LA .MAISON HUMAI \K
Vitriive lioiiiR' à une pariie de la maison, désigne assez son origine. Les caveediums corinthiens avaient aussi des poutres comme les cavaediums toscans et un compluvium disposé de la même manière; seulement, ces poutres s'éloignaient davantage des murs et portaient sur des colonnes dans le pourtour de la cour. Le cavaîdium grec vint donc à Rome et, de là, dans le reste de l'Italie, au commencement du vu" siècle avant l'ère vulgaire et avec les Tarquins. La maison italique ne se métamorphosa point, mais elle emprunta à la maison grecque une de ses parties, parce que l'Italique était monogame et le Grec polygame. Le Romain n'avait que faire du gynaekonitis ou gynécée. La maison romaine ne fit que se développer avec un emprunt fait à la Grèce, car h' Romain ne fut jamais rien qu'imitateur.
L'atriimi est encore remarquable; c'était anciennement en ce lieu ([n'étaient placées les images de cire des ancêtres, renfermées dans des armoires'. Mais lorsque, dans la suite, les Romains quittèrent la simplicité de leurs mœurs et que les richesses les conduisirent au luxe superflu et pompeux, les riches et les classes élevées décorèrent l'atrium de statues, de bustes en bronze et en marbre qu'ils enlevèrent aux villes conquises de la Grèce. Cependant, l'ancienne coutume, celle de placer les images de cire dans l'atrium, poiivait encore être en usage du temps de Vitruve, car il parle de ces images, de leur disposition et de la proportion de leur hauteur-.
Dans l'histoire de l'Architecture, l'histoire de la maison romaine, avec ses développements successifs, est importante, parce qu'elle a conservé son noyau, Vatrium, qui s'est perpétué à travers tous les siècles, pendant le moyen âge, la renaissance et les temps modernes mêmes. Nous nous sommes arrêté à dessein sur la maison italique primitive, pour pouvoir expliquer le palais romain de l'Empire et tracer son origine.
Le temps ne nous a point conservé de maisons romaines primitives; le plan de Rome, gravé sur la pierre, et trouvé par fragments sur le Capitole, n'en retrace que des temps postérieurs, et les maisons retrouvées à Herculanum et à Pompéï ne datent guère que du premier siècle après l'ère vulgaire. Mais là il y a eu un mélange d'étrusque, de grec et de romain, qui ne pourrait donner une idée exacte de la maison italique primitive. Ces maisons d'Herculanum et de Pompéï ne peuvent même nullement nous donner une idée de la maison romaine
1. Pline, IIi^L nal., 1. xxxv, uh. il. — 2. Vitruvo, 1. vi, ili. ni.
{y2-2 l.l\ KE l'KEMIEH.
des derniers siècles- de la République ; car les Hoinains de cette époque étaient encore trôs-barbares, et devaient se contenter de l'atrium enfumé, et ne pas concevoir l'idée d'une habitation commode, spacieuse et ornée par les beaux-arts. La maison de Pompéï est un mélange de grec et de romain, conçu et adapté aux mœurs du temps et du pays. Cette maison est conçue par le génie grec et nous représente ce génie modifié par l'inlhience des lieux et du voisinage. Ces Iiabitaiions des deux villes englouties de la Grande Grèce ne ressemblent en rien au Laurentinum de Pline, ni aux descriptions de maisons et de villas que les auteurs romains nous domient. Les maisons romaines étaient irrégulièrement bâties, cliaque propriétaire semble avoir conçu et construit selon son caprice et ses besoins. 11 y avait cependant une l'ègle générale pour les maisons : elles avaient une cour plus ou moins spacieuse, autour de laquelle étaient rangées les pièces et salles d'habitation.
KIIK KKI'I ULlCAlMi. 623