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la perfection de l'art, dont la décadence ne vient que fort tard et longtrnips après l'apogée de sa splendeur. La gradation de la grotte sou- Icriaine au temple isolé et à la pagodes doit faire supposer un exercice continuel et infatigable de l'intelligence et de la main, un travail non interrompu pour arriver au hain point de perfection que nous admirons dans les monuments de la troisième époque. Tantôt le fût des colonnes et des pilastres ornés est cannelé ; tantôt il est carré ou octogone; tantôt il est lisse ou couvert d'arabesques et de figures d'animaux variées à l'infini ; tantôt il est remplacé par la cariatide et présente des chapiteaux richement parsemés de fleurs et de feuilles; quelquefois le chapiteau figure un coussin, une calotte sphérique renversée ou un quart de l'oiid; le plus souvent les anciennes grottes offrent des entablements semblables à ceux des temples grecs et égyptiens, dérivant sans doute de l'obligation dans laquelle on était d'étayer avec des poutres les anciennes cavernes naturelles pour empêcher le plafond de s'ébouler.
Avec ce que l'art de riiomine y avait ajouté, ces cavernes ont probablement servi de type aux sanctuaires souterrains primitifs.
Vers le centre de la pi'escpi'ilo de l'Inde, le Uekan, à peu de distance et au nord-ouest de Daulalahad , dans la piovince d'Aurungabad , se trouvent les célèbres et merveilleux temples souterrains d'Élora ' , dont l'origine est tout à fait inconnue. Ces temples sont, sous tous les rapports, les plus remarquables et les plus imposants de l'Inde. Tout ce que l'intelligence et le cœur peuvent imaginer de grand et de beau, noblesse et élévation de conception, élégance dans le dessin, perfection accomplie dans l'exécution , se trouve réuni dans ce groupe de sanctuaires. Ces œuvres doivent nous rappeler une longue période où un immense développement intellectuel s'opéra graduellement et sans trouble; époque qui se perd dans l'histoire reculée du peuple indien. Les monuments d'Élora ne sont point élevés au-dessus du sol ; ils sont creusés sous la terre, dans une ceinture de montagnes de granit rouge, qui s'étend en forme de fer à cheval dans un espace de plus d'une heure de marche. Ils sont composés de plusieurs étages, les uns superposés, de grottes, de temples, d'habitations plus ou moins grandes, plus ou moins colossales, creusés dans le roc avec une patience et un travail que rien ne peut décrire, et ornés avec une profusion de sculp-
1. The wonders of Elora, or tho narrative of a Joûvuey to tlie Temples and Dwellings excavated out of a mountain of granité, etc., by Joiin B. Seely. 2= édit. 1 vol. in-8. Londres, 1H25.
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tures de toute espèce et sans exemple. Ces ouvrages ne peuvent avoir été produits que par des milliers d'artistes et d'ouvriers, et par une population tout entière de tailleurs de pierre et de sculpteurs, qui y travaillèrent pendant un grand nombre d'années consécutives. C'est ce que prouvent surtout l'imperfection dans l'exécution de certaines parties de ces temples, et la haute perfection dans d'autres parties des mêmes monuments, qui offrent ainsi la naissance, l'enfance et l'apogée de l'art dans toutes ses gradations. L'histoire ne donne ni l'époque, ni le peuple, ni le nom du fondateur ou des princes, pas même de la caste sacerdotale, qui ont élevé ces œuvres gigantesques; la tradition est muette comme la solitude sauvage dans laquelle on découvre, les ims après les autres , ces temples merveilleux. Là , les monuments, les pierres seules parlent, et parient une langue sunbolique et inconnue. Tantôt on voit Brahma seul, dans son unité ou dans sa trinité ; tantôt Bouddha ; chacun solitaire ou entouré de divinités inférieures, de serviteurs et d'acolytes, de la suite interminable des animaux consacrés à leur culte; tantôt on voit des éléphants de dimension colossale, souvent trois et quatre fois plus grands que nature, placés aux portes et aux entrées, comme gardiens des temples. C'est encore auprès d'Élora que se trouve la montagne Devagiri, montagne des Dieux , qui est un véritable panthéon indien. Shiva seul y a vingt temples différents, dit-on. 11 est impossible de donner une description détaillée et exacte de toutes ces grottes, de tous ces immenses souterrains, qui sont placés par couches les uns sur les autres, et soutenus par des rangées de milliers .de colonnes et de piliers ; de leurs escaliers, de leurs galeries, de leurs cours, de leurs ponts taillés avec le ciseau dans le granit vif.
Maintenant, approchons -nous des principaux monuments euxmêmes. Lorsqu'on a franchi, à l'ouest, la porte de granit du grand temple d'Élora, on pénètre à travers un portique dans une espèce île cour de 76 mètres environ de longueur sur h'2 mètres de largeur, et dont' les parois ont 30 mètres d'élévation. Cette cour est entièrement taillée dans le roc et ressemble plutôt à une carrière magique de pierres, entourée et couronnée de tous côtés par des sommets de montagnes, qu'à un ouvrage produit par la main et l'art de l'homme Nous sommes maintenant dans k' Kailasa. le siège bienhem-eux des divinités indiennes, ainsi nonnné aujom-d'hui encore par les Indiens eux-mêmes. La cour est entourée de salles et d'habitations à plusieurs étages pour les prêtres et les milliers de pèk'i'ins (pii venaient