne, Fischer d'Erlach , ne vers 1650 et mort en 172Z| , élevait à Vienne la chancellerie de l'empire, la bibliothèque et l'église Saint-Charles-Borromée, dans le goût déplorable de Borromini. Un Lorrain, Nicolas de Pigage, bâtit l'arsenal, l'école d'équitation et, après 17Zi8, l'aile gauche du château de Manheim, commenc.é dès 1720. Dans la môme ville, Galli, ditBibiena, bâtit l'église des Jésuites, en 1733. Balthasar Neumann, capitaine d'artillerie et architecte, après un voyage en France, en Italie, en Hollande et en Autriche, construisit, de 1720 à llhh, le somptueux palais des princes-évêques de Wurzbourg, d'un style régulier mais peu animé; il restaura aussi, de 1772 à 178/i, la cathédrale de Spire et il y ajouta le vilain portail qui la déshonore. A la même époque, en Allemagne, il y avait un style plus épuré et plus sévère en Prusse ; H. G. W. de Knobelsdorf, né en 1697, après avoir quitté l'état militaire, embrassa la profession d'architecte et fut activement employé par le grand Frédéric. 11 bâtit l'ancien opéra de Berlin (en 17/il), le château de Charlottenbourg, celui de Sans-Souci et le palais de Dessau. De 1763 à 1769, le grand Frédéric fit élever à Potsdam le palais neuf, en 175/i, l'hôtel de ville. Jean Boumann, architecte hollandais, construisit, en 1750, le dôme actuel de Berlin et le palais de l'université, conception simple, originale et agréable. J.-F. Boumann, son fils, éleva le bâtiment de la bibliothèque dans un très-mauvais goût. Ch. de Gontard, de Baireuth , est l'auteur des deux tours couronnées de dômes sur la place des Gens-d'Armes à Berlin, terminées vers 1781 : l'une des deux s'écroula et fut rebâtie par G.-C. Unger. K.-G. Langhans, né à Landshut en Silésie, en 1732, bâtit en 1789 la porte de Brandebourg, à Berlin, dans un style dorique sévère mais morne, qui n'a rien de commun avec les élégants Propylées de Mnésiklès à Athènes. A Dresde, le style rococo arriva à son apogée : en 17M , M.-D. Pôpelmann construisit dans le goût le plus baroque et le plus excentrique le Zwinger à Dresde, pavillons formant un rectangle qui devait servir de cour à un palais projeté. I.à, Ci. Bœhr éleva, de 1726 à 17/i5, l'église de Notre-Dame, également dans le goût le plus dégradé. Un architecte italien, Gaetano C.hiaveri, bâtit, en 1739, l'église catholique de Dresde dans un style éclectique mais peu agréable : le clocher baroque de cette église a une élé'vation de 85 mètres, et sa nef a 32'° 50 de hauteur.

ARCHITECTES 1)1 \ 1 \' SIKCLE. 1209

A la fin du xviii" siùclc, l'architecture était tellement en décadence, elle était dégénérée en un style si appauvri, qu'elle montrait une absence totale de caractère , de la maladresse, en affectant néanmoins des prétentions à la pureté, à l'élégance et au génie de l'antique. En 176/) et 1767 avaient cependant paru les ouvrages de VVinckelmann, et en 1766 le Laocoon de Lessing qui firent une révolution dans les idées, mais non encore dans l'architecture pratique. Toutefois, ils firent comprendre les causes de la grande décadence des arts qu'amenait l'action d'une littérature de jour eii jour plus frivole et plus niaise. Mais mal comprises et mal digérées, les doctrines de Winckelmann conduisirent à l'absence de tout style et à un jeu de formes sans objet d'être.

Au commencement du xix« siècle, F. Weinbrenner, né en 1766, mort en 1826, fonda une nouvelle école dans le sud-ouest de l'Allemagne : parmi ses élèves on compte G. Moller et H. HLibsch. Weinbrenner a écrit plusieurs ouvrages et il a laissé les monuments suivants : l'Ettlinger Thor de 1803, le théâtre de 1807, l'église catholique de 1808, le palais des États de 1821 et la inonnaie, qui sont tous à Carlsruho. H. lliibsch, né en 1795, publia, en 1822, un ouvrage sur l'architecture grecque, qu'il avait étudiée sur les lieux, et il éleva à Carlsruhe la chancellerie des finances (1828), le Karls Thor, l'École polytechnique de 1832 à 1836, le ministère des finances de 1829 à 1833, le palais de l'Académie de 1837, la douane et près de Carlsndie le haras de 1838, et en 1829 la maison des orphelins, à Frankfort. Parmi les autres architectes de ce siècle sont : K.-F. Schinkel, né en 1781, mort en 1841, auteur du Musée, de la porte de Potsdam, du bâtiment de la grande garde auprès de l'arsenal de 1818, de l'École d'architecture de 1832, de l'église de Werder, de la salle de spectacle de 1819, à Berlin, etc. Schinkel a cherché les grandes lignes architectoniques; son style est à angle droit : il emploie avec trop de luxe les pilastres, ainsi que les lisses; vus en perspective, les différents corps qui forment ses œuvres ne sont pas soudés , mais ils semblent posés les uns contre les autres; enfin, on peut lui reprocher de manquer de cette souplesse, de cette élasticité, de ce charme qui ont répandu le pittoresque architectural sur les œuvres des artistes grecs. Hesse, Stiiler, Knoblauch, Stier, Strack, Soller, etc., etc., sont des architectes prussiens contemporains. E. Zwirnera dirigé, de 1833 à 1861, avec talent, les travaux de la cathédrale de Cologne. D. Ohlmiiller,

né en 1791, mort en 1839, a construit, de 1831 à 1839, l'église de Notre-Dame-de-Secours à Munich, dans le style ogival. L. de Klenze est l'auteur du manège royal, du théâtre (1823 à 1823), de la Glyptothèque (182(3 à 1830), de la Pinacothèque (1826 à 1832), de la chapelle de Tous-les-Saints (1828 à 1832), du palais du roi, achevé en 183G, de l'hôtel des postes, du ministère de la guerre, du portiqne de la Gloire (1843 à 1852), tous édiûces de Munich et enOn du Walhalla auprès de Ratisbonne (1830 à ISil). L'architecte F. Gaertner, né en 1792, mort on 1839, a bâti l'église Saint- Louis, la bibliothèque, l'université, l'hospice des aveugles, la porte de risar, à Munich, etc. G. Ziebland, né en 1800, est l'architecte de l'église Saint-Boniface (1835 à 18/t2), du palais des expositions à Munich, du monument d'.\ibling, etc. G. Semper, né à Altona, a compris que le style de la Renaissance, tant italienne que française, répondait le plus exactement aux mœurs et aux exigences actuelles. Toutefois, il a su retremper ce style dans ses sources au moyen d'un goût élevé et d'une connaissance approfondie de l'architecture comme du génie grecs. Aussi ses œuvres ont-elles un mouvement, une vie, une élégance, une originalité, un charme et un pittoresque architectural et distingué qui place cet architecte au premier rang et même en tête de tous ses contemporains nationaux et étrangers. Il éleva, en 1838, à Dresde, la synagogue des juifs; de 1838 à 18U la salle de spectacle'; il commença en 18^6 le Musée, dont les belles façades ont 127 mètres de longueur. Ce monument fut terminé en 1855 par les architectes Hiihnel et Kri'iger, la Révolution de 18/(8 ayant éloigné Semper de Dresde. 11 bâtit aussi une vaste et riche maison particulière, située sur la « Bûrgerwiese » dans la même ville.

AX(iLi:TF.RRE

L'architecture de la Renaissance n'est apparue en Angleterre que sous le règne d'Edouard VI, au milieu du xvi* siècle : Jean de Padoue, qui avait été architecte de Henri VIII dans les dernières années de ce prince, bâtissait sous Edouard VI, et c'est à lui qjie revient l'honneur d'avoir introduit le style antique en Angleterre. 11 construisit l'ancien

1. S.1» jtôniglidjc J&ofl^Mttt ju S>icJi<ii. SraunfAiceig. 1849. In-fiil.

S,\I\T-I' \l 1, 1)K I.ONDliF.S. 1211

piihiis de Soiiicrsct-llouse, ikuis le Strniid, Siou-lloiise <];iiis le Middlesex et le château de Longleat dans le Wiltshire, et qui date de l'année 1579. Jean Thorpe continua le nouveau style, mais en le faisant dégénérer et en lui inculquant un caractère arbitraire et fantastique. On a de lui Holland-House dans le Middlesex, Bramsliill dans le Hnntsliire, Suninier Hill dans le comté de Kent, CliMillon dans le \Mltsliire, chûleaux bâtis vers 1()07, ensuite ceux de lialllekl dans le Hertshirc de 1G11 et le curieux chàleau de Wollaton, dans le Nottinghamshire, de 1580 à 1616, auquel participa aussi Smithson. Thomas Holte construisit les « écoles publiques » d'Oxford, mélange de tudor et d'antique avec superposition de colonnes, copiée sur Ph. De l'Orme. Il était réservé à Inigo Jones, né en 1572, de purifier le goût anglais : Jones fut le seul grand architecte de sa patrie, oli il introduisit l'anlique sans additions étrangères. Il a laissé la façade de la salle des festins du palais de Whitehall à Londres, destinée à ne faire qu'ime faible partie d'un grand palais de 351 mètres de longueur sur 219 de largeur, renfermant sept cours ; commencée en 1619, cette vaste salle, la seconde en dimension en Angleterre après celle de Westminster, fut achevée en deux années; elle a 35 mètres de longueur sur 18°' 30 de largeur et 16™ 75 d'élévation. Jones avait conçu pour ce palais une cour circulaire' de 6/; mètres de diamètre, réminiscence de la cour du palais de Caprarola. La façade de Somerset-House , élevée en 1623, était d'une belle ordonnance. York Stairs (Escalier de York) de 1626. était déjà d'un goût moins pur, et Jones fut entraîné au pittoresque qu'on recherchait généralement en Europe vers cette époque. En 1633 Jones avait bâti l'église de, Saint-Paul de CoventGarden, détruite en 1795 par un incendie; ce grand architecte mourut en 1651. L'incendie qui détruisit en 1666 presque entièrement la ville de Londres offrit à Ch. Wren l'occasion de déployer sa science et son activité en fait de construction. Dès 1663 il avait construit le palais de Greenwich et le théâtre d'Oxford, achevé en 1669. En 1670, il éleva la porte de Temple Bar; de 1671 à 1677, le « Monument, » forte colonne dorique de 61™ 50 de hauteur, en commémoration du grand incendie. En 1675, Wren commença l'édification de Saint-Paul de Londres, de 1Z|1 mètres de longueur dans œuvre, le porche compris, avec une nef de 12"" 50 de largeur d'un pilier â l'autre et de 26"" 30

1. Plan pénéral du palais de "Whitehall, Gwilt, Evct^clnpœdia of Architecture, 1854, p. 205, — Œuvres d'Inij^o Jones dans The Designs for puhtir and private buildings, by W. Kent. London, 1770, 2 vol. ni-fol.

d'élévation. La coupole, de 30"" 50 de diamètre, n'a que 51™ 20 de hauteur intérieurement : au-dessus de cette coupole inférieure visible

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