I.K KAII.ASA D'KI.OlîA
adorer leurs dieux. Kii sortant du portique dont nous avons parlé plus haut, on arrive par un pont à un pavillon carré dans lequel est la chapelle de Nandi, compagnon de Shiva. Knsuite on traverse un second pont et on arrive au leinple principal, à ce temple monolitlK;, le plus grand connu, de 31" 39 de longueur, 17 mètres de largeur et 5™ 18 d'élévation, sur lequel s'élèvent encore des coupoles et une pyramide servant de toiture, de 27"" 43 d'élévation. Ce grand temple est supporté par seize pilastres carrés, disposés sur quatre rangs ; ceux placés dans les angles et au pourtour, au nombre de vingt, sont soutenus par des éléphants, qui semblent soulever sur leurs reins cette masse énorme et lui communiquer le mouvement et la vie. Le contour de chaque pilier a 3" 35 de développement. L'espace du milieu formé par les seize piliers conduit au sanctuaire où se trouve le Dhagob sacré'.
Le grand temple est flanqué de porches, de terrasses, de bassins et de chapelles, tels qu'on en rencontre dans les temples égyptiens. Dans la grande cour et devant la façade du temple , on voit des obélisques de ll^ôS de hauteur et des éléphants gigantesques. Les parois des murs sont couvertes de milliers de statues et de sujets mythologiques dont les figures, représentant des divinités, ont presque toutes de 3"" 35 à 3"" 65 de hauteur. C'est dans ces temples qu'apparaissent tous les dieux de la religion indienne , les guerres même chantées dans le Ràmàyana et le Mahâbhàrata , et on présume, non sans quelque vraisemblance, que les inscriptions sous les divers groupes , mais dont les caractères n'ont point encore été déchiffrés complètement, contiennent des vers de ces poëmes épiques.
La diversité de travail dans l'exécution de ces monuments, depuis l'inhabileté de main qu'on aperçoit dans certaines parties, jusqu'à la perfection complète qui se montre dans d'autres, prouve que plus d'une école, plus d'une génération ont travaillé à ces temples. L'ornementation fine et délicate de l'extérieur, qui ressemble à un ouvrage d'orfèvrerie plutôt qu'elle ne tient de la sculpture monumentale, contraste d'une manière frappante avec l'aspect sauvage des montagnes voisines. L'ensemble de cette architecture fantastique ne pénètre pas l'esprit de ce sentiment de plaisir que fait naître la vue d'un temple grec, plein de simplicité et d'harmonie dans ses proportions, ses dé-
1. Voyez sur le Dhagob rouvra).'e Je G. de Humbolilt : De la langue kaioi en usaje dans Vile de Java. Berlin, 1836, iii-4. A'ol. I, p. 50-168.