‹ Histoire générale de l'architecture (volume 2)Chapitre 44 sur 309 · II. ~ Il · texte numérisé non relu

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de Rome aussi bien qu'à l'empire en général. Nous avons parlé déjà du Champ de Mars, disposé bientôt après l'exil des rois. Le censeur Âppius Claudius mîrita de la patrie en élevant, en 312 avant l'ère vulgaire, le premier grand aqueduc et en établissant la première grande chaussée pierrée, de Rome à Capoue, qui reçurent tous deux son nom'. En l'année 298, les édiles nobles Cn. et Qu. Ogulnius firent paver une partie du chemin des piétons partant de la porte de Capoue et allant au temple de Mars ; en 293, ils firent paver avec de grosses pierres la route militaire à partir du temple de Mars jusqu'à la ville de Bovillae-. l.e censeur C. Flaminius établit une grande voie stratégique, en 220 avant l'ère vulgaire, entre Rome et Ariminum, et il éleva à Rome un cirque qui porta son nom ^. Tite-Live dit qu'avant l'année 5Ù3 de la fondation de Rome, ou 211 années avant l'ère vulgaire, il n'y avait point encore de basiliques à Rome *. M. Porcius Caton fut le premier qui éleva, en 18i, à ses frais, un semblable monuments Cette basilique, située sur le forum et non loin du Sénat, fut incendiée en l'an 53 avant l'ère vulgaire pendant la révolte qui éclata après l'assassinat de Clodius. En 179, le censeur M. Fulvius Nobilior éleva la seconde basilique qui fut appelée, d'après lui, Fulvia**. En 169, le censeur Tibère Sempronius fit construire la troisième, qu'on appela Basilica Sempronia'. En 121, après la mort de C. Gracchus, le consul Opimius bàiit la basilique Opimia et le temple de la Concorde.

En l'année 174, 0- Fulvius Flaccus et Aulus Postumius apportèrent de grandes améliorations dans l'état physique de la ville de Rome. Les rues furent pavées et ornées de plusieurs portiques; on embellit le cirque et on établit autour de la ville des voies de communication et des ponts^. Malgré le grand amour des Romains pour les jeux et les fêtes, il parait qu'il n'y avait point à Rome de théâtres avant l'année 179. La scène était en bois pour chaque repré.=!entation , et les spectateurs se tenaient debout. 11 paraîtrait que le premier véritable théâtre de Rome, dans lequel il y avait un hémicycle avec des sièges adhérant à la scène et destinés aux spectateurs, ne fut élevé qu'en 179, par le grand pontife M. .Flmilius Lepidus et situé près du temple d'.\pollon". Mais lorsque plus tard, et peu avant la troisième guerre

1. Tite-Live, 1. ix, cli. xxix. — Fnmtinus, De aqufduct. urbis Bomœ, 1. i. — D.<itiore de Sicile, 1. xx, cli. xxxvi.

2. Tite-Uve, 1. x, eh. xxiil et xi.vii. — ?.. Id., epist. xx.

4. Id., 1. xxTi, ch. xxvii. — 5. Scxt. .4urel. Victor, De rirUhist.j cli. xi.vu. 6. Tite-Live, I. xi-, cli. i.i. — 7. M.. 1. xi.iv, cli. xvi. 8. ]il., 1. XLi, eh. xxTJi.— '.K Id., 1. XI., cli. li.

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iniiiiqiiu, les censeurs Cassiuset Messala commencèrent la construction d'un théâtre, les travaux furent interrompus, détruits même par ordre du sénat et du consul P. Corn. Scipion ISasica. On prit en même tem;s une. décision qui défendait de bâtir des sièges et d'assister assis aux représentations théâtrales ', dans le rayon d'un mille de la ville, de crainte d'efféminer le peuple, en le laissant assis aux représentations dramatiques.

Les campagnes des Romains, en Sicile et dans d'autres provinces grecques, leur firent connaître la civilisation hellénique, qu'ils acceptèrent en partie. Mais chez eux, qui manquaient de l'esprit élevé des Grecs et de cette délicatesse raffinée qui est un des caractères distinctifs de cette nation , les mœurs et les idées grecques ne restèrent jamais qu'une sorte de grelfe stéiile. En l'année 211, après la conquête de Syrakuse par Claudius Marcellus, ce capitaine envoya à Rome un grand nombre de statues, peintures et autres objets d'art, et les Romains purent admirer pour la première fois les productions des arts de la Grèce-.

Les campagnes heureuses des Romains (de 200 à 171 avant l'ère vulgaire) contre les rois Philippe III et Antiochos III, firent connaître d'une minière plus étendue encore les mœurs et la vie des Grecs et des peuples asiatiques. Ces conquêtes, et surtout les victoires d'iEmile Paul sur Persée de Macédoine (en 167), et de L. Anicius sur Gentius, roi d'illyrie, enrichirent extraordinairement la ville de Rome'. Des I résors iuuiirnses, de l'or, de l'argent, des pierres fines, des statues, des vases précieux furent envoyés à Rome, oii ils furent reçus avec les honneurs du triomphe; ceux d'jEmilius Paul et d'Anicius furent s-.:rtout remarquables*.

Ces trésors inouïs, inconnus jusqu'alors en Italie, éveillèrent chez les Romains l'amour du luxe, et plus vivement encore ce penchant à la splendeur et à la magnificence, qui, peu de temps après ces événements, furent portés au plus haut degré et manifestés surtout par le goût excessif pour les œuvres d'art. Mais les Romains ne surent pas apprécier, au point de vue exclusif de l'art, ces œuvres qui n'étaient pour eux qu'un moyen propre à exprimer la vanité et l'ambition, lis furent incapables d'élever la civilisation à un degré supé-

1. Valére-Maxirae, 1. ii, 4, ij 2. — Tite-Live, epist. xi.viii. — VeUéiiis-Patefculus, 1. I, ch. XV.

2. Tite-Live, I. xxv, ch. xl. — 3. Velléius-Paterculiis, I. i, eh. ix. 4. Tite-Live, 1. XLV, ch. xxxix, .\i.iu.

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rieur, et de pousser par leurinlUience au développement des arts chez eux.

L'architecture conservait toujours le caractère étrusque, le caractère primitif, et les tentatives, faites pour l'embellissement des temples et des édifices publics divers, ne consistaient qu'à les orner de statues et d'autres objets enlevés au pays conquis, qu'on disposait ensuite dans les monuments ou sur leurs façades, sans aucun goût ni habileté. L'amour pour les choses primitives et consacrées par le temps aurait d'un autre côté empêché les Romains, eussent-ils même eu des connaissances en fait d'art . de faire davantage pour ces monuments. Caton et un grand noinbre d'homyies d'État illustres pensaient qu'une déviation à la simplicité des anciennes mœurs était dangereuse pour la république; ils allèrent même jusqu'à condamner le goût des arts et des sciences chez les Grecs, en ne l'envisageant que comme une sorte de dégénération, une espèce d'abâtardissement.

Mais enfin arriva le temps où on se relâcha de l'austérité des anciennes moeurs, et, malgré le jugement sévère de Galon, le luxe et la sensualité grecs prirent le dessus. C'est ce qui arriva vers la lin de la troisième guerre puniiiue. Garthage, la rivale de Rome, était détruite; pendant quelque temps les Romains laissèrent reposer leurs armes, et s'adonnèrent à la jouissance des richesses acquises'. Des idées plus élevées se développèrent; et un goût prononcé pour la beauté grecque dans les arts et pour les sciences se répandit parmi les hommes les plus renommés de Rome. Des sénateurs et d'autres personnages considérés s'instruisirent par les ouvrages des Gn>cs, et on rapporte que le vainqueur de Garthage, Scipion Emilien, s'entourait toujours, .soit dans la paix, soit dans la guerre, de quelques savants grecs -.

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